Président McKay, président Richards, président Clark, mes...
Thorpe B. Isaacson
Président McKay, président Richards, président Clark, mes bien-aimés frères et sœurs : ¶
J'ai toujours besoin des bénédictions du Seigneur lorsque je suis appelé à cette position. ¶
Je pourrais difficilement poursuivre sans l'assurance de ces bénédictions. Je vous serai reconnaissant de vos prières, de votre patience et de votre compréhension. Après beaucoup de jeûne et beaucoup de prière, j'ai confiance que le Seigneur me soutiendra. Nous croyons à la prière, et nous croyons au jeûne, et je vous témoigne qu'il en découle pour nous une grande force. ¶
Je suis sûr que nous avons tous été profondément touchés ce matin par ce merveilleux chœur, tant lors de la retransmission qu'à cette session. Ils nous font grand honneur, ils font grand honneur à eux-mêmes et à l'Église. En vérité, ils sont considérés comme de merveilleux serviteurs, et ils ne sont pas seulement de merveilleux chanteurs, mais de merveilleuses personnes. ¶
Au sujet de la responsabilité que Dieu a assignée aux parents, le conseil qui donne à réfléchir nous est donné qu'« . . . ils enseigneront aussi à leurs enfants à prier et à marcher en droiture devant le Seigneur. » ¶
(D&A 68:28.) Ces Écritures, et beaucoup d'autres, montrent avec une clarté limpide les responsabilités, imposées par le ciel, d'instruire correctement nos enfants. Si nous manquons à notre devoir envers eux, nous affaiblissons le fondement de notre propre influence. ¶
Le mariage est la porte par laquelle un homme ou une femme acquiert une expérience personnelle des relations humaines. ¶
La paternité et la maternité sont l'occasion de mettre cette expérience à un usage céleste et pratique. C'est un droit donné par Dieu aux parents d'avoir des enfants afin de pouvoir leur donner une formation intelligente, mentale, morale et spirituelle. L'amour parental est beau, mais l'amour parental joint à une discipline intelligente est la force qui transforme les enfants en grands caractères. ¶
Des enfants mal orientés et mal guidés sont l'un des gaspillages épouvantables de la civilisation et l'un des problèmes actuels. Les bons citoyens sont nécessaires à la civilisation, mais de bons parents sont indispensables si la civilisation doit continuer. ¶
On entend très peu parler de nos jours de la force de caractère que nos ancêtres inculquaient à leurs enfants. À cette époque, un garçon grandissait avec la conviction qu'il pouvait arriver quelque part dans ce monde par un travail ardu, plutôt que de chercher des raccourcis. ¶
L'avancement était considéré selon le rendement, les résultats, la capacité et le talent. Les parents implantaient chez leurs enfants un désir de connaissances solides, une aspiration à l'excellence et une volonté de travailler dur. Le sens de la responsabilité personnelle était aussi fondamental que l'amour lui-même. ¶
À un moment de notre passé récent, beaucoup d'entre nous ont adopté l'idée que l'influence ferme d'un père n'est pas essentielle dans l'éducation des enfants. Bien trop souvent, le rôle du père dans la discipline familiale a été réduit à : « Demande à ta mère. » Cela peut convenir avec des filles, mais avec un fils, c'est une invitation au désastre. Un garçon qui grandit sans pouvoir se tourner vers son père pour recevoir orientation, décision et aide n'aura pas beaucoup de respect pour l'autorité, quelle qu'en soit la source. ¶
Quatre-vingt-dix pour cent des jeunes qui ont eu des ennuis sont le produit de foyers où l'influence du père faisait défaut. Aussi peu attrayante que la tâche puisse paraître, un père est le directeur qui guide la famille, et lorsqu'il échoue dans sa tâche, il ne peut y avoir que chaos et difficultés. ¶
Si un père abandonnait à sa femme sa propre position de chef de famille, les résultats pourraient être les mêmes. ¶
Les parents fidèles ont droit à l'inspiration du Seigneur. Que ferions-nous, comme parents, sans cette inspiration ? Mais parfois les parents n'ont pas le courage de suivre cette inspiration, et ils cèdent alors qu'ils devraient tenir bon. ¶
Il devrait y avoir des règles de conduite bien établies pour les garçons et les filles qui grandissent. Le mot « non » est maintenant pratiquement tombé en désuétude. Est-ce mal que les jeunes doivent marcher droit ? La discipline — mais enfin, nous avons tous besoin de discipline ! Quelqu'un a dit que le respect ne fait plus partie de la vie quotidienne. Le manque de discipline entraînera un manque de respect. ¶
Les parents sont-ils avisés de céder ? Ne serions-nous pas de meilleurs parents si nous « tapions du pied » ? Les jeunes restent des jeunes, peut-être immatures. Ils ont tant besoin d'aide et de conseils. Ils ont beaucoup à apprendre, mais, en tant que parents, nous ne devrions pas avoir peur de le leur enseigner. ¶
Peut-être devrions-nous faire savoir à nos jeunes qu'on attend d'eux qu'ils réussissent — on exigera d'eux qu'ils travaillent, et la fête ne vient qu'après la victoire, l'accomplissement et la réussite. ¶
Un jeune raisonnable ne désire pas nécessairement sa liberté. Tout ce qu'il désire et dont il a besoin, c'est d'amour, et il sait, tout au fond de son cœur, que les gens qui l'aiment le plus sont ceux qui auront le courage de dire « non ». La discipline — oui, elle est nécessaire pour sauver nos jeunes d'eux-mêmes ! ¶
Il n'est pas de force comparable à la force d'une nation dont le peuple connaît le sens du sacrifice. Certains parents disent : « Nous ne voulons pas que nos jeunes se sacrifient. » On devrait enseigner aux jeunes le sens et la loi du sacrifice. Ils devront payer un prix pour réussir. Le prix de la réussite est élevé, mais il n'est pas à beaucoup près aussi élevé que le prix de l'échec ! ¶
Il y a tant d'influences extérieures malsaines qui agissent contre nous aujourd'hui que c'est un défi pour tous les parents d'enseigner correctement leurs enfants et de veiller sur eux avec soin. ¶
Au cours de la dernière année, beaucoup d'entre nous se sont de plus en plus alarmés du fait qu'une exposition prolongée à la télévision a un effet désastreux sur nos enfants. Bien des fois, les parents utilisent la télévision comme un substitut intégré à la direction parentale. ¶
Selon Edward R. Murrow, et je cite : ¶
« Comme l'esprit et le caractère d'un enfant sont façonnés par ce qu'il voit et entend, et comme les tendances de la télévision se poursuivent, la nation fait face au danger d'une imbécillité de masse. » ¶
La télévision a pris la place de la lecture, de l'étude et de la vraie vie de famille dans beaucoup de foyers. Si cela continue pendant une autre génération, nous pourrions être choqués des résultats. ¶
Au cours de l'année passée, la plus grande vague d'émissions de crime et d'horreur de tous les temps a submergé cette nation. ¶
L'automne dernier, un magazine important déclarait que les chaînes consacraient vingt-quatre heures par semaine à la violence. Des trente et une nouvelles émissions lancées (et ce nombre a maintenant augmenté), la moitié sont consacrées à la violence. Il déclare aussi qu'une semaine de programmes de télévision a montré 160 meurtres, 500 pour cent de plus qu'il y a cinq ans ; 60 homicides justifiables ; 192 tentatives de meurtre ; 83 vols ; 15 enlèvements ; 24 complots en vue de commettre un meurtre ; 21 évasions de prison ; 7 tentatives de lynchage ; 6 dynamitages ; 11 extorsions ; 2 cas d'incendie criminel et 2 cas de torture ; plus un nombre incalculable de bagarres, de coups de poing, de passages à tabac, etc. ¶
Je me demande si nous nous rendons compte de l'effet que cela va avoir. Il paraît honteux que des enfants soient soumis à de telles atrocités. Ce dont nous avons besoin, ce sont davantage de producteurs et de commanditaires qui s'intéressent aux émissions éducatives et à la formation du caractère. ¶
Le juge Frank J. Kronenburg, de New York, dit que « la télévision est un instrument de pression indue qui convainc l'esprit immature que la violence est un mode de vie accepté. . . . Les résultats ne seront mieux connus que de la postérité. . . . » ¶
James V. Bennett, directeur du Bureau fédéral des prisons, déclare : « Le nombre croissant de prisonniers, jeunes et vieux, dont le crime ressemble étroitement à ce qu'ils ont vu à la télévision me préoccupe beaucoup. Le jeune impressionnable, inadapté ou émotif voit ces crimes et les rejoue. » ¶
Puisque nous sommes tous si profondément préoccupés, il nous appartient d'encourager les commanditaires, les stations, les responsables publics, les commissaires à la radio, les journaux et les magazines, et de leur suggérer des émissions nouvelles et différentes ; et de soutenir les bonnes émissions. ¶
La télévision est une grande invention moderne. ¶
Elle peut être si éducative, elle peut être une telle aide pour la formation du caractère. Beaucoup d'émissions sont déjà très excellentes, et nous devrions les soutenir. ¶
Le bon usage des loisirs est très important, et le bon usage de ceux-ci a été le moyen d'aider beaucoup de jeunes hommes et de jeunes femmes à atteindre la grandeur. ¶
J'ai entendu récemment quelqu'un dire, à propos de la télévision, que c'était une bonne façon de tuer le temps. J'ai alors pensé à ce que Thoreau a dit un jour : « Comme si l'on pouvait tuer le temps sans blesser l'éternité. » ¶
Bien sûr, nous ne pouvons pas, en tant que parents, rejeter sur la télévision tout le blâme de la délinquance juvénile. Nous devons prendre nos responsabilités au foyer. Qu'on ne s'y trompe pas. La plupart des parents aiment leurs enfants et veulent qu'ils aient autant de liberté que nécessaire, mais, comme le dit Sam Levenson : « Nous ne voulons pas que la Déclaration des droits se transforme en droits de Billy. » ¶
« C'est un travail à plein temps que d'être décent » — d'être décent envers tout le monde tout le temps. ¶
Être décent, c'est cesser l'amertume, la jalousie et la haine, s'abstenir des commérages, s'abstenir de médire et de colporter des propos non fondés et des histoires peu fiables sur autrui, être prévenant, attentionné et compatissant. Après tout, chacun, à ma connaissance, a déjà un très lourd fardeau à porter. ¶
En ce qui concerne la vie de Jésus, il n'y avait en lui aucune haine, mais seulement de la douceur et de la patience. Par lui, ce n'est pas seulement une religion qui est née. ¶
C'était l'homme qui tendait la main vers quelque chose de propre et de bon, aspirant à quelque chose de décent et de digne. Les hommes savaient depuis des siècles que le bonheur ne naissait pas de la violence et de l'injustice, pas même du pouvoir. Ils savaient que la cruauté finissait toujours par se vaincre elle-même. ¶
Jésus a enseigné que le respect et l'amour devraient être les guides premiers de la conduite humaine et de la décence humaine. Il y a un espoir éternel que ce monde puisse être bon, que les nations puissent vivre en harmonie, que les gens puissent produire, échanger et servir, chacun au profit de l'autre. C'est une belle chose que l'homme, après toute son expérience tragique de la guerre, de la brutalité et du désespoir, puisse s'accrocher à cette merveilleuse croyance. ¶
Souvenez-vous, jeunes gens, qu'il y a un prix à payer pour réussir, mais que le prix de la réussite n'est pas à beaucoup près aussi élevé que le prix de l'échec. Souvenez-vous, jeunes gens, que vous tenez nos cœurs et votre avenir entre vos mains. ¶
Je veux rendre mon témoignage au Seigneur pour sa bonté et sa miséricorde envers moi, pour ses bénédictions, pour son aide et sa direction. Je sais que ceci est la véritable Église de Jésus-Christ. Je sais que Dieu vit, qu'il est notre Père. Je sais que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, notre Sauveur et Rédempteur bien-aimé. ¶
Je me demande jusqu'où nous pouvons nous rapprocher de notre Père céleste et de notre Sauveur. Je sais par ma propre expérience que, lorsque je parviens à devenir humble, il m'est possible de me rapprocher beaucoup du Seigneur. Je sais qu'il y a de l'inspiration et de la révélation divines dans l'Église aujourd'hui. Je sais que notre bien-aimé président David O. McKay, prophète de Dieu, est à la tête de l'Église. Je sais qu'il est inspiré du Seigneur. Je sais que la prêtrise est dans l'Église aujourd'hui, et que l'inspiration et la révélation dans l'Église d'aujourd'hui sont aussi fortes, ou plus fortes, que nous ne les avons jamais connues. ¶
Que Dieu nous bénisse afin que nous soyons à la hauteur des normes de ce bel Évangile, de cette Église qui est notre vie, qui fait notre vie telle qu'elle est, je le demande humblement au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶