Pulpit

Édifier la foi chez les jeunes

Franklin L. West

1944 April General Conference·Friday Evening Session·1944-04-07

Frères, j'espère sincèrement avoir l'esprit du Seigneur pour me guider et m'assister afin que je puisse dire quelque chose qui vous sera utile dans cette grande œuvre à laquelle nous prenons part. Ce fut une expérience très heureuse d'assister à cette grande conférence. Il me semble qu'il y a eu là une influence tout à fait céleste. L'esprit de Dieu a été présent ici en abondance, et les messages qui ont été donnés, ainsi que les exhortations et les instructions, ont tous été destinés à notre bien et au bien de cette grande cause. Cela nous fait tous frémir d'être associés à cette grande entreprise. Quand je dis que j'aime ces hommes qui se tiennent à la tête, je le dis sincèrement. Je l'ai dit maintes fois au cours de mes relations avec eux. J'ai la plus haute admiration pour chacune de ces Autorités générales et je les aime sincèrement. Nous les soutenons et les appuyons de toutes les manières et nous sommes heureux de le faire.

Je suis grandement honoré, bien sûr, bien que je ressente une lourde responsabilité liée au programme éducatif de l'Église. C'est une organisation très étendue, répartie dans toute l'Amérique de l'Ouest, comprenant près de cent cinquante unités différentes, et presque toutes différentes les unes des autres. Il y a en ce moment une grande variété de problèmes et de difficultés liés à la direction d'une telle institution, car, comme vous le savez, beaucoup de nos enseignants ont été appelés dans les forces armées de notre pays, et j'espère que vous voudrez bien être patients avec nous. Nous essayons de tout notre mieux d'obtenir des enseignants de premier ordre, mais ils ne sont tout simplement pas disponibles pour le moment. Certains de nos séminaires ont dû fermer. Dans certains endroits où nous avions trois enseignants, nous n'en avons plus que deux maintenant, et il est fort probable qu'encore vingt ou vingt-cinq autres enseignants entreront dans les forces armées ce printemps. Nous allons faire tout notre possible pour trouver des enseignants qui ont un témoignage ferme de l'Évangile, ce qui est fondamental et absolument nécessaire, ainsi que des personnes qui ont la capacité d'enseigner, car, bien que cette première exigence soit absolument nécessaire, il est vrai que tout le monde ne peut pas enseigner ; mais nous allons faire de notre mieux pour maintenir en fonction notre système et pour le préserver. J'espère que vous voudrez bien être patients avec nous, et nous ferons de notre mieux pour maintenir ces séminaires en activité.

Quand j'ai entendu les frères parler de la réunion des présidents de mission avec la Présidence, j'ai ressenti une sorte de jalousie. Je souhaiterais que nos trois cent cinquante enseignants aient la possibilité de se faire instruire par les frères, ne serait-ce que pendant une heure ou deux, afin que tous mes hommes puissent ressentir la puissance de leur influence et de leur témoignage. Nous avons actuellement de la difficulté à tenir nos conférences, nos réunions d'enseignants, car il s'agit d'un système si étendu, et nos hommes doivent parfois se sentir seuls, faute d'occasions de se réunir. Les hommes apprécient très vivement la possibilité de venir à la Conférence. La plupart de nos enseignants de séminaire occupent des postes dans l'œuvre de la Prêtrise qui leur donnent droit de venir ici, mais certains d'entre eux sont enseignants dans l'œuvre de l'Amélioration mutuelle et de l'École du Dimanche. Ils étaient tout simplement ravis de recevoir des cartes afin que ceux qui n'étaient pas trop éloignés d'ici puissent venir se faire édifier par ces merveilleuses conférences.

Ces enseignants sont vraiment des croyants sincères en l'Évangile et ont la foi. Je le sais. J'ai ma propre méthode — je pense qu'elle est assez sûre — pour découvrir si ces enseignants sont réellement, sincèrement loyaux et croient en l'Évangile. Je veux vous dire que je pense moi-même qu'ils sont aussi loyaux, aussi dévoués et vivent leur religion aussi bien que n'importe quel groupe de toute cette Église. C'est peut-être dit un peu fort, mais je le crois. Ce sont des hommes sincèrement bons. Ils s'intéressent à ces jeunes gens, et comme ils les aiment ! Beaucoup d'entre eux écrivent des lettres à ceux qui sont dans l'armée. Ils donnent le bon exemple, et ils comprennent que notre premier et principal objectif est d'édifier la foi dans l'Évangile de Jésus-Christ, dans l'Évangile rétabli, et d'enseigner les principes sur lesquels reposent la joie et le bonheur. Ils aiment l'œuvre. Beaucoup d'entre eux ont eu de belles occasions d'aller ailleurs pour des salaires bien plus élevés, mais ils sont demeurés très loyaux et très dévoués, parce qu'ils aiment les jeunes gens et qu'ils aiment enseigner dans ce grand système.

Or, nous sommes tous enclins à nous décourager, et nous nous décourageons effectivement, parfois lorsque nous sommes consternés par ces terribles problèmes qui confrontent le monde à l'heure actuelle. Je ressens cette inquiétude comme vous, et pourtant, tout bien considéré, les parents des garçons et des filles mormons sont en moyenne des gens tout simplement meilleurs que ceux que l'on trouve ailleurs. Ces dirigeants qui dirigent l'Église et le grand corps du peuple répandu dans les pieux de Sion ont tous leurs faiblesses, mais ce sont sincèrement des gens bons. Nous avons tous nos faiblesses, et certains foyers sont brisés, et beaucoup d'hommes et de femmes commettent des erreurs et ne donnent pas le bon exemple, mais je vous dis qu'ils sont le sang d'Israël. Ce sont les enfants de pionniers qui ont été rassemblés du monde, et il y a une foi immense et puissante dans l'Église. Il est certes très nécessaire que nous enseignions nos propres doctrines et les principes fondamentaux de l'Évangile, mais je ne m'en inquiète pas trop, car je sais qu'il y a tant de foi parmi ce peuple. Ces jeunes gens grandissent à travers les diverses organisations de l'Église. Ils ne se laisseront tout simplement pas égarer, et il n'y a aucune tentative de les égarer. Bien au contraire, nous bâtissons une foi solide, substantielle et ferme, de sorte que lorsqu'ils se retrouveront dans les cercles intellectuels et rencontreront les diverses tentations du monde, ils auront un témoignage bien à eux.

C'est émouvant de se trouver dans certaines de ces réunions de témoignage, non seulement de nos enseignants, mais aussi de nos étudiants d'université et de nos enseignants de séminaire, dans ces instituts. Nous avons des assemblées où, l'un après l'autre, aussi vite qu'ils peuvent se lever, ils rendent témoignage de la divinité de cette grande œuvre. Il y a une grande foi parmi nos jeunes gens, et ils sont bons ; dans l'ensemble, ce sont de bons jeunes gens, sains et charmants, qui s'efforcent de faire de leur mieux. Les tentations sont épouvantables, comme vous le savez. Je pense qu'aucune autre génération de jeunes gens n'a jamais eu de telles tentations. Nous avons eu des tentations à notre époque ; dans toute l'histoire du monde, la jeunesse a dû affronter la tentation, mais si j'en avais le temps, je crois que je pourrais vous prouver qu'il y a plus de tentations pour la jeunesse de la génération actuelle que pour toute génération précédente, et je dis qu'elle s'en tire magnifiquement. Si nous avons confiance en eux, si nous nous rapprochons d'eux et gagnons leur confiance, ils en viendront à un point où ils viendront volontiers nous confier leurs problèmes, et nous les écouterons. Comme quelqu'un l'a dit, si seulement nous écoutions de temps en temps au lieu de simplement prêcher.

J'ai eu une personne — une jeune femme — dans mon bureau la première semaine où j'étais en fonction, vers sept heures du soir, et j'étais fatigué. Elle m'a posé l'un des problèmes les plus difficiles que l'on puisse imaginer, pour obtenir des conseils, et je me suis tourné, perplexe, et j'ai dit : « Pourquoi ne demandes-tu pas à ta mère ? » et elle a dit : « Eh bien, maman ne comprend pas. » Et j'ai dit : « Pourquoi ne demandes-tu pas à ton père ? » et elle a dit : « Tout ce qu'il fait, c'est me faire la leçon. » Alors j'ai écouté, et elle avait un problème difficile. Je sais qu'aucun de nous n'est très sage non plus pour leur montrer ce qu'ils devraient faire. Bien souvent, tout ce que nous pouvons faire, c'est écouter avec une oreille bienveillante et compatissante, et essayer d'être utiles. Ils ont de bonnes intentions, ils sont formidables, ils font de leur mieux, et espérons et prions qu'ils traversent ces temps difficiles avec succès. Je sais ce que nous ressentons tous à l'égard de nos jeunes gens en ce moment, tant d'entre eux étant à la guerre, et ils nous sont si précieux.

Maintenant, je ne dois pas prendre davantage de votre temps précieux. Je veux vous rendre mon témoignage que je sais que c'est là l'œuvre du Seigneur ; que Joseph Smith était un prophète de Dieu ; que le Livre de Mormon est un récit inspiré contenant l'Évangile de Jésus-Christ, et qu'il a été traduit par le pouvoir de Dieu, par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith ; que le président Brigham Young, John Taylor, Wilford Woodruff, Lorenzo Snow, le président Smith et le président Grant, chacun d'eux a été prophète de Dieu et grand dirigeant. J'aime sincèrement le président Grant, et je l'ai toujours aimé. J'aime sa force de caractère, sa puissance, la clarté de son discours, son honnêteté absolue. J'aime cela en lui, et j'aime ces frères, le président Clark et le président McKay, ainsi que ces membres du Collège des douze apôtres. J'ai appris à aimer mon comité exécutif. J'y ai six de ces apôtres qui ont été tout simplement merveilleux, tellement intéressés par notre travail, et je pourrais ajouter aussi que la Présidence, les Douze et le Conseil général ont été des plus généreux envers nous en nous fournissant de beaux bâtiments et de belles occasions pour poursuivre l'œuvre, et nous leur en sommes reconnaissants. Nous les honorons, les aimons et les respectons, et nous faisons de notre mieux, en tant qu'organisation auxiliaire de l'Église, pour prendre ces trente-cinq mille des plus merveilleux jeunes gens qui aient jamais honoré cette terre, et faire tout notre possible pour leur enseigner l'Évangile de Jésus-Christ et pour édifier leur foi dans l'Évangile rétabli.

Nous prions pour les hommes de notre équipe. Je prie continuellement pour eux, comme je prie pour recevoir de l'aide moi-même, afin que nous puissions porter cette responsabilité avec succès et bien servir les jeunes gens. Que Dieu nous bénisse, mes frères, en tant que dirigeants de cette Église. Puissions-nous être humbles, ouverts d'esprit, bons et généreux les uns envers les autres, et œuvrer avec unité, dévouement et loyauté pour cette grande œuvre. Je suis fier d'y être associé. C'est l'œuvre du Seigneur. Elle accomplit une œuvre grandiose dans tous ses aspects, et puisse-t-elle toujours aller de l'avant pour accomplir sa destinée, grandir et progresser dans l'œuvre. Puissions-nous tous faire notre part pour la faire avancer, je le prie humblement au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursFranklin L. West, « Édifier la foi chez les jeunes », 1944 April General Conference, Friday Evening Session (1944-04-07). Pulpit Vault, 1944-04-west-building-faith-in-youth. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).