Pulpit

Faire la volonté de Dieu apporte la paix

Marion G. Romney

1945 April General Conference·Second Day Afternoon Session·1945-04-07

En préambule à ce que je voudrais dire cet après-midi, je lis ce qui suit, tiré du message du président Grant :

Je crois que les anciens d'Israël, dans les différentes paroisses et pieux de Sion, désirent sincèrement connaître la pensée et la volonté de notre Père céleste, et qu'ils sont prêts et disposés à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour accomplir cette pensée et cette volonté et les mettre en pratique dans leur vie.

C'est une grande responsabilité que de s'adresser à une conférence générale de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, et je ressens vivement cette responsabilité. Je prie de pouvoir être réceptif au Saint-Esprit et que ce que je dirai apportera du réconfort au cœur de ceux qui écoutent, tout en nous incitant tous à nous examiner nous-mêmes et à décider plus pleinement de faire la volonté de notre Père, ce qui, si nous le faisons, nous apportera la paix en ce monde et, finalement, l'immortalité et la vie éternelle en sa présence.

Faire la volonté de Dieu apporte la paix

Chercher à connaître la volonté du Père et nous y conformer ne signifie pas une soumission servile à une force supérieure arbitraire, mais plutôt nous mettre en harmonie avec les lois et les principes qui régissent un univers ordonné. C'est le seul moyen par lequel nous pouvons être en paix sur la terre et, finalement, nous élever à notre haute destinée d'enfants de Dieu.

C'est le chemin qu'a foulé notre Sauveur. Il est notre grand exemple. Les premières paroles qu'il ait prononcées, dont nous ayons le récit, sont, telles qu'elles sont rapportées dans la Perle de Grand Prix : « ... Père, que ta volonté soit faite, et que la gloire t'appartienne à jamais. » (Moïse 4:2.) Vous connaissez tous le contexte. C'était dans le monde des esprits, lorsque le plan du Père, par lequel ses enfants devaient progresser jusqu'à leur second état, fut soumis.

Le plan exigeait un rédempteur. Deux des fils du Père se présentèrent pour ce rôle important : Jésus et Lucifer. L'offre de Jésus fut sublime dans sa simple grandeur. « Père, que ta volonté soit faite, et que la gloire t'appartienne à jamais. » Cette déclaration révèle à la fois la grandeur de son âme et la source de sa force et de son pouvoir.

L'offre de Lucifer ne procédait pas du même esprit doux et humble. Il avait conscience de posséder une intelligence brillante et voulait être indépendant dans l'usage de sa propre intelligence. Il ne pouvait se résoudre à consacrer ses pouvoirs à l'accomplissement de la volonté du Père ; il voulait la gloire du Père ; il proposa donc un plan de rechange qui était le sien. Ce plan était, bien entendu, irréalisable parce que conçu dans les ténèbres, comme l'est tout plan contraire à la volonté du Père, et il fut rejeté. Jésus fut choisi pour être le Rédempteur. Lucifer et ses partisans, au lieu de se soumettre à cette décision et de se mettre en harmonie avec la volonté du Père, se rebellèrent, firent la guerre dans les cieux et furent chassés. Depuis, ils n'ont jamais connu la paix ni le contentement, et ils ne les connaîtront jamais, car ils ne peuvent dire, dans l'esprit de Jésus : « Père, que ta volonté soit faite », et il n'y a personne au ciel, que l'on conçoive le ciel comme un lieu ou comme un état, qui ne soit en harmonie avec la volonté du Père.

En accomplissement du plan du Père, Jésus vint sur la terre et, ici comme auparavant, enseigna par le précepte et l'exemple la vérité selon laquelle le chemin de la paix, du bonheur et de l'union avec Dieu consiste à apprendre sa volonté et à l'accomplir.

Il nous enseigna à prier ainsi le Père :

... que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. (Matthieu 6:10.)

Et dans le Sermon sur la montagne :

Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. (Matthieu 7:21.)

Lorsque les Juifs s'étonnèrent de son enseignement, il déclara :

Ma doctrine n'est pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé. Si quelqu'un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon propre chef. (Jean 7:16-17.)

Pressé par ses disciples de manger, il dit :

Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé. (Jean 4:34.) Je ne puis rien faire de moi-même : selon ce que j'entends, je juge ; et mon jugement est juste parce que je ne cherche pas ma volonté mais la volonté de celui qui m'a envoyé. (Jean 5:30.) Je suis descendu du ciel,... pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. (Jean 6:38.)

Jésus resta fidèle à cette voie, même à Gethsémané, où il porta les péchés de tous les hommes à travers une souffrance qui le fit --

... trembler de douleur, saigner à chaque pore et souffrir de corps et d'esprit. (Doctrine et Alliances 19:18.)

Alors qu'il approchait du sommet de cette souffrance, il s'écria dans son agonie :

... Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas mais la tienne. (Luc 22:42.)

Ainsi, il accomplit et acheva ses préparatifs en faveur des enfants des hommes comme il les avait entrepris, soumis à « la volonté du Père » et guidé par elle.

Quelle différence cela ferait dans l'état du monde aujourd'hui si tous les dirigeants des nations et tous les peuples cherchaient à connaître et à faire la volonté du Père ! Quelle paix viendrait dans le monde, et quelle paix vient réellement dans le cœur des individus lorsqu'ils acquièrent un tel état d'esprit et agissent en conséquence ! Les gens les plus heureux et qui réussissent le mieux sur la terre sont ceux qui, connaissant la volonté du Père, vivent en harmonie avec elle. D'autre part, les gens les plus querelleurs, les plus angoissés et les plus malheureux sur la terre sont ceux qui connaissent sa volonté et ne vivent pas en harmonie avec elle.

Nous, membres de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, sommes dans une position unique à cet égard, car nous savons que le Seigneur a révélé, et continue de révéler, à notre génération sa volonté à notre sujet, et nous professons l'accepter. Cela ne nous laisse ni excuse ni échappatoire. Chacun de nous est destiné à être heureux et en paix, ou malheureux et querelleur. Beaucoup ont déjà choisi leur place ; d'autres sont en train de se positionner. Notre condition dépendra de la mesure dans laquelle nous ferons maintenant la volonté du Père, et de la fidélité avec laquelle nous continuerons à la faire jusqu'à la fin de notre vie mortelle.

Alors que nous cherchons à comprendre la volonté du Père, il serait bon pour nous de garder à l'esprit quelques principes fondamentaux bien connus. Le premier auquel j'attire votre attention est que les règles de conduite prescrites pour nous dans les révélations contenues dans la Doctrine et Alliances sont des expressions de la volonté du Père quant à la manière dont nous devrions vivre notre vie mortelle, et que ces normes n'ont pas été formulées par des hommes, et que par conséquent les hommes ne peuvent les changer. Leur observance est un processus de purification et de sanctification, par lequel nous entrons en union avec Dieu et jouissons ainsi de la paix et du bonheur. Les connaître et ne pas s'efforcer de les vivre, c'est s'attirer à coup sûr la détresse et le malheur.

Pour illustrer cela : récemment, un de mes amis est venu me trouver avec ce problème. « L'Église », dit-il, « souffre de la perte de la loyauté et des services de nombreux membres capables qui ont le sentiment d'être éloignés de l'Église, et ainsi privés de la communion à laquelle ils ont droit, parce que nos dirigeants insistent tant sur ce qui, pour eux, sont des règles de conduite sans importance, telles que la non-consommation du thé, du café, du tabac et des boissons enivrantes. » Il se demandait si les règles concernant ces choses, ainsi que d'autres, pour eux mineures, telles que le paiement de la dîme et la sanctification du jour du sabbat, ne pourraient pas être assouplies, afin que ces personnes ne se sentent pas en désaccord ou mal à l'aise dans l'Église.

Le joug du Christ

Or, mes frères et sœurs, ce n'est le désir ni de l'Église, ni d'aucun homme ou d'aucune femme dans l'Église qui a l'esprit de l'Évangile, d'incommoder, d'embarrasser ou d'éloigner des influences purificatrices et sanctifiantes de l'Évangile qui que ce soit, qu'il soit ou non dans l'Église. C'est plutôt leur désir de prendre chaque personne là où elle se trouve et de l'édifier, de la conduire pas à pas sur le chemin étroit et resserré de la conformité aux normes de l'Évangile, jusqu'à ce qu'elle trouve la paix et le bonheur en faisant la volonté du Père.

Cela ne peut cependant se faire en tolérant le non-respect des règles de conduite que le Seigneur a prescrites, ni en prétendant les changer. Les paroles de Jésus furent : « Prenez mon joug sur vous. » Il n'a pas dit de venir à ses conditions, mais --

Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions ;... et vous trouverez du repos pour vos âmes. (Matthieu 11:29.)

Le Seigneur n'a jamais révélé de moyen par lequel nous puissions jouir de ce repos pour nos âmes sans prendre son joug sur nous. L'acceptation des commandements contenus dans la Doctrine et Alliances comme une expression, pour nous individuellement, de la volonté de notre Père céleste quant à la manière dont nous devrions vivre, ainsi qu'un effort sincère pour nous y conformer, contribuera grandement à nous apporter la paix et le bonheur pendant que nous vivons sur la terre, et à nous assurer une grande joie dans le monde à venir.

Les prophètes vivants comme guides

Un autre principe fondamental à garder à l'esprit dans notre recherche est que les manifestations de la volonté du Père à l'intention de cette génération n'ont pas cessé avec ce qui est écrit dans la Doctrine et Alliances. Il ne nous a pas laissés sans guide pour disputer des interprétations de ces révélations, et il ne nous laisse pas non plus ignorants de sa volonté sur les questions actuelles. Il nous a donné des prophètes vivants pour interpréter ces révélations et nous déclarer sa volonté sur les problèmes présents.

Lorsque le Seigneur inaugura cette dispensation, il choisit et désigna le prophète Joseph Smith par l'intermédiaire de qui révéler sa volonté. Et les peuples de la terre furent tenus de l'écouter. Plus d'un an avant que l'Église ne soit organisée, le Seigneur dit au prophète :

... cette génération aura ma parole par ton intermédiaire. (Doctrine et Alliances 5:10.)

Et il déclara en outre que malheur adviendrait aux habitants de la terre s'ils n'écoutaient pas ses paroles.

Tant que le prophète vécut, le Seigneur révéla sa volonté à cette génération par son intermédiaire. Et il est significatif de voir à quel point ce qu'il révéla traitait des questions de son époque. Depuis le martyre du prophète, la volonté du Seigneur a été donnée par l'intermédiaire des prophètes qui lui ont succédé, les présidents Brigham Young, John Taylor, Wilford Woodruff, Lorenzo Snow, Joseph F. Smith et Heber J. Grant, qui, chacun à son tour, a présidé l'Église et, comme Moïse, a guidé le peuple de sa génération sur les questions de son époque par l'esprit de révélation. (Voir Doctrine et Alliances 107:91 ; 8:2-3.)

Pendant les administrations de tous ces dirigeants, ceux qui les ont acceptés comme prophètes, qui ont véritablement cru que, par l'esprit de révélation, ils exprimaient la volonté du Père sur les questions de l'époque, qui ont ajusté leur pensée, leur vie et leurs sentiments pour les harmoniser avec l'esprit et la lettre des paroles de ces prophètes vivants -- ceux-là sont ceux qui ont été réconfortés et qui ont eu la paix dans leur âme.

Aujourd'hui, le Seigneur révèle sa volonté à tous les habitants de la terre, et aux membres de l'Église en particulier, sur les questions de notre époque, par l'intermédiaire des prophètes vivants, avec la Première Présidence à leur tête. Ce qu'ils disent en tant que présidence est ce que le Seigneur dirait s'il était ici en personne. C'est le fondement même du mormonisme. Si cela cessait jamais d'être le cas, ce serait une Église apostate. Mais cela ne cessera jamais d'être le cas. Lorsqu'on demanda au prophète Joseph Smith quelle était la différence entre l'Église des saints des derniers jours et les Églises sectaires du monde, il répondit : « Nous avons le Saint-Esprit », voulant dire par là que, par le pouvoir du Saint-Esprit, la volonté de notre Père est révélée à l'esprit des dirigeants de cette Église. Je répète donc à nouveau : ce que la présidence dit en tant que présidence est ce que le Seigneur dirait s'il était ici, et c'est de l'Écriture. Cela devrait être étudié, compris et suivi, tout comme les révélations de la Doctrine et Alliances et les autres Écritures. Ceux qui suivent cette voie n'interpréteront pas ce qu'ils disent comme étant inspiré par un parti pris politique ou l'égoïsme ; ils ne diront pas non plus que les frères sont mal informés des circonstances de ceux qu'affectent leurs conseils, ni que leurs conseils ne peuvent être acceptés parce qu'ils ne sont pas précédés de la citation : « Ainsi dit le Seigneur. »

Ceux-là, et j'en témoigne d'après ma propre expérience, qui, par une prière ardente et une étude sincère, s'informeront de ce que disent ces prophètes vivants et agiront en conséquence, seront visités par l'esprit du Seigneur et sauront par l'esprit de révélation qu'ils expriment la pensée et la volonté du Père.

Nous vivons une époque de grand conflit entre la vérité et l'erreur. Satan mène grand train avec les âmes des hommes. Des antéchrists parcourent la terre dans tous les pays, y compris le nôtre. De fausses philosophies et doctrines émanant du prince des ténèbres se présentent de manière si séduisante qu'elles pourraient presque tromper les élus eux-mêmes. Il n'y a qu'un seul moyen sûr de distinguer la vérité de l'erreur. C'est d'apprendre ce qu'est la pensée et la volonté du Père sur ces questions, puis de la mettre en pratique. Vous la trouverez exprimée sur de nombreux sujets dans les messages de la Première Présidence donnés aux conférences générales de 1942. Je me permets de vous lire ce qui suit, tiré de celui d'avril :

Nous avertissons de nouveau notre peuple d'Amérique de la menace toujours croissante qui pèse sur notre Constitution inspirée et sur les libres institutions établies sous son égide. Les mêmes doctrines et philosophies politiques qui ont apporté la guerre et la terreur dans d'autres parties du monde sont à l'œuvre parmi nous en Amérique. Leurs partisans cherchent à saper notre propre forme de gouvernement et à en établir une des formes de dictature qui florissent aujourd'hui dans d'autres pays. Ces révolutionnaires utilisent une technique aussi ancienne que la race humaine : une sollicitude ardente mais fausse envers les malheureux sur lesquels ils prennent ainsi le pouvoir, pour ensuite les asservir.

Ils adaptent leurs approches au groupe particulier qu'ils cherchent à tromper. Parmi les saints des derniers jours, ils parlent de leur philosophie et de leurs projets sous ce régime comme d'une instauration de l'Ordre uni. Le communisme et tous les autres ismes similaires n'ont aucun rapport avec l'Ordre uni. Ce ne sont que les contrefaçons grossières que Satan invente toujours du plan de l'Évangile. Le communisme dégrade l'individu et fait de lui l'outil asservi de l'État, à qui il doit s'en remettre pour sa subsistance et sa religion ; l'Ordre uni exalte l'individu, lui laisse ses biens, « selon sa famille, selon sa situation, ses besoins et ce qui lui est nécessaire » (Doctrine et Alliances 51:3), et prévoit un système par lequel il aide à prendre soin de ses frères moins fortunés ; l'Ordre uni laisse chaque homme libre de choisir sa propre religion selon sa conscience. Le communisme détruit le libre arbitre donné par Dieu à l'homme ; l'Ordre uni le glorifie. Les saints des derniers jours ne peuvent être fidèles à leur foi tout en apportant aide, encouragement ou sympathie à l'une quelconque de ces fausses philosophies. Elles seront des pièges pour leurs pieds.

Si certains d'entre nous se sentent lésés, en désaccord, ou critiquent ce que dit la Présidence sur ces questions brûlantes de notre époque, il serait bon de se rappeler que ces prophètes ne font que nous déclarer la volonté du Père, et que le seul chemin ouvert vers la paix et le bonheur consiste à nous mettre en harmonie avec elle.

Puisse le Seigneur aider chacun de nous à avoir un désir ardent de connaître et de faire sa volonté, et à reconnaître que sa volonté est révélée à nous et à tous les peuples de cette génération par les révélations de la Doctrine et Alliances et les interprétations et conseils des prophètes vivants, je le prie humblement au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursMarion G. Romney, « Faire la volonté de Dieu apporte la paix », 1945 April General Conference, Second Day Afternoon Session (1945-04-07). Pulpit Vault, 1945-04-marion-g-romney-doing-the-will-of-god-brings-peace. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).