Pulpit

Je prie sincèrement pour le pouvoir de soutien...

Harold B. Lee

1951 April General Conference·Friday Morning Session·1951-04-06

Je prie sincèrement pour le soutien que procurent votre foi et vos prières, pendant les quelques instants où je me tiendrai devant vous ce matin.

La main de la mort

Alors que nous sommes assis ce matin, avec le rappel présent de la main de la mort, tous animés d'un même élan de sentiment envers notre grand dirigeant, je me suis souvenu d'une remarque qui nous a été faite, à frère Lorenzo H. Hatch et à moi-même, tandis que nous attendions à Las Vegas, dans le Nevada, il y a quelques semaines, un train en retard. Nous nous sommes trouvés en conversation avec un vendeur d'assurances-vie qui passe pour l'un des meilleurs vendeurs d'Amérique. Il a exprimé un sentiment qui m'a intrigué, et je veux vous le répéter à cause de l'impression qu'il m'a faite. Il a dit : « Si vous voulez jamais pousser un homme à l'action, vous n'avez qu'à faire reculer le corbillard et lui laisser respirer les fleurs préparées pour ses propres obsèques. »

Au premier abord, cela m'a paru une perspective terriblement macabre, mais plus j'y réfléchissais, plus il m'a semblé que ce n'était après tout qu'une manière grossière d'énoncer une grande vérité éternelle que les prophètes nous ont fait retentir depuis le commencement. Dans toutes les Écritures, il nous est donné le conseil que tout ce que nous devons faire, nous devons le faire en n'ayant en vue que la gloire de Dieu, gloire qui, le Seigneur l'a déclaré à Moïse, consistait à réaliser l'immortalité et la vie éternelle, ce rappel même que la mort se rapproche chaque jour que nous vivons. C'est cette même pensée qu'exprimait l'apôtre Paul lorsqu'il a dit :

Si c'est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes.

. . . Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ.

(1 Corinthiens 15:19-22.)

Le temps de se préparer

C'était aussi le témoignage du grand prophète Amulek, lorsqu'il déclara : Car voici, cette vie est le moment où les hommes doivent se préparer à rencontrer Dieu ; . . .

[et] accomplir leurs œuvres.

. . . car après ce jour de vie, qui nous est donné pour nous préparer pour l'éternité, voici, si nous ne faisons pas meilleur usage de notre temps pendant que nous sommes dans cette vie, alors vient la nuit de ténèbres où aucun travail ne peut être accompli.

Car voici, si vous avez différé le jour de votre repentir jusqu'à la mort, voici, vous vous êtes assujettis à l'esprit du diable, et il vous scelle comme siens ; c'est pourquoi, l'Esprit du Seigneur s'est retiré de vous et n'a pas de place en vous, et le diable a tout pouvoir sur vous ; et c'est là l'état final des méchants. (Alma 34:32-33, 35.) C'est ce même rappel que l'ange Moroni a fait au prophète Joseph, et qu'il consigne dans la fameuse lettre Wentworth lorsqu'il cite l'ange Moroni disant que . . . l'œuvre préparatoire à la seconde venue du Messie allait commencer rapidement ; que le moment était proche où l'Évangile dans toute sa plénitude devait être prêché avec puissance à toutes les nations, afin qu'un peuple soit préparé pour le règne millénaire. (D. H. C. IV:537.)

L'Évangile doit être prêché

Pour effectuer cette préparation, le Seigneur a défini certaines grandes responsabilités pour son Église. Il a dit, comme l'un des signes de sa venue, que l'Évangile du royaume devait être prêché dans le monde entier pour servir de témoignage à toutes les nations, et qu'alors viendrait la fin, ou la destruction des méchants. (Voir Matthieu 24:14.) Ce témoignage, avons-nous compris, devait être un témoignage de la mission du Messie. Il devait être un témoignage de la divinité de sa mission.

Il devait être un témoignage que l'Évangile de Jésus-Christ avait été rétabli dans toute sa plénitude, en cette dispensation de la plénitude des temps.

Une lumière pour le monde

Mais il y avait autre chose dont nous devions témoigner, et dont parlent aussi les révélations. Alma en parla à son peuple qui était sur le point d'être baptisé. Dans le cadre de l'alliance qu'ils allaient contracter, il dit qu'ils devaient être les témoins de Dieu en tout temps, et en toutes choses, et dans tous les lieux où ils seraient, jusqu'à la mort. (Mosiah 18:9.) Dans l'une des premières révélations données en cette dispensation, le Seigneur a dit : Et c'est ainsi que j'ai envoyé mon alliance éternelle dans le monde, pour qu'elle soit une lumière pour le monde et une bannière pour mon peuple, pour que les Gentils la recherchent. (D. & A. 45:9.) Il nous l'a de nouveau recommandé, le jour où il a donné le nom que l'Église devait porter. Après nous avoir donné le nom, . . . car c'est là le nom que portera mon Église dans les derniers jours, c'est-à-dire l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.

En vérité, je vous le dis à tous : Levez-vous, brillez, afin que votre lumière soit une bannière pour les nations. (Ibid., 115:4-5.) En songeant à ces passages, je me suis rappelé une déclaration faite par un dirigeant de la United States Steel Corporation, après que j'eus passé une heure ou deux avec lui et son groupe de dirigeants à la place de l'entraide. Il m'a dit : « Voilà une démonstration pratique de l'Évangile de Jésus-Christ, qui consiste à venir en aide aux nécessiteux et aux moins favorisés. »

Témoins devant le monde

C'était pour moi un concept nouveau, à savoir que, dans le programme d'entraide, nous étions témoins devant le monde de la voie divine par laquelle l'œuvre du Seigneur devait être accomplie.

Ainsi, nous voyons dans notre œuvre missionnaire le magnifique spectacle de jeunes gens et de jeunes filles, pour la plupart, partant jusqu'aux extrémités de la terre, afin que, par leur service désintéressé, ils soient témoins en tout temps et en tous lieux de la responsabilité divine qui incombe à l'Église d'enseigner l'Évangile.

Ainsi, en faisant des sacrifices, en payant notre dîme, en jeûnant et en versant nos offrandes de jeûne, en réunissant de l'argent pour payer les bâtiments de l'Église et les temples, nous témoignons encore que la loi du sacrifice est exigée de tous les vrais Saints si nous voulons revendiquer notre parenté avec celui qui a donné sa vie afin que les hommes soient.

Dans notre conduite sociale, dans nos danses, dans nos divertissements, nous ne devons jamais oublier que, dans ces divertissements, nous témoignons aussi que nous sommes ses témoins particuliers de la divinité des organisations qui parrainent nos divertissements.

Ainsi, chaque garçon au service militaire, chaque jeune fille dans sa conduite sociale, chaque homme d'affaires dans ses relations avec son prochain, témoigne que cette œuvre en laquelle il croit est divine, ou non. L'Église monte ou descend au gré de ces témoignages personnels.

Il y a quelques semaines, j'étais assis dans la réunion de jeûne et de témoignage de la paroisse South Eighteenth (Salt Lake City) et j'ai entendu une charmante jeune fille, d'une vingtaine d'années, se lever pour rendre son témoignage. C'était un témoignage saisissant d'une belle jeune fille sainte des derniers jours. Elle racontait dans son témoignage un matin à la ferme, dans un petit district de campagne, où, à quatre heures du matin, elle était sortie avec son père pour traire les vaches. Et tandis que son père et elle se dirigeaient vers la grange, son père l'avait prise par la main et lui avait dit : « Ma fille, tu es le produit de cette Église de Jésus-Christ, et tu es aussi le produit d'un vrai foyer de saints des derniers jours. Si tu échoues, en ce qui te concerne, l'Église aura échoué et ton foyer aura échoué. » Depuis ce moment, cette jeune fille a compris qu'elle, en tant que membre de l'Église de Jésus-Christ, en était un témoin devant le monde entier, pour le bien ou pour le mal.

Oh, la majesté de Joseph vendu en Égypte, qui fit honte à la belle mais apparemment peu aimée femme de Potiphar, lorsqu'elle voulut le tenter de commettre un grave péché, et qu'il dit : « Mon maître me fait confiance, et tu es sa femme. Comment pourrais-je commettre ce grand mal et pécher contre Dieu ? » (Voir Genèse 39:8.) Lui aussi sentait sa grande responsabilité d'être un vrai témoin des vérités divines qu'il professait croire.

Dans l'une des révélations, le Seigneur a dit autre chose qui a pour moi une signification ici. Il a dit : Car Sion doit croître en beauté et en sainteté ; ses frontières doivent être élargies, ses pieux doivent être fortifiés ; oui, en vérité, je vous le dis : Sion doit se lever et revêtir ses habits d'apparat. (D. & A. 82:14.)

Une jeune missionnaire japonaise

J'ai entendu, il y a quelques années, une charmante jeune missionnaire japonaise, à Kamuela, sur l'île d'Hawaï, faire ce qui était, je pense, une application personnelle de ce principe à son propre foyer. Il y avait peu de missionnaires à cette époque, la guerre n'était pas encore terminée, et cette jeune femme et sa compagne étaient deux des quatre seuls missionnaires de cette île. Nous avions dans l'assistance quatre-vingt-cinq fusiliers marins des États-Unis, tous saints des derniers jours, qui s'y entraînaient censément en vue d'une invasion du Japon, la patrie de ces deux charmantes jeunes missionnaires. Notre sœur missionnaire fut appelée à parler devant un tel auditoire. Tremblante, elle se tint à la chaire, et voici ce qu'elle dit : « Quand mon père est venu me voir et m'a dit qu'on voulait que j'aille en mission, je lui ai répondu : “Non, père, je ne peux pas aller en mission.” » Il lui demanda pourquoi, et elle dit : « Oh, je ne peux tout simplement pas. » Mais il insista, et elle dit alors : « Je ne peux pas y aller, parce que si je pars dans le champ missionnaire, on attendra de moi que je prêche certains principes de l'Évangile, des principes que mon propre père et ma propre famille ne vivent pas. »

Le père demanda : « Que ne faisons-nous pas, que tu aurais à prêcher ? »

« Eh bien, répondit sa fille, on attendra de moi que j'enseigne la loi du sacrifice. Tu ne paies même pas ta dîme. On me demandera de leur parler des prières de famille, et nous n'avons jamais de prières de famille.

On attendra de moi que j'enseigne la Parole de Sagesse ; nous utilisons du café et du thé chez nous. On attendra de moi que j'enseigne l'importance de rendre service dans l'Église, et tu fuis ce service.

Non, père, je ne peux pas partir et être une hypocrite. »

Je pense que ce père a passé une nuit blanche. « Le lendemain matin »,

dit notre sœur japonaise, « père est venu me voir et m'a dit : “Pars, ma chère enfant, et ton père s'efforcera de vivre comme sa fille le prêchera.” »

Deux jours plus tard, je l'ai rencontrée à Honolulu lors d'une conférence missionnaire, et elle venait de rentrer chez elle pour la première fois depuis près de deux ans. Et pendant la conférence, je lui ai chuchoté : « Comment avez-vous trouvé les choses à la maison ? » Elle a souri, et il y avait des larmes dans ses yeux quand elle a dit : « Tout va bien. Père va bien, et je suis heureuse. »

Les jeunes que nous envoyons loin de nous ne seront guère plus forts que les foyers et le milieu d'où ils viennent.

Le défi de notre temps, avec le service militaire des jeunes gens de dix-huit ans et la vie sociale troublée des jeunes filles, est de veiller à ce que Sion croisse en sainteté. Nous devons croître en beauté. Nos foyers, nos collèges, nos paroisses et nos pieux doivent être fortifiés. Sion doit se lever et revêtir ses plus beaux habits.

Le conseil de Susannah Wesley

Il y a peu de temps, j'ai lu le sage conseil d'une charmante mère, Susannah Wesley, mère de John Wesley, célèbre dans les milieux religieux. Voici ce que cette charmante mère disait à son fils, ce qui constituait un critère grâce auquel il pouvait juger du bien et du mal, dans les plaisirs et, d'ailleurs, dans toutes les affaires de la vie. Voici ses paroles :

Voulez-vous juger de la légitimité ou de l'illégitimité d'un plaisir ? Alors utilisez cette règle : tout ce qui affaiblit votre raison, altère la délicatesse de votre conscience, obscurcit votre vision de Dieu, vous ôte votre soif des choses spirituelles ou accroît l'autorité de votre corps sur votre esprit, cette chose est pour vous un mal. Par cette épreuve, vous pouvez déceler le mal, si subtilement ou si plausiblement que la tentation vous soit présentée.

Oh, je souhaite que chaque jeune utilise cette règle et mesure tout ce qui lui est présenté afin de pouvoir choisir le bien.

Que Dieu nous accorde de fortifier Sion en nous-mêmes, afin de vivre noblement et de nous préparer à nous présenter avec honneur, à la fin de notre vie ici-bas, devant celui dont nous portons le nom en tant que membres de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, je l'en prie humblement au nom du Seigneur Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursHarold B. Lee, « Je prie sincèrement pour le pouvoir de soutien... », 1951 April General Conference, Friday Morning Session (1951-04-06). Pulpit Vault, 1951-04-lee-i-sincerely-pray-for-the-sustaining-power. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, catalog.churchofjesuschrist.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).