Discours de conférence
Thomas E. McKay
La musique inspirante de notre grand chœur et de notre orgue, tant lors de la diffusion de ce matin que lors de ce service, ainsi que le discours empreint d'actualité et de maîtrise du président McKay, et l'intéressant discours de l'évêque Wirthlin, ont tous, j'en suis sûr, contribué à nous élever, à nous rapprocher de notre Père céleste, et d'autres, de l'autre côté du voile. ¶
C'est mon désir et ma prière sincères, mes frères et sœurs, de dire quelque chose d'utile, quelque chose qui nous sera profitable, qui apportera davantage de bonheur et de joie dans notre vie quotidienne. L'un de mes thèmes favoris, déjà mentionné par un ou deux des orateurs, est : ¶
Les hommes sont pour avoir la joie. (2 Néphi 2:25.) ¶
L'activité procure de la joie
Le travail est une grande bénédiction ; l'activité procure de la joie. Dimanche dernier, j'étais en Californie, assistant à la conférence du pieu d'Inglewood. Certains d'entre vous ont déjà lu, dans le numéro de la semaine dernière de la section Église du News, quelques-unes des activités de ce pieu, en particulier de leur programme de construction. Il y eut une réalisation dont l'article ne faisait pas mention, et que j'aimerais signaler. L'été dernier, en Californie, ils ont connu un temps « inhabituel », une vague de chaleur assez prolongée, et toute la récolte d'abricots mûrit si rapidement qu'il devint nécessaire de la récolter, sans quoi elle aurait été perdue. Ceci fut porté à l'attention des responsables régionaux du bien-être social du sud de la Californie. Par leur intermédiaire, l'attention fut portée aux pieux de cette région. Je ne sais pas ce qu'ont accompli les autres pieux, mais une journée fut réservée par les membres du pieu d'Inglewood pour la cueillette, et ils ont maintenant, en résultat, 25 777 boîtes d'abricots dans leur entrepôt du pieu et dans leurs foyers. ¶
Il y a tout juste un mois aujourd'hui, j'étais à la conférence du pieu de Burley, dans l'Idaho. À la conclusion de cette conférence, le président se leva et annonça avec simplicité que la récolte des betteraves pour cette année avait été fixée par les responsables de la sucrerie pour commencer à une certaine date. « Nous aimerions récolter nos cultures de bien-être avant de commencer les nôtres. » Une date fut décidée à cette fin. Il dit : « Nous aimerions récolter toute la récolte en ces deux jours. » ¶
J'avais visité ces projets, et j'en avais vu l'ampleur, aussi me levai-je et dis-je : « Si vous accomplissez cela, voudrez-vous avoir la gentillesse de m'envoyer un télégramme en port dû ? Si vous n'y parvenez pas, vous n'avez pas besoin d'en dire un mot. » ¶
Dimanche dernier, alors que j'étais à la conférence du pieu d'Inglewood, juste au début de la session de dix heures trente, ce télégramme me fut remis. ¶
Burley, Idaho ¶
Thomas E. McKay ¶
Aux bons soins du président Alfred E. Rohner ¶
Frère McKay : ¶
Les membres du pieu de Burley ont récolté 40 acres de pommes de terre le vendredi 26 ; dix acres de pommes de terre, 27 acres de betteraves, et coupé cinq acres de maïs le samedi 27. Personnes présentes les deux jours, environ 900. Camions, 50. Tracteurs, 25. Arracheuses de pommes de terre, 18. Cinq arracheuses de betteraves. La Société de Secours a servi le déjeuner. Merci pour le défi que vous avez lancé à la conférence. ¶
Bien à vous, la conférence du pieu de Burley ¶
Félicitations, membres du pieu de Burley ! ¶
Il y a maintenant 168 pieux dans l'Église, comme nous l'a dit hier le président Richard L. Evans, dans son discours si bien formulé, j'allais dire mis en musique, sur la croissance de l'Église. Soixante-dix-huit d'entre eux se trouvent hors de l'Utah, tous actifs et accomplissant un travail remarquable. Comme le déclara un ami investigateur : « Vous ¶
semblez tous vous connaître ici — comme une seule grande famille heureuse. » ¶
C'est un privilège de visiter ces pieux, et particulièrement émouvant de trouver tant de nos membres actifs aujourd'hui et occupant des postes en vue, alors qu'ils ne l'étaient pas tant dans leurs paroisses et pieux d'origine. Comme l'un d'eux me l'a dit : « Chez moi, j'appartenais à ce groupe, ce groupe assez large que vous avez appelé ceux qui traitent leur religion comme une roue de secours ; ils ne s'en servent jamais, sauf en cas d'urgence. En outre », poursuivit-il, « nous avions du temps libre que nous employions à trouver à redire aux frères et à l'Église, cherchant l'épine sur la rose et la poussière sur le lys, plutôt que les fleurs elles-mêmes. » ¶
Histoire du philosophe japonais
Il faisait allusion, vous le savez, à cette histoire que j'aime raconter, celle du philosophe japonais qui avait l'habitude de sortir dans les collines et les bois pour étudier les lois de la nature. Après avoir passé une journée à une telle étude, il revenait le soir dans son village, où il rassemblait son peuple autour de lui pour l'instruire des leçons qu'il avait apprises. Un jour, un de ses amis vint lui dire : « Voudrais-tu me rapporter un rameau d'aubépine à ton retour, afin que je puisse étudier la leçon que tu as donnée la semaine dernière au sujet de cet arbre ? » « Oui », dit le philosophe, « je te rapporterai le rameau ce soir », et un second de ses amis lui dit ce matin-là : « Voudrais-tu me rapporter une rose, afin que je puisse étudier ce dont tu as parlé hier soir ? » « Oui, je te rapporterai la rose. » Et juste avant que le philosophe ne franchît la porte de la ville ce matin-là, un troisième ami lui dit : « Voudrais-tu me rapporter un lys, afin que je puisse étudier la leçon de pureté que tu as donnée hier soir ? » Le philosophe promit de rapporter le lys. ¶
Le soir, au coucher du soleil, lorsque le vieux philosophe revint au village, les trois amis l'attendaient à la porte pour l'accueillir. Au premier il donna le rameau d'aubépine ; au second il donna la rose ; et au troisième il donna le lys. Soudain, l'homme au rameau d'aubépine s'écria : « Voici une feuille morte sur la tige de mon rameau d'aubépine ! » Le second dit : « Voici une épine sur la tige de ma rose ! » et le troisième s'écria : « Voici de la terre sur les racines de mon lys ! » ¶
« Laissez-moi voir », dit le philosophe. Du premier il prit le rameau d'aubépine ; du second, il prit la rose ; et du troisième il prit le lys. Il arracha la feuille morte de la tige d'aubépine et la donna au premier ami. Il arracha l'épine de la tige de la rose et la donna au second. Il retira la terre des racines du lys et la mit entre les mains du troisième. Tenant le rameau d'aubépine, la rose et le lys, il dit : « Maintenant, chacun de vous a ce qui a d'abord attiré son attention. Vous avez cherché la feuille morte, et vous l'avez trouvée. Vous avez cherché l'épine ; elle y était. Vous avez trouvé la terre du lys parce que je l'ai laissée sur les racines. Vous pouvez garder ce qui vous a d'abord attirés. Je garderai, moi, le rameau d'aubépine, le lys et la rose, pour la beauté que j'y vois. » ¶
Nous trouvons dans ce monde à peu près ce que nous cherchons. Si nous cherchons la terre et les choses sordides, nous pouvons les trouver ; ou si nous cherchons les erreurs des autres, nous pouvons les trouver aussi. Si nous cherchons le bien et le beau, le bien et le beau nous reviendront. Il n'y a pas de place pour la haine dans le cœur d'un saint des derniers jours, ni d'aucun autre véritable chrétien. ¶
Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent. (Matthieu 5:44.) ¶
C'est la doctrine du Sauveur. ¶
La haine rend incapable quiconque de donner le meilleur de lui-même, que ce soit de la haine pour une personne ou pour un peuple. ¶
Ceux que les dieux veulent perdre, ils commencent par les rendre fous. (Euripide.) ¶
La haine, l'envie, la jalousie, l'ingratitude, l'intolérance sont toutes des armes employées par Satan pour contrecarrer les desseins de Dieu. ¶
L'amour de l'argent
L'une des principales armes, je pense, dont on parle assez peu, une qui s'insinue en nous très discrètement, est l'amour de l'argent. L'amour de l'argent, nous dit-on, est la racine de tout mal. Certains d'entre vous ne seront peut-être pas d'accord avec ce que je vais dire maintenant, mais je crois que l'une des principales raisons pour lesquelles il est si difficile pour certains de nos membres de payer la dîme, c'est que Satan ne veut pas que nous payions la dîme. Il met toutes sortes d'excuses sur notre chemin, car il sait qu'une personne ou un peuple qui paie la dîme n'adorera jamais l'or à la place de Dieu. Nous sommes tellement portés, j'allais dire acharnés, à nous enrichir, à faire de l'argent, que nous laissons échapper certaines des choses les plus douces de la vie, frères et sœurs. Nous n'avons jamais le temps de lever les yeux vers le beau ciel bleu ou de jouir de nos merveilleux couchers de soleil, ou de voir les belles fleurs et le merle bleu sautillant de poteau en poteau, ou d'entendre le chant de l'alouette des prés tandis que nous filons sur les grandes routes. Nous n'avons pas le temps d'aller dans ces canyons pleins de couleurs avec nos familles et de faire de temps en temps une partie de pêche, chose impardonnable. Non, nous sommes trop occupés pour ces choses-là. Oui, l'amour de l'argent, l'usage du tabac, de l'alcool — dont frère Merrill a parlé hier dans son excellent discours — sont des armes que Satan emploie pour contrecarrer les desseins de Dieu. ¶
Le président Smith nous a conseillé, et j'aime la manière dont il l'exprime, de nous tenir à l'écart du territoire du diable. C'est là une assez grande entreprise, du moins selon Mark Twain, qui disait : ¶
Je voudrais voir le diable, ne serait-ce que pour poser les yeux sur cette personne qui, depuis d'innombrables siècles, est le chef spirituel des quatre cinquièmes de la race humaine et le chef politique de la totalité de celle-ci. ¶
Cette déclaration est peut-être un peu exagérée, mais je suis d'accord avec ceci : « il doit assurément posséder des capacités d'organisation du plus haut niveau. » Je pense que nous ferions bien de suivre le conseil du président Smith de nous tenir à l'écart de son territoire ; et « entrez par la porte étroite. » (Matthieu 7:13.) Surmontez le mal par le bien, résistez au diable, et il fuira loin de vous. ¶
Notre Père céleste, frères et sœurs, est notre Père. Il nous aime, et parce qu'il nous aime, il nous a donné l'Évangile, dont chaque principe et chaque commandement vise notre bonheur dans cette vie. Honorer ses parents, sanctifier le jour du sabbat, s'abstenir de prendre le nom du Seigneur en vain, assister à nos réunions de sainte-cène et de prêtrise, demeurer honnêtes, vrais, chastes, bienveillants, vertueux, garder la Parole de Sagesse, payer la dîme et nos offrandes de jeûne — tout cela nous est donné afin que nous ayons la joie dans cette vie. ¶
Recommandation d'un plan d'offrandes de jeûne
Lorsque je mentionne les offrandes de jeûne, mon cœur se tourne vers nos frères et sœurs en Europe et vers les millions d'affamés dans les pays ravagés par la guerre. Je voudrais que nous puissions faire davantage pour établir les offrandes de jeûne dans le monde. J'espère ne pas sortir des limites de mon propos, mais j'aimerais que cette grande assemblée approuve une résolution adressée aux Nations Unies, recommandant, comme moyen d'aider les millions d'affamés dans les pays ravagés par la guerre, l'adoption du plan des offrandes de jeûne de l'Église. ¶
Puissions-nous avoir un plus grand désir, une plus grande foi, une plus grande volonté de vivre selon le grand plan de vie et de salut de l'Évangile, tel qu'il nous a été révélé de nos jours par le prophète Joseph Smith, je le prie au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶