Discours de conférence
Alma Sonne
Frères et sœurs, nous venons d'entendre un grand sermon, un sermon de vérités précieuses. J'espère et je prie que, durant les quelques instants où je me tiendrai ici, je sois inspiré et dirigé par le bon Esprit, car je désire rendre mon témoignage et reconnaître le riche héritage spirituel qui est le mien, et qui, je le sais, est aussi le vôtre, du fait de notre appartenance à l'Église. ¶
La conviction, nécessaire à l'action
L'autre jour, un homme est venu à mon bureau pour tenter de me dissuader et de me décourager d'accepter l'appel à me rendre en mission. C'était la même argumentation que j'avais entendue trente-cinq ans auparavant. « Pourquoi devez-vous partir ? » me demanda-t-il. « L'âme d'ici n'est-elle pas aussi précieuse à sauver que l'âme d'Europe ? » Je lui répondis très brièvement. « Je suppose, dis-je, que c'est une question de conviction. » Et il répliqua : « Ce que nous croyons est très important. » ¶
Je connaissais cet homme ; je connaissais ses origines ; je connaissais sa famille. Je me souviens que, depuis sa jeunesse, il avait suivi un chemin qui l'éloignait de l'Église. Je me souviens de son vieux grand-père, un pionnier. Enfant, j'avais entendu son témoignage. Il avait vu le prophète. Il l'avait entendu parler. Ce vétéran vint à Nauvoo à l'époque où la persécution et les émeutes populaires faisaient rage. Il quitta plus tard son foyer et sa petite ferme pour partager le sort du peuple persécuté et chassé, poussé à travers la prairie jusqu'aux montagnes Rocheuses. Pourquoi l'a-t-il fait ? Parce qu'il avait de la conviction ! ¶
Un témoignage de la véracité du Livre de Mormon
Quand j'étais jeune homme, cherchant mon chemin avec prudence et réflexion, et j'espère avec prière, je demandai à mon père : « Pourquoi as-tu rejoint l'Église ? » La question s'imposa à lui comme un défi. Il hésita un instant, puis répondit : « Parce que j'ai lu le Livre de Mormon. » Il était venu en Amérique, non pour l'Évangile, mais parce qu'il croyait que l'Amérique était une terre d'opportunités, où l'on pouvait réussir à force de travail, d'économie et d'efforts persévérants. Puis quelqu'un lui remit un Livre de Mormon. « Lis-le », lui dit-on avec insistance. Il en lut un chapitre ou deux chaque soir, avant de se coucher, jusqu'à ce que le livre fût lu d'un bout à l'autre. Il le mit de côté, sans en être particulièrement impressionné. Puis, un jour qu'il travaillait aux champs, une pensée lui vint : « Ce livre vient de Dieu. Joseph Smith n'a jamais écrit ce livre. » Il parvint alors à une conclusion logique : « Si ce livre est une révélation, alors le "mormonisme" est vrai, et l'Évangile et la prêtrise sont sur la terre. » Il alla alors trouver l'évêque de la paroisse où il résidait, et demanda à être baptisé membre de l'Église. ¶
La fidélité d'une mère
Je me souviens maintenant que ma mère, alors qu'elle n'avait pas encore atteint l'adolescence, traversa la prairie à pied, de Council Bluffs, dans l'Iowa, jusqu'à la vallée de Cache, dans l'Utah, derrière un attelage de bœufs et un chariot bâché ; elle, avec ses parents, avança péniblement à travers les plaines poussiéreuses et brûlées de soleil, jusqu'à ce qu'ils atteignent les « vallées des montagnes ». La première année se passa dans un abri creusé dans la terre ; ils endurèrent des épreuves et des privations. Pourquoi ? Parce qu'un humble missionnaire avait apporté l'Évangile à leur foyer et le leur avait expliqué d'une manière qu'ils pouvaient comprendre. Il me semble donc que nous avons tous un tel héritage. J'en suis reconnaissant. ¶
La préparation du Rétablissement de l'Évangile
Nous avons parlé de l'Amérique, la terre des hommes libres. Il existe une vieille devise américaine gravée sur nos pièces de monnaie. Elle dit : « En Dieu nous croyons. » Je suis convaincu que si la liberté doit être préservée en Amérique, et ailleurs, nous devons revenir à Dieu. En effet, je crois que, des années avant que l'Évangile ne soit rétabli, des préparations avaient été faites en vue de son rétablissement. Ce n'est pas par hasard que Christophe Colomb atteignit les rivages de San Salvador avec trois frêles navires. Ce n'est pas par hasard que l'invincible armada du roi Philippe d'Espagne fut dispersée par une tempête qui se leva au moment opportun en haute mer. Ce n'est pas par hasard que quelques gouttes d'eau, plus ou moins, comme le disait Victor Hugo, tombèrent sur le champ de bataille de Waterloo et provoquèrent la défaite de Napoléon Bonaparte. Ce n'est pas par hasard que treize colonies éparses et non organisées, sur la côte atlantique, sans argent, sans crédit, sans marine, sans armée, furent victorieuses dans la guerre d'Indépendance. Ce n'est pas par hasard que la vérité politique profonde et grandiose exposée dans la Déclaration d'indépendance trouva son expression par la plume de Thomas Jefferson. Pourquoi ? Parce qu'il était inspiré, et que la liberté de culte faisait partie intégrante de l'Évangile de Jésus-Christ. ¶
Que Dieu nous aide à apprécier les bénédictions qui sont les nôtres. Qu'il préserve notre pays et notre nation en ces jours critiques, afin que l'Amérique vive et que la liberté se répande dans le monde entier, afin que l'Évangile du royaume puisse être prêché, sans crainte ni favoritisme, aux nations du monde entier. Je le prie humblement, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶