J'espère sincèrement, mes frères et sœurs...
Joseph L. Wirthlin
J'espère sincèrement, mes frères et sœurs, que je pourrai bénéficier de votre foi et de vos prières pendant les quelques instants où je me tiendrai devant vous. ¶
Comme vous, j'ai été profondément ému et inspiré par les travaux de cette grande conférence. Je suis certain que le discours de notre bien-aimé Président, ce matin, nous a inspiré à chacun et à chacune la résolution de vivre mieux, en illustrant les principes de l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ tels que nous le vivons jour après jour. ¶
Du temps du Maître, il y avait un apôtre que l'on appelait Jean le Bien-aimé. Ce titre lui fut donné parce qu'il aimait le Sauveur de tout son cœur. Il aimait le peuple. C'est une grande chose de savoir qu'en ce jour nous avons un apôtre du Seigneur Jésus-Christ, un prophète, un révélateur et un voyant qui, en raison de sa bonté et de son amour pour le peuple, et des marques de tendresse qu'il lui témoigne, sera connu comme David le Bien-aimé. Je remercie aujourd'hui le Seigneur de ce qu'il a recouvré la santé et la force, et je prie le Seigneur de toujours le bénir afin qu'il puisse accomplir les grandes tâches qui lui incombent. ¶
Le principe de la croyance
Il y a quelques semaines, revenant d'une mission à Los Angeles, j'ai rencontré dans le train un homme qui s'est présenté comme le représentant d'une grande entreprise qui l'envoyait à Salt Lake City pour y établir l'une de ses succursales. Il avait fait une visite antérieure, au cours de laquelle il avait parcouru l'enceinte du Temple, profondément impressionné par tout ce qu'il avait entendu et vu. Je lui ai dit que j'avais l'honneur d'être l'une des autorités générales de l'Église, après quoi il s'est lancé dans une discussion sur la religion, disant qu'il estimait que cette grande nation ne pouvait être sauvée que par l'application de principes spirituels. ¶
Il paraissait être un homme très dévot, car il assistait aux offices de son Église et s'acquittait de ses obligations financières envers elle. Tout son espoir de salut reposait sur le seul principe de la croyance, et il a laissé entendre qu'il n'avait dans son Église d'autres responsabilités que celles que je viens de mentionner. L'attitude de ce monsieur m'a amené à réfléchir à la valeur d'une croyance qui ne se développerait pas en une foi durable. ¶
Le Sauveur n'a jamais, ni durant son ministère ni lors du rétablissement de l'Évangile, proclamé la doctrine selon laquelle l'homme peut être sauvé sur la base de la croyance. Il l'a plutôt rendu très clair et implicite dans la déclaration suivante : ¶
Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. (Matthieu 7:21.) Dans l'analyse de cette déclaration du Sauveur, il apparaît très clairement que la croyance en elle-même ne suffit pas pour le salut, mais — « celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux ». ¶
Jacques l'a rendu parfaitement clair lorsqu'il a fait cette déclaration : ¶
Mes frères, que sert-il à quelqu'un de dire qu'il a la foi, s'il n'a pas les oeuvres ? La foi peut-elle le sauver ? ¶
Si un frère ou une soeur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, et que l'un d'entre vous leur dise : Allez en paix, chauffez-vous et vous rassasiez ! et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ? ¶
Il en est ainsi de la foi : si elle n'a pas les oeuvres, elle est morte en elle-même. ¶
Mais quelqu'un dira : Toi, tu as la foi ; et moi, j'ai les oeuvres. Montre-moi ta foi sans les oeuvres, et moi, je te montrerai la foi par mes oeuvres. ¶
(Jacques 2:14-18.) ¶
Un premier pas vers la foi
Nous ne pouvons pas écarter entièrement le principe de la croyance, car il est le premier pas vers la foi. L'apôtre Paul a déclaré. « . . . car il faut que celui qui s'approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu'il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent. » (Hébreux 11:6.) Par conséquent, une personne qui désire fermement connaître Dieu et ses desseins, et qui se montre disposée à garder ses commandements, peut recevoir ce don divin que l'on appelle la foi. ¶
Le prophète Joseph Smith a déclaré que la foi est la cause motrice de toute action. C'est cette grande force stimulante qui fait aboutir les projets et les désirs de l'humanité. Le génie de l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ, aux temps anciens comme dans l'Évangile rétabli de nos jours, exige un programme qui demande non seulement la foi, mais aussi des œuvres de la part de l'individu qui a pour objectif le salut et l'exaltation dans le royaume de Dieu. ¶
On nous dit que la gloire de Dieu est l'intelligence, et qu'aucun homme ne peut être sauvé dans l'ignorance. Par conséquent, si nous voulons acquérir l'intelligence et la connaissance nécessaires pour obtenir une place dans le royaume céleste, cela ne s'accomplira que par l'effort et les œuvres, intellectuels et spirituels. ¶
Le privilège de travailler
Dieu, en rétablissant l'Église de Jésus-Christ, l'a organisée de telle sorte que chacun et chacune de ses membres dignes ait l'occasion d'avoir le privilège de travailler. Le rétablissement de la prêtrise en est une preuve. La prêtrise est le pouvoir de Dieu donné aux hommes afin qu'ils puissent agir comme ses représentants sur la terre et remplir certaines tâches lorsque ceux qui président sur eux le leur demandent. ¶
Ainsi, avec cette autorité conférée aussi bien aux hommes d'âge mûr qu'aux jeunes gens, il y a une occasion de servir, d'accomplir une grande œuvre ; par exemple, nous pensons à l'œuvre missionnaire, où sont engagés des milliers d'hommes et de femmes, jeunes et vieux, qui sont dans le monde à prêcher l'Évangile à toute nation, toute tribu, toute langue et tout peuple. ¶
Il en va tout aussi bien du grand projet d'enseigner l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ aux gens chez eux. Nous l'appelons « enseignement de paroisse ». Si l'enseignement de paroisse était accompli comme il devrait l'être, il exigerait les services de chaque membre digne de la prêtrise dans l'Église. ¶
L'œuvre généalogique
Si certains d'entre nous cherchent à faire l'œuvre du Seigneur et estiment ne pas en avoir l'occasion, il leur suffit, frères et sœurs, de s'engager dans l'œuvre généalogique de l'Église. Je suis certain que ceux qui ont été touchés par l'esprit d'Élie, et dont le cœur s'est tourné vers leurs pères, se sont lancés dans cette œuvre avec empressement et avec le désir de voir que l'œuvre sera faite, ou a été faite, ou sera accomplie pour ceux qui n'ont pas eu, dans cette vie, le privilège d'entendre l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ. ¶
L'autre jour, en visite au pieu de Saint George, on m'a présenté un frère âgé de quatre-vingt-dix ans, et l'on m'a dit qu'il avait accompli l'œuvre pour dix mille personnes. Quelle réussite ! Quel accomplissement ! Je n'ai pu m'empêcher de penser que lorsque ce frère franchira le voile et rencontrera ces milliers de personnes, elles se lèveront et l'appelleront bienheureux. ¶
C'est un exemple de la foi et des œuvres réunies, pour le bien et la bénédiction de milliers de personnes. ¶
Occasions de servir
Dans cette grande organisation de la foi et des œuvres, il n'est pas seulement prévu que tout le travail soit accompli par la prêtrise, mais que nos sœurs aient aussi des occasions de servir, que l'on trouve dans les organisations auxiliaires de l'Église, en enseignant les enfants et en portant assistance à ceux qui sont dans la détresse, quelle qu'elle soit. ¶
Considérez un instant, si vous le voulez bien, ce que demande en personnel une organisation de paroisse, avec les autorités qui président la paroisse, les dirigeants de toutes les auxiliaires et les instructeurs de paroisse. ¶
Des occasions de travailler dans le royaume sont immédiatement ouvertes à au moins deux cents membres, alors que, dans les Églises du monde, seules une ou deux personnes auraient cette occasion. ¶
L'œuvre dont Jacques a parlé à propos de la foi se divise en deux : celle qui a trait au spirituel et celle qui a trait aux œuvres temporelles. Pour illustrer ce qu'il en est des œuvres temporelles, Brigham Young a déclaré : ¶
Tout ce qui touche à l'édification de Sion exige un travail réel et pénible. Il est absurde de parler d'édifier un royaume quelconque autrement que par le travail ; il exige le travail de chaque partie de nos organisations, qu'il soit intellectuel, physique ou spirituel, et c'est la seule manière d'édifier le royaume de Dieu. ... Si nous édifions le royaume de Dieu, ou établissons Sion sur la terre, nous devons travailler de nos mains, planifier avec notre esprit et imaginer des moyens et des méthodes pour atteindre cet objectif. ¶
(Discours de Brigham Young, éd. de 1943, p. 291.) ¶
Le programme d'entraide
L'une des grandes œuvres temporelles de l'Église se trouve dans le programme d'entraide. Il offre à tous l'occasion d'y participer, du jeune garçon ou de la jeune fille jusqu'à l'homme ou la femme âgés qui sont en bonne condition physique. Il exige beaucoup de travail physique, mais de notre effort physique naît une bénédiction spirituelle — une bénédiction spirituelle par laquelle, frères et sœurs, nous observons une part du premier et grand commandement, « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Si nous aimons réellement nos prochains comme nous-mêmes, nous allons nous efforcer de faire quelque chose pour ceux qui sont dans la détresse, quelle qu'elle soit. ¶
La construction de bâtiments de l'Église exige un effort physique qui, en réalité, contribue beaucoup à l'édification du royaume. ¶
Il n'y a jamais eu, dans notre histoire en tant qu'Église, de période où l'on ait érigé autant de bâtiments de l'Église que ces cinq ou six dernières années, et le facteur le plus inspirant de ce grand projet de construction est que les membres des diverses paroisses y ont contribué physiquement par leur travail, en plus d'avoir fait des contributions financières. ¶
Le tabernacle de Saint George
Dimanche dernier, j'ai eu le privilège d'assister à la conférence du pieu de Saint George, et lorsque j'ai le privilège de visiter la ville de Saint George, je suis toujours enthousiasmé et inspiré en admirant le beau tabernacle érigé il y a presque un siècle par les pionniers. ¶
Ce bel édifice est un excellent exemple de réussites architecturales et techniques. Ses murs sont aussi droits et aussi vrais aujourd'hui que le jour où les maçons pionniers ont posé pierre sur pierre. ¶
Grâce à la construction de ce bel édifice, le Seigneur a exaucé les prières du peuple, et ses bénédictions ont été répandues en abondance sur lui en un temps d'épreuve et de difficulté. Lorsque le président Brigham Young demanda au peuple d'ériger un tabernacle, certains furent surpris à cause de sa taille et du petit nombre de membres qui viendraient y assister, mais, sans poser de questions et avec une profonde confiance en leur grand dirigeant, ils se mirent au travail. ¶
Enfin, lorsque le toit fut posé sur le bâtiment et qu'il fallut acheter les vitres, il fallut les commander à New York. Ces vitres furent expédiées le long de la côte est de l'Amérique du Nord et de l'Amérique du Sud, en contournant le cap Horn, puis remontées jusqu'à San Francisco, et finalement transportées jusqu'à la ville de Stockton. ¶
À leur arrivée à Stockton, les frères de Saint George furent avisés que les vitres s'y trouvaient et qu'elles étaient prêtes à être livrées contre paiement comptant. À ce moment-là, les ressources en argent liquide du peuple étaient épuisées, et lorsqu'on leur demanda de payer les vitres, ils ne surent que faire ; mais les dirigeants du peuple manifestèrent une grande foi, ce qui les poussa à invoquer Dieu pour obtenir de l'aide. ¶
Ensuite, on fit les préparatifs du voyage jusqu'à Stockton. ¶
Enfin, avant le départ, les frères se réunirent et supplièrent Dieu afin qu'ils aient l'argent nécessaire pour payer les vitres. Au milieu de leur supplication, on frappa à la porte. On ouvrit, et un vieux frère scandinave qui habitait la paroisse de Washington, juste au nord de Saint George, leur remit un sac contenant entre six cents et sept cents dollars, ce qui suffisait pour payer les vitres. ¶
La foi de ces frères était si grande que leurs attelages avaient été préparés et qu'ils étaient prêts à partir immédiatement après leurs prières, ce qui témoigne de la foi profonde qui les poussait à poursuivre leur programme de construction alors même que l'argent nécessaire n'était pas en vue, et c'est ainsi que le tabernacle de Saint George et le temple se dressent comme un monument à la foi et aux œuvres de ces grands pionniers. ¶
La foi et les œuvres
Du temps du prophète Joseph Smith, lorsque l'Évangile était rétabli, le Seigneur déclara au Prophète : « Je déverserai mon Esprit sur toute chair. » (Voir D. & A. 95:4.) Le déversement de l'Esprit du Seigneur a engendré dans le cœur des hommes un degré de foi qui les a poussés à de grandes œuvres qui ont apporté de multiples bénédictions à l'humanité. Par exemple, Thomas Edison avait une foi si grande dans l'utilisation de l'électricité pour l'éclairage que, après des heures, des jours et des mois de travail, l'ampoule électrique a été mise à disposition, en plus de nombreux autres appareils électriques qui ont apporté confort et luxe aux gens. ¶
Un autre exemple remarquable de foi et d'œuvres est celui des frères Wright, que l'on tenait pour faibles d'esprit lorsqu'ils préconisaient l'idée de voler dans les airs avec un engin plus lourd que l'air lui-même, mais de leur foi et de leurs œuvres s'est aujourd'hui développé l'un des plus grands modes de transport que le monde ait jamais connus. La radio et la télévision sont nées de la foi et des œuvres de leurs inventeurs. ¶
La foi de Lincoln
Il y a eu de grandes âmes qui avaient une foi profonde dans les principes de justice, et dont Abraham Lincoln est un grand représentant. Dans sa jeunesse, il visita la ville de La Nouvelle-Orléans, où il vit la vente d'êtres humains sur le bloc des enchères. ¶
Il déclara : « Si jamais j'ai une chance de frapper cette chose, je la frapperai fort. » ¶
Sa foi dans le grand principe de la liberté le poussa à agir lorsqu'il fut président des États-Unis. Il frappa fort l'esclavage, et les chaînes furent ôtées à des milliers et des milliers de personnes opprimées qui jouissent maintenant de leur liberté. ¶
Frères et sœurs, je ressens dans mon âme ce qu'a ressenti l'apôtre Paul lorsqu'il a déclaré : « Car je n'ai pas honte de l'Évangile du Christ : car c'est la puissance de Dieu pour le salut. . . . » (Romains 1:16.) La puissance divine dont parle Paul est la combinaison de la foi, le moteur divin, et des œuvres de l'individu. Ensemble, elles font du salut et de l'exaltation dans le royaume de Dieu une certitude. ¶
Le christianisme en action
Il y a quelques jours, le bureau de l'évêque président a reçu la visite d'un docteur hindou venu de l'Inde. Il a dit qu'il était chrétien. ¶
Il nous a fait remarquer que, en voyageant de la frontière sud à la frontière nord de l'État de l'Utah et en voyant les nombreux bâtiments de l'Église qui avaient été érigés, il avait acquis la conviction qu'il se trouvait parmi un peuple chrétien. Et après s'être familiarisé avec l'Évangile et la religion de notre peuple, il a déclaré : « Voilà le christianisme en action. » La foi et les œuvres de l'Évangile constituent le christianisme en action, tel que Jésus-Christ l'a révélé au Prophète : ¶
En vérité, je vous le dis à tous : Levez-vous, brillez, afin que votre lumière soit une bannière pour les nations. (D. & A. 115:5.) Si notre lumière doit être une bannière pour les nations, alors nous ferions bien de suivre l'exhortation de Jacques lorsqu'il a dit : ¶
Mais quelqu'un dira : Toi, tu as la foi ; et moi, j'ai les oeuvres. Montre-moi ta foi sans les oeuvres, et moi, je te montrerai la foi par mes oeuvres. ¶
(Jacques 2:18.) Ce peuple a la plus grande obligation de tous les peuples du monde entier ; car, d'abord, il a fait alliance avec Dieu, son Père éternel, qu'il manifestera sa foi et ses œuvres pour la cause de son Fils bien-aimé, Jésus-Christ, et que le monde, voyant ses œuvres, déclarera, comme Ésaïe le déclara jadis : Venez, montons à la maison du Dieu de Jacob, apprenons ses voies et marchons dans ses sentiers (Voir Ésaïe 2:3), afin que le monde et nous tous soyons libérés de la doctrine pernicieuse selon laquelle les hommes peuvent être sauvés par la croyance ou par la grâce, et afin que nous sachions que le salut et l'exaltation dans le royaume de Dieu reposent entièrement sur la foi et les œuvres, ce que je prie de voir devenir la bénédiction de nous tous, au nom de Jésus-Christ. ¶
Amen. ¶