Bergers du troupeau
LeGrand Richards
Frères : vous êtes les bergers du troupeau. Je ne puis m'empêcher de penser que, dans l'œuvre merveilleuse que vous accomplissez en nourrissant les brebis et les agneaux, vous démontrez votre amour pour lui, comme le Sauveur s'est exprimé à Pierre ; et je crois que nous pourrions lire entre les lignes son amour pour ceux qui entreprennent une œuvre aussi merveilleuse que la vôtre. ¶
Le travail dans l'Église porte sa propre récompense ¶
L'évêque Nibley a dit un jour, parlant des évêques, qu'il pensait que Paul s'était trompé en disant : « Ceux qui désirent la charge d'évêque désirent une œuvre bonne. » Il aurait dû dire : « une bonne quantité de travail ». ¶
Nous entendons beaucoup dire combien les évêques sont surchargés, ont trop à faire, combien nombreux sont ceux qui souhaitent être relevés à cause de la grande responsabilité qu'ils portent. J'ai eu l'occasion, pendant ces quelques jours de conférence, de demander à plusieurs d'entre eux : « Évêque, comment appréciez-vous votre travail ? » et chacun a répondu à peu près en ces termes : « Beaucoup — c'est la plus grande occasion que j'aie jamais eue. » Et je crois que c'est ainsi que les évêques le ressentent. ¶
Lorsque j'étais en mission pour la première fois, j'ai reçu une lettre de mon père dans laquelle il disait à peu près ceci : « Mon fils, je veux te dire qu'il n'existe dans le monde aucune organisation, aucune société, aucune compagnie qui rapporte d'aussi grands dividendes sur ton temps, tes moyens investis et tes talents que l'Église et le royaume de Dieu. » Et je veux vous rendre témoignage aujourd'hui, frères, de la vérité de cette affirmation. Je sens que le Seigneur ne me doit rien pour ce que j'ai fait dans l'Église. Il est le meilleur rétributeur que je connaisse. ¶
Le rassemblement prédit ¶
J'aimerais lire quelques mots du trente et unième chapitre de Jérémie. Jérémie a vu le rassemblement des saints des derniers jours à notre époque et l'a décrit aussi clairement que vous pouvez le lire dans l'histoire de l'Église, jusqu'à la longue randonnée pionnière le long de la rivière Platte pour atteindre ces vallées des montagnes. Je lis donc ce chapitre : Car le jour vient où les gardes crieront sur la montagne d'Éphraïm : Levez-vous, montons à Sion, vers l'Éternel, notre Dieu ! . . . ¶
Ils viendront et pousseront des cris de joie sur les hauteurs de Sion ; ils accourront vers les biens de l'Éternel, le blé, le moût, l'huile, les brebis et les bœufs ; leur âme sera comme un jardin arrosé et ils ne seront plus dans la souffrance. . . . ¶
Je rassasierai de graisse l'âme des prêtres, et mon peuple se rassasiera de mes biens, dit l'Éternel. (Jérémie 31:6, 12, 14) ¶
Je ne crois pas que vous puissiez trouver, où que ce soit dans le monde, des hommes engagés dans le ministère, quels que soient leurs salaires, qui pourraient témoigner que le Seigneur a rassasié leur âme de graisse et qu'ils sont satisfaits de la bonté du Seigneur envers eux, comme vous l'êtes, vous, frères, qui portez la Prêtrise de Dieu et avez le privilège de nourrir le troupeau sous sa direction et son inspiration divines. ¶
La valeur des âmes ¶
Vous avez affaire aux choses les plus précieuses de tout le monde ; vous avez affaire aux âmes des hommes, et je veux vous rappeler les paroles que le Seigneur adressa au prophète Joseph dans la dix-huitième section de la Doctrine et Alliances, où il dit : Souvenez-vous que les âmes ont une grande valeur aux yeux de Dieu. Car voici, le Seigneur, votre Rédempteur, a souffert la mort dans la chair ; c'est pourquoi, il a éprouvé les souffrances de tous les hommes, afin que tous les hommes puissent se repentir et venir à lui. ¶
Et il est ressuscité des morts afin d'amener tous les hommes à lui, à condition qu'ils se repentent. ¶
Et comme sa joie est grande pour l'âme qui se repent ! ¶
C'est pourquoi vous êtes appelés à inviter ce peuple au repentir. ¶
Puis il ajoute : Et si vous travaillez toute votre vie à appeler ce peuple au repentir et que vous m'amenez ne fût-ce qu'une seule âme, comme votre joie sera grande avec elle dans le royaume de mon Père. (D. et A. 18:10-15) ¶
Je voudrais dire, frères, que ces âmes si précieuses aux yeux de Dieu ne sont pas seulement celles qui vivent parmi les Gentils, mais que beaucoup d'entre elles sont les fils et les filles d'Israël. Dans les veines de certaines d'entre elles coule le meilleur sang de cette génération, et beaucoup d'entre elles sont inactives et attendent que vous les appeliez au service. ¶
Lorsque je servais comme président de la Mission des États du Sud et que nous, présidents de mission, nous réunissions au temple avec le Collège des douze, après les rapports des présidents de mission, le président Clawson nous dit que le Seigneur avait créé la terre et tout ce qu'elle contient, puis il décrivit assez longuement les merveilleuses créations du Seigneur. Puis il dit : « Mais, frères, je vous le dis, l'âme d'un seul de ses enfants est plus précieuse à ses yeux que toute la terre et les choses qu'il a créées. » ¶
Combien sont précieuses les âmes des brebis du troupeau parmi lesquelles vous, frères, êtes appelés à œuvrer ! Or, ceux d'entre vous qui ont eu le privilège d'œuvrer sur le terrain de la mission ont vu arriver des hommes, dont certains n'avaient jamais prié en public de leur vie, jamais rien fait publiquement dans l'Église, et pourtant vous avez vu ce qu'ils sont devenus en un an ou deux sous l'inspiration du Seigneur. J'en suis venu à sentir qu'il n'y a pas d'homme en Israël qui soit dépourvu d'un pouvoir potentiel pour le bien au milieu du peuple, si seulement on lui donne l'occasion de rendre quelque service. ¶
Les dons de l'Esprit ¶
Je veux lire quelques mots du douzième chapitre de la première épître aux Corinthiens, ce que Paul dit des dons de l'Esprit : Il y a diversité de dons, mais le même Esprit ; diversité de ministères, mais le même Seigneur ; diversité de modes d'opération, mais le même Dieu qui opère tout en tous. ¶
Puis, pour abréger, je saute quelques versets : Or, à chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour l'utilité commune. ¶
En effet, à l'un est donnée par l'Esprit une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit. (1 Corinthiens 12:4-8) ¶
Le Seigneur n'a laissé personne sans quelque don, et si vous regardez autour de vous, vous constaterez que là où l'un est fort d'une manière, il peut être faible d'une autre. Le Seigneur n'a jamais donné tous ses dons à un seul individu. Même dans la grande œuvre que le prophète Joseph a accomplie, le Seigneur lui a dit que ses dons étaient limités à certains égards. Vous vous souvenez que l'Alma d'autrefois disait qu'il aurait voulu avoir la voix d'un ange pour pouvoir crier repentance au monde entier, mais le Seigneur ne lui accorda pas ce désir, même s'il était prophète. Paul porta une écharde dans sa chair toute sa vie, mais le Seigneur ne jugea pas bon de la lui ôter ; et le Livre de Mormon dit que c'est pour cela que des faiblesses nous sont données, afin que nous restions humbles. Y a-t-il quelqu'un parmi vous qui ne ressente pas sa faiblesse et qui ne voudrait pas avoir un plus grand pouvoir qu'il n'en possède pour accomplir cette grande et puissante œuvre des derniers jours ? Et pourtant vous devez vous contenter de faire les choses qui sont à votre portée et avec les dons que le Seigneur a jugé bon de vous accorder. Mais souvenez-vous : « À chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour l'utilité commune » — c'est pourquoi le Seigneur a donné la parabole des talents. À l'un il donna cinq talents ; à un autre, deux ; et à un autre, un. Et souvenez-vous que le Seigneur reviendra et attendra des comptes selon les talents donnés. ¶
L'activité dans l'œuvre de l'Église apporte la joie ¶
Je suis reconnaissant pour le grand programme d'entraide de l'Église. J'y vois une occasion merveilleuse d'employer certains des hommes qui ne se sont pas appliqués à des activités plus spirituelles. Un homme s'est assis dans mon bureau il n'y a pas longtemps, qui n'était devenu actif dans l'Église que récemment. Il avait très bien réussi dans ses propres affaires, mais apparemment l'évêque ne lui avait jamais rien demandé. Puis il fallut construire une église, et l'évêque le choisit pour diriger le comité des finances, et il fit un travail remarquable. ¶
Cet homme dit : « Pourquoi mon évêque n'a-t-il pas pu me donner quelque chose à faire il y a vingt-cinq ans, pour que j'aie pu connaître la joie du service pendant toutes ces années ? » Puis il me parla de son fils, qui s'était marié au temple et qui ne faisait rien dans l'Église. Il dit : « Pourquoi l'évêque ne peut-il pas lui donner quelque chose à faire, afin qu'il ne reste pas inactif comme je l'ai été ? » ¶
Frères, je plaide pour que chaque homme que le Seigneur a doté de ses dons par le pouvoir de son Esprit trouve une place où il puisse s'intégrer et faire quelque chose pour l'édification du royaume. Nous avons l'occasion de l'instruction au foyer, du travail missionnaire, et des officiers et instructeurs de pieu, de paroisse et des organisations auxiliaires. Nous pouvons aller encore plus loin, car il y a tant à faire dans le domaine temporel, dans l'embellissement, dans le programme d'entraide, dans la construction des entrepôts, dans l'acquisition de terres, et dans la production des choses qui ne sont pas encore produites et qui sont nécessaires aux entrepôts ; et certains des meilleurs dirigeants de l'Église sont disponibles, mais encore inactifs. Je reviens rarement d'une conférence sans penser à quelques-uns des hommes remarquables que j'ai rencontrés, qui ont réussi dans un domaine particulier, presque au-delà de ce que les mots peuvent décrire ; et je me demande comment nous pouvons atteindre la vie de ceux qui sont moins favorisés et les élever au même niveau. Je pense alors aux merveilleuses possibilités qu'offrent les collèges de la Prêtrise pour relever les hommes, les réhabiliter, et amener Sion à revêtir ses beaux vêtements, comme le Seigneur l'a déclaré au prophète Joseph, deux ans après l'organisation de cette Église, qu'elle devait le faire, car il dit : Sion doit croître en beauté et en sainteté ; ses pieux doivent être renforcés ; ses frontières doivent être étendues ; oui, en vérité je vous le dis, Sion doit se lever et revêtir ses beaux vêtements. ¶
Les comités d'arbitrage de la Prêtrise ¶
J'aimerais aborder une autre pensée aujourd'hui. Je ne sais pas si j'ai raison sur ce point, mais je vais en attribuer la responsabilité à Paul. Je ne sais pas exactement quel devrait en être le mécanisme, mais j'ai depuis longtemps l'idée que si nous pouvions nous rendre dans les pieux et établir des comités d'arbitrage au sein de la Prêtrise, bien des hommes de valeur pourraient être amenés au service. ¶
J'ai passé bien des années dans le commerce immobilier. Nous avions ce que nous appelions un système de mise en commun des annonces, où nous travaillions tous à la vente des mêmes maisons. Cela nous causait naturellement des difficultés, car souvent deux ou trois hommes vendaient la même maison, parfois le même jour ; et nous réglions tous nos différends par un comité d'arbitrage. Je sais que le Seigneur a institué le tribunal de l'évêque ; je sais qu'il a institué le tribunal du grand conseil, où des hommes peuvent être jugés pour inconduite. Mais pourquoi ne pourrions-nous pas avoir un comité d'arbitrage où les hommes pourraient aller lorsqu'ils ont des différends ? Je ne connais pas grand-chose au droit, mais mon expérience dans l'application de la loi parmi les gens ordinaires est que ce n'est pas tant la justice de la loi qui gouverne les décisions des tribunaux que l'habileté des avocats qui représentent ceux qui vont en justice. Et donc les décisions ne sont pas toujours justes. Si les frères de l'Église rendaient les décisions, je pense qu'elles seraient justes. À mes amis qui viennent me demander s'ils devraient poursuivre leurs frères pour ceci ou cela, je dis : « Frère, si tu gagnes, tu perds », et cela est presque toujours vrai lorsqu'on va devant les tribunaux. ¶
J'aimerais lire quelques mots de Paul, dans la première épître aux Corinthiens, sixième chapitre, à partir du premier verset : Quelqu'un de vous, lorsqu'il a un différend avec un autre, ose-t-il plaider devant les injustes et non devant les saints ? ¶
Ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde ? Et si c'est par vous que le monde est jugé, êtes-vous indignes de rendre les moindres jugements ? ¶
Ne savez-vous pas que nous jugerons les anges ? Et nous ne jugerions pas, à plus forte raison, les choses de cette vie ? . . . ¶
C'est déjà certes un défaut chez vous que d'avoir des procès les uns avec les autres. Pourquoi ne souffrez-vous pas plutôt quelque injustice ? Pourquoi ne vous laissez-vous pas plutôt dépouiller ? ¶
Mais c'est vous qui commettez l'injustice et qui dépouillez, et c'est envers des frères que vous agissez de la sorte ! (1 Corinthiens 6:1-3, 7-8) ¶
Maintenant je veux lire ce que le Seigneur dit au prophète Joseph, tel que cela apparaît dans la Doctrine et Alliances. Ceci s'adresse à Joseph et à Oliver : Quiconque vous traînera devant la loi sera maudit par la loi. ¶
Maintenant, frères, je sens que lorsque nous pourrons, comme frère Romney l'a souligné hier d'après les révélations du Seigneur, être libres et indépendants de tout pouvoir en dessous du royaume céleste, et devenir si unis que nous, en tant que membres de la Prêtrise du Dieu vivant, puissions régler toutes nos difficultés dans nos propres rangs, alors nous deviendrons littéralement une lumière sur une colline, un étendard pour les nations. ¶
Que Dieu vous bénisse, mes frères. Que Dieu nous aide à être tous de dignes bergers du troupeau, et à rendre actif, dans nos paroisses et nos pieux de Sion, chaque homme qui est membre de cette Église, je le prie au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶