Pulpit

Toujours de l'avant

David O. McKay

Conférence générale d'avril 1941·Session du matin du troisième jour·1941-04-06

Parmi les sublimes enseignements du Sauveur dans le Sermon sur la montagne, je citerai ce qui suit :

Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données en plus.

J'ai choisi cette exhortation et cette promesse comme thème pour ce matin parce que (1) elle semble si bien résumer, de manière générale, les instructions opportunes données à cette Conférence. Ensuite, elle exprime l'idéal auquel a souscrit tout homme qui détient la prêtrise. De plus, si on y prête attention, elle sera la plus grande et la meilleure sauvegarde pour nos fils qui sont appelés à servir leur pays. Et enfin, je crois fermement que si les dirigeants des nations suivaient cette exhortation, la discorde et la guerre seraient bannies du milieu des hommes.

Ce qu'est le royaume de Dieu, le prophète Joseph Smith y répond ainsi :

Là où se trouve un prophète, un prêtre, ou un homme juste à qui Dieu donne ses oracles, là se trouve le royaume de Dieu.

Chercher premièrement le Royaume signifie subordonner aux principes de l'Évangile tous les autres buts et toutes les autres poursuites.

Ce qu'implique le royaume de Dieu

Le terme implique le règne divin dans le cœur et la volonté des hommes, et dans la société. L'homme reconnaît une puissance et une autorité supérieures à la sienne. « Ce n'est pas le règne arbitraire d'une Divinité despotique, mais il est fondé sur la soumission volontaire de la volonté de l'homme à celle de Dieu. » Jésus dit un jour : « Le royaume de Dieu est au milieu de vous. » Cela est vrai, car c'est dans le cœur de l'homme que l'appartenance au royaume extérieur trouve son origine. Le dévouement et la loyauté qui jaillissent ainsi du cœur, « car le Père commun de toute l'humanité est le lien le plus fort et le seul lien universel qui puisse unir tous les hommes ensemble. » Seul un tel groupe, tourné d'un même esprit vers le ciel pour y chercher sa direction, peut finalement transformer la société humaine.

Le royaume de Dieu implique aussi une fraternité universelle dans laquelle tous les hommes reconnaissent Dieu comme leur Souverain suprême et chérissent le désir d'obéir à sa volonté divine.

Le but de l'Église

La mission de l'Église est de préparer la voie à l'établissement final du royaume de Dieu sur la terre. Son but est, premièrement, de développer dans la vie des hommes des qualités semblables à celles du Christ ; et, deuxièmement, de transformer la société afin que le monde soit un endroit meilleur et plus paisible où vivre.

Comment l'Église contribue à la formation du caractère

Dans la transformation de la vie des hommes, l'Église reconnaît certains facteurs fondamentaux si essentiels qu'ils sont constamment portés à notre attention, et qui ont été soulignés avec force par les orateurs de cette Conférence. Par exemple, reconnaissant la réalité de l'édit divin selon lequel « les péchés des pères seront rendus sur les enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération », l'Église souligne la nécessité d'une aptitude morale et physique à la parentalité. D'où l'appel constant à ce que les jeunes gens et les jeunes filles vivent une vie pure et chaste avant d'assumer la responsabilité du mariage, et qu'ils restent fidèles à cette alliance sacrée. D'où l'idéal du mariage au temple, constamment placé devant nous, où la sainteté de l'alliance du mariage est scellée et ratifiée par la plus haute autorité divine donnée par Dieu à l'homme. D'où l'insistance mise sur la Parole de Sagesse, qui proscrit le tabac, les stimulants et les stupéfiants, et qui encourage et recommande la tempérance et l'obéissance aux lois de la santé. D'où les enseignements donnés dès l'enfance d'être « honnêtes, fidèles, chastes, bienveillants et vertueux, et de faire du bien à tous les hommes ».

L'Église, reconnaissant la puissance d'autres influences que le foyer dans la vie de l'enfant en pleine croissance avant qu'il n'atteigne l'autodétermination, offre un environnement religieux presque dès la naissance. L'École du Dimanche, la Primaire, l'Association d'amélioration mutuelle organisent une instruction, des divertissements et une direction appropriés, depuis le berceau jusqu'à l'âge adulte.

Cinq années fatidiques

Un écrivain spécialisé dans les questions sociales dit :

Les années les plus décisives de la vie sont les cinq premières, car c'est l'époque où la vie est soumise à son environnement, avant que la conscience de soi et la capacité à se diriger soi-même ne s'éveillent. Dans une large mesure, la vie de l'homme a déjà son orientation et sa direction, sa couleur et sa tonalité, avant même qu'elle n'ait commencé à raisonner et à choisir.

Croyant à l'adage : « Instruis l'enfant selon la voie qu'il doit suivre ; et quand il sera vieux, il ne s'en détournera pas », l'Église encourage les collèges et les auxiliaires, où plus de cinquante mille dirigeants et instructeurs consacrent volontiers et gratuitement leur temps, leurs capacités et leurs moyens au développement du caractère des enfants et des jeunes de l'Église. Les parents qui négligent d'encourager leurs fils à assister à leurs réunions de collège, qui négligent d'encourager leurs enfants à profiter de l'École du Dimanche, de la Primaire et de la Mutuelle, manquent à leurs devoirs et à leurs responsabilités parentales.

Ce ne sont là que quelques-uns des aspects de l'Église consacrés à la formation du caractère, et à quelque chose de plus précieux encore : un témoignage de la vérité de l'Évangile rétabli de Jésus-Christ.

Le premier devoir des citoyens du Royaume est de vivre une vie exemplaire.

Transformer la société

Mais comme je l'ai dit, l'amélioration de l'individu n'est qu'un seul des buts de l'Église. L'idéal complet du mormonisme est de faire des citoyens droits dans une société idéale.

La nuit de Gethsémané, dans la chambre haute, avant que Jésus et les apôtres ne partent pour le jardin, il pria :

Je ne suis plus dans le monde, et ils sont dans le monde... Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal.

La mission de l'Église est de réduire et, si possible, d'éliminer ces « maux » du monde. La nécessité d'une telle force unificatrice est exprimée par un éminent écrivain (Samuel Z. Batten) en ces termes :

Le monde compte aujourd'hui beaucoup de gens de bien, plus nombreux que jamais à être prêts à croire, mais ces gens ne possèdent aucun idéal unificateur, aucun principe organique, aucune vision cohérente de la vie, aucun programme d'action synthétique. La société prend conscience d'elle-même et commence à prendre note de ses troubles et de ses besoins, mais elle n'a aucun sens clair de la direction à suivre, aucune impulsion organisatrice, aucun idéal englobant tout, aucune impulsion puissante... Existe-t-il quelque chose par quoi notre nature puisse trouver son unité, notre race reconnaître sa fraternité, notre humanité ordonner ses affaires comme un tout ?

Nous répondons oui : cette force unificatrice, cet idéal, c'est l'Évangile de Jésus-Christ tel qu'il a été rétabli par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith. Il explique la vie de l'homme et son but, et il contient en lui les éléments salvateurs vitaux, les idéaux nobles et l'élévation spirituelle après lesquels le cœur de l'homme aspire aujourd'hui.

Partout, les hommes et les femmes droits et sensés désirent éliminer de nos communautés les éléments mauvais qui désintègrent constamment la société : le problème de l'alcool, avec l'ivrognerie, la pauvreté et la misère qu'il entraîne ; l'immoralité avec tous les maux qui l'accompagnent ; la guerre, qui est littéralement un enfer sur la terre, qui dévaste actuellement l'Europe et l'Asie, et qui menace notre propre pays.

Attitude sociale

Quelle devrait être notre attitude envers ces conditions sociales ? Premièrement, veiller à ce que, en tant qu'individus, nous ne contribuions pas par nos actes à leur existence, et, deuxièmement, déployer tout effort juste pour les extirper de nos communautés.

L'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours cherche, par son plan d'entraide, par une conscience et une responsabilité accrues des collèges, à rendre meilleur et plus lumineux l'environnement tant du foyer que de la communauté.

La coopération et l'entraide mutuelle sont des vertus caractéristiques de l'Église du Christ. Ses mots d'ordre sont l'unité, l'efficacité, la fraternité — une fraternité dans laquelle la justice et la miséricorde inspirent les actions de tous les hommes.

Le président Young a dit un jour :

Quiconque vivra assez longtemps pour voir le royaume de Dieu pleinement établi sur la terre verra un gouvernement qui protégera chaque personne dans ses droits.

Et encore :

Si le royaume de Dieu était établi sur la terre... une communauté ne serait pas autorisée à se dresser contre une autre pour la contraindre à se conformer à ses normes. Une confession ne serait pas autorisée à en persécuter une autre parce qu'elles diffèrent par leurs croyances religieuses et leur mode de culte. Chacun serait pleinement protégé dans la jouissance de tous ses droits religieux et sociaux, et aucun État, aucun gouvernement, aucune communauté, aucune personne n'aurait le droit d'empiéter sur les droits d'autrui.

Le travail honnête encouragé

L'arrogance de la richesse et l'amertume de l'âme qui naît de la pauvreté ne trouveraient aucune place dans une société composée d'hommes et de femmes qui croiraient véritablement et s'efforceraient sincèrement de vivre selon l'Évangile.

Le conflit actuel entre le capital et le travail, qui par son hostilité menace de saper les fondements mêmes du gouvernement, cesserait, car l'esprit et les actes de coercition, d'intimidation et de violence sont contraires aux enseignements de Jésus et seraient dénoncés par lui avec la plus grande vigueur. L'intimidation et la dictature sont des éléments étrangers à l'esprit et au gouvernement de l'Église. L'Église encourage et reconnaît le travail honnête partout et chaque fois qu'il se présente, mais elle doit condamner l'esprit d'oppression, de contrainte et d'intimidation partout où il se manifeste.

Aucun pouvoir, aucune influence ne peuvent ou ne devraient être exercés en vertu de la prêtrise, si ce n'est par la persuasion, par la longanimité, par la douceur et par l'amour sincère.

Beverley Nichols dit :

Les problèmes économiques, les problèmes raciaux, les problèmes sexuels, les problèmes de chômage, les problèmes de guerre sont des mythes, de hideux fantômes créés par des esprits qui ne sont pas lavés par l'Esprit du Christ, des chimères absurdes qui ne pourraient fleurir que dans des déserts sur lesquels l'ombre de la croix n'est jamais tombée. Je sais que nos vies n'ont pas de « problèmes » tant que nous faisons confiance au Christ, et le fait que ma propre vie soit actuellement pleine de problèmes n'est que la preuve du chemin qu'il me reste à parcourir avant d'atteindre la perfection.

Il y a dans le monde des gens qui disent que la jalousie, l'inimitié, l'égoïsme dans le cœur des hommes empêcheront toujours l'établissement de la société idéale connue sous le nom de royaume de Dieu. Quoi qu'en disent les sceptiques et les moqueurs, la mission de l'Église du Christ est d'éliminer le péché et la méchanceté du cœur des hommes, et de transformer ainsi la société pour que la paix et la bonne volonté règnent sur cette terre.

Le but même de l'existence du Christ sur cette terre était de changer la nature humaine. Et si vous niez cette possibilité, vous lui dites, en somme : « Retourne d'où tu viens... nous ne voulons pas de toi... tu tentes l'impossible. » Certains hommes courageux ont dit cela, mais c'est l'uniforme gris de l'athée qu'ils portaient, et non les robes resplendissantes du serviteur du Christ.

La nature humaine

Vous POUVEZ changer la nature humaine. Aucun homme qui a senti en lui l'esprit du Christ, ne serait-ce qu'une demi-minute, ne peut nier cette vérité, la seule grande vérité dans un monde de petits mensonges. Vous CHANGEZ effectivement la nature humaine, votre propre nature humaine, si vous la lui abandonnez. Le nier, c'est se proclamer soi-même un ignorant.

La nature humaine PEUT être changée, ici et maintenant.

La nature humaine A ÉTÉ changée, dans le passé.

La nature humaine DOIT être changée, à une échelle immense, dans l'avenir, à moins que le monde ne soit noyé dans son propre sang. Et seul le Christ peut la changer.

Douze hommes ont beaucoup fait pour changer le monde, il y a mille neuf cents ans. Douze hommes simples, n'ayant que le vent pour les porter sur les mers, quelques sous en poche, et une foi rayonnante dans le cœur. Ils sont restés bien en deçà de leur idéal, leurs paroles furent déformées et raillées, et de faux temples furent bâtis sur leurs ossements, à la louange d'un Christ qu'ils auraient eux-mêmes rejeté. Et pourtant, à la lumière de leur inspiration, beaucoup des plus belles choses du monde furent créées, et beaucoup des plus beaux esprits du monde furent inspirés.

Si douze hommes ont fait cela, il y a mille neuf cents ans, que ne pourraient pas faire douze hommes aujourd'hui ? Car Dieu nous a maintenant donné le pouvoir de chuchoter à travers l'espace, de transmettre nos pensées d'un bout à l'autre de la terre. Que chuchoterons-nous, que penserons-nous ? Telle est la question.

Tout vrai Saint des derniers jours ne se contentera pas de le chuchoter, mais le proclamera : « une œuvre merveilleuse est sur le point de se produire parmi les enfants des hommes. » Je témoigne très sincèrement que l'Église de Jésus-Christ est cette œuvre merveilleuse.

Toujours de l'avant

C'est pourquoi, ô vous qui vous embarquez dans le service de Dieu, veillez à le servir de tout votre cœur, de tout votre esprit et de toutes vos forces, afin d'être innocents devant Dieu au dernier jour.

Avec la foi, la charité et l'amour dans nos cœurs, allons toujours de l'avant, animés par l'espoir et l'assurance —

Qu'un temps viendra où la fraternité se montrera plus forte Que les liens étroits qui aujourd'hui déchirent le monde, Où les canons ne gronderont plus, où les trompettes ne sonneront plus, Où le cuirassé rouillera, où les drapeaux de bataille seront repliés ; Où les barrières du credo, de la langue et de la race, qui séparent, Se fondront à jamais en une seule humanité.

Que Dieu donne à chacun le désir d'aider à hâter ce jour, autant par l'exemple que par le précepte, je le prie au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursDavid O. McKay, « Toujours de l'avant », Conférence générale d'avril 1941, Session du matin du troisième jour (1941-04-06). Pulpit Vault, 1941-04-david-o-mckay-press-ever-onward. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).