Mes frères et sœurs et amis, vus et invisibles...
Ezra Taft Benson
Mes frères et sœurs et amis, vus et invisibles : je suis reconnaissant au-delà de mon pouvoir d'expression pour les bénédictions de cette conférence. J'ai dans ma poche un manuscrit parfaitement bon que je me sens inspiré à ne pas vous imposer aujourd'hui. Il y a quelque chose dans mon cœur que je voudrais dire dans les quelques instants qui restent de cette réunion. ¶
Comme certains de mes frères qui ont évoqué le récent décès de nos trois bien-aimés associés, je ressens, moi aussi, profondément leur absence. Cela pourra surprendre quelque peu certains lorsque je dirai que frère Adam S. Bennion, qui était plus âgé qu'il n'en avait l'air, a été mon professeur. ¶
Je suis probablement plus jeune que je n'en ai l'air, mais frère Bennion était l'un des vrais grands professeurs qui ont marqué ma vie. ¶
Pendant un trimestre à l'école d'été d'Alpine, de l'université Brigham Young, j'ai eu la bonne fortune de m'asseoir aux pieds d'Adam S. Bennion dans un cours que je n'oublierai jamais, un cours de biographie. Je me souviens du devoir de trimestre qu'il nous avait assigné. Il nous amena à braquer le projecteur sur notre propre vie. ¶
Le sujet était « Pourquoi je suis ce que je suis ». Sous sa direction stimulante, ce groupe d'étudiants sonda son âme pour y chercher les influences qui étaient entrées dans sa vie, les exemples qui lui avaient été donnés, les tentations qui avaient croisé son chemin, ainsi que les influences de l'Église et d'hommes et de femmes de bien. J'ai encore ce devoir de trimestre ; je suis reconnaissant à frère Bennion d'avoir tourné mes pensées vers l'intérieur et de m'avoir fait analyser ma propre vie et les influences qui avaient marqué la vie d'un jeune homme jusqu'alors. Je suis reconnaissant de la contribution qu'il a apportée en tant que l'un des grands professeurs de l'Église. Ma vie en a été enrichie. Il a contribué à m'inspirer le désir de rechercher les bonnes choses dont je jouis. ¶
J'ai eu le glorieux privilège de me rendre à des conférences de pieu avec frère Thomas E. McKay. Je crois n'avoir jamais rencontré d'homme plus doux, plus humble et plus aimé. Il faisait bon être avec lui. ¶
Je l'aimais. Ma vie a été enrichie par mes relations avec Thomas E. McKay. ¶
Comme collaborateur de l'Association d'amélioration mutuelle, j'ai été stimulé et inspiré, comme garçon, et plus tard comme surintendant de pieu de l'Association d'amélioration mutuelle des jeunes gens, par frère Oscar A. Kirkham. Il avait le pouvoir d'inspirer les jeunes et leurs dirigeants à de nobles accomplissements. Je l'aimais comme il aimait la jeunesse de l'Église. ¶
Que Dieu bénisse la mémoire de ces trois nobles âmes dont l'absence nous pèse tant aujourd'hui. Le monde est un endroit où il fait meilleur vivre parce qu'ils y ont vécu. J'espère vivre de manière digne de les rencontrer dans le monde éternel. ¶
Mes frères et sœurs, j'aime l'Église et tout ce qui s'y rapporte. Il m'a été agréable, ces dernières années, de côtoyer beaucoup de personnes, à l'intérieur et à l'extérieur de l'Église. Je suis très reconnaissant de l'esprit de fraternité et de camaraderie que nous trouvons dans l'Église. Cet esprit est quelque chose d'un peu intangible. Il est difficile à décrire. Mais il est réel, puissant, doux. ¶
Il faut le ressentir pour l'apprécier. ¶
Récemment, avec mon épouse, mes deux filles et des membres de mon personnel, j'ai fait un voyage commercial mondial qui m'a conduit dans quatorze pays. Dans la plupart de ces pays, j'ai été très fier et heureux de rencontrer des membres de l'Église. Ils étaient aux aéroports pour nous accueillir et nous dire adieu lorsque nous partions. Plusieurs groupes sont venus aux ambassades pour nous voir. ¶
Dans le lointain Japon, ce fut une joie de me joindre à quelque quatre cents membres japonais de l'Église à une réunion du dimanche matin. Nous nous sommes réjouis d'avoir le privilège de rencontrer nos militaires mormons, dont certains avaient parcouru mille miles pour assister aux réunions le jour du sabbat. Je me souviendrai longtemps de la réunion avec les Saints à Hong Kong, dont certains étaient des réfugiés de la Chine rouge, et de l'esprit qui était présent lorsque j'ai rencontré les missionnaires locaux et à plein temps et que je me suis mêlé aux Saints. Nous avons rencontré des groupes de Saints en Turquie, en Grèce, en Espagne, en France, en Angleterre. Oui, même dans le pays de Jordanie, nous avons rencontré une famille ou deux de Saints dans une École du Dimanche d'union, une École du Dimanche chrétienne fréquentée par beaucoup de personnes de bien de diverses confessions. J'ai eu le glorieux privilège de m'adresser au groupe, et j'ai été très heureux de trouver parmi les dirigeants de l'École du Dimanche un membre de l'Église qui vivait l'Évangile et faisait progresser le royaume par l'exemple et de vive voix. ¶
J'ai eu de nombreuses agréables conversations sur l'Évangile. De bonnes personnes, des chefs d'État et d'autres hauts fonctionnaires en Inde, au Pakistan, en Jordanie, en Israël, en Italie, au Portugal et dans d'autres pays, ont manifesté un intérêt sincère pour l'Église et ses membres. ¶
Beaucoup de publications de l'Église ont été envoyées par la poste à de nouveaux et bons amis dans le monde entier. Nous n'oublierons jamais leur hospitalité et leur amabilité. Bien que nous nous soyons sentis particulièrement proches des membres de l'Église, nous avons été frappés par le fait que les gens, partout, sont essentiellement bons. Ils aspirent à la paix. Ils aiment leur famille et cherchent à s'améliorer et à élever leur niveau de vie. Je suis revenu avec un plus grand amour pour tous les enfants de Dieu, car il a véritablement « fait d'un seul sang toutes les nations ». ¶
Ainsi, mes frères et sœurs, en voyageant à travers le monde, il est glorieux de constater comment l'Église grandit et s'accroît. Un excellent dirigeant d'un État étranger, lorsque je lui demandai s'il y avait des mormons dans sa capitale, dit : « Monsieur le Secrétaire, j'ai beaucoup voyagé, et j'en suis venu à croire que les mormons sont partout. Où que j'aille, je les trouve. » ¶
Sa déclaration me rappela un incident survenu lorsque nous nous sommes installés à Washington pour la première fois, en 1939 ou 1940. J'étais allé tôt à mon bureau pour faire du travail avant que les téléphones ne commencent à sonner. Je venais juste de m'asseoir à mon bureau lorsque le téléphone sonna. L'homme à l'autre bout du fil dit : « Je voudrais déjeuner avec vous aujourd'hui. Je suis un étranger pour vous, mais j'ai quelque chose de très urgent. » J'y consentis à contrecœur, et quelques heures plus tard nous étions face à face à une table de déjeuner dans un hôtel du centre-ville. ¶
Il dit : « Je suppose que vous vous demandez pourquoi je vous ai invité ici. » Puis il ajouta : « La semaine dernière, en sortant d'un déjeuner de travail à Chicago, j'ai dit à certains de mes relations d'affaires qu'on m'avait confié la responsabilité de venir à Washington, D. C, pour y établir un bureau et employer un homme pour représenter notre société. » Puis il énuméra une partie des avoirs de sa grande organisation commerciale. Il dit : « J'ai commencé à parler à mes relations de l'espèce de jeune homme que je voudrais pour nous représenter dans ce bureau de Washington. Tout d'abord, ai-je dit à mes relations, je voulais un homme d'un caractère irréprochable. Vous savez, là où il n'y a pas de caractère, il n'y a pas grand-chose qui vaille la peine. Je voudrais un homme honnête, un homme de véritable intégrité, un homme qui mène une vie pure, qui est pur moralement, qui, s'il est marié, est un mari dévoué et qui, s'il n'est pas marié, ne court pas après les femmes de mauvaise vie. » ¶
Il dit : « Je voudrais un homme qui ne boit pas, et si possible je préférerais avoir un homme qui ne fume même pas. L'une de mes relations d'affaires a pris la parole et a dit : Eh bien, ce qu'il vous faut, c'est un ancien missionnaire mormon.' J'avais entendu parler de votre Église, dit-il. En fait, je me rappelle que deux jeunes hommes en costume sombre sont venus chez nous il y a quelques mois. En venant ici en train hier soir, j'ai décidé que peut-être un ancien missionnaire mormon était exactement ce dont j'avais besoin. Pourquoi pas ? Alors, en m'inscrivant à l'hôtel hier soir, j'ai dit à l'homme à la réception : 'Y a-t-il des mormons à Washington ?' Et l'homme à la réception a dit : 'Je ne sais pas, je suppose que oui. Ils semblent être partout. Mais M. Bush, le directeur, est ici, et je vais lui demander.' Il a demandé à M. Bush et m'a donné votre nom. ¶
Voilà pourquoi je vous ai invité ici. Pouvez-vous me donner les noms de trois ou quatre jeunes hommes qui répondent aux normes que je viens d'exposer ? » ¶
Eh bien, il n'était bien sûr pas difficile de lui donner les noms de trois, de quatre ou d'une douzaine de jeunes hommes qui répondaient pleinement aux normes qu'il avait exposées. Je le mentionne, mes frères et sœurs et amis, parce que dans l'Église nous avons certaines normes, des normes de vie, des normes de moralité, des normes de caractère qui deviennent bien connues du monde. ¶
Ces normes sont admirées. Les gens qui ont de telles normes sont recherchés. ¶
Ces normes reposent sur des principes vrais et éternels. Ce sont des vérités éternelles. ¶
Dans l'Église, nous ne craignons pas qu'une quelconque découverte future de vérités nouvelles entre jamais en conflit avec ces normes, ni avec aucun principe fondamental que nous préconisons dans l'Évangile. La vérité est toujours cohérente. Ce fait nous donne, à nous, membres de l'Église, un sentiment de grande sécurité, un sentiment de paix, un sentiment d'assurance. Nous savons sans le moindre doute que les vérités que nous préconisons, les vérités de l'Évangile rétabli sur la terre par l'intermédiaire du prophète Joseph, sont réellement les vérités du ciel. Ces vérités seront toujours cohérentes avec la découverte de toute vérité nouvelle, qu'elle soit découverte en laboratoire, par les recherches du scientifique, ou révélée du ciel par les prophètes de Dieu. Le temps est toujours du côté de la vérité. ¶
Je suis reconnaissant de cette assurance. Je suis reconnaissant de la connaissance que j'ai du but de la vie, du sens de la vie, des vérités de l'Évangile rétabli. En cette saison de Pâques, je voudrais joindre mon témoignage aux témoignages de mes frères qui ont déjà été rendus, et à ceux qui seront rendus dans les sessions restantes de cette conférence. ¶
Dans un monde rempli de doute, je suis reconnaissant de la connaissance que j'ai que Dieu vit, que Jésus est réellement le Rédempteur du monde, le Sauveur de l'humanité ; que ce beau récit que le président Clark a rapporté ici ce matin est réellement le récit de la crucifixion et de la résurrection de Jésus le Christ, le Rédempteur de l'humanité. Je suis humblement reconnaissant de savoir que Dieu le Père et son Fils, Jésus-Christ, sont de nouveau venus sur cette terre, en tant qu'êtres glorifiés, à notre époque, dans cette dispensation ; qu'ils sont réellement apparus au jeune prophète, au jeune Joseph, dans le Bosquet sacré en 1820. ¶
Ce fut la manifestation la plus glorieuse de Dieu le Père et du Fils dont nous ayons connaissance. C'est, sans aucun doute, l'événement le plus glorieux et le plus important qui se soit produit dans ce monde depuis la résurrection du Maître. ¶
Il a une portée mondiale. ¶
Je vous témoigne, mes frères et sœurs et amis, que Joseph Smith a été et est un prophète du Dieu vivant, un instrument entre les mains de Dieu pour révéler de nouveau à la terre les vérités de l'Évangile éternel, pour rétablir la prêtrise, l'autorité d'agir au nom de Dieu. ¶
Je suis reconnaissant du privilège de vivre à cette époque où l'Évangile est de nouveau sur la terre dans sa pureté, dans sa plénitude, et où il nous est permis de jouir des fruits de l'Évangile par notre appartenance à l'Église et au royaume de Dieu. C'est l'Église de Jésus-Christ. Il en est à la tête. Nous le servons en nous efforçant d'édifier son royaume et de promouvoir la cause de la vérité dans le monde entier. ¶
Que Dieu nous bénisse, mes frères et sœurs, et hâte le jour où l'Évangile touchera la vie et le cœur de tous les enfants de Dieu dans tous les pays, afin qu'eux aussi connaissent la douceur de l'Évangile et la bénédiction d'un témoignage de la vérité, je le demande humblement au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶