Le plan du Seigneur pour l'entraide
Harold B. Lee
L'incertitude de la conduite des hommes du monde en ce jour est attestée par le fait que nous avons de nombreux programmes changeants qui, du jour au lendemain, et de jour en jour, semblent osciller entre les pôles de la plus grande incertitude. Nous entendons beaucoup parler de « la vie abondante » et de la « sécurité sociale », et il en est, je le crains, qui croient que ces objectifs viendront de la mise en œuvre des philosophies des hommes. Des journalistes entreprenants ont suggéré qu'en vous rassemblant à cette conférence, vous veniez peut-être, comme vous ne l'avez jamais fait auparavant, entendre des paroles de direction et de conseil de la part de ceux qui se tiennent comme vos dirigeants d'Église, et vous feriez bien de venir en ce jour, car le prophète a déclaré : ¶
Car le Seigneur, l'Éternel, ne fait rien sans avoir révélé son secret à ses serviteurs les prophètes. (Amos 3:7.) ¶
Hier soir, en quittant la réunion de prêtrise, vous avez entendu gronder le tonnerre, vous avez vu s'amonceler les nuages, et vous vous êtes dit : « Eh bien, il semble que nous allons avoir des orages demain. » Et hier matin, et l'avant-veille, lorsque le soleil s'est levé dans un ciel sans nuages, vous avez dit : « Eh bien, il semble que nous allons avoir du beau temps. » Et vous qui avez ainsi su lire si exactement les signes du temps qu'il fait feriez bien d'écouter ce que le Maître disait à ceux de son époque, lorsqu'il employait ces expressions en parabole : ¶
Il y aura de l'orage aujourd'hui, car le ciel est d'un rouge sombre. Vous savez discerner l'aspect du ciel et vous ne pouvez discerner les signes des temps. (Matthieu 16:3.) ¶
Le plan du Seigneur
Mon but, dans les quelques minutes où je me tiendrai ici, sera de vous donner un aperçu de ce que le Seigneur a dit concernant notre époque, et de ce que pourrait être l'attente des saints des derniers jours quant à la manière dont le Seigneur nous guiderait vers des rivages sûrs. Non seulement le Seigneur nous a donné le plan à suivre, mais il nous a donné, dans les révélations, l'une des raisons fondamentales, sinon la plus fondamentale, des maux qui affligent l'humanité. Voici ce que le Seigneur a dit, et je suppose qu'en comprenant cela, vous y reconnaîtrez la raison de l'égoïsme et des jalousies qui dégénèrent en amertume et en haine, et finalement en guerre et en effusion de sang. Voici la simple déclaration du Seigneur : ¶
Mais il n'est pas permis qu'un homme possède davantage qu'un autre, c'est pourquoi le monde est dans le péché. (D. et A. 49:20.) ¶
Tandis que le monde d'aujourd'hui tâtonne à la recherche d'une solution, (et je répète que certains d'entre nous, je le crains, ont l'idée erronée qu'il faut se tourner vers quelque développement des philosophies des hommes dans cette nation, ou copié sur des nations étrangères, pour résoudre les problèmes actuels), les saints des derniers jours ne devraient jamais perdre de vue que, depuis plus de cent ans, le Seigneur nous a donné la voie et le plan par lesquels pourrait venir la solution ultime de tous les problèmes économiques de notre époque. Écoutez ce que le Seigneur a dit dans une révélation : ¶
Car Sion doit croître en beauté et en sainteté ; ses frontières doivent être élargies, ses pieux doivent être fortifiés ; oui, en vérité, je vous le dis : Sion doit se lever et revêtir ses habits d'apparat. ¶
C'est pourquoi, je vous donne ce commandement de vous lier par cette alliance, et cela se fera selon les lois du Seigneur. ¶
Voici, je juge également cela sage pour votre bien. ¶
Et vous devez être égaux, ou, en d'autres termes, vous devez avoir des droits égaux sur les propriétés, dans l'intérêt de l'administration des affaires de vos intendances, chacun selon ses besoins et ce qui lui est nécessaire, si ses besoins sont justes — ¶
Et tout cela pour le profit de l'Église du Dieu vivant, afin que chacun fasse fructifier son talent, afin que chacun acquière d'autres talents, oui, même cent fois plus, à verser dans le magasin du Seigneur, pour devenir la propriété commune de l'Église entière — ¶
Chacun cherchant l'intérêt de son prochain et faisant tout, l'œil fixé uniquement sur la gloire de Dieu. (D. et A. 82:14-19.) ¶
La révélation concernant l'ordre uni
Un an avant de recevoir cette révélation, le Seigneur donna les détails — les moindres détails — de l'organisation que nous en sommes venus à appeler l'ordre uni. Il nous dit comment les consécrations devaient être faites et reçues ; il nous dit comment le reste ou les surplus devaient être gérés et distribués ; il nous dit quelque chose sur l'établissement des intendances et de la propriété privée, et comment ceux qui faisaient partie d'une telle organisation devaient se conduire. Ce n'est pas la première fois qu'une telle organisation a été donnée à ce peuple. Nous lisons que, peu après la crucifixion du Sauveur, les disciples de notre Seigneur et Sauveur établirent un ordre où ils mettaient toutes choses en commun, et deux cents ans après la venue du Sauveur, nous trouvons sur ce continent un peuple dont il est dit qu'il vivait pareillement dans des liens étroits de communion fraternelle et d'amour, à tel point qu'il n'y avait de peuple plus heureux nulle part sur la surface de la terre. ¶
Les débuts du plan d'entraide de l'Église
Il y a cinq ans et demi, alors que j'accompagnais, sur mission de la Première Présidence, frère Melvin J. Ballard à travers toute l'Église pour faire l'annonce initiale du mouvement actuel connu sous le nom de plan d'entraide de l'Église, on lui demandait partout : « Est-ce là le commencement de l'ordre uni ? » Et à tous ceux qui posaient cette question, la réponse de frère Ballard était toujours la même : « Non, ce n'est pas le commencement de l'ordre uni, mais il se peut que, par ce mouvement, le Seigneur donne à son peuple un examen pour voir jusqu'à quel point il est parvenu à une condition où il pourrait vivre comme un seul être. » ¶
En réfléchissant à cette question, et en réfléchissant à sa réponse, j'ai eu de la difficulté à comprendre comment un peuple qui n'est pas capable de se sacrifier au point de payer chaque année le dixième de son revenu et de s'abstenir de deux repas le premier dimanche du mois pour en verser le montant en offrande pour le soin des nécessiteux — j'ai de la difficulté à comprendre comment nous pouvons croire que beaucoup d'entre nous sont prêts à plus de dix pour cent pour l'ordre uni. ¶
De plus, j'ai de la difficulté à comprendre qu'ils seraient capables de vivre dans l'ordre uni s'il devait être institué aujourd'hui. J'ai aussi de sérieux doutes que des temps de prospérité rendent possible ce jour heureux dont on a parlé. Je crains que nous ne devions encore traverser des temps plus difficiles et plus éprouvants que tous ceux que nous avons connus jusqu'ici avant qu'un tel jour puisse venir. ¶
Il y a des choses dont je suis certain, et c'est que, contrairement à la croyance et aux idées erronées de certains d'entre nous, l'ordre uni ne sera pas un système socialiste ou communiste ; il sera quelque chose de distinct, et sera même de nature plus capitaliste que le socialisme ou le communisme, en ce que la propriété privée et la responsabilité individuelle y seront maintenues. Je suis certain aussi que, lorsqu'il viendra, il viendra des dirigeants de cette Église que vous soutenez comme prophètes, voyants et révélateurs, et ne viendra pas de quelque homme qui n'occupe pas cette position. Il ne viendra pas comme un programme politique, légiféré par des hommes qui ne possèdent pas cette autorité. Je suis également convaincu que le temps est venu où Sion doit revêtir ses beaux vêtements en préparation de la seconde venue du Sauveur, et je crois fermement que cette préparation est en cours. Je suis de même persuadé que le plan d'entraide de l'Église contribue puissamment à cette préparation. ¶
Ce n'est pas une simple coïncidence si notre Présidence, en 1936, annonçant depuis cette tribune le commencement de ce mouvement d'entraide, fit cette déclaration importante : ¶
Aucun effort ne doit être épargné pour effacer tout sentiment de timidité, de honte ou d'embarras chez ceux qui reçoivent une aide. La paroisse doit être une grande famille d'égaux. ¶
Le but du plan : aider les pauvres
J'ai vu, à partir d'un humble commencement, une organisation grandir au point que l'on produit maintenant, dans toute l'Église, de grandes quantités de denrées alimentaires. J'ai vu se développer, sous la direction de nos dirigeants, un système de distribution équitable de ces denrées, à tel point que les quatre-vingt-trois entrepôts que nous avons maintenant, ou qui sont en cours de construction, peuvent chacun avoir un approvisionnement équitable de tous ces produits, et une aussi grande variété que s'ils se trouvaient ici, au centre de l'Église. Je me souviens aussi qu'aucun évêque aujourd'hui, s'il est fidèle à assumer sa responsabilité, ne peut dire qu'il ne peut pas prendre soin des membres fidèles de sa paroisse parce qu'il manque de fonds. Je sais que, durant ces années, nous nous sommes efforcés d'atteindre un grand but, et que nous avons été conduits par la main de notre Père. ¶
Nous sommes parvenus, oui, à un jour où « la voie du Seigneur », telle qu'il l'a décrite, allait s'appliquer, où les pauvres seraient exaltés, ou, en d'autres termes, stimulés vers la réussite et la dignité, et élevés parce que les riches auraient été abaissés, ou, en d'autres termes, parce que les riches seraient devenus humbles et disposés à donner de leurs biens, de leur temps, de leur talent, de leur sagesse et de leur exemple, afin que les pauvres puissent ainsi être guidés et dirigés. J'ai vu grandir le travail d'équipe et la coopération, et j'ai vu la prêtrise prendre sa place en bénissant cette Église, temporellement et spirituellement, d'une manière des plus glorieuses. ¶
La préparation nécessaire avant la seconde venue du Christ
Je suis persuadé que les jours d'épreuve et de tribulation, le temps de mettre à l'épreuve la fidélité des saints des derniers jours, sont arrivés, comme cela a été prédit. Je suis aussi convaincu que vous et moi ne serons pas préparés à vivre la loi céleste, en préparation de la seconde venue, si nous ne sommes pas capables de vivre la loi de la dîme, de payer nos offrandes de jeûne, et de souscrire de tout cœur, dès à présent, au fonctionnement du plan d'entraide. À mon avis, il y a de sérieux doutes que quiconque puisse soutenir le jour de la seconde venue s'il n'est pas disposé et capable de suivre la direction de ces hommes que le Seigneur a établis pour nous conseiller et nous guider en ce jour. ¶
Je remercie le Seigneur que nous ne dépendions pas uniquement de la foi de ceux qui vécurent il y a des siècles, ou même il y a cent ans, pour les révélations qui leur furent données en leur temps. En ce jour, il nous a donné des dirigeants qui possèdent ce même esprit de révélation. Voici ce que le Seigneur a dit, s'adressant à ceux qui détenaient l'apostolat : ¶
Et c'est là l'exemple qui leur est donné, qu'ils parleront selon qu'ils seront inspirés par le Saint-Esprit. ¶
Et tout ce qu'ils diront sous l'inspiration du Saint-Esprit sera Écriture, sera la volonté du Seigneur, sera l'avis du Seigneur, sera la parole du Seigneur, sera la voix du Seigneur et le pouvoir de Dieu pour le salut. (D. et A. 68:3,4.) ¶
Paroles inspirées d'anciens dirigeants de l'Église
Il ne devrait pas être nécessaire aujourd'hui d'attendre une nouvelle révélation écrite sur chaque point, puisque nous avons ces hommes ainsi en possession de ce même esprit de révélation. Un bref rappel des instructions passées de nos dirigeants ne devrait servir qu'à avertir les désobéissants et à encourager les obéissants à demeurer fidèles. Écoutez aujourd'hui les paroles que le président Wilford Woodruff prononça il y a plus de quarante ans : ¶
Pour ce qui concerne les affaires temporelles, nous devons nous mettre au travail et pourvoir à nos propres besoins. Le jour viendra où vous verrez la nécessité de fabriquer vos propres chaussures et vêtements, de cultiver votre propre nourriture, et de vous unir pour accomplir les desseins du Seigneur. Nous serons préservés dans les montagnes d'Israël au jour du jugement de Dieu. ¶
Je vous dis donc, mes frères et sœurs, préparez-vous à ce qui doit venir. ¶
Avez-vous fait cette préparation ? Êtes-vous devenus un peuple autosuffisant ? Nous avons été avertis de le devenir par un homme que nous avons soutenu comme représentant de notre Père céleste ici sur la terre. Aujourd'hui, nous souffrons de difficultés entre le capital et le travail. Savez-vous que notre dirigeant d'il y a près de quarante ans nous a dit quelque chose qui, si nous y avions prêté attention, nous aurait guidés sans encombre à travers certains des maux de l'époque actuelle. ¶
Lorenzo Snow prononça ces paroles : ¶
Vous, millions de travailleurs qui gagnez votre pain quotidien à la sueur de votre visage, le jour de votre rédemption approche. Cessez de gaspiller votre salaire en ce qui contribue à vous maintenir dans le besoin. Ne considérez pas la richesse de votre ennemi et de votre employeur comme votre oppresseur. Recherchez l'union du capital et du travail. Soyez prévoyants dans la prospérité. Ne devenez pas la proie d'hommes rusés qui cherchent à fomenter des discordes pour leurs propres fins égoïstes. Luttez pour vos droits par tous les moyens légaux, et abstenez-vous de violence et de destruction. La dissipation et le vice sont les chaînes qui vous lient à l'esclavage. ¶
Hommes et femmes fortunés, employez vos richesses à donner du travail à l'ouvrier ; retirez les oisifs des centres de population surpeuplés, et placez-les sur les terres inoccupées qui attendent la main de l'industrie. Ouvrez vos coffres, déliez vos bourses, et investissez dans des entreprises qui donneront du travail aux chômeurs et soulageront la misère qui empoisonne l'atmosphère morale qui vous entoure. Rendez les autres heureux, et vous serez heureux vous-même. ¶
Il a été beaucoup question, dans cette conférence, de rester hors de dettes et d'éviter la spéculation. Depuis cette même tribune, il y a maintenant tout juste neuf ans, notre regretté président Anthony W. Ivins prononça, des lèvres inspirées, ces paroles ; (et elles devraient être une sorte de condamnation pour ceux qui n'en ont pas tenu compte, et une sorte de bénédiction pour ceux qui ont écouté et suivi ce conseil.) Voici ce qu'il dit, mettant en garde contre l'emprunt et l'endettement : ¶
Je crains que, dans les conditions actuelles, nous ne glissions peu à peu vers un gouvernement paternaliste, un gouvernement qui s'enracinera de telle sorte que le peuple deviendra impuissant à le renverser, et dans lequel la vie et les libertés du peuple en général pourraient être mises en péril. On déverse en ce temps de besoin des millions de dollars dans des sources destinées au bien du peuple, et c'est un grand bienfait, et peut-être un salut, mais cela va aboutir à ceci, je vais faire cette déclaration, que si la politique actuelle se poursuit, il ne s'écoulera pas longtemps avant que le gouvernement ne se trouve dans le commerce bancaire, dans l'agriculture, dans l'élevage du bétail et des moutons, car bon nombre de ces dettes ne seront jamais remboursées. Cela signifiera la nomination d'innombrables agences. Le gouvernement est aujourd'hui surchargé de commissions et d'agences, dont certaines administrent les lois mêmes que le Congrès a lui-même promulguées. Ce devrait être quelqu'un d'autre qui administre ces lois. Si vous voulez vous préserver de la servitude de la dette et des influences politiques qui ne sont pas de votre propre choix, je vous demande de réfléchir à ce que j'ai dit. ¶
Maintenant, mes frères et sœurs, nous avons aujourd'hui des hommes qui nous ont dit à maintes reprises, et nous ont aussi mis en garde contre le mal et le vice de l'alcool parmi nous. On nous a dit que nous devons soutenir et encourager l'industrie locale, éviter la spéculation, et faire des réserves de nourriture et de vêtements pour au moins une année. Nos dirigeants nous ont suppliés de suivre une voie qui tendrait à nous garder hors de la guerre. Je vous exhorte, en toute sobriété et sérieux, à écouter et à en tenir compte avant qu'il ne soit trop tard. ¶
Oh, puissions-nous ne pas être de ceux dont le Seigneur se plaignit : ¶
Le jour de leur paix, ils ont pris mes instructions à la légère, mais le jour de leurs difficultés, par nécessité, ils me cherchent. (D. et A. 101:8.) ¶
Souvenez-vous que le Seigneur a dit : ¶
Car si vous voulez que je vous donne une place dans le monde céleste, vous devez vous préparer en faisant les choses que je vous ai commandées et ce que j'ai exigé de vous. (D. et A. 78:7.) ¶
La sécurité dans le fait de suivre le conseil des dirigeants de l'Église
Aujourd'hui, vous et moi sommes ici parce que nous avons écouté le conseil du président Brigham Young, et fait la sourde oreille aux sollicitations d'hommes comme James J. Strang, Sidney Rigdon et d'autres qui nous auraient égarés du chemin de la vérité et du droit. Je vous rends témoignage, en toute humilité, que si vos enfants et mes enfants, nos petits-enfants, nos arrière-petits-enfants, demeurent fidèles à cette Église, ce sera parce que vous et moi sommes demeurés fermes dans le témoignage que ces hommes sont les prophètes du Dieu vivant et que nous devons suivre leur conseil si nous voulons être sauvés aux jours du péril. C'est pourquoi, « tenez-vous en des lieux saints et ne vous laissez pas ébranler », afin que nous puissions soutenir le jour de la venue du Fils de l'homme et être enlevés dans les nuées du ciel à la rencontre de notre Rédempteur lorsqu'il viendra régner sur la terre, et régner avec lui mille ans avec nos enfants et les rachetés de la maison de notre Père, je le prie humblement, au nom du Seigneur Jésus-Christ. Amen. ¶