Mes chers frères et sœurs, avec vous...
Carl W. Buehner
Mes chers frères et sœurs, j'ai apprécié avec vous chaque instant de cette grande conférence. J'ai eu plusieurs fois la gorge nouée en sentant la puissance et l'Esprit qui ont été présents au cours de ces sessions. Je vous suis très reconnaissant de votre vote de soutien, qui me permet de rester avec mes frères pendant six mois de plus. ¶
Je voudrais aussi exprimer ma gratitude pour le choix de frère Howard W. Hunter comme membre du Collège des douze, et je prie sincèrement pour que le Seigneur le magnifie et le soutienne dans ce haut et saint appel. ¶
Je dois vous avouer qu'en préparant ces quelques précieux instants, je me suis entretenu avec un ami de choix. Il m'a donné un certain nombre de suggestions. Il m'a dit : « Mets les jeunes en garde contre la façon dont le malin, par son pouvoir, voudrait détruire tout ce qu'il y a de bon en eux, ternir leur caractère, saper leur corps physique et empoisonner leur esprit, tout comme l'humble termite peut détruire un édifice. » ¶
Savez-vous ce qu'est un termite ? Un termite est un petit insecte laid, d'aspect semblable à une fourmi, de couleur très claire, qui fait tout son travail dans l'obscurité. S'il doit aller de la terre, où il trouve son humidité, jusqu'à l'endroit où il trouve les bois dans lesquels il travaille, il se construit un petit canal afin de ne pas être vu dans ses allées et venues. Il en coûte chaque année aux citoyens de ce pays des centaines de millions de dollars pour remplacer les dégâts causés au bois des bâtiments par ces petits destructeurs. L'extérieur d'une construction peut paraître beau et solide, mais parce que la résistance de ses bois a été rongée par les termites et qu'il ne reste debout qu'une coquille extérieure, elle peut devenir très dangereuse et de peu de valeur. « De même, des influences mauvaises peuvent nous saper et obscurcir notre vision des merveilleuses bénédictions à venir », m'a dit mon ami. ¶
Mon ami m'a aussi donné cette idée : il a dit : « Que penses-tu du message du chant qui dit : « Le monde a besoin d'hommes de bonne volonté, qui portent le sceau du travailleur. ¶
Venez, aidez la bonne œuvre à avancer. ¶
Mettez l'épaule à la roue. » » ¶
J'ai pensé à des milliers de nos organisations dans toutes les parties du monde, dirigées par des personnes désireuses et capables de faire avancer la bonne œuvre. Un immense effort pour faire progresser l'œuvre de notre Père est en cours, et que chacun de nous mette l'épaule à la roue augmenterait non seulement cet effort, mais nous rapporterait aussi en retour le bonheur et des bénédictions qu'aucune autre source ne pourrait procurer. « Exhorte chacun à se mettre au travail pour cette grande cause », a dit mon ami. ¶
Je lui ai demandé une idée de plus. J'ai dû admettre qu'il avait effectivement d'admirables suggestions. Il a dit : « Ce dont ce monde a besoin, ce sont des gens qui vont de lieu en lieu en faisant du bien. » L'un des plus grands compliments adressés au Sauveur l'a été par son grand disciple, Pierre, lorsqu'il a dit, entre autres choses, et il « . . . allait de lieu en lieu faisant du bien . . . . » (Actes 10:38.) Puis mon ami m'a rappelé que, dans mes voyages, j'avais sûrement observé des cas et fait des expériences qui illustrent cela même. Il a dit : « Pourquoi ne pas raconter aux gens certaines de ces choses ? » ¶
Dans mon esprit, j'ai aussitôt vu une armée de 140 000 hommes et garçons, allant visiter dans les paroisses comme instructeurs de paroisse, faisant plus de trois millions et demi de visites chaque année dans les foyers des membres de l'Église. Le bien qu'ils accomplissent et les bénédictions qu'ils apportent dans ces foyers ne peuvent se mesurer. ¶
J'ai appris récemment que l'un de ces instructeurs de paroisse avait servi pendant plus de quatre-vingt-deux ans. On dit que, pendant ces quatre-vingt-deux ans, il n'a manqué de visiter son district que quatre ou cinq fois. J'ai entendu l'un des évêques qui ont présidé cette paroisse rendre un immense hommage à cet homme. Il a indiqué que, s'il y avait jamais eu un homme vivant qui allait de lieu en lieu dans sa paroisse en faisant du bien, c'était cet homme. J'en ai connu certains qui ont servi plus de soixante-dix ans, et beaucoup qui ont donné soixante ans de service comme instructeurs de paroisse. Je ne puis m'empêcher de sentir qu'ils ont certainement été une puissance et une influence pour le bien parmi les membres de l'Église. ¶
Il y a quelques jours à peine, lors d'une conférence trimestrielle de pieu, j'ai entendu un jeune homme qui, avec ses parents, vivait dans le champ de mission, dire qu'il avait la responsabilité de visiter trois familles chaque mois. Lui et son compagnon, pour faire ces visites, devaient parcourir 160 milles dans une direction depuis leur lieu de résidence pour visiter deux de ces familles, et devaient parcourir 130 milles dans la direction opposée pour visiter l'autre famille, mais ils faisaient ces visites chaque mois. ¶
J'ai appris le dévouement de quelques autres. En visitant un pieu du Nord-Ouest, j'ai appris qu'il y a des communautés qui se trouvent isolées du reste du monde pendant les mois d'hiver. Certains de nos membres y résident. Les instructeurs de paroisse qui ont la responsabilité de visiter ces familles ont été si désireux d'entrer en contact avec elles qu'ils ont voyagé à cheval, en jeep, et ont même utilisé un tracteur pour faire la visite afin de s'assurer que tout allait bien et de savoir s'ils pouvaient leur être de quelque secours. Puis je me rends compte que la même chose existe dans le grand programme des instructrices visiteuses de la Société de secours. Elles aussi vont chaque mois dans les foyers des membres, avec probablement 140 000 instructrices. Cela fait 280 000 instructeurs qui visitent nos familles, et cela ne peut manquer d'être une puissante influence pour le bien. ¶
J'ai entendu l'histoire d'un petit enfant de la Primaire qui venait d'un foyer où les parents étaient inactifs. L'enfant assistait fidèlement à la Primaire et écoutait apparemment avec attention chaque leçon. ¶
Un soir, alors que la famille était réunie autour de la table du dîner et s'apprêtait à prendre le repas, la petite fille dit soudain : « Je ne peux pas manger ce soir. » Après un interrogatoire attentif de la part des parents, la petite fille finit par dire : « Maman, j'ai appris à la Primaire que nous ne devons pas manger la nourriture qui est placée devant nous avant d'en avoir remercié notre Père céleste. » ¶
Le père et la mère se regardèrent, se demandant que faire, et la petite fille, observant l'inquiétude dans leurs yeux, dit : « Si vous vous demandez qui peut le faire, je peux le faire. » La petite fille demanda la bénédiction sur la nourriture ; son appétit revint ; et tout sembla aller bien jusqu'à ce que la même situation se reproduise le soir suivant. La petite fille ne pouvait tout simplement pas manger son dîner, et la mère, se rappelant l'expérience de la veille, lui dit : « Tu as demandé la bénédiction hier soir, demande-la encore ce soir. » La petite fille dit : « Maman, je ne peux pas le faire. J'ai appris à la Primaire qu'il y a certaines choses que le Seigneur ne veut pas que nous prenions dans notre corps, et certaines de ces choses sont sur cette table. » ¶
Quand les tasses de café et la cafetière eurent été enlevées et mises de côté, la petite fille demanda la bénédiction sur la nourriture, et la famille se remit à manger. ¶
« Vous ne saurez jamais le changement qui est survenu dans notre foyer grâce à l'enseignement de notre petit enfant de la Primaire », a fait remarquer la mère. ¶
Une épouse reconnaissante, dont le mari était très inactif dans l'Église, a relaté l'expérience suivante : ¶
« Grâce au programme missionnaire personnel du collège de la prêtrise, un excellent homme, actif, a été chargé de prendre contact avec mon mari pour voir s'il pouvait l'amener à redevenir actif dans l'Église. Cet homme téléphonait fidèlement à notre foyer chaque samedi soir, disant à mon mari qu'il rappellerait le matin dans l'espoir qu'il serait prêt à aller avec lui à la réunion de la prêtrise. "Ce serait un plaisir de me laisser venir vous emmener à la réunion avec moi. ¶
Vous ne savez tout simplement pas ce que vous manquez", disait-il. Chaque fois, pendant vingt semaines, mon mari a trouvé une excuse, non seulement le samedi soir mais le dimanche matin ; mais le vingt et unième dimanche matin, mon mari est sorti de sa chambre tout habillé. Tout excitée, je lui ai dit : "Ciel, où vas-tu ce matin ?" Il a fait remarquer que dans quelques instants il allait recevoir un appel téléphonique. "J'en ai eu pendant vingt semaines, tu sais, et j'en recevrai un de nouveau dans quelques instants. ¶
Quand je dirai à cet homme que je suis tout habillé et prêt à aller à la réunion de la prêtrise avec lui, ce pourrait être un tel choc pour lui qu'il ne pourra peut-être pas venir me chercher." » « Eh bien, dit son épouse, on ne manque pas les bénédictions de la prêtrise dans le foyer avant de comprendre ce dont on a été privé. Mon mari ne cessera jamais de remercier cet homme de l'avoir appelé avec persistance jusqu'à ce qu'il cède enfin. Ce que cela a fait pour lui et notre famille est prodigieux. » ¶
J'ai appris ces derniers jours bien des grands services que nos militaires rendent au programme de construction de l'Église. Comme vous le savez, ils sont affectés à des camps militaires dans toutes les parties du monde. Dans bon nombre de ces régions, des bâtiments seront construits, et les militaires y apporteront de très substantielles contributions en argent et en temps. Dans bien des cas, ils ne pourront pas utiliser ces bâtiments lorsqu'ils seront terminés. Ils auront été transférés dans une autre région. ¶
J'ai appris hier l'histoire d'un homme qui, avec sa famille, avait décidé de prendre des vacances. Quand tous les préparatifs eurent été faits, et parce qu'ils étaient en plein programme de construction dans leur paroisse, il dit à sa famille : « Eh bien, achetons simplement un billet d'avion pour maman afin qu'elle puisse aller rendre visite à sa famille, et pendant son absence, les garçons et moi consacrerons notre temps de vacances à la construction de notre chapelle. » J'ai vu cette chapelle. ¶
J'ai vu cet homme et ses fils travailler à cette chapelle. J'ai serré la main de chacun d'eux. J'ai ressenti l'émotion qui les avait gagnés. Les meilleures vacances que cet homme aura probablement jamais eues seront celles qu'il a données pour aider à construire l'une de ces belles chapelles de l'Église. ¶
On a raconté beaucoup d'histoires sur l'efficacité de notre programme d'entraide, et je me rends compte que je ne dois pas prendre trop de temps pour en parler, mais laissez-moi vous relater un cas survenu récemment. Un homme et son épouse sont venus à notre bureau, l'homme bandé de la tête aux pieds, pour rendre hommage à l'œuvre du programme d'entraide. Le feu avait frappé la maison de cet homme. Deux de ses enfants avaient été brûlés à mort dans l'incendie ; deux autres avaient subi de graves brûlures ; et lui aussi avait été brûlé pratiquement sur toute la surface de son corps. Il s'était suffisamment rétabli pour quitter l'hôpital et fut si débordant de joie en voyant ce que les frères de sa paroisse avaient fait pour reconstruire sa maison incendiée qu'il vint au bureau de l'Épiscopat président simplement pour remercier l'Église du grand programme d'entraide. Nous allions avoir une réunion avec la Première Présidence et avons donc invité cet homme et son épouse à descendre avec nous serrer la main de ces frères. Je suis sûr qu'aucune émotion plus grande ne viendra jamais à ce couple que d'avoir ce privilège, et j'ai entendu cet homme dire à la Première Présidence : « Je ne pense pas que j'aurais pu endurer ce qui nous est arrivé sans la chaleur, l'amour et la bénédiction des frères qui sont venus à mon secours. » Le jour où il est venu à notre bureau, il a dit : « Quinze ou vingt maçons sont là aujourd'hui pour poser mes murs en blocs, et d'ici ce soir ma maison sera montée d'équerre. Ils m'ont dit que demain autant de charpentiers seront là pour poser les chevrons sur le toit, les couvrir de voligeage, et l'on me dit que d'ici demain soir elle sera couverte de bardeaux, tout cela fait en un seul jour. » ¶
Il y a de nombreux cas où des agriculteurs, à cause d'une maladie ou d'accidents, n'ont pas pu planter leurs terres au printemps et récolter leurs cultures à l'automne, mais leurs terres ont été plantées et leurs cultures récoltées grâce à l'amour des membres de leur collège. ¶
J'ai appris que des personnes se sont sacrifiées pour le programme missionnaire. Juste une ou deux expressions : l'une donnée par une grand-mère qui était en route pour le champ de mission. En rendant son témoignage la dernière nuit où les missionnaires étaient en ville, elle a dit : « Je serais prête à récurer des planchers le reste de ma vie si mes douze petits-fils pouvaient avoir la merveilleuse expérience d'aller en mission. » ¶
Pourriez-vous demander un dévouement plus grand que celui-ci ? Un autre jeune homme a dit : « Ma mère fait des travaux de concierge pour me soutenir pendant que je suis dans le champ de mission. » ¶
Je sens qu'il y a dans le monde beaucoup de gens qui vont de lieu en lieu en faisant du bien. Je voudrais que tous aient le désir de faire du bien. ¶
Je veux remercier mon ami de ces pensées. J'espère que mon ami pourra aussi être votre ami. Mon ami est la petite voix douce. Lui et moi avons eu à bien des occasions une expérience intéressante en méditant sur l'œuvre de l'Église. ¶
Que Dieu vous bénisse, vous inspire et vous aide à aller de lieu en lieu en faisant du bien, en bénissant notre peuple. Je prie pour cela et je vous rends mon témoignage au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶