Suggestions pour la planification de l'après-guerre
Thomas E. McKay
certain que c'est grâce à l'aide et aux bénédictions de Dieu que j'ai été rendu à la vie. À mon retour à l'école, les élèves m'ont demandé à quoi j'attribuais mon rétablissement d'une maladie si grave. Je leur ai témoigné à cette occasion, et je l'ai fait à bien des occasions depuis, que c'est par le pouvoir de la prêtrise et grâce à la bonté de Dieu que ma vie a été préservée. ¶
Je désire témoigner aujourd'hui que je sais que ces choses sont vraies, et que mon Père céleste a été bon et bienveillant envers moi, me bénissant plus abondamment que je ne le mérite. J'espère et je prie sincèrement d'avoir le plein soutien et la foi de tous les membres de l'Église, et la même aide de Dieu dans l'accomplissement de mes devoirs en tant que membre du Premier Conseil des soixante-dix. C'est ma prière humble, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶
du Collège des douze, et frères : je suis véritablement reconnaissant, en ce moment, de la direction inspirée de cette Église, telle qu'elle s'est manifestée dans le choix de ces deux excellents frères, Elder Dilworth Young et Elder Milton R. Hunter, pour succéder à ces deux grands missionnaires, membres du Premier Conseil des soixante-dix, récemment relevés de leurs missions terrestres, les présidents Bennion et Hardy, et je suis sûr qu'eux aussi se réjouissent de ces excellents choix. ¶
Suggestions pour la planification de l'après-guerre
L'une des quatre nouveautés du programme de cette année pour les conférences de pieu trimestrielles est l'ébauche, du moins partielle, de la session de la prêtrise générale. L'un des sujets suggérés dans la conférence trimestrielle mettant l'accent sur l'œuvre des anciens est : « La responsabilité du collège dans la réadaptation d'après-guerre des membres du collège ayant été soldats (par un président ou un membre d'un collège d'anciens). » ¶
D'excellents discours ont été prononcés ; je crois que l'un ou l'autre devrait être publié. À la suite de ces discours et des discussions tenues dans les réunions de direction de la prêtrise -- autre nouveauté du programme de la conférence de cette année -- un certain nombre de collèges ont déjà entrepris des plans précis pour l'après-guerre. Je ne prendrai pas le temps d'examiner ces projets, ni ceux déjà en cours dans les paroisses sous l'égide des comités d'entraide de paroisse, car je voudrais employer le temps qui m'est imparti à une brève évocation d'un certain aspect de la planification de l'après-guerre au foyer -- la planification de la part des différents membres de la famille. ¶
Après tout, les pensées de nos garçons sous les drapeaux sont centrées sur leurs êtres chers restés au foyer -- ces pensées les poussent à donner le meilleur d'eux-mêmes à notre pays -- beaucoup d'entre eux ont déjà donné ¶
tout ce qu'ils avaient dans leur effort pour mettre fin à cette terrible guerre, afin de pouvoir rentrer chez eux le plus tôt possible. ¶
Un article paru dans un récent numéro du Reader's Digest illustre ce point : ¶
Un soir, à Albany, dans l'État de New York, j'ai demandé à un marin quelle heure il était. Il sortit une énorme montre et répondit : « Il est 7 h 20. » Je savais qu'il était plus tard. « Votre montre s'est arrêtée, n'est-ce pas ? » demandai-je. ¶
« Non, dit-il, je suis toujours à l'heure normale des Rocheuses. Je viens du sud de l'Utah. Quand je me suis engagé dans la marine, papa m'a donné cette montre. Il a dit qu'elle m'aiderait à me souvenir de la maison. ¶
« Quand ma montre indique 5 heures du matin, je sais que papa se lève pour traire les vaches. Et n'importe quel soir où elle indique 7 h 30, je sais que toute la famille est autour d'une table bien garnie, et que papa remercie Dieu pour ce qu'il y a dessus et lui demande de veiller sur moi. Je peux presque sentir l'odeur des biscuits chauds et du bacon. ¶
« C'est en pensant à ces choses que j'ai envie de me battre quand ça devient difficile, conclut-il. Je peux facilement savoir quelle heure il est là où je suis. Ce que je veux savoir, c'est quelle heure il est en Utah. » ¶
Quel genre de planification peut-on faire pour rendre le retour au foyer encore plus beau que leurs rêves ? Que peuvent faire les pères ? ¶
Il y a environ deux ans, un jeune marin auquel je m'étais intéressé est venu me voir à mon bureau. Il m'a raconté combien il s'était plu au centre d'entraînement de Farragut, ainsi qu'à l'École du Dimanche, où environ quatre-vingt-dix pour cent des plus de deux cents hommes qui y étaient stationnés assistaient chaque semaine, mais son visage rayonnait littéralement et ses yeux s'embuèrent lorsqu'il dit : « Mon père a cessé d'utiliser le tabac ; il s'est arrêté peu après mon engagement, à ce que m'a dit ma mère, et il assiste maintenant à ses réunions de prêtrise. » Il n'y a pas tant de pères dans l'Église qui fument ; c'est peut-être autre chose, comme la pêche, ou la chasse, ou le travail aux champs le dimanche, qui les tient éloignés des réunions de prêtrise et de sainte-cène ; quoi qu'il en soit, je recommande à tous ces pères de suivre l'exemple donné par le père de ce jeune marin. ¶
La transgression de la Parole de Sagesse, ou du jour du sabbat, ne concerne qu'un nombre relativement restreint de pères, mais presque tous pourraient préparer une agréable surprise à leurs garçons en étant un peu plus aimables, plus attentionnés et plus prévenants à la maison et autour d'elle, et en exprimant leur reconnaissance pour les services rendus. ¶
Le serpent sort au soleil pour se réchauffer, puis rampe de nouveau sous les rochers -- sans un mot. L'oiseau sort au soleil et chante sa gratitude, exprimant ses remerciements pour le soleil. Tout le monde aime un oiseau. ¶
J'aime l'expression « cour assidue continuelle » appliquée à la vie de famille. Lorsque nous nous fréquentions, et dans les premiers temps de notre mariage, nous exprimions toujours notre reconnaissance pour le repas bien préparé, pour le dessert supplémentaire ; nous rapportions parfois à la maison un bouquet de fleurs ou une boîte de bonbons. Si certains maris faisaient cela aujourd'hui, leur femme demanderait probablement : « Y a-t-il quelque chose qui ne va pas ? » ¶
Voilà donc pour la préparation du père. Qu'en est-il de la mère ? En règle générale, elle s'y prend à peu près bien. Elle écrit les lettres, prépare et envoie les biscuits et d'autres colis-surprises. Nous espérons que ces mères prendront soin d'elles-mêmes, afin de paraître ¶
tout aussi jeunes, voire plus jeunes encore, au retour de leurs garçons, qu'à leur départ ; elles pourraient même s'offrir une robe neuve, ou une visite chez le coiffeur. De temps à autre, cependant, on trouve une mère ou une épouse qui gronde, ou qui a tendance à harceler de reproches. À propos de ces reproches, me permettez-vous de citer ce qui suit : ¶
Un aumônier, après avoir exprimé le souhait que les proches restés au foyer épargnent à leurs parents en uniforme des nouvelles de soucis auxquels on ne peut rien changer, ajoute : Vous avez entendu parler de ce mari qui écrivit à sa femme : « Je t'en prie, cesse de m'écrire des lettres de reproches. Je suis à cinq mille milles d'ici et cela ne sert à rien. Et d'ailleurs, je veux faire cette guerre en paix. » ¶
Quelle joie ce sera pour le grand frère en uniforme de rentrer et de trouver les enfants si grandis ; et quel plaisir ce sera de constater plus de prévenance, de courtoisie et d'amour manifestés les uns envers les autres. Quelle surprise de trouver le jeune frère aussi grand, droit et net que le frère soldat lui-même, et la petite sœur, après trois ans ou plus d'absence, épanouie en jeune femme -- fiancée même, ou peut-être mariée. Il y a des centaines, voire des milliers de nos filles fiancées ou mariées. Et qu'en est-il de la planification de l'après-guerre de la part de ces jeunes filles et de ces jeunes épouses de soldats ? Je prends la liberté de citer quatre courts paragraphes d'un discours d'un aumônier adressé à de jeunes maris et à de futurs maris, et je demande aux jeunes épouses et fiancées de s'appliquer ce conseil à elles-mêmes et de l'utiliser dans leur planification de l'après-guerre. Il est intitulé « Un appel à l'esprit sportif ». ¶
Le sens de l'esprit sportif
Nous, en Amérique, sommes fiers de notre esprit sportif, de notre amour du fair-play. Si un homme court le 440 yards, nous aimons le voir franchir la ligne d'arrivée même si tous les autres coureurs ont déjà terminé. Même les hommes et les femmes qui ne prétendent pas être religieux parlent avec dégoût de l'injustice. Le clochard dans la rue huera le boxeur sur le ring quand il se bat de façon déloyale. Le fair-play et l'esprit américain vont de pair. ¶
Ce même esprit de fair-play devrait prévaloir en matière de vie pure. Certains d'entre vous, hommes, sont mariés. Ce seul fait devrait vous inciter à jouer franc jeu avec cette épouse qui est la vôtre. Vous n'avez pas le droit d'attendre d'elle plus que vous n'êtes prêts à donner. Soyez un aussi bon mari en rentrant chez vous qu'en partant, et vous pourrez attendre d'elle qu'elle soit une aussi bonne épouse. [Puis-je ajouter : soyez une aussi bonne épouse à son retour qu'au moment où il vous a embrassée en partant.] ¶
Certains d'entre vous ne sont pas mariés. Je crois que tous, lorsque vous vous préparerez au mariage, voudrez une jeune fille pure et sans tache. Alors soyez francs avec elle. Donnez-lui un homme aussi bon qu'elle est une femme bonne. ¶
C'est cela, l'esprit américain. C'est cela, l'esprit sportif. C'est cela, le fair-play. C'est de cela que nous sommes fiers en Amérique : donner autant que nous nous attendons à recevoir. ¶
Nécessité d'une production accrue
Je n'ai pas le temps, comme je l'ai dit, de parler de la planification de l'après-guerre dans les paroisses et les collèges. Mais je voudrais exhorter les comités ¶
d'entraide de paroisse à consacrer beaucoup de leur temps à ce sujet très important, en mettant surtout l'accent sur la production. Encouragez les jardins familiaux, les jardins d'entraide, la transformation de toutes sortes d'aliments. Je suis très reconnaissant que le président Clark ait dit ce qu'il a dit au sujet de la production. J'ai immédiatement pensé à nos membres et amis des pays ravagés par la guerre, dans nos missions européennes. Nous avons encore de leurs nouvelles, directement ou par l'intermédiaire de certains de nos militaires. Ils continuent leur œuvre. Ce télégramme a été reçu ce matin. Il est daté du 6 avril, Bâle, Suisse, Leimenstrasse 49 : ¶
Rapports des missions européennes
Les saints suisses vous envoient leurs salutations et leurs meilleurs vœux, ainsi qu'aux autres Autorités générales et aux frères réunis en conférence. Venons de terminer la convention pascale, la plus réussie de toute la mission, à laquelle ont assisté deux mille saints et amis. Avons reçu des nouvelles des garçons dans un camp de prisonniers allemand. (Signé) Max Zimmer. ¶
J'ai reçu récemment quelques lettres intéressantes, mais je n'aurai pas le temps de les lire. Je pourrai peut-être obtenir la permission de les publier. Je dirai cependant qu'après cinq années de cette destruction horrible et sans précédent, la pénurie alimentaire devient de plus en plus désespérée. La phrase finale d'une lettre d'un frère du sud de la France dit : « Nous avons tous souffert de la faim et du froid, mais les membres ont encore foi en Dieu et attendent le retour des missionnaires. » ¶
Toutes nos missions européennes sont assez bien pourvues en argent, mais lorsqu'il n'y a pas de nourriture à acheter, l'argent n'aide pas beaucoup. En établissant le budget annuel d'entraide à l'échelle de l'Église pour 1945, le comité général a tout réparti en denrées, mais dans la répartition faite par les comités régionaux aux pieux, puis des pieux aux collèges et aux paroisses, on a trop souvent suivi la voie de la moindre résistance, en substituant des cotisations en espèces aux denrées. Ainsi, au lieu de tant de centaines de livres de beurre, par exemple, on a tant de dollars réservés au beurre ; au lieu de tant de tonnes de betteraves à sucre, encore des dollars réservés au sucre ; il en va de même pour le bœuf, les poulets, le fromage et les denrées transformées. Ce dont nos membres ont besoin, c'est de nourriture, non d'argent -- même d'argent réservé à cet effet. C'est une joie, en visitant certains des pieux éloignés, de constater que, comme d'habitude, nos Sociétés de secours, nos épouses et nos mères ont suivi le conseil donné et ont leurs sous-sols et leurs caves remplis à ras bord de suffisamment de denrées transformées pour durer d'un à trois ou quatre ans. C'est ainsi que cela doit être -- chaque famille pourvoyant à ses propres besoins, avec un petit surplus pour les urgences, ou les calamités, telles que celles que nous connaissons actuellement dans le monde. ¶
Si la voie devait s'ouvrir dans un très proche avenir -- et nous espérons et prions qu'elle s'ouvrira -- pour apporter l'aide nécessaire à nos membres et amis qui ont faim, et dont certains meurent de faim, c'est de ces entrepôts privés que devra venir une grande partie des denrées transformées et des vêtements. ¶