Pulpit

Liberté, justice et paix

Richard R. Lyman

Conférence générale d'octobre 1941·Session du vendredi après-midi·1941-10-03

Du Collège des douze apôtres

Le docteur de la loi dit :

Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ? Jésus lui répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C'est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. (Matthieu 22:36-39.)

Le plus grand besoin du monde, en cette heure qui est la sienne la plus tragique et la plus terrible, est la régénération spirituelle et la religion mise en pratique. Et c'est de ce besoin que je désire vous entretenir aujourd'hui. Je vous appelle à considérer sérieusement ces grands idéaux religieux fondamentaux, ces lois de base de Dieu que, depuis le commencement, tous les gens de bien ont eu le désir et l'ambition d'observer. Ceux qui apprécient et comprennent vraiment la civilisation chrétienne moderne croient à l'honnêteté, ils croient à la sincérité, et ils croient à faire le bien à tous les hommes.

Aimez vos ennemis

Anciennement, il fut dit :

Œil pour œil, et dent pour dent.

Seuls les êtres bestiaux, ceux qui ne sont pas dotés de ce don de raison et de sensibilité dont l'homme est doté, peuvent pratiquer un tel enseignement vengeur et égoïste. Les paroles du Sauveur sont :

Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent.

Et il ajoute :

Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. (Matthieu 5:38-48.)

Voilà la vraie religion. Mesurés par cette norme parfaite que le Sauveur a posée, et selon laquelle il vécut lui-même, où serez-vous et où serai-je classés ?

Encore une fois, Paul dit :

Souvenez-vous des paroles du Seigneur Jésus, comment il a dit lui-même : Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir. (Actes 20:35.)

Et le Psalmiste consigne :

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Préserve ta langue du mal, et tes lèvres des paroles trompeuses. (Psaumes 34:13.)

Ceci encore est la vraie religion. Mesurés par une telle norme, où un jugement équitable nous placerait-il, vous et moi ? Encore :

Si quelqu'un croit être religieux, sans tenir sa langue en bride, mais en trompant son cœur, la religion de cet homme est vaine. La religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du monde. (Jacques 1:26-27.)

En cette heure des plus tragiques et des plus terribles, tous les gens de bien ne conviendront-ils pas que c'est là la vraie religion ? Et jugés selon ces normes élevées et parfaites, permettez-moi de demander encore : où un jugement calme et équitable nous placerait-il, vous et moi ?

Aucun enfant affamé ni transi de froid

Bien que le plan de l'Évangile soit parfait et que nous, mortels, ne puissions peut-être pas vivre ce plan parfaitement, nous pouvons faire un effort en ce sens, et plus grand sera l'effort, plus le résultat sera proche de la perfection. Quelle condition glorieuse régnerait dans le monde si nous pouvions pratiquer à un haut degré ces enseignements de la vraie religion, l'amour de Dieu et la fraternité des hommes. Quelle condition glorieuse régnerait si aucun enfant, nulle part, n'était affamé, sans chaussures ou pauvrement vêtu ; si chaque enfant avait un régime alimentaire équilibré et un foyer confortable pour vivre, avec suffisamment d'occasions de santé et d'éducation ; si tous ceux qui sont valides pouvaient obtenir du travail afin de pouvoir, à la sueur de leur front, gagner leur vie ; si ceux qui sont incapables de travailler et de gagner leur vie pouvaient, avec une volonté et un amour sincères, être soignés dans un véritable confort — alors vraiment les conditions qui régneraient seraient glorieuses. Et rappelons-nous et réalisons que la religion véritablement pratique, désintéressée, mise en application, peut amener cette condition tant désirée.

Nous avons tous besoin de cet esprit chrétien authentique qui non seulement agit si efficacement comme un aiguillon pour promouvoir le bonheur, le confort et le bien-être humains, mais qui réagit sur nous-mêmes, stimule notre croissance et notre développement, et encourage en nous un esprit communautaire général de coopération et de bienfaisance. L'homme ainsi mû ne mènera pas seulement une meilleure vie individuelle, mais il aidera à bâtir une nation plus forte et meilleure.

L'homme doit avoir la domination

L'homme fut fait pour être libre, pour régner et pour avoir la domination. Et cela ne signifie pas une domination à gagner par la puissance militaire ou par la force brutale, mais par le pouvoir de l'amour, du désintéressement et de la compréhension.

C'est parce que certains des dirigeants des hommes aujourd'hui manquent de spiritualité et d'attachement approprié aux idéaux et aux normes religieuses que le monde entier est rempli de guerre et de cris de guerre. Les hommes peuvent bien proclamer la paix, la paix, mais il n'y a point de paix. Le monde entier, chaque nation qui s'y trouve, se prépare à la guerre, ou à ce qu'on appelle la défense, à un rythme et à un coût inconnus et inouïs auparavant, même dans l'imagination la plus débridée de l'homme. Et tout cela est venu à cause de l'égoïsme, de la cupidité, de l'envie, de la haine, de l'ambition et de la tyrannie de certains des dirigeants de l'humanité. Rien, si ce n'est la régénération spirituelle et un retour à la religion de la justice, de l'équité et de l'amour, ne peut retirer du monde les causes de ce puissant conflit sans précédent.

Chevauchant ivres vers la chute

Permettez-moi de vous demander si la formation donnée à nos jeunes de nos jours apporte une solution aux grands problèmes auxquels sont confrontés notre pays bien-aimé et toutes les autres nations ? Agnes Bryson avait-elle raison lorsqu'elle disait :

Le crime augmente, la pauvreté augmente, l'indécence s'étale, la malhonnêteté dans la vie privée et dans la vie publique, de nos jours, provoque souvent bien peu de commentaires.

Et elle conclut :

Nous chevauchons ivres vers une chute.

Vous savez que ces normes morales et religieuses que les peuples civilisés ont, à travers les âges, considérées comme bien fondées et comme des principes directeurs sont, dans certains milieux aujourd'hui, traitées avec dédain et mépris. En bien des lieux, la force brutale, cruelle et impitoyable, a remplacé la raison et le sentiment d'équité. L'agent dirigeant de certains chefs est l'émotion violente et irraisonnée. Une nation civilisée et libre après l'autre a été conquise par l'usage de la force, aussi dépourvue de raison que la force employée par le tigre lorsqu'il dévore un agneau. Nous voyons de nos jours comment il peut être possible que la force, non guidée par la religion, la morale ou l'honneur, conquière le monde :

Bête puissante, proie sans défense

Ce que certains appellent un « nouvel ordre » suit l'ordre le plus ancien qui soit connu. Ce n'est pas sans ressembler à la pratique de la bête puissante dévorant sa proie sans défense. C'est un ordre dont les motifs sont inspirés par l'envie, la haine et la malveillance. C'est un ordre qui enlève à l'homme sa liberté et rend impossible pour l'individu, si vertueux, digne de confiance, talentueux, ambitieux ou compétent soit-il, de travailler efficacement, de s'élever et d'apporter sa contribution au bien de l'humanité en rendant le plus haut service humain dont il est capable. Ce prétendu nouvel ordre est nettement, oui, violemment opposé au progrès et au bien-être des masses populaires. Il détruirait les fondements mêmes du gouvernement libre. Ce plan remplace le règne du principe moral par celui de l'égoïsme, de la force et de la cupidité.

La paix qui surpasse toute intelligence

Comparez une telle condition avec l'esprit de la vraie religion, exprimé dans les Écritures comme « l'amour de Christ, qui surpasse toute connaissance » (Éph. 3:19) « et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence ». (Phil. 4:7.)

Attaque effroyable contre des innocents

Comme illustration de ce qui est venu dans le monde par manque de justice, d'honneur et de religion, il nous suffit de nous souvenir qu'il n'y a que treize ans que, dans la ville de Paris, les gouvernements de presque toutes les nations du monde s'unirent avec leurs gouvernements frères dans un engagement, un pacte et un traité pour renoncer à la guerre et procéder au règlement des différends et des litiges internationaux par des moyens de discussion et d'arbitrage pacifiques. Les dirigeants de certaines nations, contrairement à ces engagements solennels et sacrés, entreprirent aussitôt d'importants préparatifs de guerre. Les nations démocratiques, tenant pour acquis que les autres puissances étaient honnêtes et tiendraient parole, firent peu de chose en matière de préparatifs militaires, et amenèrent ainsi la malheureuse situation qui a conduit à la chute de la France et à l'effroyable attaque menée en ce moment contre la Grande-Bretagne et son peuple.

Tenir un pistolet à la tête du voisin

L'usage de la force est-il la sage manière de procéder pour obtenir ce qui pourrait équitablement et justement être dû ? Tous les peuples véritablement civilisés du monde répondront unanimement : « Non. » Babson a probablement raison lorsqu'il dit :

Tout ce qui est obtenu aujourd'hui en tenant un pistolet à la tête de son voisin sera sûrement perdu demain.

Nous devons, dans notre pays, nous débarrasser de ces activités menées pour des intérêts égoïstes et personnels, avec peu ou pas d'égard pour la personnalité humaine ou pour le bien et le bien-être du peuple ou de la nation. Les méthodes de pression, la loi de la foule, quelle qu'en soit la forme, doivent être surmontées si nous voulons préserver notre forme de gouvernement. C'est la dissension interne, le manque d'unité, oui, c'est le manque des valeurs spirituelles dont je parle, qui a amené la ruine à cette jadis grande, puissante et glorieuse République française.

Engagements dénoncés avec insolence

Quelle triste condition connaît notre monde lorsqu'il s'y trouve des nations dont les promesses et les engagements sont dénoncés avec insolence et ouvertement ! De tels actes ne conduisent qu'à la conclusion de nouveaux accords dont les termes contiennent des dispositions d'une sévérité et d'une dureté toujours croissantes. Il semble n'y avoir aucune limite aux exigences que certains fonctionnaires de gouvernement imposent à leurs victimes. Les conditions actuelles, dans bien des pays conquis, sont mauvaises, mais il semble qu'elles continueront à empirer. Les droits promis aux peuples conquis peuvent, à tout moment, être retirés à cause du manque d'intégrité de la part des conquérants. Le plan semble être d'abaisser tellement le moral de ces malheureux qu'ils deviennent positivement impuissants.

Les fondements de la liberté

Notre programme de défense nationale expose l'idée d'apporter notre assistance à ceux qui luttent pour assurer un ordre mondial bâti sur des fondements moraux de justice, de coopération, de liberté et de désintéressement, tels que la guerre sera impossible et sera à jamais abolie ; que la lumière de la liberté ne s'éteindra pas, que les bienfaits de la paix et de la liberté seront préservés, et que tous les peuples auront le privilège de vivre ensemble en égaux. Nous luttons pour maintenir nos cinq grandes libertés individuelles fondamentales, à savoir la liberté de religion, la liberté de parole, la liberté de la presse, la liberté de réunion, et la liberté de pétitionner le gouvernement pour obtenir réparation des griefs.

La capacité naturelle richement récompensée

Notre pays a connu un développement et une croissance sans précédent, parce qu'ici, dans cette terre de liberté, les hommes et les femmes qui font preuve d'une aptitude et d'une capacité exceptionnelles pour la réussite se voient offrir l'occasion de s'élever rapidement à des positions et des occasions d'importance toujours croissante.

Le président Nicholas Murray Butler dit que, parmi les principaux dirigeants administratifs de douze des plus grandes compagnies de chemin de fer de notre pays, cinq ont commencé leur service comme commis, deux comme garçons de bureau, un comme chauffeur, un comme mécanicien de locomotive, un comme ouvrier des voies, un comme sténographe, un comme opérateur du télégraphe, et un comme piqueteur dans une équipe d'arpentage. Cela montre comment, dans un pays libre, les occasions et les positions du plus haut rang sont ouvertes à ceux qui possèdent une aptitude naturelle exceptionnelle.

Des dirigeants compétents et justes

Le droit de travailler, de gagner et d'épargner, et le droit, par l'usage de l'épargne, d'accroître le pouvoir productif et ainsi de pourvoir aux besoins humains toujours croissants, est un fondement de notre forme de gouvernement que nous devons préserver. La liberté dont je parle, et les idéaux chrétiens qui en sont le fondement, porteront la civilisation de l'avant rapidement, génération après génération, si nous pouvons seulement avoir la direction de ceux qui, en tant que dirigeants, sont les plus compétents et les plus justes. Le progrès et le développement dépendent de l'aptitude, de la capacité de réussite et des hautes normes morales et religieuses de ceux qui dirigent.

QUOI ? COMBATTRE OU ARBITRER

Ai-je besoin de vous demander, ou de demander aux gens en général, ce qui est juste et droit, ce qui est sage, ce qui est conforme aux méthodes de l'éducation et de la civilisation modernes — combattre ou arbitrer ? L'une est la méthode de la force, l'autre la méthode de l'intelligence et de la raison ; l'une la méthode de la bête sans cervelle, l'autre la méthode de l'homme qui est créé à l'image de Dieu.

Le moindre peut être le plus grand

Notre propre Église est un exemple quasi parfait de la véritable démocratie. Nos évêques, nos présidents de pieu, les autres dirigeants de paroisse et de pieu, les autorités générales de l'Église et nos missionnaires peuvent venir de tous les horizons de la vie. Personne dans l'Église n'occupe une place si humble qu'il ne puisse trouver, quelque part dans cette organisation, une ample occasion d'exercer son leadership s'il a un bon caractère et si, par nature, il a été béni d'une aptitude inhabituelle à diriger.

Dans l'unité se trouve la force

Et c'est non seulement le droit, mais le devoir des dirigeants de l'Église, d'user de l'aptitude et de l'intelligence que le Créateur leur a données. On attend de ces dirigeants, lorsque des questions sont débattues, qu'ils expriment pleinement et complètement leurs propres opinions personnelles. Mais lorsqu'une majorité de tout groupe de l'Église a pris une décision, cette décision devient la décision de tout le groupe, et il est attendu de tous qu'ils la soutiennent, qu'elle s'accorde ou non avec leurs opinions initiales. Notre peuple d'Église comprend que dans l'unité se trouve la force, et qu'une maison divisée contre elle-même ne peut subsister.

Citer ce discoursRichard R. Lyman, « Liberté, justice et paix », Conférence générale d'octobre 1941, Session du vendredi après-midi (1941-10-03). Pulpit Vault, 1941-10-richard-r-lyman-freedom-justice-and-peace. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).