Mes frères et sœurs, c'est avec...
J. Reuben Clark Jr.
Mes frères et sœurs : C'est avec une profonde humilité que je me lève ce matin pour vous dire quelque chose. Comme toujours, j'espère que vous joindrez vos prières aux miennes afin que ce que je dirai puisse être de quelque valeur pour nous. Sans l'aide du Seigneur, nous ne sommes que de faibles mortels, incapables de faire grand-chose pour l'avancement de sa cause. ¶
J'aimerais commencer par exprimer ma gratitude à notre Père céleste pour le dévouement, la loyauté et le grand service de milliers de nos Saints des derniers jours. Il n'est aucun sacrifice qu'ils ne feront pas. Ils se tiennent aussi prêts à faire la volonté de l'Esprit, telle qu'elle se manifeste par l'intermédiaire des autorités présidentes de l'Église, que le faisaient les premiers saints, même au temps du Sauveur et par la suite, et les premiers saints au commencement et à l'ouverture de cette dernière dispensation de la plénitude des temps. Je vous en suis reconnaissant. J'apprécie que, sans cette loyauté et ce dévouement, l'œuvre du Seigneur traînerait, et nous ne ferions pas les choses qu'il désire que nous fassions. Merci pour votre dévouement, votre loyauté, votre service. ¶
C'est une expression banale que de dire que nous vivons à une époque de matérialisme, un matérialisme qui a placé sur le trône les choses de ce monde et un matérialisme qui a jeté une ombre même sur notre spiritualité. À mon avis, l'une des grandes raisons en est l'ombre que nous avons jetée sur Jésus en tant que Christ. Même certaines de nos grandes Églises sectaires, comme nous fils de notre Père céleste, l'abandonnent. Elles font du Christ, comme je l'ai souvent dit, un grand maître, un grand philosophe, un grand personnage, ce dont elles ne doutent pas, mais elles lui refusent d'avoir été et d'être le Christ. ¶
De tous les innombrables témoignages concernant sa personnalité, je voudrais attirer votre attention sur deux ou trois seulement. Le premier est la grande prière qu'il offrit la nuit précédant sa crucifixion, après qu'ils eurent quitté la chambre et furent allés au mont des Oliviers, cette grande prière : « Et la vie éternelle c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » (Jean 17:3.) Et le témoignage de Pierre devant le Sanhédrin, lorsqu'on lui demanda de dire par quel nom il avait accompli le miracle à la Belle Porte du temple, il répondit : « . . . le nom de Jésus-Christ de Nazareth, . . . car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » (Actes 4:10, 12.) ¶
Et ce témoignage incarné dans cette grande déclaration du Père lui-même à Moïse, car elle est l'épitomé, le résumé de l'évangile de Jésus-Christ : « Car voici mon œuvre et ma gloire — réaliser l'immortalité et la vie éternelle de l'homme. » (P. de G. P., Moïse 1:39.) ¶
Il y a eu une apostasie par rapport à cette connaissance du Christ. Vous savez, plus je contemple la vie du Sauveur, plus je suis impressionné, plus j'en viens à apprécier son humble condition, né dans la maison d'un humble charpentier, non dans les salles des grands, non dans les palais des dirigeants nationaux, mais avec du sang royal dans ses veines mortelles. Je suis frappé par la remarque qu'il fit à un homme qui vint chercher à le suivre, à aller avec lui, et il dit à l'homme : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête. » (Matthieu 8:20.) ¶
Il était indifférent, si indifférent aux choses de ce monde. Son esprit était fixé tout autrement. La tentation même qui lui vint de Satan, quand Satan lui offrit tous les royaumes du monde s'il voulait seulement se prosterner et l'adorer, lui offrait tout le pouvoir qui peut être conféré par des mains humaines ; mais il l'écarta. ¶
Je me rappelle qu'après avoir nourri la multitude de cinq mille personnes, ils l'auraient pris et fait roi, mais il repoussa cela aussi. Le pouvoir de ce monde n'avait aucun attrait. Le pouvoir de ce monde n'était pas pour lui. ¶
Je me rappelle que lorsqu'il se tint devant Pilate, la première question de Pilate fut politique. « Es-tu le roi des Juifs ? . . . » (Matthieu 27:11.) Et finalement il dit à Pilate, qui essaya six fois d'obtenir des Juifs qu'ils relâchent Jésus — il dit finalement à Pilate : « Mon royaume n'est pas de ce monde », et que sa mission était d'établir la vérité, et alors ce pauvre Pilate perplexe demanda : « Qu'est-ce que la vérité ? » (Voir Jean 18:36-38.) ¶
J'ai à l'esprit les choses qu'il a faites, les miracles qu'il a accomplis. Il n'y eut que trois occasions, je crois, où il entreprit spécifiquement de fournir de la nourriture à la multitude ou à quiconque. La première fut l'alimentation des cinq mille sur la montagne, la deuxième l'alimentation des quatre mille dans la plaine, et la troisième fut ce bel incident sur le lac de Galilée après qu'il fut ressuscité lorsque, tandis que les pêcheurs, les apôtres qui étaient retournés à la pêche, s'approchaient du rivage avec leurs filets vides, lui, le Christ ressuscité, se tenait sur le rivage avec des braises, du poisson et du pain préparés pour le repas. ¶
Je me rappelle un seul cas où il a en fait fourni de l'argent, et je ne suis pas sûr d'un autre incident un peu semblable. Je fais allusion à l'occasion où il manquait d'argent pour les impôts, et où il envoya Pierre en chercher dans la bouche d'un poisson. Il ne procurait pas d'argent à ceux avec qui il travaillait. L'autre incident où de l'argent était directement en cause pour lui fut celui où on lui demanda s'il fallait payer l'impôt à César, et où il prit une pièce de monnaie, montra l'image qui s'y trouvait et dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » (Matthieu 22:21.) ¶
Quant à la richesse : Vous vous souviendrez de la façon dont le jeune chef riche vint à lui et demanda ce qu'il devait faire. Le Sauveur lui dit d'obéir aux commandements. Il dit : « Maître, j'ai observé toutes ces choses depuis ma jeunesse. » Alors le Maître dit : « Vends ce que tu possèdes, et donne-le aux pauvres . . . et suis-moi. » Et le jeune homme riche se détourna. (Voir Matthieu 19:16-22.) Il voulait toutes les bénédictions spirituelles que Dieu pouvait accorder, mais en même temps il voulait conserver sa richesse. ¶
Les disciples de Jean vinrent poser des questions. ¶
« Or Jean, ayant entendu parler dans sa prison des œuvres du Christ, envoya deux de ses disciples, ¶
« Et lui dit : Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? ¶
« Jésus répondit et leur dit : Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez : ¶
« Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. » (Matthieu 11:2-5.) ¶
Voilà l'œuvre du Sauveur. ¶
À une autre occasion, il dit à un autre : « Suis-moi », mais l'autre dit : « Seigneur, permets-moi d'aller d'abord enterrer mon père. Jésus lui dit : Laisse les morts enterrer leurs morts ; et toi, va annoncer le royaume de Dieu. » (Voir Luc 9:59-60.) ¶
« Et un autre dit aussi : Seigneur, je te suivrai ; mais permets-moi d'aller d'abord prendre congé de ceux de ma maison. ¶
« Et Jésus lui dit : Quiconque met la main à la charrue et regarde en arrière ne convient pas au royaume de Dieu. » (Luc 9:61-62.) ¶
On pourrait en dire bien davantage dans ce sens, mais je veux attirer votre attention sur sa formule, le principe qui le guidait, et sur combien elle est belle, et comment elle permet à nous tous qui sommes pauvres de venir à lui, et comment elle nous promet son esprit. Il dit, à la fin de l'incident lié à la venue des disciples : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. » (Matthieu 11:28.) ¶
Je remercie la Société de secours pour son chant. ¶
« Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes. ¶
« Car mon joug est doux et mon fardeau léger. » (Matthieu 11:29-30.) ¶
Son évangile peut être vécu, peut être goûté par le plus pauvre d'entre nous ; le plus pauvre d'entre nous peut jouir des bénédictions de l'évangile, des bénédictions de la prêtrise qui l'accompagnent. Nous n'avons besoin ni de position ni de richesse de ce monde pour jouir de tout ce qu'il a à donner. Le salut et l'exaltation sont de lui, si nous le suivons, pour nous tous. Rien n'exige davantage qu'un cœur brisé et un esprit contrit, et tout ce qui en découle. ¶
Que le Seigneur nous donne le pouvoir de vivre de telle sorte que nous ayons les bénédictions qu'il a promises ; qu'il nous donne, à chacun de nous, le cœur brisé et l'esprit contrit ; tournons-nous vers Jésus le Christ, l'Auteur de notre salut, notre Frère aîné ; adorons-le en esprit et en vérité ; approchons-nous de notre Père céleste par lui, afin que ses bénédictions soient nôtres, je le demande humblement, au nom de Jésus. Amen. ¶