Pulpit

Discours de conférence

J. Reuben Clark Jr.

1946 April General Conference·General Priesthood Meeting·1946-04-06

Frères, je vous renouvelle un sentiment que je crois avoir exprimé chaque fois que j'ai eu l'occasion de m'adresser à ce grand groupe de la prêtrise, depuis que j'en ai eu l'occasion. C'est une grande joie d'être parmi vous, de sentir votre esprit et de jouir de l'inspiration qui découle de votre présence. Je renouvelle encore la pensée que j'ai si souvent exprimée, que si nous pouvions apporter une véritable unité, l'unité d'un seul homme, dans la prêtrise de cette Église, nous exercerions une influence qui affecterait le cours des affaires du monde. Nous ne pouvons pas le faire et ne le ferons pas tant que nous ne serons pas ainsi unis. Je crois que c'est non seulement notre occasion, mais aussi notre devoir et notre responsabilité, d'en venir, comme le disait la vieille expression, « à l'unité de la foi ». Je ne puis croire que le Seigneur nous tiendra sans faute si nous ne le faisons pas. C'est l'obligation de ceux qui portent la sainte Prêtrise de Dieu.

Un pourcentage négligeable d'incidents financiers

Hier, dans une remarque incidente que j'ai faite en lisant le rapport financier, je vous ai fait tort, mes frères. Je crois avoir dit que nos incidents financiers, dans la conduite de toute cette dépense et collecte considérable de fonds, ne dépasseraient pas un dixième de un pour cent. Au cours des dix dernières années, il n'y a eu qu'un peu plus, en incidents, que huit dix-millièmes de un pour cent, et parmi tous ceux qui manient ces sommes considérables, il n'y a pas un seul homme sous caution. Je répugne à me vanter de nous-mêmes, mais je crois que nous pouvons défier le monde sur ce bilan. Je vous suis reconnaissant, mes frères, pour votre intégrité, votre honnêteté et votre droiture, qui représentent un grand pas vers l'unité à laquelle j'ai déjà fait allusion.

Écritures se rapportant au seul véritable Évangile

J'ai pensé, ce soir, vous lire un peu d'Écriture, puis évoquer un sujet auquel j'ai déjà fait allusion et qui m'est très cher. Je lis dans Deuxième Néphi, chapitre 26, verset 20 :

Et les Gentils sont enflés dans l'orgueil de leurs yeux et ont trébuché à cause de la grandeur de leur pierre d'achoppement, de sorte qu'ils ont édifié beaucoup d'Églises ; néanmoins, ils dédaignent la puissance et les miracles de Dieu, et se félicitent entre eux de leur sagesse et de leur science, afin d'obtenir du gain et d'écraser la face des pauvres.

Paul, écrivant aux Galates, dit dans des versets que nous citons souvent :

Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème !

Nous l'avons dit précédemment, et je le répète à cette heure : si quelqu'un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème !

Et maintenant, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ. (Galates 1:8-10.)

Je vais maintenant lire un passage de la deuxième épître de Jean :

Car plusieurs séducteurs sont entrés dans le monde, qui ne confessent point que Jésus-Christ est venu en chair. Celui qui est tel, c'est le séducteur et l'antéchrist.

Prenez garde à vous-mêmes, afin que vous ne perdiez pas le fruit de votre travail, mais que vous receviez une pleine récompense.

Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n'a point Dieu ; celui qui demeure dans cette doctrine a le Père et le Fils.

Si quelqu'un vient à vous et n'apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, et ne lui dites pas : Salut !

car celui qui lui dit : Salut ! participe à ses mauvaises œuvres. (2 Jean 7-11.)

Lorsque Paul écrivit aux Corinthiens dans sa première épître, il employa ces mots :

Car je n'ai pas eu la pensée de connaître parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. . . .

Et ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d'Esprit et de puissance,

afin que votre foi soit fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. (1 Corinthiens 2:2, 4-5.)

Puis, en passant au onzième verset, auquel j'ai brièvement fait allusion ce matin :

Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l'homme, si ce n'est l'esprit de l'homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n'est l'Esprit de Dieu.

Or nous, nous n'avons pas reçu l'esprit du monde, mais l'Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce.

Et nous en parlons, non avec des discours qu'enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu'enseigne l'Esprit, employant un langage spirituel pour les choses spirituelles.

Mais l'homme animal ne reçoit pas les choses de l'Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c'est spirituellement qu'on en juge.

L'homme spirituel, au contraire, juge de tout, et il n'est lui-même jugé par personne.

Car qui a connu la pensée du Seigneur, pour l'instruire ? Or nous, nous avons la pensée de Christ. (1 Corinthiens 2:11-16.)

Ces Écritures sont claires ; elles n'ont besoin, de ma part, d'aucune explication.

Des doctrines destructrices que l'on enseigne

J'ai dit en d'autres occasions, et je le répète maintenant, que l'on enseigne parmi nous, malheureusement, des doctrines qui sont absolument destructrices, non seulement de Jésus le Christ, mais même de Dieu lui-même, et nous devons veiller à ce que ni nous ni nos enfants ne soyons influencés, corrompus ou souillés par de telles doctrines.

Récemment, un homme instruit (il détient un haut grade universitaire), membre digne de l'Église, m'a envoyé un exposé de certains enseignements qui sont maintenant quelque peu débattus parmi quelques-uns de nos Saints des derniers jours — quelques-uns seulement, je l'espère. Je vais vous lire cet exposé et faire quelques commentaires sur les points au fur et à mesure. Il y a environ dix points.

Je veux vous dire, aussi sérieusement que je le puis, que, comme vous le verrez lorsque je les aurai lus, s'ils venaient à obtenir crédit parmi nous, particulièrement parmi nos jeunes gens, ils détruiraient notre foi.

Le premier de ces énoncés se lit ainsi :

« 1. Dieu n'est pas un être anthropomorphe » — c'est-à-dire qu'il n'a ni mains, ni yeux, ni pieds, ni oreilles, ni voix — « et non un Dieu personnel, ni un Dieu vivant. »

Je me souviens que le docteur Talmage avait coutume de dire quelque chose de non dissemblable à ce que je vais dire, mais il faisait une citation exacte que je ne puis, après tant d'années, que résumer de mémoire. Cela allait à peu près ainsi :

« Chassez Dieu par la porte de derrière, et il rentre par la porte de devant comme la Première Grande Cause. Chassez la Première Grande Cause par la porte de derrière, et Dieu entre par la porte de devant comme une Grande Force. Repoussez-le comme une Grande Force, et il revient comme une Grande Intelligence. »

Aucun homme sensé qui sache seulement penser ne peut nier dans son cœur l'existence de Dieu, le Dieu de la Bible, du Nouveau Testament et de la révélation moderne.

Le point suivant :

« 2. L'homme est une créature de l'Univers et tire son intelligence et ses idées (inventions) de l'Univers en étant en harmonie avec lui. »

Cette déclaration n'est pas seulement imprécise, mais dénuée de sens. Elle semble cependant postuler une Intelligence de l'Univers, et ainsi nous revenons à notre grande conception de Dieu.

« 3. Il n'existe aucune expérience surnaturelle parmi les hommes — à aucune époque de l'histoire. Aucune révélation venue directement de Dieu. »

Cela nie toute Écriture. Cela nie toutes les manifestations divines à l'homme. Cela nie sa bonté, sa miséricorde et son amour. Cela dément l'expérience la plus commune de l'homme, reconnue depuis le sauvage jusqu'à l'homme le plus civilisé ; en fait, cela dément pratiquement notre existence même.

« 4. Jésus-Christ était un chef révolutionnaire — mais non divin. »

Cela, bien sûr, nie la divinité de Jésus. Cela tombe exactement sous l'observation de Jean, qui déclarait, comme je l'ai déjà lu :

Car plusieurs séducteurs sont entrés dans le monde, qui ne confessent point que Jésus-Christ est venu en chair. Celui qui est tel, c'est le séducteur et l'antéchrist. (2 Jean 7.)

« 5. Joseph Smith n'a pas vu Dieu ni réellement vécu de phénomène surnaturel. Il a écrit le Livre de Mormon sans assistance divine. Il a aussi donné des révélations selon son propre dessein et la situation, sans assistance divine. »

Aucun homme ne peut lire honnêtement le Livre de Mormon et dire ensuite que ce prophète adolescent l'a écrit lui-même, et la recherche la plus assidue n'a jamais réussi à démontrer qu'il l'ait volé. Il y a trop de contenu dans ce livre pour qu'il ait pu être écrit par un garçon que ses détracteurs hostiles taxent d'ignare. Et il faut dire ici qu'il n'a eu aucune occasion de consulter ni les sources peu connues que des critiques hostiles ont déterrées en essayant de le détruire, ni les sources plus largement connues dont il n'avait probablement aucune connaissance, car elles lui étaient inaccessibles. Aucun homme de son âge n'aurait pu avoir en tête, quelle que soit l'étendue de ses études, seulement les allusions contenues dans le Livre de Mormon aux saintes Écritures, et tout ce que nous avons de lui, provenant de lui lorsqu'il parlait ou écrivait normalement, ne donne même pas l'idée qu'il eût le pouvoir de composer ou d'énoncer ces grands joyaux de littérature majestueuse que l'on trouve si abondamment dans le Livre de Mormon et la Doctrine et Alliances.

« 6. La valeur du mormonisme réside dans sa pratique et dans son système. Son origine n'a pas besoin d'être fondamentale à la croyance en lui ou à son acceptation pour sa valeur. »

Beaucoup d'entre nous ont déjà entendu cette hérésie. On ne peut prendre du mormonisme une vue plus superficielle que celle ainsi exprimée. Les réalisations de notre peuple, la croissance de l'Église, l'endurance de notre peuple à travers les épreuves, la misère, la pénurie, la persécution, et même le martyre lui-même, auraient été tout à fait impossibles sans la spiritualité qui se trouvait derrière et vivifiait toute leur vie. Ce peuple qui est le nôtre a eu l'Esprit de Dieu pour le diriger. Ôtez-nous cet Esprit, ôtez la divinité qui se trouve derrière l'Évangile, et il ne reste rien. Si notre œuvre n'avait pas été divinement engendrée, nous n'aurions pas survécu à nos dix premières années d'existence.

« 7. L'histoire des trois degrés de gloire est un mythe. »

C'est-à-dire que Paul se trompait, le prophète Joseph se trompait, tous ceux qui ont pensé et enseigné que la gloire pouvait venir à ceux qui vivent selon la droiture et meurent avec un témoignage, certains d'entre eux en martyrs, se trompaient tous, et tout ce en quoi ils croyaient n'était qu'un mythe. Un tel concept détruit les enseignements de l'Évangile rétabli. Les paroles de Paul et les paroles du prophète Joseph furent divinement inspirées et sont la vérité éternelle.

Voici une autre attaque perfide :

« 8. Le travail du temple peut occuper agréablement les personnes âgées, mais il est absurde et insensé dans ses objectifs. »

Ainsi, ces antéchrists n'abandonneraient pas seulement les vivants, mais rejetteraient aussi les morts, leurs ancêtres et leurs bien-aimés ; rien ne serait sauvé, en effet le salut ne serait une réalité pour personne. Tout instinct de justice et de miséricorde, toute conception vraiment rationnelle de l'homme et de son être s'élève contre un concept tel que celui-ci. Le travail du temple fait partie de l'Évangile rétabli.

« 9. La croyance que l'homme pourrait devenir comme Dieu est tout aussi insensée. »

Cette doctrine effacerait, bien sûr, la grande vérité de la progression éternelle. Elle retrancherait ainsi de l'homme même l'espoir d'avancement dans l'au-delà ; elle viole toute conception de l'avenir que nous apporte l'Évangile rétabli.

« 10. Presque toutes les idées théologiques avancées par Joseph Smith se retrouvent dans quelque religion ancienne ou dans quelques croyances actuelles contemporaines de son époque. »

Il y a du vrai dans l'idée que l'Évangile rétabli contient, parmi ses vérités, des croyances tenues par les religions anciennes et par les religions modernes. Cependant, le prophète Joseph n'a jamais eu l'occasion, n'a jamais eu les livres, n'a jamais eu le temps de rechercher, dans ces sources, toutes ces diverses vérités du paganisme et du christianisme du passé. Il ne lui était pas humainement possible de le faire à son âge et avec les moyens limités dont il disposait. Mais nous savons comment il se fait que ces vérités partielles se retrouvent dans les enseignements païens des époques pré-chrétiennes ; l'Évangile était sur la terre depuis l'époque d'Adam, et depuis lors, il est apparu çà et là dans le monde, chez tel ou tel peuple, des souvenirs des doctrines et des principes de l'Évangile tels qu'ils furent enseignés à Adam. Certaines des vérités de l'Évangile ont toujours été sur la terre.

Exhortation à enseigner la vérité

Frères, toute cette nichée de fausse propagande constitue une approche insidieuse et une tentative de détruire le plan de l'Évangile et de renverser l'Église. Nous devons y être attentifs. Nous devons la combattre partout où nous la trouvons. Traquons ceux qui l'enseignent, cherchons à les gagner à la connaissance de la vérité, cherchons à les amener réellement dans l'Église, car tels qu'ils sont aujourd'hui, et tels qu'ils enseignent et croient, ils n'ont pas leur place parmi nos membres ; prétendant en être membres, ils sont pires que des loups déguisés en brebis ; ils sont, pour ainsi dire, Satan cherchant à apparaître comme un ange de lumière.

Prenons soin de notre jeunesse. Ne soyons parties, d'aucune manière, au paganisme, à l'athéisme qui sévissent dans le monde et qui s'expriment dans ces énoncés que j'ai lus, car ils détruiront notre civilisation s'ils venaient à devenir la croyance du peuple et à diriger sa vie.

Que Dieu nous donne le pouvoir et la force de combattre ces maux, je le prie humblement, au nom de Jésus. Amen.

Citer ce discoursJ. Reuben Clark Jr., « Discours de conférence », 1946 April General Conference, General Priesthood Meeting (1946-04-06). Pulpit Vault, 1946-04-j-reuben-clark-jr-conference-address-2. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).