Bien-aimés frères et sœurs, c'est une...
Spencer W. Kimball
Bien-aimés frères et sœurs, c'est une joie d'être de retour dans cette partie de Sion. Comme les autres frères ont mentionné leurs tournées dans des pays étrangers, mes souvenirs très récents se sont ravivés. Je vous apporte aussi les salutations des milliers de membres de l'Église de toutes nationalités en Amérique du Sud. ¶
Samedi et dimanche derniers, j'étais au Pérou, avec diverses assemblées de Saints. ¶
J'ai beaucoup apprécié ma tournée des missions dans ces pays. Ils sont comme des géants qui bâillent, s'étirent et sont prêts à se mettre au travail. Il y a de grands empires agricoles, des mines, du bétail et des industries, et un grand peuple composé d'immigrants venus du monde entier, en particulier d'Europe, et fortement influencé par l'immigration et la culture européennes. C'est un grand peuple. ¶
Il m'a été inspirant de constater qu'il y a des milliers d'Italiens dans l'Église, et des milliers de membres d'origine espagnole et portugaise, venant de ces endroits où nous n'avons pas encore établi de missions régulières. Mais notre œuvre fait son effet et le levain fait lever la pâte. Il y a quatre cents missionnaires dans ces six pays d'Amérique du Sud où nous faisons du prosélytisme, vos fils et vos filles, dont vous pouvez à juste titre être fiers. ¶
L'œuvre progresse et s'accélère. Il a fallu vingt-quatre ans pour obtenir les mille premiers convertis en Argentine. Il n'a fallu que huit ans pour le deuxième millier, un an et sept mois pour le troisième, et ils comptent en obtenir désormais mille et plus chaque année. Les autres pays sont également inspirants, et ce fut une expérience joyeuse. Dans la plupart des nombreuses chapelles de branche est accrochée la photographie du prophète du Seigneur avec ses conseillers, et les prières des Saints s'élèvent constamment pour eux. ¶
Nous avons été bien reçus par les pays, par leurs représentants officiels et par la presse. J'ai été intéressé par une remarque faite par une représentante de l'un des plus grands journaux du Brésil. Elle avait entendu mon sermon de la veille, le dimanche, dans lequel j'avais parlé assez fortement du rétablissement de l'Évangile. ¶
Elle m'a dit : « Pourquoi Joseph Smith a-t-il été persécuté et martyrisé ? » J'ai répondu : « Eh bien, en grande partie pour la même raison que celle pour laquelle le Christ a été crucifié. » ¶
Et elle a demandé : « Pourquoi cela ? » J'ai répondu : « Parce qu'il a dit : “Je suis le Fils de Dieu.” » Et sa remarque suivante m'a choqué : « Il n'aurait pas dû le dire, n'est-ce pas ? Il ne l'était pas vraiment, n'est-ce pas ? » ¶
Je pensais qu'elle plaisantait. Je l'ai regardée dans les yeux un instant et j'ai pensé qu'elle allait sourire. Mais elle n'a pas souri. Et j'ai dit fermement : « Il a dit qu'il était le Fils de Dieu parce qu'il était le Fils de Dieu. » ¶
Dimanche dernier, j'ai lu le journal de Pâques de l'une des plus grandes villes d'Amérique du Sud. L'auteur était un pasteur qui avait des lettres après son nom. J'ai lu l'article entier et, dans la demi-page qui avait droit à une mention en première page, il ne mentionnait jamais le Seigneur du ciel et de la terre, le Rédempteur, le Sauveur. Il parlait toujours de « Jésus ». Il citait deux ou trois passages d'Écriture qui présentaient Jésus de Nazareth comme étant plus que le fils du charpentier, mais jamais dans son écrit il ne donna d'autre titre au Christ qui a versé pour lui son sang précieux. ¶
J'ai demandé à quatre cents missionnaires : « Que pensez-vous du Christ et des prétentions qu'on avance ? » Et j'ai entendu quatre cents témoignages inspirants de la part de jeunes — des témoignages sûrs, vibrants de conviction. ¶
Cela me rappelle ce que Paul a dit : ¶
« Et moi, frères, lorsque je suis allé chez vous, ce n'est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis allé vous annoncer le témoignage de Dieu. ¶
« Car j'ai résolu de ne rien savoir parmi vous, sinon Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. » (1 Corinthiens 2:1-2.) Je ne voyais pas comment nous pourrions vraiment célébrer une Pâques sans parler du Seigneur Jésus-Christ. Même les démons savent que Jésus est le Christ. À une occasion, les démons vinrent en criant et en disant : « . . . Tu es le Christ, le Fils de Dieu. Mais il les menaçait et ne leur permettait pas de parler, parce qu'ils savaient qu'il était le Christ. » (Luc 4:41.) À une autre occasion : « . . . l'esprit malin répondit : Je connais Jésus, et je sais qui est Paul ; mais vous, qui êtes-vous ? » (Actes 19:15.) Et une autre fois : « . . . ils s'écrièrent : Qu'y a-t-il entre nous et toi, Jésus, Fils de Dieu ? Es-tu venu ici pour nous tourmenter avant le temps ? » (Matthieu 8:29.) Comme on l'a suggéré ce matin, je crois qu'il y avait une conviction considérable dans le cœur de Pilate, que sa conscience contraignait à laisser libre le Sauveur, mais qui, à cause d'ambitions politiques et d'autres raisons, malgré les instances de sa femme, le livra pour être crucifié. Mais même après cela, il écrivit sur la croix, en trois langues, l'hébreu, le grec et le latin, cette célèbre déclaration : « . . . Jésus de Nazareth, le roi des Juifs. » Les Juifs, offensés, vinrent et dirent : « . . . N'écris pas : Le roi des Juifs, mais qu'il a dit : Je suis roi des Juifs. ¶
« Pilate répondit : Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit. » (Voir Jean 19:1922.) Je pense qu'il y avait plus que de la désinvolture dans le fait qu'Hérode ôta la vie à de nombreux petits garçons. Je pense qu'il croyait vraiment que ce pouvait être, et que ce serait peut-être, le Rédempteur promis et prophétisé qui pourrait lui prendre son royaume. ¶
Vous avez lu ce qui concerne Nathanaël, l'homme sans fraude, qui dit, en voyant le Christ : « . . . Rabbi, tu es le Fils de Dieu ; tu es le roi d'Israël. » (Ibid., 1:49.) Paul avait à peine achevé sa transformation, il venait tout juste de recouvrer la vue à la suite de son expérience extraordinaire, et il alla aussitôt dans les synagogues et prêcha le Christ, « qu'il est le Fils de Dieu ». ¶
Pourquoi les théologiens de notre temps évitent-ils délibérément les noms de la Divinité qu'ils choisissent d'appeler seulement Jésus ? Il y a des dizaines de milliers de Jésus dans le monde. Dans tous les pays hispanophones, on en trouve partout. Ils prononcent Jesus (Ha-siis), mais c'est Jésus. Mais il n'y a eu qu'un seul Jésus qui est devenu le Prince de lumière, l'Auteur de notre salut. ¶
Joseph Smith a dit : « ... J'avais réellement vu une lumière, et au milieu de cette lumière je vis deux Personnages, et ils me parlèrent réellement ; et quoique je fusse haï et persécuté pour avoir dit que j'avais eu une vision, cependant c'était la vérité ; et tandis qu'on me persécutait, ¶
qu'on m'insultait et qu'on disait faussement toute sorte de mal contre moi pour l'avoir dit, je fus amené à me dire en mon cœur : Pourquoi me persécuter parce que je dis la vérité ? J'ai réellement eu une vision ; et qui suis-je pour pouvoir résister à Dieu, ou pourquoi le monde pense-t-il me faire renier ce que j'ai réellement vu ? Car j'avais eu une vision ; je le savais, et je savais que Dieu le savait, et je ne pouvais le nier, et je n'osais pas le faire ; du moins je savais qu'en le faisant j'offenserais Dieu et tomberais sous la condamnation. » ¶
(Joseph Smith 2:25.) Presque chaque fois qu'un homme de la presse m'abordait en Amérique du Sud, sa première question était : « Que faites-vous, et quel est votre objectif en Amérique du Sud ? » Et je lui disais : « Vous souvenez-vous, dans les Actes des apôtres, des voyages de Paul, où il alla en Asie Mineure, en Grèce et à Rome, et peut-être même plus à l'ouest ? C'est ce que nous faisons. L'un de mes collègues revient tout juste des mers du Sud ; un autre vient de rentrer d'Afrique du Sud, un autre d'Europe. Nous faisons ce que le Seigneur a dit : “. . . Allez dans le monde entier et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. ¶
« “Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné.” » (Marc 16:15-16.) « Et vous voulez dire que vous faites l'œuvre que Paul faisait ? » ¶
Et alors j'ai dit : « Non. Je ne pourrais jamais accomplir l'œuvre d'un Paul, mais je couvre le monde avec mes frères comme l'ont fait Paul et Pierre, sauf que Paul n'a couvert qu'une petite partie de la terre. Aujourd'hui, nous allons jusqu'aux extrémités de la terre, et ceci en est l'un des quatre coins. » ¶
Le Seigneur a rendu témoignage de lui-même, en plus des nombreux témoignages rendus de lui. ¶
Il dit à son Père, dans cette glorieuse prière : « Père, glorifie ton nom. ¶
« Alors une voix vint du ciel, disant : Je l'ai glorifié et je le glorifierai encore. » (Jean 12:28.) Il y a une distinction très intéressante entre la présentation de son Fils par notre Père céleste sur les eaux du Jourdain, celle sur la montagne de la Transfiguration, et celle, un peu plus tard, dans le pays des Néphites. Il dit à Jean au Jourdain, et à ces autres personnes qui l'ont peut-être entendu, peut-être ceux qui devinrent les apôtres du Seigneur : « . . . Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui m'est agréable. » (Matthieu 3:17.) Il dit sur la montagne de la Transfiguration, comme le rapporte Pierre : « . . . Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui m'est agréable ; écoutez-le. » (Ibid., 17:5.) Aux Néphites, après que des choses transcendantes de gloire se furent produites, il en dit un peu plus. En présentant son Fils, Jésus-Christ, il dit ces paroles : « Voici mon Fils bien-aimé, en qui je me complais, en qui j'ai glorifié mon nom — écoutez-le. » (3 Néphi 11:7.) Il y avait eu depuis lors un programme de glorification, il y avait eu une mort, une résurrection, une ascension, et maintenant il était revenu de nouveau sur la terre. ¶
Comme il montait dans les nuées et était reçu et absorbé par elles, après ses quarante jours sur la terre, beaucoup se tenaient là, les yeux levés vers le ciel, et les anges se tenaient près d'eux et dirent : « . . . Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière que vous l'avez vu allant au ciel. » ¶
(Actes 1:11.) Après son apparition aux Néphites, il se passa beaucoup de temps avant qu'il revienne. ¶
Il ne pouvait guère revenir chez un peuple qui ne croyait pas en lui. Il lui fallait quelqu'un qui eût une grande foi, dévorante, qui le recevrait comme Jésus-Christ, Rédempteur, Sauveur, Fils de Dieu. ¶
Cela arriva dans un bosquet, dans l'État de New York, au début du dix-neuvième siècle, et les mêmes paroles furent prononcées de nouveau par un Père aimant, qui avait déjà délégué cette œuvre particulière à un Fils glorifié, et il dit de nouveau à un jeune garçon : « . . . Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoute-le ! » (Joseph Smith 2:17.) Vous vous souvenez de ce que Pierre a dit lorsqu'on demanda aux disciples : « . . . Qui dit-on que je suis, moi, le Fils de l'homme ? » ¶
Ils prirent la parole et dirent que les hommes pensaient qu'il était Élie ou l'un des autres prophètes, et alors le Seigneur dit de nouveau, et je peux imaginer ses yeux perçants, ses yeux interrogateurs et pleins d'attente : « . . . Mais vous, qui dites-vous que je suis ? » Et la réponse fut l'une des déclarations les plus émouvantes et les plus glorieuses jamais faites : « . . . ¶
Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Et vint ensuite la déclaration qu'il ne faut jamais négliger : « . . . la chair et le sang ne te l'ont pas révélé, mais mon Père qui est dans les cieux. » (Voir Matthieu 16:1317.) En d'autres termes, l'homme ne te l'a pas dit, mais mon Père te l'a révélé, une grande révélation t'est venue, et vous le savez. ¶
J'ai posé à quatre cents missionnaires la question du Seigneur, celle qui se présente à chaque homme, femme et enfant sur cette terre : ¶
« Qui dites-vous que je suis, moi, le Fils de l'homme ? » Et j'ai été réjoui par les centaines de réponses de vos fils et de vos filles, disant : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » ¶
Et c'est là mon témoignage que je vous rends, mes frères et sœurs, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶