Et c'est notre responsabilité, mes frères...
Clifford E. Young
Au cours des trois derniers mois, j'ai eu le privilège de visiter deux des missions de l'Église, et j'ai été impressionné par une phase importante de l'œuvre dans laquelle nous sommes engagés, l'œuvre missionnaire de l'Église. ¶
Vous vous rappellerez que le Sauveur, en appelant ses apôtres, leur dit : ¶
Ce n'est pas vous qui m'avez choisi ; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis afin que vous alliez et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. (Jean 15:16.) ¶
Il n'y a eu aucun changement à cela, mes frères et sœurs. « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi ; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis afin que vous alliez . . . » Il n'y a aucun changement à cette vérité. ¶
J'ai lu l'autre soir ces vers d'un poète : ¶
. . . pourquoi abandonner une croyance Simplement parce qu'elle cesse d'être vraie ? Accrochez-vous-y assez longtemps, et nul doute Qu'elle redeviendra vraie, car ainsi vont les choses. La plupart des changements que nous croyons voir dans la vie Tiennent à des vérités tantôt en faveur, tantôt en défaveur. ¶
Et c'est pourquoi je dis que, fondamentalement, il n'y a eu aucun changement dans l'enseignement du Sauveur à ses disciples. Lorsqu'il les rencontra en Galilée après sa résurrection, il dit : ¶
Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre. ¶
Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, ¶
et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. (Matthieu 28:18-20.) ¶
Il n'y a eu aucun changement à cela. Cela a peut-être été tantôt en faveur, tantôt en défaveur, mais fondamentalement il n'y a eu aucun changement. Tout pouvoir lui fut donné, et il l'a conféré à ses disciples ; le même pouvoir est avec nous aujourd'hui. ¶
Frère Moyle a fait allusion aux enseignements de Pierre le jour de la Pentecôte, et je n'en cite qu'une partie : ¶
Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés. . . . (Actes 2:38.) ¶
Ces gens eurent le cœur vivement touché, et ils se demandaient ce qu'ils devaient faire, et ils s'écrièrent d'un commun accord : « Hommes frères, que ferons-nous ? » (Ibid., v. 37.) On leur avait enseigné la mission divine de Jésus-Christ, Jésus et lui crucifié ; et le Saint-Esprit reposait sur eux ; le don des langues était avec eux ; ils se comprenaient les uns les autres et ils comprenaient l'apôtre Pierre, bien que des peuples de nombreuses nations fussent rassemblés, et Pierre leur dit : ¶
Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé . . . pour le pardon de [vos] péchés. . . . ¶
Puis il continua en disant : « Car la promesse est pour vous. » La promesse de quoi ? Que le Saint-Esprit viendrait à eux s'ils se montraient obéissants ! ¶
Car la promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. (Ibid., v. 39.) ¶
Il n'y a eu aucun changement à cela, mes frères et sœurs. Et en ce jour, les instructions sont les mêmes. ¶
Envoyez les anciens de mon Église aux nations qui sont au loin, aux îles de la mer, envoyez-les dans les pays étrangers ; appelez toutes les nations, d'abord les Gentils, ensuite les Juifs. (D. & A. 133:8.) ¶
Les mêmes enseignements, une vérité qui a peut-être été tantôt en faveur, tantôt en défaveur, mais une vérité éternelle, malgré tout. Ainsi, aujourd'hui, nous avons dans l'Église la responsabilité, et cette responsabilité apparaît encore plus clairement quand nous pensons au grand système missionnaire de l'Église — nous avons la responsabilité de prêcher l'Évangile, et une obligation supplémentaire par rapport à celle qui fut donnée aux disciples du Sauveur, celle de prêcher l'Évangile rétabli, le même Évangile mais réaffirmé en ce jour, parce que dans l'esprit des hommes il a été pendant un temps tantôt en faveur, tantôt en défaveur, mais la vérité n'a pas changé ; elle est éternelle. ¶
Or, en harmonie avec cela, tout au début de cette œuvre, le prophète Joseph appela des missionnaires qui furent envoyés dans diverses parties des États-Unis, puis plus tard en Grande-Bretagne et dans d'autres pays. Le récit de leur œuvre et de leurs conversions est impressionnant et sera toujours une source d'inspiration pour ceux qui le lisent et qui sont engagés dans la prédication de l'Évangile. ¶
Puis il y eut une accalmie pendant un temps ; les Saints vinrent vers l'ouest ; et l'œuvre missionnaire parut être au point mort, mais pas pour longtemps. Moins de deux ans après que les Saints se furent établis dans ces vallées, frère John Taylor fut envoyé en Angleterre comme missionnaire, puis en France. En plus de la mission de prêcher l'Évangile, il reçut la mission de rechercher une industrie qui pourrait être apportée dans ce pays et établie parmi notre peuple dans l'Ouest et qui l'aiderait sur le plan économique. C'est grâce aux efforts de frère Taylor que l'industrie du sucre fut finalement apportée ici, dans l'Ouest. C'est là une histoire en soi. ¶
Mais, dans le prolongement de cette œuvre que frère Taylor accomplit, il baptisa des personnes très importantes. Vous savez, nous sommes un peu enclins à penser que nos efforts sont apparemment sans effet. Peut-être certains de nos missionnaires ressentent-ils cela. Je sais que je suis rentré de ma mission avec le sentiment de n'avoir pas accompli grand-chose, que peut-être je n'avais baptisé qu'une ou deux personnes. Nous ne savons jamais l'étendue du bien que nous avons fait. ¶
Dans ses labeurs, frère Taylor trouva des hommes comme Elias Morris, le père de frère George Q. Morris, qui est assis ici sur l'estrade, et le président John R. Winder. Il ne se rendait probablement guère compte de ce que cela signifierait pour l'œuvre du Seigneur d'amener dans l'Église des hommes de la stature d'Elias Morris, de John R. Winder et d'autres. ¶
Je visitais un pieu en Californie il n'y a pas longtemps, et l'épouse de l'un des présidents de pieu m'a raconté cette histoire. Elle avait travaillé sous la direction du président Callis dans la mission des États du Sud, et elle a dit que frère Callis leur avait raconté cet incident lors de sa visite au pieu après qu'il eut été appelé au Collège des douze. Frère Callis avait été converti au pays de Galles et avait été baptisé dans l'Église alors qu'il était un petit garçon. Lors d'une visite dans un pieu de Sion, il apprit qu'un vieil homme qu'il avait connu dans le champ missionnaire était malade. Frère Callis lui rendit visite. Il le trouva cynique. Frère Callis essaya de l'encourager. L'homme semblait au-delà de tout encouragement. Alors frère Callis dit : « John, ne vous rappelez-vous pas vos labeurs missionnaires au pays de Galles ? Ne vous rappelez-vous pas le bien que vous avez fait dans le champ missionnaire ? » « Oh, je n'ai fait aucun bien », répondit-il. « N'avez-vous jamais baptisé personne ? » « Non, pas que je me souvienne. » Frère Callis dit : « En êtes-vous sûr ? » « Oh, dit-il, j'ai baptisé un petit gamin qui venait nous déranger dans nos réunions. » Alors frère Callis dit : « Frère John, savez-vous que ce petit gamin, c'était moi ? » ¶
Pensez à l'importance de ce seul baptême ! Pensez à la grande œuvre de frère Callis pendant ses trente années de service dans la mission des États du Sud, puis à sa grande œuvre comme l'un des apôtres du Seigneur Jésus-Christ. ¶
Je le répète, mes frères et sœurs, nous ne savons jamais les résultats de notre travail. Nous ne savons jamais ce que nous accomplissons. Certains d'entre nous ne vivront jamais assez pour le voir, pour le sentir. Mais, tout bien considéré, nous pouvons planter et nous pouvons arroser, mais c'est Dieu qui donne la croissance, et cette croissance augmente peu à peu, comme une petite pierre détachée de la montagne sans le secours d'aucune main, qui roule et finira par remplir la terre. ¶
Maintenant, l'autre pensée, et ensuite mon temps sera écoulé. J'ai eu le privilège de me trouver à Honolulu à l'époque où le président McKay, sœur McKay et frère Murdock y étaient, l'une des expériences les plus marquantes de ma vie. Lorsque nous nous sommes réunis à Honolulu, à la conférence de pieu d'Oahu, le dimanche, nous avons eu trois assemblées. À l'une d'elles, il y avait près de quatre mille personnes présentes. Toutes les nations, tous les peuples des îles de la Polynésie étaient représentés : Hawaïens, Samoans, Maoris, Tahitiens. Un chœur samoan de cent personnes a chanté, magnifiquement, le dimanche matin, puis un chœur hawaïen le dimanche après-midi. Je n'ai jamais entendu de musique plus impressionnante. ¶
Dans cette assemblée, il y avait des Chinois, des Japonais, des Philippins, et je le répète, des gens de toutes les nations. ¶
Frères et sœurs, en regardant cette assemblée, j'ai pensé : voici un exemple de l'Évangile prêché à toutes les nations. L'Évangile du Seigneur Jésus-Christ doit finalement faire lever toute la pâte. Le Seigneur a promis qu'un ange volerait au milieu du ciel, prêchant l'Évangile éternel à toute nation qui habite sur la terre, et il a dit alors que la fin viendrait. Il ne voulait pas dire la fin des peuples, il voulait dire la fin de la méchanceté, la fin de l'injustice. Et j'ai pensé voir se refléter dans cette assemblée les desseins du Tout-Puissant en train de s'accomplir — pas de haine, pas d'animosités, pas de préjugés de classe, pas de haines raciales, mais tous rassemblés sous une seule grande bannière, celle de l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ, et voués à un seul dessein sacré ! ¶
Si vous y pensez avec moi, ne voyez-vous pas comment la paix viendra finalement dans le monde ? Et elle ne viendra que par l'Évangile du Fils de Dieu, son grand message de vérité éternelle, et c'est notre responsabilité, mes frères et sœurs, de le proclamer. ¶
Lorsqu'on visite les missions de l'Église, on est impressionné plus que jamais par la nécessité de remplir les desseins pour lesquels le Seigneur nous a placés ici, en rendant témoignage de l'Évangile tel qu'il a été rétabli en ce jour, sans prêcher rien de nouveau, sans changements, seulement des changements parce que les hommes ont peut-être changé dans leur propre esprit, mais les vérités éternelles restant les mêmes. ¶
Que Dieu nous aide à remplir notre obligation dans cette grande œuvre, je le demande au nom de Jésus. Amen. ¶