Mes chers frères, le président McKay m'a accordé...
Stephen L Richards
Mes chers frères, le président McKay m'a accordé le privilège d'attirer votre attention sur certaines questions concernant notre œuvre missionnaire. ¶
Nous pensons qu'il est bon que toute la prêtrise de l'Église comprenne la grande œuvre missionnaire qui se poursuit et qui atteint de si vastes proportions, ainsi que nous avons pris la liberté de vous le dire ce matin. Je vous assure que ce n'est pas une entreprise négligeable que d'entretenir une force de 5 000 hommes, si je puis les appeler ainsi, dans l'armée du Seigneur dispersée dans le monde entier, de renouveler leurs effectifs et de faire en sorte que tous travaillent en harmonie et conformément à l'esprit de l'œuvre missionnaire, qui est l'esprit de notre Père. ¶
Il y a donc nécessité de disposer de procédures nettement définies pour la direction de cette grande entreprise, et nous jugeons bon que vous connaissiez peut-être un peu mieux ces procédures que tous ne les connaissent peut-être actuellement, bien que, naturellement, notre œuvre soit en général bien comprise de cette vaste assemblée de la prêtrise. ¶
Je vais mentionner plusieurs questions qui concernent surtout l'appel de nos frères dans le champ missionnaire. ¶
L'expérience nous a enseigné qu'il n'est pas sage d'appeler de jeunes hommes qui viennent de se marier ou qui sont sur le point de se marier. Nous avons appris qu'il vaut mieux, par justice envers son épouse, laisser un tel jeune homme fonder aussitôt son foyer, afin qu'il dispose d'un certain temps pour établir de bonnes relations familiales. Nous aimerions donc que les jeunes hommes et leurs évêques comprennent qu'il vaut mieux qu'ils ne soient pas recommandés dans les circonstances que j'ai mentionnées. ¶
Nous attirons de nouveau votre attention sur la santé des missionnaires. Nous portons un profond intérêt à la préservation de la santé de nos jeunes. Nous reconnaissons que les mères qui laissent partir leurs fils estiment qu'ils doivent recevoir les meilleurs soins, et nous demandons à tous d'aider à sauvegarder les conditions de santé avant que les missionnaires n'entrent dans le champ missionnaire. Nous sommes reconnaissants envers un grand nombre de médecins qui rendent gratuitement leurs services pour les examens physiques. Parfois, cependant, les examens, je suppose, semblent nécessairement hâtifs, et des antécédents de maladies invalidantes ne sont parfois pas révélés et, par ardeur pour l'œuvre missionnaire, sont parfois négligés ; le chagrin survient alors dans le champ missionnaire. Une maladie obligeant à renvoyer chez lui le missionnaire malade, ou à l'hospitaliser pendant de longues périodes, est bien sûr gênante pour le missionnaire et sa famille, pour son compagnon dans le champ missionnaire et pour l'œuvre missionnaire en général. ¶
Nous exhortons de nouveau les évêques à apporter le plus grand soin pour nous assurer que ceux qui partent dans le champ missionnaire sont, autant qu'on puisse le prévoir, dans un état de santé qui leur permettra d'accomplir leur travail. ¶
Nos sœurs nous aident énormément dans le champ missionnaire. Nous avons des rapports de toutes les missions indiquant que l'influence des sœurs est l'une des plus raffinantes et des plus ennoblissantes de toutes les bonnes forces dont nous disposons dans le champ missionnaire, et nous savons que beaucoup aimeraient partir ; mais nous avons établi depuis longtemps un âge minimum pour les sœurs missionnaires. Cet âge est de 23 ans, et il n'a pas été fixé sans un soin considérable, ni sans examen des données statistiques relatives aux mariages, etc., et nous constatons encore que beaucoup s'efforcent d'obtenir des exceptions à cette règle, ce qui ne fait qu'entraîner des accusations de discrimination et ne facilite pas notre travail. Sachez, je vous prie, que c'est là l'âge pour les sœurs missionnaires, et aidez-nous à nous y conformer. ¶
Presque tous les missionnaires se voient demander, par ceux qui s'entretiennent avec eux, s'ils iront là où on les enverra, et je pense que presque toujours les missionnaires répondent oui, qu'ils iront. Je suis sûr que presque tous reconnaissent qu'il est essentiel de répondre aux appels à aller là où l'on a besoin d'eux. On voit aisément que si l'on devait reconnaître de façon générale les préférences, une mission pourrait être — il est difficile de dire surdotée en effectifs — mais elle en aurait beaucoup plus que d'autres missions, et certaines missions pourraient se retrouver avec peu de missionnaires. Nous recevons constamment des demandes de présidents de mission pour le remplacement des missionnaires relevés. ¶
Il est souvent nécessaire que des missionnaires maintiennent des branches ; il est donc essentiel que nos futurs missionnaires aillent là où ils sont appelés et répondent joyeusement à leurs appels, et que, même s'ils ont certaines préférences, ils les mettent de côté pour le bien de la Cause tout entière et pour l'édification de notre œuvre missionnaire. ¶
Il y a six mois, si je me souviens bien, nous avons attiré votre attention sur la nécessité de faire bon accueil, dans les paroisses et les branches de l'Église, à tous les nouveaux convertis. ¶
Nous espérons que des progrès ont été accomplis. Beaucoup de ceux qui entrent dans l'Église se sentent perdus s'ils ne reçoivent pas un accueil parmi les Saints avec lesquels ils se rassemblent. Notre peuple lui-même devrait être persuadé de tendre la main d'accueil à chaque nouveau converti dans l'Église, et, partout où cela est possible, l'évêque d'une paroisse ou le président d'une branche devrait procurer une activité à ces nouveaux convertis aussi rapidement que cela peut se faire. ¶
Je souhaite ce soir remercier ceux qui ont si généreusement contribué à notre fonds missionnaire général. Nous avons été plus que satisfaits des dons faits à ce fonds, qui ont permis à de nombreuses personnes pauvres, à de jeunes hommes sans ressources dans des pays étrangers, et à de jeunes femmes aussi, d'entreprendre des missions pour l'Église. Je note que, pour autant que nos registres le montrent, 174 missionnaires ont été aidés, ces dernières années, grâce à ces fonds missionnaires ainsi versés. ¶
Cent de ces missions ont été achevées ; 74 missionnaires sont encore dans le champ missionnaire. Dans presque tous les cas, ils ont écrit aux donateurs pour exprimer leur reconnaissance de l'occasion qui leur a été offerte de partir servir le Seigneur. ¶
Maintenant, un autre point : aucun jeune homme, ni aucune jeune femme non plus, ne devrait être poussé de force dans le service missionnaire. Il est parfaitement légitime de faire ressortir les avantages du service missionnaire, ses occasions, mais tous ceux qui partent devraient être imprégnés des occasions remarquables qu'offre une mission, et ils devraient aussi savoir qu'ils partent rendre témoignage du Christ vivant à tous les hommes, ainsi que de la divinité et de la vitalité de cette œuvre des derniers jours. Il est regrettable que certains, une fois dans le champ missionnaire, disent qu'on les a tellement pressés de venir qu'ils n'y portent aucun intérêt. Il y en a très peu dans cette catégorie, mais nous pensons qu'il devrait toujours y avoir l'assurance que ceux qui partent dans le champ missionnaire y vont en comprenant pleinement en quoi consistera leur travail et avec la volonté de l'accomplir. ¶
Je rends hommage aux hommes et aux femmes merveilleux de l'Église qui répondent si glorieusement aux appels missionnaires. ¶
Ils ont un bilan exceptionnel. ¶
Je pense qu'aux yeux du monde rien ne nous recommande davantage à l'estime des hommes que notre merveilleux système missionnaire. ¶
En effet, beaucoup sont incapables de comprendre comment notre jeunesse peut partir aux frais de ses parents et à ses propres frais pour répandre les principes de l'Évangile parmi les hommes sans aucune contribution que ce soit, et je prie le Seigneur de bénir toutes les familles qui envoient ces missionnaires. Puissent-elles avoir dans leur cœur la satisfaction de savoir qu'elles contribuent de façon considérable à l'avancement de cette grande œuvre. ¶
Comme nous l'avons indiqué ce matin, les baptêmes sont des plus encourageants, et ils continueront d'augmenter à mesure que vous fournirez à ce grand mouvement missionnaire les jeunes hommes et les jeunes femmes dont il a besoin pour aller de l'avant. Les hommes plus âgés et les femmes plus âgées sont également les bienvenus s'ils sont en bonne santé, mais nous avons connu de nombreux cas où leur santé ne supportait pas les rigueurs de l'appel missionnaire. ¶
Je ne prendrai pas plus de temps pour m'attarder sur cet important aspect de notre œuvre, mais je sollicite votre coopération — celle des évêques, des présidents de pieu et de toute la prêtrise — pour veiller à ce que nos procédures de sélection des missionnaires et de leur placement dans le champ missionnaire fonctionnent sans heurt, sans déception pour les missionnaires ou leurs familles, et sans regrets pour personne. ¶
Je prie le Seigneur de vous bénir, mes frères de la prêtrise. Je vous honore dans vos appels respectifs, et je sais que le saint pouvoir que vous détenez, et qui est si puissant et indispensable à l'établissement du Royaume de notre Père, est authentique et divin. ¶
Je remercie Dieu de ce que nous détenions son divin pouvoir, de ce qu'il nous ait si généreusement dotés du droit de le représenter, et je le remercie pour toutes les bénédictions, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶