Pulpit

La mort nous a plongés dans une profonde tristesse...

Levi Edgar Young

1951 April General Conference·Friday Morning Session·1951-04-06

La mort nous a plongés tous aujourd'hui dans une profonde tristesse. Le président George Albert Smith a été appelé dans l'au-delà, et bien que nous sachions que c'était la volonté de notre Père céleste, son départ sera vivement ressenti par les milliers de personnes qui avaient subi son influence. Sa vie fut un effort des plus nobles pour parvenir à la connaissance des desseins du Seigneur. Il ne garda jamais rien contre son prochain ; et chaque jour voyait un acte divin accompli pour quelqu'un dans le besoin. Si chacun de ceux qui l'ont connu pouvait faire le vœu d'accomplir sa petite tâche comme lui accomplissait la plus grande, à la manière d'un véritable homme, non pour un jour mais pour l'éternité, quel monde meilleur nous aurions. Il était l'esprit dans lequel il œuvrait. En tant qu'apôtre et président de l'Église de Jésus-Christ, il fut une lumière pour son peuple et montra le chemin par la pureté de sa vie et sa constance envers les desseins divins de son Dieu. Cheminant avec espoir jour après jour, il consacra chaque heure de sa vie au rêve d'établir le royaume de Dieu sur la terre. Selon la promesse, il attendait un ciel nouveau et une terre nouvelle où la justice habite. Il vécut « . . . pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, pour diriger nos pas sur le chemin de la paix. » (Luc 1:79.) Sa parole réconfortante aujourd'hui aurait été :

Lève-toi, resplendis, car ta lumière arrive, et la gloire de l'Éternel se lève sur toi.

Voici, les ténèbres couvrent la terre, et l'obscurité les peuples ; mais sur toi l'Éternel se lève, sur toi sa gloire apparaît. (Ésaïe 60:1-2.) J'aimerais m'adresser brièvement à vous, soixante-dix, et à la prêtrise de l'Église en général.

Conditions actuelles

Nous sommes tous très préoccupés par les conditions sociales et religieuses actuelles du monde. Pour tous les torts qui existent dans le monde aujourd'hui, pour toutes les fausses doctrines et les terribles guerres que nous avons connues, pour toutes les tragédies et les souffrances de l'humanité causées par le péché et la perte de la foi en Dieu, nos enfants devront payer à l'avenir. C'est l'historien Froude qui a écrit :

L'histoire est une voix qui fait à jamais résonner à travers les siècles les lois du bien et du mal. Les opinions changent, les mœurs se transforment, les croyances s'élèvent et s'effondrent, mais la loi morale est écrite sur les tables de l'éternité. Pour toute parole fausse ou toute action injuste, pour la cruauté et l'oppression, pour la luxure ou la vanité, le prix doit être payé en fin de compte : pas toujours par les principaux coupables, mais payé par quelqu'un. La justice et le mensonge peuvent vivre longtemps, mais le jour du jugement finit par venir pour eux, dans des révolutions et d'autres terribles façons.

Notre civilisation est arrivée à son état actuel après des siècles de conflit entre le bien et le mal. Toutes ses réalisations et tous ses espoirs de plus grandes choses sont maintenant à une heure critique, pour le meilleur ou pour le pire. Beaucoup d'hommes et de femmes engagés dans les affaires gouvernementales n'ont pas une idée claire de la responsabilité que l'humanité devrait avoir envers l'avenir du genre humain.

Des hommes inspirés

Il est vrai que des hommes bons s'élèvent à la hauteur de leurs responsabilités. Ils comprennent les grands problèmes de l'heure. Il y a des hommes qui, aux heures de l'histoire humaine, ont des messages de Dieu. Ils ont été inspirés parce qu'ils ont abordé la vie avec une foi profonde. Fortifiés par la foi, ces hommes ont poursuivi tranquillement leur route en enseignant au monde le rêve de la perfection morale et spirituelle. De tels hommes sont peu nombreux, mais leurs messages sont universels. Vous et moi, mes frères soixante-dix, nous connaissons profondément dans notre cœur le sens de l'Évangile de Jésus-Christ.

Nous sommes profondément convaincus que nous avons la perspicacité nécessaire pour écouter la voix du ciel. Vous devez devenir profondément convaincus de votre mission divine, et vous en viendrez aussi à savoir qu'il y a aujourd'hui des hommes vivants dont la vie est une vie de révélation. C'est du Christ, notre Rédempteur, que nous apprenons la leçon de la vie éternelle et prenons conscience de l'immortalité des valeurs spirituelles.

Un titre divin

Les soixante-dix de l'Église portent un titre noble et divin. Comprendre les mots employés pour désigner le sens de notre prêtrise donne une meilleure compréhension de la vie et de la pensée antiques. Nous percevons plus clairement l'atmosphère profondément religieuse de la vie biblique, ce qui éveillera en nous un zèle missionnaire plus ardent. Il y avait sous Moïse, et apparemment à toutes les époques, un sénat ou conseil d'anciens au nombre de soixante-dix ou soixante-douze, sur lesquels reposait une responsabilité particulière en tant que conseillers de la nation. Peu après avoir quitté le Sinaï, un conseil de soixante-dix fut choisi parmi les anciens ou les chefs de toutes les tribus, à l'exception de Lévi, et solennellement mis à part pour leur dignité par Moïse, comme une sorte de sénat chargé de l'aider par ses conseils.

Après avoir été confirmés dans leur dignité par le peuple, ils se rassemblèrent autour de la tente sacrée, et tout le nombre éclata en un enthousiasme prophétique sous l'influence de l'Esprit de Dieu. Les soixante-dix choisis dans toutes les tribus annonçaient d'avance, par leurs dons prophétiques, une caractéristique des générations futures. Geikie dit :

Il est singulier de remarquer le retour constant du nombre sept :

Sept prêtres marchent devant l'arche avec sept trompettes, pendant sept jours, faisant sept fois le tour de la ville le septième jour. La Pâque et la fête des Tabernacles durèrent chacune sept jours. Ratifier un serment, c'était le « septer ». Le nombre semble avoir été considéré comme le symbole de l'achèvement ou de la perfection, et avoir été, à ce titre, intimement lié à tout ce qui a trait à Dieu.

Nous nous rappelons les sept vertus ou dons de l'Esprit, connus, dans les temps anciens, des soixante-dix anciens. Balzac, l'historien français, cite Louis Lambert, dont il écrit qu'il déclarait que le mot « sept » est la « Formule du Ciel ». C'est pourquoi votre façon de vivre et d'exprimer vos pensées, de penser, d'agir, doit être conforme aux idéaux fondamentaux du ciel. Nous voyons la beauté et le caractère sacré du mot « sept ». Nous comprenons le sens du royaume de Dieu parce que nous en possédons la puissance. Nous nous souvenons ici de la maxime placée au-dessus de la porte de la Harvard School of Music :

Charmer, fortifier et enseigner — voilà les trois grands accords de la puissance.

Les gens ont besoin de l'Évangile

Les gens du monde ont besoin qu'on leur enseigne l'Évangile de notre Seigneur et Sauveur. Enseigner, c'est déployer l'étincelle divine qui est en chaque personne jusqu'à sa plus majestueuse destination et à sa plus large portée. L'enseignement va de l'intérieur vers l'extérieur. Un instructeur doit connaître quelque chose du sujet qu'il explique à un auditeur. C'est pourquoi chaque missionnaire devrait être un étudiant, et cela signifie un dur travail. Cela signifie de la discipline personnelle et le désir de vivre la « vie simple », la vie qui se tend vers Dieu. Bien sûr, les missionnaires sont des idéalistes, se souciant d'abord du bien-être des hommes afin de les éveiller à un sentiment de ce que la vie signifie réellement. Nul ne peut nier la force ni la beauté du désir de faire partager à autrui ses propres croyances et ses propres espoirs, de lui communiquer le réconfort et la lumière de son propre salut. C'est cela qui a caractérisé la vie de Paul l'apôtre et qui inspire les puissantes cohortes de missionnaires d'aujourd'hui. La vie dans le cœur du missionnaire est refaite, et à peine la foi et l'espérance d'un avenir illuminé se sont-elles emparées de lui qu'il désire répandre cette possession dans le monde entier. C'est la puissance de la vérité de l'Évangile qui lui donne ce qu'il appelle son « témoignage ». Il y a une splendeur d'esprit et souvent une grandeur de réalisation qui lui procurent des sentiments sacrés et un cœur reconnaissant pour ce qu'il a pu accomplir, par l'Esprit de Dieu.

L'appel des Douze et des Soixante-dix

À une époque précoce de son ministère, Jésus, après une nuit de prière en un lieu solitaire de la montagne, choisit douze hommes pour être ses apôtres. Ce fut un événement important dans l'histoire, car il indiquait le dessein du Maître d'organiser son ministère afin que l'œuvre d'enseignement de l'Évangile puisse être inaugurée aussitôt. Les apôtres devaient partir deux à deux afin que le Maître soit connu. Ils devaient accomplir des miracles, guérir les malades et bénir les humbles. Avec révérence, Jacques décrit dans son épître comment ils priaient et oignaient les malades d'huile au nom du Seigneur. (Voir Jacques 5:14-15.) Après avoir choisi les Douze, Jésus appela les Soixante-dix. Nous lisons en Luc 10:1 ces paroles :

Après cela, le Seigneur désigna encore soixante-dix autres disciples, et il les envoya deux à deux devant lui dans toutes les villes et dans tous les lieux où lui-même devait aller.

Lorsque les apôtres et les soixante-dix furent choisis, il est naturel de croire que Jésus prononça un discours sur la vie idéale, sous la souveraineté du Père. Ce fut le Sermon sur la montagne, car il voulait enseigner à ses disciples la voie de la vie afin qu'ils entrent dans la véritable signification de ses doctrines. C'était un idéal de principes, et non un code de règles. Ce point de vue, selon lequel le Sermon sur la montagne était le sermon d'ordination, est celui de Luc et de nombreux écrivains modernes sur la vie du Christ.

Jésus fonda son Église sur le roc de la révélation, et il exposa clairement que son Église est une réalité organisée, petite par le nombre à ses débuts, mais destinée à devenir un mouvement mondial. Il inspira à ses apôtres et à ses soixante-dix une conscience précise de l'unité. Les hommes qu'il appela n'étaient pas de grands hommes au sens ordinaire ; ils étaient représentatifs du peuple ordinaire, ne possédant ni richesse ni grand savoir. Ils étaient qualifiés pour leur appel par leur profond désir du bien et de la vérité. En lui ils vinrent à trouver la Parole de vie.

Instructeurs de justice

Vous, soixante-dix, vous êtes les instructeurs de justice pour toutes les nations.

Vous portez vos fidèles témoignages de la lumière divine de l'Évangile de Jésus-Christ. L'esprit dans lequel vous partez est celui du Sermon sur la montagne. Les résultats de votre enseignement auront une grande portée.

Le monde d'aujourd'hui s'éveille et regarde l'avenir avec une foi et une espérance renouvelées. Une époque spirituelle est sur nous et une liberté spirituelle est en train d'être faite par l'humanité. Le président Brigham Young a dit un jour que « le seul moyen de dissiper le doute est que tous se mettent au travail ».

Les espoirs sont plus réels que les craintes ; la foi est plus puissante que l'incertitude.

Belles étaient les paroles des bergers d'autrefois lorsqu'ils dirent :

« Allons maintenant à Bethléhem, et voyons cette chose qui est arrivée. » Le monde doit se tourner vers Bethléhem.

Puissions-nous, soixante-dix, en venir à une réalisation plus profonde de ce que sont nos devoirs, et tant que nous serons purs de cœur et humbles d'esprit, la voie sera rendue claire par notre foi en Dieu. Je demande les bénédictions du Seigneur sur nous tous, au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursLevi Edgar Young, « La mort nous a plongés dans une profonde tristesse... », 1951 April General Conference, Friday Morning Session (1951-04-06). Pulpit Vault, 1951-04-young-death-has-brought-deep-sorrow-to-us. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, catalog.churchofjesuschrist.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).