Discours de conférence
Joseph L. Wirthlin
J'espère sincèrement, mes frères et sœurs, pouvoir bénéficier de votre foi et de vos prières. ¶
Cette grande conférence a été des plus impressionnantes. Tandis que j'écoutais les discours de notre bien-aimé président George Albert Smith, du président Clark et du président McKay, des membres du Collège des douze et de tous ceux qui se sont adressés à nous, et que j'écoutais la musique la plus inspirante, cette pensée m'est venue à l'esprit : « Compte tes nombreuses bénédictions, compte-les une à une, et vois ce que le Seigneur a fait. » ¶
Un peuple béni ¶
Nous sommes un peuple béni. Nous avons la bénédiction d'être membres de l'Église rétablie du Seigneur Jésus-Christ. Nous jouissons d'une direction divinement autorisée, qui reçoit la pensée et la volonté de notre Père céleste. Nous avons le privilège de jouir de la citoyenneté d'une grande république. Nous avons le privilège de nous associer les uns ¶
aux autres comme frères et sœurs au vrai sens du terme. Nous avons nos familles. Nous avons tant de bénédictions que le temps ne permet pas de toutes les énumérer. ¶
Mais nous sommes-nous jamais arrêtés pour penser que toutes ces bénédictions nous sont venues à cause de la foi, du travail et des prières de quelqu'un d'autre ? Je ne pense jamais à cette Église et à son organisation sans que me vienne à l'esprit l'histoire d'un garçon qui ne savait à quelle Église se joindre. Et en étudiant les Écritures, il tomba sur cette mémorable exhortation qui se trouve dans Jacques, où le Seigneur dit ceci : ¶
Si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée. ¶
Mais qu'il la demande avec foi, sans douter ; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et poussé de côté et d'autre. (Jacques 1:5-6.) ¶
Ce garçon de quatorze ans prit cette exhortation à cœur et, s'en allant dans les bois, il supplia Dieu avec une foi entière ; et en réponse à cette prière, Dieu le Père éternel et son Fils lui apparurent — ce même Dieu qu'Adam connut, le Dieu de Moïse, d'Abraham et de Jacob, et de tous les autres serviteurs anciens du Seigneur — ce même Dieu qui parla des cieux lorsque son Fils, Jésus-Christ, était baptisé dans le Jourdain, et que la voix de Dieu fut entendue disant : ¶
Voici, celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui m'est agréable. (Matthieu 3:17.) ¶
Et ainsi, de la supplication, des prières et des œuvres d'un humble garçon, utilisé comme instrument entre les mains de Dieu, l'Église de Jésus-Christ fut rétablie sur la terre, et l'Évangile dans sa plénitude et sa simplicité fut rendu pour le salut et l'exaltation des enfants du Seigneur. ¶
Et avec le Rétablissement vint la prêtrise de Dieu, grâce à laquelle nous pouvons jouir d'une direction inspirée par la révélation ; des hommes qui sont humbles et des hommes qui n'ont qu'un seul désir, celui de servir Dieu de manière à faire le plus de bien possible à son peuple et au monde. ¶
La foi de George Washington ¶
Lorsque je pense aux fondateurs de cette grande république, je pense à George Washington. Il ne fait aucun doute qu'il fut un instrument de Dieu dans la fondation d'une nation où l'Église pourrait être rétablie et où l'Évangile pourrait être rendu à l'humanité, car cette nation est fondée sur la grande pierre angulaire de l'Évangile, à savoir le libre arbitre. Mais, malheureusement, il y en a parmi nous qui voudraient nous faire croire que George Washington était un incroyant ; mais je veux vous dire que si un homme a jamais eu l'aide du Dieu Tout-Puissant, cet homme fut le père de notre pays. ¶
Je pense à lui à Valley Forge, se tenant à la tête d'une armée affamée, en haillons et transie de froid — découragée, dont beaucoup retournaient chez eux. George Washington devait travailler avec un Congrès continental qui était incapable de lui fournir le nerf de la guerre. Je suis sûr que George Washington, à cette heure-là, comprit que de lui-même il ne pourrait jamais remporter la victoire ; et étant un homme qui craignait Dieu, il ne fait aucun doute qu'il chercha la sagesse d'en haut ; et il la reçut, car par la suite cette même armée en haillons vainquit l'orgueilleux Cornwallis à Yorktown et rendit possible l'ouverture de la voie par laquelle fut fondée cette grande république dont vous et moi jouissons de la citoyenneté. ¶
Et je pense à ceux qui rédigèrent la Constitution des États-Unis. C'étaient des hommes de prière ; car le Seigneur fit savoir au prophète Joseph qu'il avait permis que la Constitution soit établie par des hommes bons et sages. Il est vrai que, lorsque les membres de cette assemblée se réunirent, il y eut quelque dissension, quelques divergences d'opinion, mais un jour se leva parmi eux un vieux patriote qui suggéra qu'à l'ouverture de l'assemblée, chaque jour, on supplie Dieu de leur venir en aide afin qu'ils aient la sagesse. Et Dieu fut supplié, et, comme l'a dit le grand Gladstone : ¶
La Constitution des États-Unis est le plus grand document jamais tiré par la main de l'homme en un laps de temps donné. ¶
Les prières d'Abraham Lincoln ¶
Et il y eut un autre homme qui chercha la sagesse auprès de Dieu. Ce grand dirigeant qui préserva l'Union, à savoir Abraham Lincoln, un homme qui fut méprisé et tenu en dédain même par ceux qui lui étaient étroitement associés. Et quand vint le jour de la bataille de Gettysburg, il était maître de lui, il était calme. Une fois la bataille terminée et la victoire remportée, le général Sickles lui posa la question : « Comment se fait-il que vous ayez paru si calme et si maître de vous quand le reste d'entre nous étions inquiets ? » Et voici la réponse de ce grand homme au général. Il dit : ¶
Au plus fort de votre campagne là-haut, quand tout le monde semblait pris de panique et que personne ne pouvait dire ce qui allait arriver, accablé par la gravité de nos affaires, je suis allé un jour dans ma chambre, j'ai fermé la porte à clé, je me suis mis à genoux devant Dieu Tout-Puissant et je l'ai prié avec ferveur de nous accorder la victoire à Gettysburg. Je lui ai dit que cette guerre était la sienne, et notre cause sa cause, que nous ne pouvions supporter un autre Fredericksburg ou un autre Chancellorsville. Alors et là, j'ai fait un vœu solennel à Dieu Tout-Puissant ¶
. que s'il soutenait nos garçons à Gettysburg, je le soutiendrais, lui, et il vous a soutenus, vous les garçons, et je le soutiendrai. Et après cela. Je ne sais pas comment cela s'est passé, et je ne peux pas l'expliquer, bientôt un doux réconfort s'est glissé dans mon âme. J'ai eu le sentiment que Dieu avait pris toute l'affaire entre ses propres mains et que tout irait bien à ¶
. Gettysburg, et c'est pourquoi je n'avais aucune crainte à votre sujet. ¶
Ce grand homme suivit lui aussi l'exhortation de Jacques et chercha la sagesse d'en haut ; et par suite de sa foi et de ses ¶
prières, l'armée de Gettysburg fut en mesure de remporter la victoire finale. ¶
Et puis, je pense aussi aux pionniers, lorsqu'ils accomplirent la grande randonnée pionnière à travers les plaines et à travers les défilés accidentés de ces puissantes montagnes. Il est dit dans les journaux de certains d'entre eux, à la fin de chaque journée : « Brigham Young et ses associés sont montés sur la plus haute colline et y ont supplié Dieu de leur donner une direction. » Il semble qu'ils aimaient prier sur les hauteurs, sur les montagnes et les collines. J'ai parfois pensé que la raison en était qu'ils voulaient non seulement se rapprocher de Dieu spirituellement, mais aussi se rapprocher de lui physiquement. Et ainsi, de leurs prières et de leur recherche de la sagesse divine d'en haut, il leur fut possible de trouver cet endroit dans l'Ouest que Dieu leur avait réservé ; et de leur travail, de leurs prières et de leur sagesse divine, vous et moi vivons aujourd'hui dans l'un des plus grands endroits de la terre entière. ¶
Une direction divine est nécessaire ¶
Nous affrontons maintenant un autre jour avec davantage de problèmes. Nous sommes maintenant arrivés au moment où cette nation se trouve à la croisée des chemins. Une route qui, si nous continuons de la suivre sans nous poser de questions, nous conduira sur le chemin du socialisme et du communisme. Permettez-moi de vous dire qu'une fois que nous serons dans les chaînes de l'un ou de l'autre, nous perdrons notre libre arbitre et deviendrons simplement les pions de dirigeants lascifs et sans Dieu. C'est aujourd'hui le temps où les dirigeants de cette nation et nous tous en tant que citoyens de ce grand pays devrions suivre l'exhortation de Jacques, chercher la sagesse d'en haut, la direction divine, afin de pouvoir résoudre nos problèmes nationaux et préserver pour les générations à naître les mêmes bénédictions de citoyenneté et de liberté que vous et moi avons connues. ¶
J'ai été enthousiasmé, il y a quelques années, en entendant un sénateur des États-Unis dire que chaque matin, lui et quelques-uns de ses compagnons se rendaient dans une petite pièce du Capitole et y suppliaient Dieu de leur donner une direction. Je souhaiterais que chacun de nos représentants à l'assemblée nationale supplie Dieu chaque jour. Aussi sûrement qu'ils le feraient, viendrait à eux cette sagesse, cette direction divine, qui préserverait cette nation en tant que grande république ainsi que les principes qu'elle défend. ¶
La responsabilité d'être un peuple de prière ¶
Maintenant, vous et moi avons aussi certaines responsabilités bien précises — la responsabilité d'être des personnes de prière, de nous souvenir dans nos prières de ceux qui guident et dirigent la destinée de cette nation, afin que Dieu touche leur cœur et que, de tout cela, nous puissions suivre le chemin tracé par George Washington et le chemin d'Abraham Lincoln, afin de le suivre pour notre propre bonheur et notre propre joie et pour ceux qui viendront après nous. ¶
De tous les peuples du monde, nous devrions être le plus attaché à la prière ; nous devrions suivre l'exhortation de Jacques et chercher continuellement auprès de Dieu la sagesse d'en haut. Car le Seigneur nous a dit par l'intermédiaire de son prophète : ¶
Organisez-vous, préparez tout ce qui est nécessaire et établissez une maison qui sera une maison de prière, une maison de jeûne, une maison de foi, une maison de connaissance, une maison de gloire, une maison d'ordre, une maison de Dieu. (D&A 88:119.) ¶
Et il n'y a aucune raison pour que chaque foyer de Saints des Derniers Jours ne soit pas une maison de Dieu ; car, dans la plupart des cas, il se trouve à la tête de chaque foyer de Saints des Derniers Jours un serviteur du Dieu Tout-Puissant détenant la prêtrise et ayant le droit d'invoquer Dieu et de le supplier pour le bénéfice, les bénédictions et le bien de ceux qui résident dans sa maisonnée. ¶
Le Seigneur nous a clairement fait comprendre que si nous ne sommes pas un peuple de prière, si nous manquons de nous souvenir du roi de ce pays, Jésus-Christ, nous pouvons perdre toutes ces bénédictions. Nous devrions écouter les paroles d'Amulek lorsqu'il dit à son peuple : ¶
Oui, et je vous dis que sans les prières des justes, qui sont maintenant dans le pays, vous seriez, dès maintenant, châtiés par une destruction totale ; cependant, ce ne serait pas par le déluge, comme le fut le peuple du temps de Noé, mais ce serait par la famine, et par la peste, et par l'épée. ¶
Mais c'est par les prières des justes que vous êtes épargnés ; c'est pourquoi, si vous chassez les justes de parmi vous, alors le Seigneur n'arrêtera plus sa main ; mais, dans son ardente colère, il sortira contre vous ; alors vous serez frappés par la famine, et par la peste, et par l'épée ; et le temps est proche, à moins que vous ne vous repentiez. (Alma 10:22-23.) ¶
Et il me semble donc que ce dont nous avons besoin dans ce beau pays qui est le nôtre, c'est d'un exemple éclatant de prière, et les Saints des Derniers Jours sont le peuple choisi pour montrer au monde la puissance de la prière. Chaque foyer de Saints des Derniers Jours devrait être une maison de Dieu, où l'autel de la prière est constamment en usage et où l'on donne à nos enfants le bon exemple en suppliant Dieu de nous donner une direction divine dans toutes nos entreprises. Car le Seigneur nous a dit de nouveau : ¶
Et ils enseigneront aussi à leurs enfants à prier et à marcher en droiture devant le Seigneur. . . . ¶
Et je leur donne un commandement : celui qui n'observe pas ses prières devant le Seigneur, en leur saison, qu'il soit tenu en mémoire devant le juge de mon peuple. (D&A 68:28, 33.) ¶
La prière au foyer ¶
Il y a peu de temps, j'étais dans un foyer où une grand-mère âgée m'a dit : « Je suis très malheureuse. Dans ce foyer, nous n'avons que l'esprit de désunion. Nous ne semblons pouvoir nous mettre d'accord sur rien. Il y a ici un esprit négatif, et je peux vous dire pourquoi nous avons cet esprit. Nous l'avons parce que nous ne pouvons pas ¶
nous réunir et prier et demander au Seigneur de nous diriger pour résoudre nos problèmes. » ¶
D'un autre côté, je me souviens d'un foyer où les enfants apprenaient à prier. Cette petite mère leur enseignait comment ils devaient prier — en leur donnant le concept juste de Dieu. Elle leur racontait l'histoire de l'apparition de Dieu, le Père, et de son Fils à Joseph Smith. Cela donnait aux enfants le concept juste de Dieu. Ils savaient qu'ils priaient un Dieu ayant un corps, des membres et des passions. Il était réel pour eux. C'était un Dieu d'amour ; c'était un Dieu qui pouvait entendre et exaucer les prières. Des années plus tard, cette petite mère tomba très malade. Ses enfants se tenaient dehors, à côté de la fenêtre de sa chambre, et ils entendaient ses cris. Finalement, l'un dit à l'autre : « Prions pour Maman. » Ils ne pouvaient pas entrer dans la maison parce que la maison était remplie de personnes plus âgées qui essayaient d'aider, et le seul endroit qui restait était le hangar à charbon. Ces deux jeunes garçons, l'un de onze ans et l'autre de treize, allèrent dans le hangar à charbon et, agenouillés parmi les morceaux de charbon, supplièrent Dieu afin que leur mère soit rétablie. Et avant que la nuit ne tombe, cette petite mère fut rétablie. Elle fut guérie. Que signifie tout cela ? Cela signifie que, du fait qu'une mère avait enseigné à ses enfants à prier, à l'heure de sa détresse, avec une pleine foi en Dieu, ses enfants l'invoquèrent pour qu'il bénisse leur mère et la préserve, et Dieu entendit cette prière, et elle fut exaucée. ¶
La prière, un privilège ¶
Nous devrions enseigner à nos enfants que la prière est un privilège et non un devoir. Nous devrions leur enseigner à prier avec leur cœur et non avec leurs lèvres et à ne pas prier par cœur, mécaniquement. Nous devrions leur enseigner à exprimer des prières de gratitude à Dieu pour toutes les bénédictions dont nous jouissons — des prières de générosité, ne pensant pas tant aux choses que nous voulons ou dont nous avons besoin, mais priant pour ceux qui sont dans la détresse. Les prières n'ont pas besoin d'être longues ; elles devraient être plutôt courtes, précises et bien réfléchies. ¶
Si nous établissons des maisons de prière, il ne fait aucun doute qu'elles deviendront des maisons de foi, des maisons de gloire, des maisons de Dieu, parce que son Saint-Esprit y viendra et y demeurera en riche abondance. Et dans ces foyers, nous trouverons l'esprit d'unité, l'esprit de coopération, l'esprit de sympathie, l'esprit de bonté et l'esprit d'amour. ¶
Frères et sœurs, en ces heures sombres, je suis sûr que si nous supplions Dieu comme Jacques l'indiqua il y a des siècles, en pleine foi, nous pouvons contribuer à préserver tous les droits et privilèges qui nous sont donnés dans ce grand gouvernement qui est le nôtre. Nous pouvons faire avancer la cause du Maître. Nous pouvons enseigner l'Évangile de paix et aider le Dieu Tout-Puissant à mener à bien ses plans avant la venue du Roi des rois. ¶
Je prie que nous suivions le conseil que le Seigneur nous a donné de nouveau par l'intermédiaire du prophète Joseph, où il dit : ¶
Prie toujours afin de sortir vainqueur ; oui, afin de vaincre Satan et d'échapper aux mains des serviteurs de Satan qui soutiennent son œuvre. (D&A 10:5.) ¶
Que Dieu nous bénisse afin que nous soyons des personnes de prière. Que Dieu nous bénisse afin que nous établissions des maisons de prière, des maisons de gloire, des maisons de foi et des maisons de Dieu, je le demande humblement au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶