Pulpit

Saints craintifs, reprenez courage…

Marion G. Romney

1951 April General Conference·Friday Morning Session·1951-04-06

Saints craintifs, reprenez courage ; Les nuages que vous redoutez tant Sont gros de miséricorde, et éclateront En bénédictions sur votre tête.

Si je puis jouir de l'Esprit du Seigneur, que je demande avec ferveur dans mes prières, je désire vous adresser un message d'espérance et de courage. Ce désir m'est inspiré par le fait que, lors de mes récents déplacements parmi les gens, j'ai perçu un esprit grandissant d'inquiétude et de sombres pressentiments.

Un esprit d'inquiétude

À la suite d'une réunion d'entraide tenue il y a quelques mois sur la côte du Pacifique, dans laquelle nous avions conseillé aux gens d'acquérir des projets de production d'entraide permanents afin qu'ils puissent produire le nécessaire pour poursuivre notre œuvre d'entraide sans faire appel aux Saints année après année pour des contributions en espèces, une sœur m'a dit qu'elle avait été réconfortée par notre conseil, qu'elle sentait qu'il n'aurait pas été donné si les gens ne devaient pas rester là de façon permanente. Elle avait été troublée et inquiétée par des bruits selon lesquels des bombes pourraient être larguées dans cette région, obligeant les habitants à se replier vers l'intérieur des terres.

Cela m'a rappelé des expériences de ma jeunesse, lorsque, dans les colonies du vieux Mexique, nous étions agités par la question de savoir si les troubles liés à la révolution de Madero nous obligeraient à quitter le pays. Au plus fort des troubles, notre président de pieu, qui était mon oncle, Junius Romney — planta un verger de jeunes pommiers. Je me souviens bien à quel point mon esprit fut soulagé d'entendre les gens dire que, si nous étions menacés d'expulsion, le président de pieu ne planterait pas des arbres qui demanderaient des années pour arriver à maturité.

Malgré le réconfort que j'avais tiré de cette assurance, nous avons bel et bien dû partir.

Le besoin d'espérance et de courage

Je n'étais bien sûr pas en mesure de dire à cette bonne sœur si des bombes seraient larguées, et je ne savais pas non plus si la ville devrait être évacuée, mais j'avais un grand désir de lui donner un peu de réconfort et de courage qui apaiseraient son esprit.

Je me suis souvenu que le président Joseph F. Smith avait dit que les dirigeants de l'Église « devraient être des hommes qui ne se découragent pas facilement, qui ne sont pas dépourvus d'espérance, et qui ne sont pas enclins à pressentir toutes sortes de maux à venir », que s'ils « ressentent parfois le poids et l'anxiété de temps graves, ils devraient n'en être que plus fermes et plus résolus dans ces convictions qui viennent d'une conscience craignant Dieu et d'une vie pure. Il est de la plus haute importance, conclut-il, que le peuple soit éduqué à apprécier et à cultiver le bon côté de la vie plutôt que de permettre que ses ténèbres et ses ombres planent sur lui. » (Doctrine de l'Évangile, p. 193.)

Des calamités à venir

Je ne pouvais lui donner, et je ne peux vous offrir, beaucoup d'espérance et de courage fondés sur l'attente que nous sommes sur le point d'entrer dans une période de paix mondiale et de sécurité. Je ne m'attends pas à ce que de si heureuses circonstances prévalent dans l'avenir immédiat. Tel que je lis les signes des temps, à la lumière de la parole révélée de Dieu, nous sommes en route vers quelque chose de bien différent.

Il y a longtemps, le Seigneur a levé le rideau sur la scène de destruction qui attend les habitants de la terre s'ils suivaient jusqu'au bout la voie qu'ils suivaient alors. Il y a plus de cent ans, il a dit qu'un fléau dévastateur se répandrait parmi les habitants de la terre, et que, s'ils ne se repentaient pas, il continuerait de temps à autre jusqu'à ce que la terre soit vide et que ses habitants soient entièrement détruits.

Car toute chair est corrompue devant moi, et les pouvoirs des ténèbres règnent sur la terre parmi les enfants des hommes.

... toute l'éternité est peinée, et les anges attendent le grand commandement de moissonner la terre, de rassembler l'ivraie, pour qu'elle soit brûlée. (D. & A. 38:11-12.) Je suis convaincu que l'écrasante majorité des hommes ont choisi de continuer à suivre le chemin qu'ils suivaient alors. Je ne discerne dans leur conduite aucun changement suffisant pour justifier en moi l'espoir que les calamités dont le Seigneur a dit qu'il savait qu'elles viendraient sur les habitants de la terre seront détournées.

Le courage de la foi

Mais nous, Saints des derniers jours, ne devons pas nous laisser engloutir par les sombres pressentiments au point de ne pas obtenir et goûter l'espérance et le courage qui sont à notre portée — l'espérance et le courage nés de la foi dans le pouvoir de la justice de triompher finalement. J'ai une confiance sans borne en ce pouvoir. Je suis persuadé, sans l'ombre d'un doute, que la destinée des hommes et des nations est entre les mains du Tout-Puissant, qui tient compte de la justice, et non entre les mains de politiciens intrigants dont la sagesse a péri, dont l'intelligence est réduite à néant, et qui n'ont aucun égard pour la justice. S'il en était autrement, je serais dans le plus profond désespoir. Je crois que les annales et la parole de Dieu nous justifient de placer ainsi notre espérance.

La charge donnée à Josué

J'attire votre attention sur l'appel de Josué, le successeur de Moïse, dont la mission était de conduire Israël au-delà du Jourdain et de partager entre eux la terre promise qui était alors habitée par un peuple armé et hostile. C'était une tâche difficile et ardue. Pour le fortifier en vue de cette tâche, le Seigneur donna à Josué une grande promesse et une grande charge. Voici la promesse :

Nul ne tiendra devant toi tant que tu vivras. Je serai avec toi comme j'ai été avec Moïse ; je ne te délaisserai pas, je ne t'abandonnerai pas.

Et voici la charge :

Fortifie-toi et sois courageux, car c'est toi qui mettras ce peuple en possession du pays que j'ai juré à leurs pères de leur donner.

Fortifie-toi seulement et sois très courageux. . . .

Notez maintenant avec soin comment Josué reçut la direction de manifester sa force et son courage, et aussi que la prospérité devait suivre son accomplissement.

. . . en agissant fidèlement selon toute la loi que Moïse, mon serviteur, t'a prescrite ; ne t'en détourne ni à droite ni à gauche afin de réussir dans tout ce que tu entreprendras.

Moïse avait été le prophète vivant durant les jours de Josué.

Que ce livre de la loi ne s'éloigne pas de ta bouche ; médite-le jour et nuit pour agir fidèlement selon tout ce qui y est écrit ; car c'est alors que tu auras du succès dans tes entreprises, c'est alors que tu réussiras.

Le livre de la loi était l'ouvrage canonique de l'Église en ce temps-là.

Ne t'ai-je pas donné cet ordre : Fortifie-toi et sois courageux ? Ne t'effraie pas et ne t'épouvante pas, car l'Éternel, ton Dieu, est avec toi dans tout ce que tu entreprendras. (Josué 1 :5-9.) En lisant cette Écriture, j'ai senti que l'obéissance de Josué aux enseignements de Moïse et au contenu du livre de la loi était l'épreuve de sa force et de son courage. La mesure dans laquelle il devait prospérer, être sans crainte et sans épouvante, et avoir le Seigneur avec lui, dépendait de son résultat à cette épreuve.

Nous pouvons manifester notre force et notre courage de la même manière, et être sans crainte et sans épouvante et avoir le Seigneur avec nous partout où nous allons, en observant les enseignements des prophètes vivants et en veillant à agir selon tout ce qui est écrit dans les ouvrages canoniques de l'Église.

Les enseignements de Wilford Woodruff

Pendant les dernières années de la vie du président Woodruff, son esprit s'est beaucoup attardé sur les calamités qui allaient venir sur la terre, et il en a donné de nombreux avertissements. Mais il ne laissait pas ses auditeurs dans le désespoir. Toujours il leur offrait espérance et courage, conditionnés à leur justice. Voici un échantillon de ses enseignements :

Sur les millions de gens qui vivent sur cette terre, pèse un nuage de ténèbres presque entièrement sur leurs épaules. Pouvez-vous me dire où sont les gens qui seront à l'abri et protégés de ces grandes calamités et de ces jugements qui sont déjà à nos portes ? Je vais vous le dire. La prêtrise de Dieu, ceux qui honorent leur prêtrise et qui sont dignes de ses bénédictions, sont les seuls qui auront leur sécurité et leur protection.

Ce sont les seuls êtres mortels. Aucun autre peuple n'a le droit d'être à l'abri de ces jugements. Ils sont à nos portes mêmes ; même ce peuple ne leur échappera pas entièrement. Ils s'abattront comme les jugements de Sodome et Gomorrhe. Et nul, hormis la prêtrise, ne sera à l'abri de leur fureur.

Mais il a conclu sur cette note d'assurance :

Si vous faites votre devoir, et que je fais le mien, nous aurons la protection, et nous traverserons les afflictions dans la paix et la sécurité. (The Improvement Era, vol. 17, p. 1164-1165.) En une autre occasion, il a dit ceci :

Je dirai aux Saints des derniers jours que, s'ils sont fidèles, font ce qu'ils doivent faire et écoutent le conseil qui leur est donné, ils n'ont à craindre quoi que ce soit, car toute l'œuvre est entre les mains de Dieu, les destinées des nations y reposent. Il vaut mieux pour un peuple être sage, acquérir la justice, être les amis de Dieu, que d'occuper n'importe quelle autre position dans la vie. (J. D. 2, p. 199, 25 février 1855, Discourses of Wilford Woodruff, p. 6.)

La protection des justes

Néphi, parlant de notre époque qu'il avait vue en vision par le pouvoir de Dieu, a dit que le Seigneur ne souffrirait pas que les méchants détruisent les justes, mais qu'il « préservera les justes par son pouvoir, même si la plénitude de sa colère doit venir, et si les justes doivent être préservés par la destruction de leurs ennemis par le feu. C'est pourquoi, les justes n'ont rien à craindre. » (1 Néphi 22:16-17.) Le Seigneur a renouvelé cette même promesse de protection aux justes en 1831 lorsqu'il a dit qu'il était irrité contre les méchants, qu'il retirait son Esprit aux habitants de la terre, qu'il avait décrété des guerres à la surface de la terre, et que les méchants détruiraient les méchants.

Et les saints auront aussi du mal à échapper ; néanmoins, moi, le Seigneur, je suis avec eux, et je descendrai dans les cieux, de la présence de mon Père, et consumerai les méchants d'un feu qui ne s'éteint pas. (D. & A. 63:33-34.) Deux ou trois mois plus tard, il a poursuivi :

. . . l'heure où la paix sera enlevée de la terre et où le diable aura pouvoir sur ses possessions n'est pas encore arrivée, mais elle est proche.

Le Seigneur aura, lui aussi, pouvoir sur ses saints, règnera au milieu d'eux. (Ibid., 1 :35-36.) Je suis persuadé qu'une reddition complète aux principes de la justice tirerait le peuple de Dieu de la tourmente du monde présent. Tel a été le bilan dans le passé, comme en témoignent les expériences d'Hénoc et de son peuple et les annales des Néphites après la visite que leur fit le Rédempteur ressuscité.

Sion, un lieu de sécurité

Je crois qu'une conduite semblable de notre part à notre époque produirait les mêmes résultats. Je ne le crois pas seulement, je sais que cela le ferait, et que cela sera encore fait. Je ne sais pas exactement quand, mais j'attends avec certitude l'accomplissement des paroles que le Seigneur a adressées à l'Église dans son enfance, lorsqu'il a dit aux Saints de rassembler leurs richesses pour acheter un héritage en Sion, qui devait être un pays de paix, une ville de refuge, un lieu de sécurité pour les saints du Dieu très haut. Là, la gloire du Seigneur doit être une terreur pour les méchants et un réconfort pour les justes. Les habitants de Sion doivent être le seul peuple qui ne sera pas en guerre les uns contre les autres, et tout homme qui ne veut pas prendre l'épée contre son prochain doit s'y réfugier pour sa sécurité.

Et il arrivera que les justes seront rassemblés d'entre toutes les nations et viendront en Sion avec des chants de joie éternelle. (Ibid., 45:71.)

L'espérance en l'avenir

Maintenant, je sais, mes frères et sœurs, que nos âmes seront mises à l'épreuve avant que nous atteignions ces gloires de l'avenir, mais si nous les gardons en vue et vivons avec justice, nous serons ainsi soutenus dans les épreuves que nous devons endurer. Paul a dit que c'est la gloire placée devant Jésus qui lui a fait endurer la croix, et le président Young a dit que c'est la vision de Sion telle qu'elle sera qui soutenait les Saints lorsqu'ils tiraient leurs chariots couverts hors des ornières et des fondrières et cheminaient péniblement à travers les plaines. C'est pourquoi, avec l'espérance en l'avenir, élevons nos cœurs et réjouissons-nous, et avec force et courage ceignons nos reins et revêtons-nous de l'armure complète de la justice, afin que nous soyons capables de résister en ces jours mauvais, et qu'après avoir tout surmonté, nous soyons capables de tenir ferme.

Et tandis que nous cheminons à travers ces temps d'anxiété, Que l'Éternel te bénisse et qu'il te garde !

Que l'Éternel fasse luire sa face sur toi et qu'il t'accorde sa grâce !

Que l'Éternel tourne sa face vers toi et qu'il te donne la paix ! (Nombres 6:24-26.) Je prie humblement pour cela au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursMarion G. Romney, « Saints craintifs, reprenez courage… », 1951 April General Conference, Friday Morning Session (1951-04-06). Pulpit Vault, 1951-04-romney-ye-fearful-saints-fresh-courage-take-the. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, catalog.churchofjesuschrist.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).