J'espère sincèrement, mes frères, que je...
Joseph L. Wirthlin
J'espère sincèrement, mes frères, que je puis avoir part à votre foi et à vos prières. Je ressens vivement la responsabilité de m'adresser à ce grand corps de la prêtrise du Seigneur Jésus-Christ. ¶
L'hospitalité envers les instructeurs de paroisse
Hier soir, lors de notre réunion des évêques, nous avons discuté de la grande activité de la prêtrise qu'est l'enseignement de paroisse. Un élément a été omis, sur lequel j'aimerais attirer votre attention : la manière de recevoir les instructeurs de paroisse dans nos foyers. Des rapports nous sont parvenus selon lesquels, dans beaucoup de foyers, il y a une attitude d'indifférence. Peut-être la radio est-elle allumée, ou la télévision, et l'hospitalité convenable n'est-elle pas accordée aux serviteurs du Seigneur. ¶
Nous vous supplions, vous, évêques, d'exhorter vos gens à recevoir ces serviteurs de Dieu avec bonté et égards. Je me souviens qu'il y a environ deux ans, rendant visite au président J. Reuben Clark chez lui, alors que je partais, un homme humble se tenait à la porte. J'ai entendu le président lui dire : « Que puis-je faire pour vous, mon frère ? » Et il se présenta comme l'instructeur de paroisse. Je fus profondément impressionné par le degré d'hospitalité qu'un membre de la Première Présidence manifesta envers cet homme humble. Je souhaiterais que nous tous puissions avoir la même attitude et les mêmes sentiments envers ces hommes qui nous sont envoyés comme représentants de l'évêque ; que nous leur témoignions le plus haut degré de cordialité, que nous appelions la famille, et que nous écoutions et prêtions attention à leurs instructions. ¶
Il y a environ une semaine, on m'a posé cette question : Est-ce qu'on assigne des sujets aux autorités générales pour qu'elles les traitent en conférence générale ? Ma réponse a été : « Non. » La personne qui posait la question a dit : « Il semble plutôt étrange que dans toutes les conférences générales il y ait un thème précis traité par les autorités générales. » Et ainsi, pendant cette grande conférence, je n'ai pu m'empêcher de remarquer qu'après que frère Romney eut prononcé son merveilleux discours soulignant les dangers et le sentiment d'insécurité, presque tous les orateurs qui l'ont suivi ont parlé de ce sujet précis. Et ce sujet occupe mon esprit ce soir. ¶
La sécurité par l'Évangile
L'autre jour, on a entendu un garçon de seize ans faire cette déclaration : « Je me demande quel genre de lendemain il y aura pour moi. ¶
Quand j'aurai dix-huit ou dix-neuf ans, je serai sans doute appelé sous les drapeaux, ce qui signifiera un service d'au moins deux ans, et s'il y a la guerre, cela pourra signifier une période de service indéfinie. » « Et après cela, si j'ai la chance d'en sortir, je veux partir en mission, et faire quatre ans d'université. Le temps d'avoir fait tout cela, j'aurai vingt-sept ou vingt-huit ans. » Il semblait exprimer un esprit de frustration. Il était abattu et découragé à cause d'un avenir incertain. ¶
Je crois que nous pouvons instruire notre jeunesse de telle sorte que, quels que soient les événements qui surviendront dans l'histoire du monde, il y ait dans son cœur un sentiment de sécurité, une sécurité qui lui soit donnée par un témoignage de l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ. Je suis sûr que nos jeunes comprendront l'Évangile plus pleinement s'il y a une instruction de l'Évangile au foyer, car le Seigneur n'a-t-il pas déclaré : ¶
Et de plus, s'il y a des parents qui ont des enfants en Sion, ou dans l'un de ses pieux organisés, qui ne leur enseignent pas à comprendre la doctrine du repentir, de la foi au Christ, le Fils du Dieu vivant, du baptême et du don du Saint-Esprit par l'imposition des mains, à l'âge de huit ans, le péché sera sur la tête des parents. Car ce sera là une loi pour ceux qui habitent en Sion, ou dans l'un de ses pieux organisés. Et leurs enfants seront baptisés pour la rémission de leurs péchés à l'âge de huit ans et recevront l'imposition des mains. Et ils enseigneront aussi à leurs enfants à prier et à marcher en droiture devant le Seigneur. ¶
L'instruction des enfants
Je me demande, lorsqu'un enfant approche de l'âge de huit ans, si le chef de famille, le père, celui qui détient la Prêtrise de Melchisédek, appelle son enfant auprès de lui et lui donne quelque instruction au sujet de la foi au Seigneur Jésus-Christ, lui expliquant ce que signifie le repentir, la grande signification de l'ordonnance du baptême, par laquelle, après avoir été baptisés, leurs péchés sont remis, et le grand fait significatif que, lorsqu'ils entrent dans les eaux du baptême, ils sont ensevelis avec le Christ dans la mort, et que le fait de sortir de l'eau symbolise sa résurrection. Je ne pense pas que ces enseignements dépassent la compréhension d'un enfant de huit ans. ¶
Je suis certain qu'un enfant de huit ans comprendra la signification de l'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit. ¶
Si un enfant a été bien instruit et a une juste conception de la Divinité, il saura qu'il y a le Père, le Fils et le Saint-Esprit dans la Divinité. Et ce grand être spirituel, appelé le Saint-Esprit, peut être expliqué à un enfant de telle façon qu'il comprenne ce qu'est le Saint-Esprit. Et en même temps, enseignez-lui que, lorsque les serviteurs autorisés de Dieu posent leurs mains sur sa tête, celui qui pose ainsi ses mains sur sa tête a l'autorité de le faire — autorité rétablie en ces derniers jours. Et par l'imposition des mains et la réception de la promesse du don du Saint-Esprit, si cet enfant apprend à vivre une vie douce et pure, le Saint-Esprit viendra et sera son compagnon. Je pense qu'il peut comprendre qu'il sera conduit dans le sentier de la vérité et de la lumière, qu'il sera béni d'un sens de la perception qui lui donnera le pouvoir de distinguer ce qui est bien de ce qui est mal. Je pense que ce serait une excellente pratique de lire aux enfants l'Écriture dans laquelle le Sauveur a déclaré ; que l'on trouve en Jean 14:16-17, y compris le verset 26, Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous, l'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir parce qu'il ne le cherche pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous et il sera en vous. Mais le consolateur, l'Esprit-Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. ¶
Si les enfants qui sont sur le point d'être baptisés reçoivent ces instructions, ils en comprendront la signification, ce qui créera en eux le désir de vivre si noblement que l'Esprit de vérité viendra dans leur âme, leur donnant l'assurance, oui, plus que cela, le témoignage que leur Père céleste vit et que le garçon de Nazareth était son Fils, le Rédempteur du monde ; et qu'un garçon de quatorze ans qui s'est rendu dans les bois pour demander une direction divine a reçu la visite du Père et du Fils, que ses prières ont été exaucées, et qu'eux aussi peuvent voir leurs prières exaucées. Le Saint-Esprit leur donnera une bénédiction de sécurité quant à l'avenir et aux éternités, de sorte que, quels que soient les événements qui surviendront, ils comprendront que leur Père céleste règne sur tout pour le bien. ¶
La signification de la prêtrise
Puis vient le moment où les jeunes gens dignes, à l'âge de douze ans, reçoivent la prêtrise de Dieu. Je ne connais personne qui soit mieux qualifié qu'un père pour s'asseoir avec son fils et lui expliquer la grande signification de la prêtrise. Définissez la prêtrise : faites-lui remarquer que, lorsqu'il reçoit la prêtrise de Dieu, un pouvoir divin lui est conféré, qui lui donne le droit de représenter le Seigneur et d'exercer certaines fonctions lorsque ceux qui détiennent l'autorité l'appellent à le faire. Si ces leçons importantes concernant la prêtrise étaient enseignées à nos fils, ces jeunes gens auraient une plus haute estime et un plus grand respect pour la prêtrise. ¶
Songez, je vous prie, à la merveilleuse relation qui existe au foyer lorsqu'un père détenant la Prêtrise de Melchisédek instruit son fils dans les voies de la prêtrise, alors que celui-ci détient la Prêtrise inférieure, ou Prêtrise d'Aaron. La Prêtrise d'Aaron est un appendice de la Prêtrise de Melchisédek, ou prêtrise supérieure, tout comme un fils est un appendice de son père. J'estime que si, dans nos foyers, les pères prennent le temps d'enseigner à ces jeunes gens ce que signifie la prêtrise — sa signification, ses pouvoirs, ce que l'on attend de ceux qui la détiennent —, cela contribuera au sentiment de sécurité que recherche la jeunesse. Si les pères et les mères invitent leurs fils et leurs filles à assister avec eux à la réunion de sainte-cène, la réunion de sainte-cène deviendra une réunion si sacrée, si solennelle et si impressionnante que les jeunes ne voudraient pas la manquer. Prendre les emblèmes de la Cène devrait être pour eux une source d'inspiration et de réconfort, ainsi que les obligations qu'ils contractent avec le Seigneur. ¶
Les jeunes devraient toujours être marqués par le fait que Joseph Smith a réellement vu le Père et le Fils, aussi clairement que je puis vous voir. Il fallait qu'il en soit ainsi pour que le monde sache comment est notre Père céleste et que Jésus-Christ est son Fils. ¶
Puis, si nous, pères et mères, accomplissons le mandat du Seigneur par lequel il nous a donné pour instruction d'enseigner l'Évangile à notre jeunesse, veuillez inviter notre jeunesse à assister à la réunion de jeûne, en lui enseignant d'abord la signification du principe de l'offrande de jeûne, à savoir qu'ils s'abstiennent de deux repas, en donnant l'équivalent en espèces à un membre de la Prêtrise d'Aaron qui vient la recueillir pour l'évêque, en leur faisant bien comprendre que leur contribution sera utilisée pour ceux qui sont dans la détresse. ¶
Le premier grand commandement
Pendant toute cette conférence, et particulièrement pendant les funérailles du président Smith aujourd'hui, le premier et grand commandement a été mentionné bien des fois — d'abord, aimer le Seigneur notre Dieu de toute notre force, et ensuite aimer notre prochain comme nous-mêmes. Enseignez à la jeunesse d'Israël à aimer son prochain comme elle-même, et alors il lui faudra faire quelque chose pour ce prochain. Enseignez-lui que tout ce qu'elle donne en offrandes de jeûne exprime un amour réel pour la veuve, pour la personne âgée et pour l'orphelin. L'amour, après tout, est quelque chose qui crée et exige le service. Ce n'est pas un service du bout des lèvres, mais un service qui va au profit et au bien de quelqu'un d'autre. Enseigner à nos enfants à observer le principe de l'offrande de jeûne, à contribuer pour ceux qui sont dans le besoin, les inviter à assister à la réunion de jeûne avec la promesse que, s'ils se lèvent et rendent témoignage que Dieu vit et de sa bonté envers eux, Dieu les récompensera par un témoignage. L'esprit de témoignage ne vient que par le don et le pouvoir du Saint-Esprit, et s'ils désirent faire l'expérience du pouvoir du Saint-Esprit, l'endroit où aller pour faire cette expérience est la réunion de jeûne. ¶
Je suis sûr qu'il n'y a pas de jeune homme ni de jeune femme qui rende témoignage de l'existence divine de Dieu sans ressentir dans son âme quelque chose qui est bien au-dessus d'eux-mêmes, et c'est un don, le don du Saint-Esprit. Brigham Young a déclaré que nul ne peut témoigner que Jésus est le Christ, si ce n'est par le pouvoir et le don du Saint-Esprit ; ainsi, en observant le principe de l'offrande de jeûne et en assistant à la réunion de jeûne, ils recevront des récompenses spirituelles qui bourgeonneront en témoignage. ¶
L'importance de la prière
Le Seigneur nous a exhortés à enseigner à nos enfants à prier. S'ils ne sont pas présentés au Seigneur dans le cercle familial de la prière, ils ne le connaîtront pas. Et ne le connaissant pas, ils n'auront pas la foi. ¶
Ainsi, l'une des premières et des plus importantes leçons dans tout foyer de Saints des derniers jours devrait être d'enseigner à nos enfants à prier. Je suis convaincu que tout esprit qui quitte la présence de Dieu et entre dans la condition mortelle a une étincelle de foi dans son cœur. C'est pourquoi la responsabilité incombe aux parents d'instruire les enfants de telle sorte que l'étincelle de l'Évangile éclate en une flamme de foi. Ayant la foi par la prière et l'obéissance, ils comprendront l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ, et quoi qu'il arrive, ils sauront que Dieu vit, qu'il sera avec eux, les bénira et les soutiendra. Et je sais que toute personne qui a un témoignage de l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ, comme frère Romney l'a indiqué hier, aura un sentiment de sécurité, aura un sentiment positif, affirmatif, et non négatif, malgré tous les terribles événements qui se produisent en ce moment. ¶
Si les jeunes d'Israël vivent l'Évangile, ils sauront ce que le vieux prophète Joël a dit qui deviendrait réalité : ¶
« Après cela, je répandrai mon esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards auront des songes, et vos jeunes gens des visions. Même sur les serviteurs et sur les servantes, dans ces jours-là, je répandrai mon esprit. » ¶
Et puis, le Seigneur a dit encore : ¶
« C'est pourquoi, les enfants grandiront jusqu'à ce qu'ils deviennent vieux ; les vieillards mourront, mais ils ne dormiront pas dans la poussière, mais ils seront changés en un clin d'œil. » ¶
Les promesses du Seigneur
Avec un témoignage brûlant dans le cœur, il ne fait aucun doute que la jeunesse d'Israël acceptera la parole du Seigneur à sa juste valeur, et avec les promesses qu'elle comporte, pourquoi seraient-ils abattus, ou pourquoi poseraient-ils la question : « Y aura-t-il un lendemain ? » Il y aura un lendemain pour eux, non seulement des lendemains de la condition mortelle, mais des lendemains de l'éternité, où ils jouiront de toutes les bénédictions que le Seigneur a promises aux fidèles, aux loyaux et aux dévoués. Car le Seigneur n'a-t-il pas déclaré : ¶
« Ce jour-là, l'inimitié de l'homme et l'inimitié des bêtes, oui, l'inimitié de toute chair cessera devant ma face. » ¶
Car le jour où l'inimitié entre l'homme et la bête et entre l'homme et l'homme cessera, nous aurons la paix éternelle. ¶
Et après que nous aurons enseigné à notre jeunesse les principes de l'Évangile et qu'à son tour elle leur aura obéi, elle pourrait bien ressentir ce que Paul a déclaré à Timothée en 2 Timothée 1:7 : « Car ce n'est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de sagesse. » ¶
Paul a déclaré aux Corinthiens, en 1 Corinthiens 16:13 : ¶
« Veillez, demeurez fermes dans la foi, soyez des hommes, fortifiez-vous. » ¶
Et les gens forts seront les Saints de Dieu, qui auront vécu sa parole et gardé ses commandements. Enfin, lorsque ces jeunes se tiendront sur les hauteurs de leur lendemain, comme Josué se tenait sur les hauteurs de la terre promise en la regardant pour la première fois, puissent nos jeunes gens entendre cette voix douce et subtile qui lui dit : ¶
« Sois seulement fort et plein de bon courage ; ne crains pas, ne sois pas consterné, car l'Éternel est avec toi partout où tu iras. » ¶
Et en réponse à cette voix, ils déclareront : ¶
J'irai où tu veux que j'aille, cher Seigneur, par-dessus monts, plaines ou mer, je dirai ce que tu veux que je dise, cher Seigneur, je serai ce que tu veux que je sois. ¶
Pères d'Israël, enseignez à vos enfants l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ dans leur enfance, et lorsqu'ils seront vieux ils ne s'en détourneront pas, et puisse le sentiment de sécurité et de témoignage venir dans leur cœur à la place de la peur et du doute, sachant que le Seigneur vit et que ceci est son œuvre, ce que je demande humblement qui soit la bénédiction de chaque jeune homme et de chaque jeune femme en Israël, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶