Pulpit

Je souhaite sincèrement, mes frères et sœurs bien-aimés...

Joseph L. Wirthlin

1952 October General Conference·Sunday Morning Session·1952-10-05

Je souhaite sincèrement, mes frères et sœurs bien-aimés, jouir de la faveur du Seigneur pendant les quelques minutes où je me tiendrai devant vous.

Je voudrais vous lire le trente-cinquième verset de la première section de Doctrine et Alliances :

Car je ne fais pas acception de personnes, et je veux que tous les hommes sachent que le jour vient rapidement ; l’heure où la paix sera enlevée de la terre et où le diable aura pouvoir sur ses possessions n’est pas encore arrivée, mais elle est proche.

En observant les conditions du monde aujourd’hui, je suis sûr que nous sommes tous d’accord pour dire que la paix a littéralement été enlevée aux nations de la terre. Nous voyons en Corée une lutte sanglante qui semble n’avoir pas de fin. L’Europe est un camp armé. De l’autre côté du rideau de fer, on fait les préparatifs d’une grande Troisième Guerre mondiale. En Iran et en Égypte, nous observons la rébellion. Il semble y avoir un esprit d’agitation dans le monde entier. Nous sommes au milieu de la guerre depuis près de treize ans. Il est vrai que les représentants des nations ont essayé de négocier la paix, mais nous n’avons pas la paix.

Nous avons toutes les difficultés dont le Seigneur a parlé : que la paix serait enlevée de la terre et que l’esprit de Satan aurait la domination sur le monde.

Je me demande si ceux qui siègent à la table de la paix ont dans leur cœur le véritable esprit de paix. L’esprit de paix est l’esprit du Seigneur Jésus-Christ. Je regrette que, lorsque les Nations Unies ont été fondées, le nom du Rédempteur du monde n’ait pas été employé, et c’est pour cette raison que je sens que le véritable esprit de paix n’a pas influencé et n’influence pas les tractations des négociations de paix.

Ceux qui ont siégé autour des soi-disant tables de la paix du monde ont été des hommes rusés et retors, négociant dans le seul but d’acquérir davantage de pouvoir, davantage de territoire et, en dernière analyse, des millions de personnes se trouvent maintenant sous la botte du dictateur ; elles ont perdu leur libre arbitre et leur liberté. Elles ont perdu leur terre.

Et comme je contemple ces terribles conditions qui existent dans le monde, vous vous demandez avec moi quel conseil ou quel avis notre Père céleste a pour nous. Veuillez lire le huitième verset de la quatre-vingt-septième section : vous y trouverez le conseil du Seigneur. Il a dit :

C’est pourquoi, tenez-vous en des lieux saints et ne vous laissez pas ébranler jusqu’à ce que le jour du Seigneur vienne ; car voici, il vient rapidement, dit le Seigneur.

Quels sont ces lieux saints ? Ce sont les saints temples de Dieu. Ce sont les bâtiments de l’Église, un dans chaque paroisse, consacrés au culte de notre Père céleste. Je dirais que nos foyers peuvent devenir des lieux saints si nous cultivons l’Esprit du Seigneur Jésus-Christ, l’esprit de paix.

Lorsque je regarde les visages de cette vaste assemblée et que je pense à l’immense auditoire de la radio, je sais que beaucoup d’entre vous vivent sous un nuage d’incertitude. Sont présents des pères et des mères, des fils et des filles, des épouses et des fiancées des soldats engagés sur les sanglants champs de bataille de Corée. La nouvelle peut venir que l’être cher a fait le sacrifice suprême, ou qu’il a été blessé et est mutilé pour la vie, ou qu’il est prisonnier aux mains d’un ennemi païen.

Il y a d’autres problèmes déconcertants que beaucoup d’entre nous ont. Des hommes d’affaires font les cent pas la nuit, se demandant comment leurs problèmes seront résolus. Nous oublions de penser au Sauveur, à son conseil et à ses enseignements.

Je vous cite les versets vingt-huit à trente de Matthieu onze, où le Sauveur a dit :

Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos.

Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes.

Car mon joug est doux et mon fardeau léger.

Et il nous a dit de nouveau, au vingt-troisième verset de la dix-neuvième section de Doctrine et Alliances :

Apprends de moi et écoute mes paroles ; marche dans l’humilité de mon Esprit, et tu auras la paix en moi.

Ces déclarations du Sauveur sont l’appel à la paix lancé aux fidèles, aux obéissants, à ceux qui l’ont accepté comme le Rédempteur du monde.

Avec l’appel à la paix vient cette exhortation à assister à la réunion de paix du Prince de la paix.

Mais souviens-toi qu’en ce jour, le jour du Seigneur, tu offriras tes oblations et tes sacrements au Très-Haut, confessant tes péchés à tes frères et devant le Seigneur. (Ibid., 59:12.) Et l’appel à la paix vient de nouveau : Et afin de te préserver plus complètement des souillures du monde, tu iras en mon saint jour à la maison de prière et tu y offriras tes sacrements.

(Idem, 9.) Ici nous trouvons la source de la véritable paix dans la maison du Seigneur, le jour du sabbat ; ici une conférence de paix est en session avec le Sauveur du monde.

Les dirigeants qui président cette conférence de paix sont trois grands prêtres, l’épiscopat de la paroisse. Sous leur direction, la table de la paix est préparée par la Prêtrise d'Aaron ; les emblèmes du corps rompu et du sang versé sont déposés sur la table devant l’assemblée. Ceux qui officient sont des prêtres, des instructeurs et des diacres de la Prêtrise d'Aaron. Et à leur tour, les prières de la Sainte-Cène sont offertes.

Je considère les prières de la sainte-cène comme des prières d’alliance, car, après tout, dans la bénédiction sur le pain et les bénédictions sur la coupe, il y a des alliances auxquelles nous souscrivons tous. Premièrement, lorsque le pain est béni, il est sanctifié pour tous ceux qui en prennent.

Deuxièmement, ils font alliance de manger en souvenir du corps du Prince de la paix, ils font alliance de se souvenir du sang versé. Troisièmement, ils conviennent de témoigner à Dieu de leur volonté de prendre sur eux le nom de Jésus-Christ et de se souvenir toujours de lui. Prendre sur soi le nom de Jésus-Christ, pour moi, signifie que nous accepterons le Fils de Dieu comme Rédempteur du monde, que nous accepterons son plan du salut et le vivrons comme il nous l’a commandé, et puis que nous nous souviendrons du grand sacrifice qu’il a fait sur la colline du Calvaire.

Je sens que, lorsque nous assistons à la réunion de paix du Sauveur dans des lieux saints de culte, nous n’avons aucune idée des souffrances que le Sauveur a traversées, tant dans le jardin de Gethsémané que sur la croix.

Nous faisons alliance de garder ses commandements qu’il nous a donnés. Et le Seigneur fait alliance avec nous que, si nous gardons ses commandements, si nous nous souvenons de son grand sacrifice, si nous l’acceptons pleinement, il nous récompensera à son tour par la compagnie de son Saint-Esprit.

Et lorsque le sabbat touche à sa fin et que nous rentrons chez nous, nous devrions partir avec la détermination de garder les commandements du Sauveur du monde. Le premier étant :

. . . aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. . . .

Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. (Matt. 22:37, 39.) Nous parlons d’amour. Tel que je le définis, c’est la grande passion motrice et stimulante qui nous pousse à rendre service à Dieu, à garder ses commandements et à exprimer notre amour pour lui en obéissant à ses commandements. Et si nous aimons notre prochain, nous lui rendrons service, que ce soit d’ordre matériel ou spirituel.

Troisièmement, le Sauveur a dit de prier toujours afin de ne pas nous décourager. Je suis sûr que nous serons tous d’accord pour dire que ce sont des temps où le cœur des hommes est défaillant, où leur cœur leur fait défaut.

Mais dans nos foyers, avec l’Esprit de Jésus-Christ dans notre âme, nous pouvons prier Dieu, père et mère, fils et filles réunis autour de l’autel familial de la prière ; l’Esprit du Christ y sera en riche abondance, nous donnant l’esprit d’amour les uns pour les autres, l’esprit de désir de servir Dieu, l’esprit d’unité et l’esprit de coopération dans toutes nos entreprises.

Quatrièmement, que nous ornions nos pensées et notre esprit de vertu. Seuls des esprits purs et des corps purs peuvent jouir de 'l’Esprit du Seigneur Jésus-Christ, l’esprit de paix.

Cinquièmement, en tant que serviteurs de Dieu détenant sa sainte prêtrise, nous reconnaîtrons notre responsabilité à cet égard et nous nous acquitterons de nos devoirs avec des cœurs volontaires et priants.

Sixièmement, que nous nous souviendrons de la veuve, de l’orphelin, du chômeur et de la personne âgée, que nous nous engagerons à soutenir le programme d’entraide, afin qu’il y ait dans l’entrepôt de l’évêque les choses nécessaires à la vie pour prendre soin de ceux qui sont dans la détresse.

Voilà la religion pure et sans souillure.

Nous exprimons ici notre amour pour notre prochain qui peut être dans le besoin.

Nous devons nous souvenir de nos ancêtres décédés, et suivre l’exhortation du prophète lorsqu’il a déclaré que le temps viendrait où le cœur des pères se tournerait vers les enfants et le cœur des enfants vers les pères, de peur que le Seigneur ne vienne frapper la terre d’une malédiction.

Nous ferons face à toutes nos obligations avec un cœur joyeux, en nous souvenant que, si le royaume de Dieu doit croître et s’étendre sur la terre, il est nécessaire que des fonds soient disponibles pour payer le fonctionnement et les dépenses de l’Église.

Qu’aucun de nous ne cherche des moyens et des façons de déduire de la dîme du Seigneur tel ou tel poste.

Si nous payons notre dîme intégralement, la promesse de l’ancien prophète sera nôtre, lorsqu’il a dit que si nous apportions nos dîmes à la maison du trésor du Seigneur, les cieux seraient ouverts et des bénédictions abondantes viendraient sur nous, au point que nous ne pourrions pas les contenir.

Frères et sœurs, si nous aimons le Christ, si nous tenons nos alliances à sa table de paix chaque jour du sabbat et gardons ses commandements tout au long de la semaine, je n’ai aucun doute que nos foyers deviendront des lieux saints, où l’Esprit du Christ demeurera en riche abondance et où nous serons protégés du mal et des maux du monde. Je suis sûr que, si nous le faisons, si nous souscrivons aux alliances de paix conclues à sa table de paix, par son Saint-Esprit ces paroles viendront : Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble pas et ne s’alarme pas. (Jean 14:27.) Oui, il peut y avoir la guerre, il peut y avoir la famine, il peut y avoir les bouleversements de la nature, des nations peuvent s’effondrer en poussière à nos pieds, mais je vous promets que notre Rédempteur, le Prince de la paix, tiendra son alliance avec nous. Il nous donnera l’espérance et l’assurance, et que ce soit dans la mort ou dans la vie, il nous recevra.

Combien d’entre nous assistent à la réunion de paix du Seigneur Jésus-Christ.

Dans l’Église, à l’heure actuelle, vingt-cinq pour cent de ses membres assistent à la réunion de sainte-cène le jour du sabbat. Cependant, il est inspirant et encourageant de savoir que les jeunes filles Saints des derniers jours âgées de douze à dix-neuf ans assistent à la réunion de sainte-cène, en été, dans la proportion de quarante-huit pour cent et, en hiver, de cinquante-cinq pour cent. La fréquentation moyenne de la réunion de sainte-cène par les détenteurs de la Prêtrise d'Aaron est de trente-sept pour cent.

Quelle chose grande et merveilleuse ce serait si ce lieu saint du Seigneur, le jour du sabbat, était rempli à sa capacité, si chacun des membres de cette Église qui a fait alliance dans les eaux du baptême suivait les commandements du Christ et, en particulier, assistait à la réunion de sainte-cène.

Qui suis-je pour dire que nous devrions avoir une fréquentation de cinquante pour cent à la réunion de sainte-cène, ou une fréquentation de soixante-quinze pour cent à la réunion de sainte-cène ? Je n’ai pas le droit de mettre une limite au nombre de ceux qui devraient y assister. Le Seigneur n’y a mis aucune limite, sinon d’attendre que chaque membre de cette Église assiste à la réunion révélée, la réunion la plus importante de la semaine, la réunion de paix du Seigneur Jésus-Christ, qu’il prenne les emblèmes de la Dernière Cène et renouvelle nos alliances avec lui.

Et en prenant la sainte-cène, il est bon que nous suivions l’exhortation de Paul aux Corinthiens :

Mais que l’homme s’éprouve lui-même, et qu’ainsi il mange de ce pain et boive de cette coupe.

Car celui qui mange et boit indignement mange et boit sa propre damnation, ne discernant pas le corps du Seigneur.

C’est pour cette raison que beaucoup sont faibles et malades parmi vous, et que beaucoup dorment. (1 Cor. 11:28-30.)

Paul a déclaré aux Romains, au dix-septième verset du quatorzième chapitre de l’épître aux Romains :

Car le royaume de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie dans le Saint-Esprit Je vous soumets la question : « Combien d’entre nous pensent que le royaume de Dieu est le manger et le boire, constitué entièrement des choses matérielles du monde ? »

Lorsque nous passons notre temps dans les champs à labourer, lorsque nous passons notre temps dans nos affaires, lorsque nous passons notre temps à rechercher le plaisir dans le monde le jour du Seigneur, c’est une indication que nous acceptons le royaume de Dieu comme un royaume du manger, du boire et des choses matérielles de la vie, plutôt que de la justice, de la paix et de la joie dans le Saint-Esprit, les choses du royaume de Dieu.

Il y a dans l’Église une tendance croissante à penser que, si nous assistons à l’École du Dimanche le matin du sabbat et prenons la sainte-cène, toutes les exigences ont été remplies. J’entends les paroles du prophète Brigham Young sur ce point. Il a dit, parlant de la sainte-cène : Enseignez-en l’observance à vos enfants ; imprimez-leur sa nécessité. Son observance est aussi nécessaire à notre salut que n’importe lesquelles des autres ordonnances et commandements qui ont été institués afin que les gens soient sanctifiés. (Discourses of Brigham Young, p. 171.) Il a déclaré en outre : Dans certaines de nos paroisses et de nos localités, l’administration de la sainte-cène a été introduite dans les écoles du dimanche. Il est très agréable et très gratifiant pour l’esprit que je possède que les parents veillent à ce que leurs enfants fréquentent l’école du dimanche et reçoivent l’instruction appropriée au sujet de leur foi. [Et je veux que vous remarquiez ceci et j’y insiste] : Une fois l’école du dimanche terminée, que les parents prennent la peine d’amener leurs enfants à la réunion. (Ibid., 173.) Quelle réunion ? La réunion de sainte-cène, la réunion de paix du Prince de la paix.

L’École du Dimanche a le mandat d’enseigner l’Évangile du Seigneur Jésus-Christ aux membres de l’Église.

Je suis sûr qu’à l’École du Dimanche on enseigne aux enfants la signification de la sainte-cène, et je suis sûr que, de pair avec cela, on leur enseigne aussi la nécessité d’assister à la réunion de sainte-cène.

La réunion de sainte-cène, frères et sœurs, devrait devenir la réunion de famille de l’Église, où père, mère, fils et filles assistent ensemble et renouvellent leurs alliances en prenant les emblèmes de la Dernière Cène.

Le Seigneur Jésus-Christ a dit :

Laissez les petits enfants et ne les empêchez pas de venir à moi ; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. (Matthieu 19:14.) Si nous manquons d’amener nos enfants à la réunion de sainte-cène, nous ne les amenons pas au Sauveur comme il nous le commande.

Je suis sûr que tout enfant qui prend la sainte-cène et en comprend le sens doit sentir l’esprit bienveillant du Sauveur du monde.

Le Seigneur Jésus-Christ tient ses promesses si nous tenons les nôtres. Cette terrible guerre est constamment dans mon esprit. Je pense aux jeunes hommes dans les trous individuels et dans les abris sur les collines rocheuses de Corée où, sous la direction de leur chef de groupe, ou peut-être de l’un de nos aumôniers, ils se rassemblent autour de la table de la paix du Seigneur Jésus-Christ, prennent les emblèmes de la Dernière Cène, font alliance avec lui de toujours se souvenir de lui et, en récompense, je suis sûr que son Esprit leur murmure : « Je vous donne ma paix. » Ils sont réconfortés, ils ont la consolation dans leur cœur, et, que ce soit dans la vie ou dans la mort, le Seigneur les bénira et les recevra auprès de lui.

La grande obligation qui repose sur nous aussi longtemps que nous jouissons du statut de membre de l’Église du Seigneur est d’assister à la réunion de paix, de participer aux négociations de la table de la sainte-cène où nous renouvelons de nouveau nos alliances avec le Seigneur Jésus-Christ. Et aussi sûrement que nous vivons, quelles que soient les conditions du monde, la parole du Sauveur sera tenue lorsqu’il a dit : Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble pas et ne s’alarme pas. (Jean 14:27.) Frères et sœurs, en ces heures de détresse, de guerre et de destruction, je vous le promets : si nous allons à la réunion de paix de notre Sauveur, le Seigneur Jésus-Christ, chaque dimanche, son Esprit y sera en riche abondance, nous l’emporterons dans nos foyers, et, en gardant ses commandements, nos foyers peuvent devenir un lieu saint, ils peuvent devenir des maisons de Dieu, bénédiction dont je prie que nous jouissions tous, au nom du Roi de la paix, le Seigneur Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursJoseph L. Wirthlin, « Je souhaite sincèrement, mes frères et sœurs bien-aimés... », 1952 October General Conference, Sunday Morning Session (1952-10-05). Pulpit Vault, 1952-10-wirthlin-1-sincerely-trust-my-beloved-brethren-and. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).