La valeur de la prière familiale
Nicholas G. Smith
C'est une grande émotion pour moi, mes frères, de me trouver parmi vous, les hommes qui avez été appelés à guider et à diriger les destinées d'un million de personnes, et j'ai été ému en écoutant les choses merveilleuses qui nous ont été données ce matin, et l'appel retentissant du président Clark à commencer dès maintenant notre planification de l'après-guerre et à nous préparer à accueillir de retour nos garçons et nos filles dans des foyers où l'on observe la Parole de Sagesse et où l'on se livre à la prière familiale. ¶
La valeur de la prière familiale
Je crois fermement à la prière familiale, et je ne pense pas qu'il y ait quoi que ce soit de trop petit pour que nous le demandions, malgré le fait que je parlais récemment avec un éducateur qui m'a dit : « Il est logique de penser que Dieu ne peut pas entendre toutes les prières offertes par les centaines de millions de personnes qui sont sur cette terre, sans parler de tous les autres mondes et de leurs habitants. » ¶
Or, je ne prétends pas savoir comment le Seigneur peut entendre et exaucer toutes ces prières, mais je sais que, depuis mon enfance, ma mère m'a enseigné à m'adresser à mon Père céleste dans la prière, que le Seigneur aime les petits enfants, et qu'il exaucerait mes prières. J'ai été stupéfait, lorsque j'ai rencontré des difficultés, de découvrir comment des solutions se présentaient aux problèmes. Assurément, le Seigneur entend et exauce la prière, et si nous avons une famille qui prie, ces garçons et ces filles qui ont traversé ces terribles épreuves et qui reviennent seront bien heureux de se joindre à ces prières. ¶
Lettre d'un soldat
Nos garçons vivent des expériences terribles. L'un de mes robustes missionnaires se trouvait sur la tête de pont d'Anzio, en Italie. Il était resté dans un trou de tirailleur pendant des semaines. Il en est sorti pour se laver et prendre un peu de repos, et alors qu'il m'écrivait pour me raconter les expériences glorieuses qu'il avait vécues dans la mission des États du Nord-Ouest, il a dit : « Savez-vous, je pense qu'il y a quelque chose qui ne va pas chez nous tous. Ici, j'ai passé mon temps à guetter si je ne pourrais pas surprendre un jeune Allemand la tête relevée pour pouvoir le tirer, et je savais qu'il y avait des jeunes Allemands tout autour, attendant que je relève la tête pour pouvoir me tirer, et tandis que j'étais assis dans ce trou de tirailleur la semaine dernière, réfléchissant à tout cela, dit-il, je ne sais pas pourquoi nous devrions agir ainsi, et j'ai demandé à mon Père céleste de m'aider à comprendre. » ¶
Il priait bel et bien dans son trou de tirailleur, et il a joint cette petite comptine à sa lettre. Je ne sais pas s'il l'avait écrite lui-même, ou où il l'avait trouvée : ¶
Trois singes étaient assis dans un cocotier, Discutant des choses telles qu'elles semblent être. L'un dit aux deux autres : « Maintenant écoutez, vous deux, Il court une certaine rumeur qui ne peut être vraie -- Que l'homme descend de notre noble race. Quelle idée ! Quelle honte. ¶
« Jamais un singe n'a abandonné sa femme, Affamé ses petits, ou ruiné sa vie. Et vous n'avez jamais connu une autre guenon Laisser ses petits à la garde des autres, Ou les faire passer de l'un à l'autre Jusqu'à ce qu'ils sachent à peine qui est leur mère. ¶
« Et autre chose, vous ne verrez jamais Un singe bâtir une clôture autour d'un cocotier, Et laisser les noix de coco se perdre, En refusant à tous les autres singes d'y goûter. Si j'avais mis une clôture autour d'un arbre, La famine t'aurait forcé à me voler. ¶
« Voici encore une chose qu'un singe ne fera pas, Sortir la nuit pour se saouler, Ou se servir d'un fusil, d'un gourdin ou d'un couteau Pour ôter la vie à un autre singe. Oui, l'homme descend, le vaurien, Mais frères, il n'est pas descendu de nous ! » ¶
Ce beau jeune homme qui avait accompli une glorieuse mission dans les États du Nord-Ouest, quelques jours à peine après m'avoir écrit cette lettre, a payé le prix que tant de nos garçons doivent payer, car il a été tué. Lorsque je pense à ces beaux jeunes gens qui ont un témoignage brûlant de l'Évangile de Jésus-Christ dans leur âme, et qui ont joué leur rôle sur le champ de mission pour essayer de dire aux gens qu'il existe cette meilleure façon de vivre, qu'ils ont la prière familiale dans leur foyer, qu'ils développent un esprit désintéressé, qu'ils sont bons envers leurs voisins, je suis certain que c'est une chose terrible que de tels hommes paient ce prix ; et lorsqu'ils reviendront, ayant appris à tuer, à détruire des maisons et tout ce que la civilisation a bâti jusqu'ici, ainsi que la vie des gens, ils auront besoin de la prière. ¶
Or, les hommes qui siègent dans cette assemblée aujourd'hui sont les hommes que notre Père céleste tiendra responsables de la vie que mènent les hommes, les femmes et les enfants dans les pieux de Sion de l'Église -- un million d'entre eux. Je suis certain qu'il n'y en aurait pas un seul ici qui manquerait d'avoir ses prières familiales, ou qui ferait quoi que ce soit, en secret ou ouvertement, qui pousserait une âme vivante à s'engager sur cette voie qui mène à la destruction. Je sais que vous aimez le peuple. Mes relations avec vous, tandis que je travaillais, visitant les pieux lors des conférences, m'entretenant avec les frères, m'ont convaincu que cet esprit abonde parmi les dirigeants de l'Église, et il devrait en être ainsi -- un esprit d'humilité, un esprit de prière. ¶
Les prières sont exaucées
La prière n'est bien sûr rien d'extraordinaire. Les prières ont toujours été exaucées. J'ai relevé cent vingt-cinq références à la prière dans la Sainte Bible, et j'ai noté les nombreuses choses qui ont été demandées, et comment elles ont été exaucées. Même une hache fut amenée à flotter, dit la Bible, lorsqu'un pauvre ouvrier eut perdu sa hache, l'ayant laissée tomber dans la rivière, et c'était une hache empruntée. Il voulait la récupérer afin de pouvoir la rendre, et sa requête fut exaucée : la hache fut amenée à flotter. Je me demande si l'un d'entre nous prendrait à la légère une telle suggestion. ¶
Vous vous souvenez que notre Père céleste dit à Salomon : « Demande ce que tu veux que je te donne. » Puis il est écrit, en 1 Rois 3:6-14 : ¶
... Tu as traité avec une grande bienveillance ton serviteur David, mon père [dit Salomon], parce qu'il marchait en ta présence dans la fidélité, dans la justice et dans la droiture de cœur envers toi ; tu lui as conservé cette grande bienveillance et tu lui as donné un fils qui est assis sur son trône, comme on le voit aujourd'hui. ¶
Maintenant, Éternel mon Dieu, tu as fait régner ton serviteur à la place de David, mon père ; et moi je ne suis qu'un jeune homme, je n'ai pas d'expérience. ¶
Ton serviteur est au milieu du peuple que tu as choisi, peuple immense qui ne peut être ni compté ni dénombré, à cause de sa multitude. ¶
Accorde donc à ton serviteur un cœur intelligent pour juger ton peuple, pour discerner le bien du mal ! Car qui pourrait juger ton peuple, ce peuple si nombreux ? ¶
Cette demande de Salomon plut au Seigneur. ¶
Et Dieu lui dit : Puisque c'est là ce que tu demandes, puisque tu ne demandes pour toi ni une longue vie, ni les richesses, ni la mort de tes ennemis, et que tu demandes de l'intelligence pour exercer la justice, ¶
voici, j'agirai selon ta parole. Je te donnerai un cœur sage et intelligent, de telle sorte qu'il n'y aura eu personne avant toi et qu'on ne verra jamais personne de semblable à toi. ¶
Je te donnerai, en outre, ce que tu n'as pas demandé, des richesses et de la gloire, de telle sorte qu'il n'y aura pendant toute ta vie aucun roi qui soit ton pareil. ¶
Et si tu marches dans mes voies, en observant mes lois et mes commandements comme l'a fait David, ton père, je prolongerai tes jours. ¶
Il y a quelques semaines, je revenais de Washington, D.C., et je me suis réveillé le matin après un trajet de toute la nuit. Le chef du wagon-restaurant me dit : « Vous savez, les gens sont restés debout toute la nuit dans les voitures, et il y avait des dizaines et des dizaines de jeunes soldats qui dormaient sur les plateformes des wagons. » Il ajouta : « Je voudrais que les gens soient meilleurs envers ces hommes. » ¶
Vous connaissez les difficultés de transport. Je suppose que beaucoup de ces garçons ont eu froid avant la fin de cette nuit, car c'était une nuit glaciale. Cependant, comme nous approchions de Chicago, mes réservations étaient pour le vingt-deux au départ de Chicago, et j'arrivais à Chicago le soir du vingt, ce qui signifiait que je devrais y rester deux jours. Juste un peu avant d'entrer à Chicago, j'ai dit : « Père céleste, aide-moi à sortir d'ici. Je ne veux pas avoir à rester deux jours à Chicago ; j'ai tant à faire à la maison. » ¶
Lorsque je suis arrivé à la gare, le train avait du retard, et je suis allé voir s'il y avait une possibilité d'obtenir une réservation, mais l'employé du guichet m'a dit : « Non, il n'y a plus de réservations ; elles sont toutes prises. Il n'y a rien dans ce train, mais revenez dans un moment. » ¶
Je suis allé dans un restaurant, j'ai mangé quelque chose, j'ai lu le journal, puis, juste avant l'heure du train, je suis retourné à la gare et me suis rendu au guichet en disant : « Avez-vous quelque chose maintenant ? » ¶
Il m'a répondu : « Non, il n'y a pas eu une seule annulation. Il n'y a rien dans aucun des trains qui partent vers l'ouest. » ¶
Je pensais donc aller m'arranger pour rester deux jours chez le président David Stoddard, à moins de pouvoir partir. Je suis alors descendu à la pharmacie et j'ai pensé prendre un lait maltée, mais en m'asseyant au comptoir, j'ai regardé en face et j'ai vu un visage familier. J'ai entendu une fois un homme dire, à Chicago, qu'il y avait vécu vingt ans sans jamais rencontrer une âme qui vive dans les rues de cette ville qu'il connaissait. Il y avait plusieurs milliers de personnes qui se pressaient dans cette gare. J'ai vu un visage qui me semblait familier, et j'ai essayé de croiser son regard, sans succès ; alors j'ai fait le tour et lui ai demandé si elle n'était pas madame Homer McCarthy. ¶
« Tiens, dit-elle, évêque Smith ! Que faites-vous ici ? » ¶
Elle envoya ses filles à l'étage chercher son mari, qui, soit dit en passant, est directeur de l'usine d'Aurora de la Montgomery Ward Company, et elle dit : « Homer part pour l'Utah afin d'inscrire notre fille aînée à l'université Brigham Young. » ¶
Homer arriva peu après. Cela faisait treize ans que je ne l'avais pas vu, et il dit : « Évêque, que faites-vous et où allez-vous ? » ¶
J'ai répondu : « Eh bien, j'avais l'intention de rentrer chez moi par l'un de ces trains, mais je n'y arrive pas. Pas une seule réservation n'a été annulée, et il n'y a aucune possibilité. » ¶
Alors Homer a dit : « Eh bien, évêque, ma fille peut prendre la couchette du haut, et vous et moi dormirons en bas. Voulez-vous venir avec moi ? Nous pourrons nous entretenir en chemin. » ¶
J'ai pensé à ces garçons qui dormaient sur les plateformes des trains pendant ces deux nuits, et j'ai dit : « J'en serais ravi, Homer. » Et cela m'a permis de monter dans le train, et lorsque le contrôleur eut fini de vérifier le train, il est venu me dire : « Il me reste une couchette du haut, la numéro 10, dans ce train. Vous pouvez la prendre. » En grimpant dans cette couchette, j'ai pensé à cette petite prière que j'avais offerte : « Père céleste, aide-moi à rentrer chez moi. » Et c'est ainsi, d'une manière si naturelle, que ma prière fut exaucée. ¶
Dans les réponses à mes prières, j'ai découvert que le Seigneur est toujours simple, doux et glorieux. ¶
Un témoignage
Frères, il vit ! Ceci est son Église, et il a appelé chacun de nous à une responsabilité, et nous ne pouvons remplir cette responsabilité que si nous sommes des hommes de prière, et en étant des hommes de prière, nous aurons le discernement, nous aurons l'Esprit du Seigneur pour nous aider à vivre de telle sorte qu'aucun mortel ne puisse s'offenser de notre vie. Que Dieu nous bénisse tous, nous qui sommes appelés à diriger, et faisons pénétrer dans le cœur et l'âme de tout notre peuple le désir de servir Dieu et de garder tous ses commandements, afin que notre plan d'après-guerre, tel qu'appelé de ses vœux par le président Clark, soit un plan d'une force et d'une puissance sans égales dans le monde entier, telle est ma prière, au nom de Jésus. Amen. ¶