Mes frères et sœurs, j'aborde cette...
Alma Sonne
Mes frères et sœurs, j'aborde cette responsabilité avec dans le cœur la prière que le bon esprit qui a été présent au cours de cette session et des autres sessions continue d'être avec nous. ¶
Hier soir, alors que j'étais assis dans l'assistance à la réunion missionnaire, il m'est venu à l'esprit que l'Église dans son ensemble, et ses membres individuellement, ont toujours été fidèles à leur responsabilité missionnaire. ¶
Il m'est venu aussi à l'esprit que ceux qui y ont pris part, fidèlement, ont été abondamment bénis. Dieu a fait prospérer son œuvre sur la terre. Et je me réjouis avec vous de son succès. ¶
Il y a quelques années, j'ai parlé à un chef d'entreprise qui, depuis, a atteint le sommet dans son organisation commerciale. ¶
Il m'a raconté comment il avait présenté, des années auparavant, une demande d'emploi dans cette organisation. ¶
Après une conversation avec l'un des responsables, on lui dit que, comme il n'avait pas fait d'études universitaires, le poste ne lui était pas accessible. Mais le jeune homme expliqua qu'il avait accompli une mission pour l'Église des Saints des derniers jours, et le responsable se tourna vers lui et dit : « Eh bien, je considère une mission pour l'Église mormone comme l'équivalent d'une formation universitaire. » Cet homme s'est élevé à une position éminente, non seulement dans son organisation commerciale, mais aussi dans le monde. Assurément, ceux qui s'engagent dans cette œuvre missionnaire reçoivent des bénédictions qui les qualifient pour leurs activités quotidiennes. ¶
Frère Orson F. Whitney raconta un jour son ambition de devenir acteur. Mais sa pauvreté faisait obstacle à sa réalisation. Finalement, sa mère, compatissant à ses rêves et à son désir, lui dit de vendre quelques-uns de ses terrains en ville, ici à Salt Lake City, et d'utiliser le produit de la vente pour son instruction. Mais aucune vente ne se concrétisa. Puis il arriva quelque chose qui révolutionna le projet et toute la vie de frère Whitney. ¶
Il devint missionnaire. Ses anciens rêves s'évanouirent. Parlant de cette première mission qu'il accomplit avec tant de mérite, il écrivit plus tard : ¶
Je sais maintenant que j'avais un témoignage, une profonde conviction de la vérité, mais qu'il était latent, non développé, comme une mine d'or dans les profondeurs de la terre. Il fallait qu'il se produise quelque chose pour le faire ressortir. Ce quelque chose, ce fut ma mission. Elle a percé un tunnel, creusé un puits et amené le précieux minerai à la surface. ¶
Des milliers parmi nos frères et sœurs pourraient rendre un témoignage semblable. ¶
Orson F. Whitney ne devint pas acteur professionnel. Son amour des feux de la rampe disparut. À son retour du champ missionnaire, il devint un défenseur de la foi, un interprète des Écritures. Il devint évêque, apôtre, orateur et poète reconnu, auteur d'ouvrages d'histoire, législateur et président de mission. Tous ses dons naturels furent pleinement mis en œuvre. Son champ d'action s'élargit, et ses talents et ses pouvoirs furent exercés pour édifier la foi dans le cœur de ses semblables et pour proclamer l'Évangile du salut dans son pays et à l'étranger. Comme Abraham autrefois, Orson F. Whitney fut choisi avant de naître. Vous et moi sommes les bénéficiaires de son œuvre prodigieuse, de ses réalisations illimitées et de sa vie richement dotée. ¶
La plupart d'entre nous, j'ose le dire, ont lu le petit livre de frère Widtsoe, In The Gospel Net. C'est l'histoire d'une grande conversion, car frère Widtsoe y raconte comment sa mère devint membre de l'Église. J'ai souvent pensé à cet humble cordonnier qu'il décrit et qui présentait l'Évangile aux gens qui venaient à sa boutique ; son âme était pleine d'amour pour ses semblables. Et, en conséquence, l'Église tout entière a été bénie. Qui estimera les résultats lointains de ses efforts, et qui estimera l'ampleur de la contribution apportée par frère John A. Widtsoe, dont les livres et les brochures, les ouvrages sur l'Église et les exposés sur l'agriculture, nombreux et savants, ont été et sont lus abondamment, dans son pays et à l'étranger ! Ses messages puissants ont abattu bien des préjugés et ouvert la porte à bien des chercheurs. Ces humbles commencements ont une façon de croître et de s'étendre en de puissants mouvements et de grandes réalisations. ¶
J'ai devant moi le rapport présenté à l'Église par le président Brigham Young après l'achèvement de sa première mission en Angleterre en 1840. Le président Young dit : ¶
Nous avons débarqué au printemps de 1840, étrangers dans un pays étranger et sans un sou, mais par la miséricorde de Dieu nous nous sommes fait beaucoup d'amis, nous avons établi des églises dans presque toutes les villes et cités connues du royaume de Grande-Bretagne, nous avons baptisé entre sept et huit mille âmes, imprimé cinq mille exemplaires du Livre de Mormon, trois mille recueils de cantiques, deux mille cinq cents volumes du Millennial Star et six mille tracts, et nous avons fait émigrer mille âmes vers Sion, établi une agence de navigation permanente, qui sera une grande bénédiction pour les Saints, et nous avons laissé semée dans le cœur de plusieurs milliers de personnes la semence de la vérité éternelle, qui portera du fruit à l'honneur et à la gloire de Dieu, et pourtant nous n'avons manqué de rien pour manger, boire ou nous vêtir ; en toutes ces choses, reconnaissez la main de Dieu. (Millennial Star 26:7.) Ce que je viens de lire couvre une année d'activité missionnaire d'une poignée de missionnaires. Je m'émerveille de cette réalisation. ¶
Je me glorifie de leur succès. Sans l'aide de Dieu, ils n'auraient pu le faire. ¶
Puis-je dire que l'Église, telle que nous l'avons aujourd'hui, est le produit du système missionnaire, commencé six mois après son organisation. Le Livre de Mormon, les Articles de foi, les révélations données au Prophète et les enseignements philosophiques fondamentaux ont survécu à un siècle d'opposition, de critiques et d'enquêtes implacables. Aucun changement, aucune excuse, aucune rétractation n'ont été nécessaires. L'Église est comme un roc dans les mers battues par la tempête, comme une enclume battue, immobile. Son fondement est ferme et profond. Elle ne peut être déracinée. ¶
Joseph Smith était un prophète de Dieu. ¶
Nous sommes ici, vous et moi, grâce à sa vision prophétique. Certains de ses contemporains marquaient le grand Ouest comme une terre de désolation, inhospitalière et inhabitable. Daniel Webster n'y voyait qu'une vaste étendue sans valeur, avec ses sauvages et ses bêtes sauvages, ses déserts de sables mouvants, ses cactus et ses chiens de prairie, et une côte de trois mille milles sans un seul port. ¶
Que vit Joseph Smith ? Il vit des foyers pour un peuple puissant, les Saints des derniers jours, où les Saints de Dieu établiraient des colonies et bâtiraient des villes. La sagesse de Dieu, mes frères et sœurs, est plus grande que la sagesse de l'homme. ¶
Puissions-nous l'apprécier, je le prie au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶