Le mariage au temple et la dignité
George F. Richards
Du Collège des douze apôtres ¶
Je suis certain, frères et sœurs, que nous avons tous été heureux d'entendre le président de l'Église, et de savoir qu'il a pu se tenir devant nous et nous adresser la parole à l'ouverture de cette conférence. Si j'entreprenais de commenter ses paroles, je dirais que les principes qu'il a posés lorsqu'il est devenu président de l'Église ont animé sa vie durant les années qui ont suivi. Il a été un exemple pour les membres de l'Église. Il a été plein de persuasion, et nous a bien enseignés en tant que peuple. Je crois que nous sommes si bien enseignés que, si nous faisions aussi bien que nous le savons, et que nous laissions de côté les choses que nous savons ne pas devoir faire, nous serions sur la voie du salut. Nous avons donc besoin d'être pénétrés de la nécessité de faire les choses que nous savons devoir faire. ¶
Une guerre menée pour un principe
Notre Sauveur a été pour nous un exemple en toutes choses. J'attire l'attention sur la guerre qui eut lieu au ciel, dont nous lisons le récit dans la Bible, au douzième chapitre de l'Apocalypse, et dans la Perle de Grand Prix, où l'un des fils de notre Père, considéré comme noble et grand, présenta un plan de salut qui nous obligerait à obéir à la loi sans l'exercice de notre libre arbitre, et qui ôterait à notre Père céleste son honneur et sa gloire. Dans ce conseil dans les cieux, le Premier-né du Père en esprit s'avança avec une déclaration simple mais énergique : « Père, que ta volonté soit faite, et que la gloire t'appartienne à jamais. » ¶
Le combat fut livré, quelle qu'en fût la nature, sur ce terrain de principes, et nous avons des raisons de croire que nous étions du nombre de ceux qui se tinrent aux côtés du Sauveur, notre Frère aîné, vrais et fidèles, tandis que ceux qui se rebellèrent furent chassés et précipités, et les desseins et la volonté de Dieu se réalisent dans le plan du salut de l'homme. Le Sauveur est notre grand exemple, et l'Écriture nous enseigne que nous devrions marcher dans la lumière comme il est lui-même dans la lumière, avec la promesse que nous serons en communion les uns avec les autres, et que son sang nous purifiera de tout péché. Nous avons de bonnes raisons de croire que le principe que le Sauveur présenta dans le conseil dans les cieux ne concernait pas seulement la vie en esprit, mais aussi notre existence ici, sur la terre. ¶
Certes, la terre n'était pas encore formée à cette époque, mais la fin est connue de Dieu dès le commencement. Des dispositions furent prises, dès ce moment-là, pour racheter l'humanité d'une chute qui n'avait pas encore eu lieu, par l'expiation du Christ, et ce fut là l'un des buts de son élection, afin que nous puissions tous obtenir le pardon du péché par l'obéissance aux lois et aux ordonnances de l'Évangile. Le Père donna le Fils, et le Fils se donna lui-même, le plus grand don qui ait jamais été fait, le plus grand sacrifice qui ait jamais été offert, le plus grand service qui ait jamais été rendu. Il nous est demandé de suivre ses traces, et je pense que cela signifie que nous devrions être disposés à donner tout ce que nous avons, s'il le faut, et notre vie, si nécessaire, pour la cause, afin d'aider à l'accomplissement du dessein de notre Père céleste dans le salut de ses enfants. ¶
Nous ne sommes pas aussi préoccupés de notre propre bien-être que nous devrions l'être, et nous pouvons, à cet égard, appliquer cet esprit du Christ à notre vie personnelle. ¶
« Que ta volonté soit faite » signifiait bien sûr que nous ferions les choses qui plairaient à notre Père céleste, et que, lorsque nous faisons sa volonté, nous lui plaisons. Je veux vous dire, frères et sœurs, qu'il est manifeste que beaucoup d'entre nous font des choses qui ne plaisent pas à notre Père céleste, et nous le savons, aussi avons-nous besoin qu'on nous le rappelle. ¶
Les Écritures nous disent que la foi est le premier principe de la religion révélée, le fondement de toute droiture, et la cause motrice de toute action. La foi étant le fondement de toute droiture, nous pouvons conclure logiquement que notre manque de droiture est dû à un manque de foi. Je suis certain, frères et sœurs, que si nous avions la foi que nous devrions avoir, celle que notre Père céleste attend de nous, il n'y aurait aucune exigence formulée à notre égard à laquelle nous ne répondrions volontiers ; et nous profiterions des bénédictions qui nous sont offertes. ¶
Le mariage au temple, une grande bénédiction
C'est un grand sujet de déception pour les autorités de l'Église et pour le Seigneur que beaucoup de ses membres se contentent d'être mariés par une cérémonie qui dure jusqu'à ce que la mort les sépare — un mariage pour le temps. Nous appelons mariages civils ceux qui sont célébrés dans l'Église en dehors des temples, et mariages au temple ceux qui sont célébrés dans le temple. Je veux vous expliquer que les mariages au temple comportent tous les éléments d'un mariage civil, qu'un homme qui célèbre un mariage au temple a l'autorité légale au même titre que ceux qui célèbrent les mariages civils en dehors du temple, et qu'il détient également, dans la sainte prêtrise, par nomination spéciale, le pouvoir de scellement par lequel l'homme et la femme sont scellés comme mari et femme pour le temps et pour toute l'éternité ; et non seulement cela, mais certaines des plus grandes bénédictions que notre Père a pour ses enfants, destinées aux tout élus du Seigneur, leur sont prononcées par leur fidélité à garder leurs alliances, bénédictions qui ne peuvent être obtenues d'aucune autre manière que dans la relation matrimoniale au sein de la nouvelle alliance éternelle. ¶
Les dirigeants des paroisses, en particulier les évêques, ont la responsabilité principale d'enseigner aux jeunes gens, ou de veiller à ce qu'on leur enseigne, quelles sont leurs possibilités en matière de mariage et de réception des saintes ordonnances de la dotation dans le temple du Seigneur, qui doivent les préparer à entrer dans le royaume de Dieu et à y recevoir l'exaltation. Ils devraient être si bien instruits que, lorsqu'un jeune homme vient demander à l'évêque une recommandation sans avoir rempli les conditions prescrites pour être digne d'aller au temple, celui-ci puisse en toute logique lui refuser ce privilège. ¶
Des bénédictions à rechercher par la dignité
Il y a un très grand nombre de membres de l'Église qui ont été mariés au temple et qui n'ont pas été dignes des bénédictions du temple. Ils ont besoin de repentir. ¶
Il en est d'autres qui ne sont pas allés au temple parce qu'ils ne pouvaient pas obtenir de recommandation. Ils savent qu'ils ne vivent pas l'Évangile de manière à être dignes de recevoir ces grandes bénédictions se rapportant à la dotation et au scellement du mari et de la femme, et cela déplaît aux yeux du Seigneur. ¶
Et il en est d'autres qui pourraient obtenir une recommandation pour aller au temple, mais qui choisissent d'être mariés pour le temps, par un mariage civil, plutôt que par un mariage dans le temple du Seigneur. ¶
La négligence des occasions apporte le regret
Laissez-moi maintenant vous raconter une expérience que j'ai vécue alors que je présidais au temple de Salt Lake. Une dame vint à moi, en tant que président du temple, sanglotant dans sa peine, dans sa déception. J'écoutai son histoire. Elle me dit qu'elle et son mari étaient membres de l'Église et auraient pu aller au temple, mais qu'ils n'y avaient pas songé sérieusement, et qu'après avoir eu deux enfants, le mari mourut. Plus tard, elle épousa un homme qui n'était pas membre de l'Église, et ces deux enfants — un garçon et une fille — étaient maintenant adolescents, et dans la classe de généalogie où ils étudiaient, ils avaient appris que ceux qui n'étaient pas nés sous la nouvelle alliance éternelle devaient nécessairement être scellés à leurs parents ; ils vinrent donc trouver leur mère pour savoir s'ils pouvaient être scellés à leur père et à leur mère. Les faits sont que les parents avaient négligé d'être scellés de leur vivant, et qu'après la mort du mari et père, l'épouse avait négligé d'aller au temple pour être scellée à son mari et faire sceller les enfants à leurs parents ; elle s'est maintenant remariée en dehors de l'Église, et les portes du temple lui sont fermées. Non seulement elle est privée des bénédictions de la sainte dotation et d'être une épouse scellée à un homme pour l'éternité, mais ses enfants n'ont pas le privilège d'être scellés à leurs parents. Ces parents ont fait à leurs enfants une très grande injustice en ne s'étant pas mariés au temple, afin que les enfants pussent naître sous la nouvelle alliance éternelle. ¶
Et cela ne représente qu'une seule catégorie, frères et sœurs. ¶
J'ai reçu un jour une lettre de l'une de nos colonies du nord, je crois qu'elle venait d'un instructeur visiteur de paroisse, qui exposait qu'un couple aurait pu aller au temple, mais qu'ils vivaient loin du temple ; ils avaient l'intention d'y aller, mais ils remettaient sans cesse, jusqu'à ce qu'ils aient trois enfants, et alors le mari tomba malade et mourut. Plus tard, un bon frère vint courtiser cette veuve, et elle l'épousa pour le temps, avec l'entente qu'il irait au temple avec elle et servirait de procuration pour son premier mari, afin qu'elle pût être scellée à celui-ci et faire sceller ses enfants à eux. Le temps passa et cette promesse fut négligée, si bien qu'aujourd'hui elle a trois enfants de son second mari, et le second mari pense maintenant qu'il a tout autant de droit sur cette femme que le premier mari, et la femme paraissait incertaine de ce qu'il convenait de faire, ou de quels étaient ses privilèges. Naturellement, n'ayant été scellée à aucun homme, elle a le choix. Elle peut être scellée à celui qu'elle préfère. Lorsqu'elle pleurait la perte de son mari, je suppose qu'elle pensait ne jamais pouvoir en aimer un autre, mais le temps guérit la blessure, et un autre homme entre dans sa vie, et la voilà maintenant dans une position où elle doit choisir entre un homme vivant et un homme mort, et généralement on préfère un homme vivant (rires), et l'homme vivant a l'avantage sur l'homme mort, car il est présent pour plaider sa cause. Ainsi, si la femme se décide en faveur du second mari, ce qui est son droit si elle le désire, et qu'elle est scellée à lui, le seul moyen pour elle d'avoir ses enfants est de les faire sceller à elle et à l'homme auquel elle est scellée. Les enfants ayant été jeunes du vivant de leur père, et cet homme, s'il a été un bon beau-père, les enfants ont appris à l'aimer et à le respecter comme tel, et ils désirent être scellés à leur mère. Le seul moyen d'être scellés à elle est d'être scellés à cet homme. Ils y consentent parfaitement, même une fois devenus adultes et capables de décider par eux-mêmes. ¶
Qu'en est-il du premier mari, le père de ces enfants ? Il a perdu sa femme ; il a perdu ses enfants, par négligence, par indifférence envers ses propres intérêts et envers la pensée et la volonté du Seigneur à son égard. Comme je l'ai dit, c'est un déplaisir pour le Seigneur si l'un quelconque de ces membres de l'Église ne vit pas de manière à obtenir une recommandation pour le temple, ou si ceux qui en sont dignes ne vont pas au temple pour ces bénédictions. ¶
Ceux-là représentent certaines catégories. Je veux vous dire qu'il y a aujourd'hui dans cette Église plus de 30 000 hommes de plus de vingt ans qui détiennent quelque office dans la Prêtrise d'Aaron et qui n'ont jamais été élevés à la Prêtrise de Melchisédek. Cela signifie qu'ils ne sont jamais allés au temple recevoir leur dotation. Cela signifie que, s'ils sont mariés, ils se sont mariés en dehors du temple. Cela signifie qu'ils risquent de perdre leur femme et leurs enfants, et qu'ils font une injustice à leurs enfants en élevant leur famille sans leur donner le privilège de naître sous la nouvelle alliance éternelle. ¶
Et ainsi le prophète Joseph a laissé cette déclaration : chaque fois que le Seigneur offre une bénédiction à un homme et que celui-ci rejette cette offre, cet homme est damné. ¶
Nous ne pouvons ignorer le fait qu'il nous est proposé des incitations à faire les choses que nous savons devoir faire pour obtenir le salut, et que la condamnation nous attend si nous négligeons ces devoirs. ¶
Je vois que mon temps est écoulé. Je remercie le Seigneur pour l'aide qu'il m'a donnée, car je crois, frères et sœurs, avoir parlé sous l'influence de l'Esprit du Seigneur et de sa volonté à notre égard. Il y a bien d'autres choses tout aussi importantes que celles dont j'ai parlé, et dans lesquelles nous montrons quelque négligence. C'est pourquoi, dans un esprit d'humilité, et avec amour, foi, espérance et charité, je voudrais appeler les saints des derniers jours qui en ont besoin à se repentir tant qu'ils en ont l'occasion, et à s'assurer leur appel et élection, et que Dieu nous aide tous, je le prie au nom de Jésus-Christ, Amen. ¶