Je chéris le privilège d'être assis aux côtés de…
Richard L. Evans
J'ai à cœur le privilège d'être assis à côté de frère Adam S. Bennion, mais non celui de parler après lui. ¶
Il rend cette tâche doublement difficile. ¶
Ce que j'aimerais le moins faire aujourd'hui, ce serait de porter en quoi que ce soit atteinte à la glorieuse qualité, au contenu et à l'esprit des messages que nous avons entendus ici ces quatre ou cinq derniers jours — à commencer par le message du président McKay dimanche matin sur la paix dans le monde et l'influence du foyer ; en remontant plus haut, aux paroles du président Richards à la réunion de la prêtrise samedi soir, au sujet du conseil de ne pas nous surcharger de dettes (ce qui m'a rappelé le conseil donné à Joseph Smith de ne pas courir plus vite ni travailler plus que nous n'en avons la force et les moyens) ; puis les glorieux discours — au nombre de deux — du président J. Reuben Clark sur les points fondamentaux, y compris le conseil d'observer tous les commandements ; et les paroles du président Smith à la réunion missionnaire, nous rappelant nos obligations inéluctables de rendre témoignage au monde. ¶
Et ainsi nous avons été édifiés, encouragés et fortifiés par les messages de tous les frères, sur le foyer, sur l'enseignement des enfants, sur l'exemple que nous devons placer devant eux, sur la divinité de notre Sauveur, Jésus le Christ, sur la glorieuse réalité et l'appel divin de Joseph le Prophète, sur la réalité de l'apparition que le Père et le Fils lui accordèrent. Jusqu'à cet instant même, jusqu'au discours qui vient de précéder immédiatement, ce fut une conférence générale glorieuse, inspirante, solide et satisfaisante. ¶
Je pense qu'à ce stade nous pourrions bien poser la question, ou les questions : Quelle est la signification ultime et le but de ces conférences ; quel est le sens véritable de cette diversité de messages (ou de cette diversité apparente pour ceux qui n'ont pas tout à fait conscience de l'intégralité de l'Évangile) ? Pourquoi faire tout cela ? Pourquoi nous réunir ? Pourquoi nous donner tant de peine et nous soucier de tant de choses ? Pourquoi ne pas simplement nous détendre, être à l'aise et nous complaire ? Pourquoi tout cela est-il important ? Je suppose que nous sommes plus occupés, par habitant, que tout autre peuple que je connaisse, et que s'il n'y avait pas quelque grande importance fondamentale, de vaste portée, à tous ces efforts que nous déployons, à tous ces rassemblements, à toute cette activité, et à tout cet enseignement et cette édification mutuels, cela nous épargnerait bien du temps et des peines de savoir que ce n'est pas important. ¶
Ces choses ne seraient pas si importantes n'était la réalité de la vie éternelle, mais les choses les plus riches de sens dans la vie sont éternelles, et ce que nous faisons est important parce que nous sommes éternels — ¶
Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera. (Matthieu 16:25.) ¶
Or frère Bennion a déjà développé un thème que j'aurais pu développer ; et certaines remarques que j'aurais pu faire sur le bonheur, il les a dépassées par les siennes sur la joie. Mais le sens de tout ce que nous faisons, et la raison de tout cela, c'est que les hommes sont immortels ; que le but de la vie est le bonheur, la paix, la vie éternelle et le progrès éternel ; et ces choses suffisent amplement à justifier tout ce que nous faisons, et bien davantage. ¶
J'aimerais verser au compte rendu, en témoignage de la vérité de cette affirmation, une phrase de Joseph Smith concernant le but et l'objet de la vie : ¶
Le bonheur est le but et le dessein de notre existence ; et il en sera le terme, si nous suivons la voie qui y mène ; et cette voie, c'est la vertu, la droiture, la fidélité, la sainteté et l'observance de tous les commandements de Dieu. (Teachings of the Prophet Joseph Smith, p. 255-256.) ¶
Frère Bennion nous a habilement présenté certaines des choses qui portent en elles de quoi faire la joie et le bonheur. Il existe une longue liste d'autres choses. Nous pourrions nous étendre longtemps sur leur énumération ; parmi elles : l'obéissance ; la liberté, la liberté de penser, une sorte de liberté par laquelle nous nous gardons de l'asservissement à des habitudes préjudiciables au bonheur ; un esprit ouvert à la vérité ; l'amour ; le sentiment d'appartenance ; la conviction d'un but, d'un but dans le temps et dans l'éternité ; la pureté ; la paix qui accompagne une conscience tranquille ; la patience ; le repentir — tous ces éléments sont indispensables au bonheur. ¶
Il en est un autre que je n'ai pas nommé : l'unité familiale. Il n'y a pas bien des jours, ma charmante épouse, la mère de nos quatre fils, et moi, avec nos fils, étions tous ensemble — nous six — dans une voiture, allant au même endroit avec un dessein commun et une destination commune à l'esprit ; et la pensée m'est venue vivement combien cela signifierait bien moins si nous n'étions pas ensemble, et si nous étions divisés dans nos objectifs ; si leur mère essayait de leur dire d'aller en un lieu ou de croire une chose, et que j'essayais de leur dire d'aller en un autre lieu ou de croire une autre chose ; si elle leur proposait un certain ensemble d'idéaux ou d'objectifs, et que je leur proposais un ensemble différent d'idéaux et d'objectifs. Ce ne serait pas juste envers un foyer. Ce ne serait pas juste envers les enfants. Ce ne serait pas juste envers l'avenir. ¶
L'un des plus grands éléments de joie, de paix et d'efficacité dans la vie est l'unité des parents dans un foyer ; et à mes jeunes amis qui envisagent d'entrer dans cette plus importante de toutes les relations, celle du mariage, je voudrais demander instamment aujourd'hui de réfléchir à ceci : Aucun mariage n'a le droit d'être contracté qui, au moment où on le contracte, offre moins que la perspective de durer éternellement. Aucun mariage, au moment où on le contracte, n'a le droit d'imposer à un foyer la peine de tirer les enfants dans deux directions à la fois. Ce n'est pas juste envers les enfants. Ce n'est pas juste envers la collectivité. Ce n'est pas juste envers l'avenir. Il est assez difficile d'enseigner des enfants lorsque les deux parents tirent dans la même direction, mais lorsque les deux personnes vers lesquelles les enfants ont le plus de droit de se tourner pour être guidés leur disent chacune quelque chose de fondamentalement différent, et les persuadent chacune de suivre une voie différente d'une manière différente, cela porte en soi les germes de la difficulté, du mécontentement, de la frustration, du malheur et de l'inefficacité dans la vie. ¶
Je voudrais vous laisser ceci comme l'un des plus grands éléments, l'un des éléments indispensables du bonheur : l'unité dans le foyer. ¶
Nous pourrions en mentionner bien d'autres. Il y a l'humilité, toujours indispensable. J'aime me rappeler une phrase d'Owen Meredith qui résonne dans mon cœur : « Oh ! soyez certains qu'aucun homme n'apprend rien du tout s'il n'apprend d'abord l'humilité. » ¶
Bien sûr, il y a la foi, la première des premiers principes de l'Évangile. Quelle chose glorieuse que la foi ! La foi ! Nous aimerions tous connaître bien des réponses que nous ne connaissons pas. Nous les connaîtrons tous un jour. Mais il était prévu que les hommes vivent en partie par la foi. C'est une chose glorieuse que de l'avoir, pour affronter les questions sans réponse, pour affronter les craintes de la vie, pour nous porter à travers toutes les difficultés — le glorieux principe de la foi, le premier des premiers principes de l'Évangile. ¶
De la quatrième section de la Doctrine et Alliances, je voudrais rappeler ces éléments de joie et de bonheur, de paix et de but dans la vie : ¶
Souvenez-vous de la foi, de la vertu, de la connaissance, de la tempérance, de la patience, de la bonté fraternelle, de la divinité, de la charité, de l’humilité, de la diligence. ¶
Demandez et vous recevrez, frappez et l’on vous ouvrira. (D. & A. 4:6-7.) ¶
Je n'ai pas le langage pour vous exprimer l'amour que j'éprouve pour ces frères, pour leur affection paternelle et fraternelle, leur confiance et leur encouragement. Je n'ai pas les mots pour vous exprimer la gratitude que je ressens pour ma communion fraternelle avec vous et mon appartenance à cette Église, à cette fraternité choisie et chérie ; et je suis reconnaissant de l'amour et de l'affection que je sens dans mon cœur pour tous les hommes, tous les enfants de mon Père, et pour ce que nous avons en commun. ¶
Je pense savoir quelque chose du poids de la responsabilité qui accompagne le fait d'influencer la vie d'autrui. Je crois percevoir quelque chose de la responsabilité de rendre témoignage ; et pourtant à vous qui êtes ici, et à tous ceux qui pourraient écouter, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Église, je voudrais laisser le témoignage de mon âme quant à la divinité du Seigneur Jésus-Christ ; quant à la paternité de Dieu, qui nous a faits à son image ; quant à la réalité divine de la mission et du message de Joseph Smith, et de l'apparition du Père et du Fils à lui, non pas simplement façon de parler, mais en fait, réellement ; quant à la direction inspirée et autorisée de cette Église en ce jour ; l'appel prophétique du président McKay ; quant à la glorieuse destinée de tous les hommes, s'ils suivent les promesses, les desseins, les commandements, et vont jusqu'au bout dans leur observance — pas seulement à mi-chemin. ¶
Dieu vit. Ses desseins sont éternels. La vérité triomphera. L'injustice sera réparée. Les hommes sont immortels. Il y a du bonheur, de la paix, la vie éternelle, le progrès éternel pour nous tous aux conditions auxquelles notre Père nous les offre. ¶
À mes chers jeunes amis de cette glorieuse jeune génération que nous avons dans l'Église aujourd'hui : Puis-je vous supplier d'être patients, de sonder les Écritures, de garder l'équilibre dans votre vie, de réserver votre jugement, de garder la foi, de rester purs, de sortir et de vous élever jusqu'à la haute destinée qui est la vôtre, et de vivre votre vie et de faire de vos foyers des lieux d'unité de but avec vos compagnons, afin que vous puissiez réaliser cette joie, cette efficacité, cette paix et cette unité de but dans la vie qui mèneront à des possibilités illimitées ici-bas et dans l'au-delà. ¶
Que Dieu vous bénisse et vous donne tout ce dont vous avez besoin dans la vie, je le demande au nom de Jésus. Amen. ¶