Mes frères et sœurs, je recherche l'...
Gordon B. Hinckley
Mes frères et sœurs, je recherche l'Esprit du Seigneur afin que ce que je dirai soit en harmonie avec les choses inspirées que nous avons écoutées ces trois derniers jours. Lorsque je regarde vos visages, je vois l'accomplissement de la prophétie. ¶
En votre présence, je vois la réalisation des paroles de Jérémie : « . . . Je vous prendrai, un d'une ville, deux d'une famille, et je vous ramènerai dans Sion. ¶
« Et je vous donnerai des bergers selon mon cœur, qui vous nourriront avec connaissance et intelligence. » ¶
(Jér. 3:14-15.) Vous êtes ici, chacun de nous est ici, jouissant des bénédictions du Seigneur parce que les serviteurs du Seigneur sont allés dans le monde enseigner la bonne nouvelle de l'Évangile pour la bénédiction des enfants de notre Père. Plus de quatre-vingt mille d'entre eux sont partis. Ils ont donné plus de deux cent mille années-homme de service dévoué. Je suis sûr que peu d'entre nous apprécient le coût, les peines de cœur, les chagrins, les sacrifices et les résultats de ce magnifique effort. ¶
J'ai lu l'autre jour une histoire écrite par une petite fille dont le père était en mission au Danemark tandis qu'elle-même et sa mère vivaient à Parowan. Elle écrit : ¶
« Ma petite mère devait travailler comme une esclave pour subvenir aux besoins de ses enfants pendant que Père était en mission. Je me souviens que chaque soir elle filait, et comment, pendant la journée, je fendais de fines éclisses dans du bois résineux, et le soir je m'asseyais avec elle, je gardais le bébé et je tenais et allumais ces bâtons résineux pour qu'elle ait de quoi voir afin de filer, et comment je pleurais en allant au lit à la pensée que ma douce petite mère devait travailler si dur. . . . ¶
« Je me souviens du Noël de 1862. ¶
Nous, les enfants, avions tous accroché nos bas. Nous nous sommes levés tôt le matin pour voir ce que le père Noël avait apporté, mais il n'y avait rien du tout dedans. ¶
Mère a pleuré amèrement. Elle est allée à sa caisse, a pris une petite pomme et l'a coupée en tout petits morceaux, et ce fut là notre Noël, mais je n'ai jamais oublié, jusqu'à ce jour, combien j'aimais ses chères petites mains pendant qu'elle coupait cette pomme. » ¶
(Hannah Daphne Smith Dalton) Il y a quelques années, j'ai fait des recherches sur la découverte de l'or en Californie, à laquelle des hommes du Bataillon mormon ont participé. J'ai appris que, tandis que des hommes voyageaient vers l'ouest, sur terre et sur mer, à la recherche de l'or, des missionnaires de ces vallées voyageaient vers l'est, sur terre et sur mer, à la recherche d'âmes. ¶
Et les jours de sacrifice ne sont pas révolus. Comme vous l'avez entendu ce matin parmi les statistiques qui vous ont été lues, les parents et les amis de nos missionnaires leur ont envoyé l'an dernier entre cinq et six millions de dollars. Cet argent a été dépensé non seulement en dollars, mais aussi en livres et en shillings, en couronnes et en kroner, en francs et en marks, en yens, en pesos et en cruzeiros. ¶
Ajoutez à cela la valeur du temps des missionnaires. Estimez-la prudemment à cinq ou six autres millions de dollars, et vous avez une consécration d'au moins dix millions de dollars par an dans le but de proclamer la réalité et la personnalité de Dieu, le sens profond de l'expiation et le rétablissement de l'Église du Seigneur, dirigée par des apôtres et des prophètes. ¶
Je pense que vous serez peut-être intéressés par ces paroles remarquables du prophète Joseph Smith, écrites en 1842, deux ans avant sa mort : ¶
« . . . aucune main impie ne peut arrêter la progression de l'œuvre ; les persécutions peuvent faire rage, les foules peuvent se coaliser, les armées peuvent se rassembler, la calomnie peut diffamer, mais la vérité de Dieu ira de l'avant avec hardiesse, noblesse et indépendance, jusqu'à ce qu'elle ait pénétré chaque continent, visité chaque climat, balayé chaque pays et retenti à chaque oreille, jusqu'à ce que les desseins de Dieu soient accomplis et que le grand Jéhovah dise que l'œuvre est accomplie. » (History of the Church 1^:540.) Telle est l'ampleur de notre mission, mes frères et sœurs, et elle ne sera pas accomplie avant que le grand Jéhovah dise que l'œuvre est accomplie. ¶
Je suis sûr que nous sommes tous réjouis par les nombreuses bonnes choses qui ont été dites au sujet de l'Église. Nous sommes profondément reconnaissants pour les possibilités qu'offrent la radio et la télévision, et pour la générosité de la presse, qui contribuent toutes à créer une atmosphère favorable pour enseigner l'Évangile. Mais je suis convaincu que le temps ne viendra jamais où nous n'aurons plus besoin d'hommes et de femmes vigoureux et pleins de foi qui aillent dans le monde comme missionnaires pour cette cause. Nous n'avons jamais trouvé, et je pense que nous ne trouverons jamais, de substitut adéquat à la situation dans laquelle deux jeunes gens de bonne moralité rencontrent une famille, raisonnent avec elle, l'instruisent, lui rendent témoignage et prient avec elle. Nous aurons toujours besoin de missionnaires. Dans cet esprit, je voudrais proposer un programme en cinq points à l'intention des membres de l'Église, un programme que je crois facile à réaliser et qui s'avérerait fructueux pour cette grande cause. ¶
- Que nous cultivions dans nos foyers une attitude appropriée envers le service missionnaire. Nous jouissons des bénédictions que nous chérissons tant grâce à ceux qui nous ont précédés. Par reconnaissance, par simple gratitude, nous devrions nous efforcer d'étendre ces mêmes bénédictions à d'autres. Nos jeunes ont l'obligation de se préparer au service missionnaire.
Nous devrions aussi bâtir l'idée qu'il n'y a rien de vacances, rien de congé dans ce grand service missionnaire. C'est un travail dur et, parfois, décourageant. L'an dernier, nos missionnaires ont consacré en moyenne soixante-sept heures par semaine à un effort réel de prosélytisme. Que ceux qui envisagent une mission comprennent qu'ils travailleront comme jamais auparavant, et qu'ils peuvent s'attendre à une joie qu'ils n'ont jamais connue. ¶
Que nous favorisions la formation au service missionnaire. L'un des grands compliments adressés au Sauveur fut qu'il enseignait comme quelqu'un qui a de l'autorité. Le missionnaire qui connaît les Écritures et peut les citer parle avec la voix de l'autorité. Il n'est pas essentiel de mémoriser cinq cents citations, ni même trois cents. Cinquante versets d'Écriture bien choisis deviendront un outil remarquablement efficace entre les mains d'un missionnaire. Puis-je suggérer que, lors de nos soirées familiales, nous nous fixions pour projet de mémoriser chaque semaine une citation d'Écriture se rapportant à cette œuvre. À la fin d'une année, nos enfants auront sur les lèvres un fonds d'Écritures qui leur restera toute leur vie. ¶
Que nous fassions une préparation financière. L'œuvre missionnaire, comme tout le reste, est devenue plus coûteuse. J'ai été encouragé par mon expérience lors d'un entretien avec un jeune homme en Arizona récemment. Je lui ai demandé s'il avait un désir sincère de partir en mission. Il a répondu : « Je veux partir depuis l'âge de sept ans et, de plus, depuis ce temps j'ai fait des économies pour cela. J'ai 1600 dollars à la banque pour être certain d'avoir les moyens de partir. » Un peu à la fois, économisé systématiquement, assurera à nos enfants que les moyens nécessaires seront disponibles lorsqu'un appel missionnaire viendra. ¶
Que nous veillions à ce que notre comportement public et privé soutienne la cause missionnaire. Aucun membre de cette Église ne peut abaisser ses normes sans mettre un obstacle sur le chemin de ceux qui s'efforcent d'enseigner l'Évangile dans le monde. De même, aucun membre ne peut défendre les normes de l'Église dans sa vie publique et privée sans faire rejaillir de la force sur la cause. ¶
Enfin, que nous acquérions tous l'esprit missionnaire, que nous cherchions des occasions d'enseigner l'Évangile, de distribuer le Livre de Mormon, de faire savoir aux gens ce que nous croyons. J'entretiens une correspondance délicieuse avec un homme en Angleterre avec qui j'ai engagé la conversation dans un avion en traversant l'Atlantique. Il a maintenant lu le Livre de Mormon et une partie de notre autre littérature. Je suis heureux de constater un changement significatif dans son attitude envers l'Église. ¶
L'une des sources de contact les plus fructueuses pour nos missionnaires réside dans les recommandations qui leur sont adressées. Un membre de l'Église suggérera à une relation ou à un parent d'inviter les missionnaires à venir chez lui. ¶
Le président J. Leonard Love me dit que, dans la mission de Californie du Nord, leur expérience indique que quarante pour cent des recommandations qui leur sont données rejoignent l'Église. Pensez-y ! Quarante pour cent des noms qui leur sont transmis aboutissent à des baptêmes de convertis ! Dans la Mission britannique, on a découvert à un moment donné que soixante-huit pour cent de ceux qui étaient entrés dans l'Église avaient fait leur première connaissance des doctrines par l'intermédiaire de membres de l'Église. ¶
Mes frères et sœurs, cette mission d'enseigner l'Évangile nous appartient à tous, et non seulement aux cinq mille cinq cents hommes et femmes dévoués qui servent actuellement sur le terrain. Elle appartient à chacun de nous, et nous n'en aurons pas fini avant que le grand Jéhovah dise que l'œuvre est accomplie. ¶
Que Dieu nous aide à sentir et à accomplir honorablement notre mission, je le demande au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶