Situation consécutive à la guerre
Reed Smoot
Mes frères et sœurs, je ne me souviens pas d'avoir jamais autant apprécié le premier jour de la Conférence qu'hier. Chaque parole prononcée était, à mon avis, inspirée par notre Père céleste, et j'ai entendu plusieurs personnes venues dans mon bureau depuis les réunions d'hier exprimer l'opinion que je viens de vous exprimer moi-même. Ces Conférences ne sont connues comme telles que par ceux qui connaissent l'histoire de notre Église. Je ne connais aucune autre organisation qui rassemble un tel pourcentage de son peuple que l'Église mormone lors de ces Conférences générales. ¶
La Grande Guerre et sa dette
J'espère que les guerres qui coûtent aujourd'hui la vie à tant de gens cesseront et ne s'étendront d'aucune manière pour élargir le cercle de ceux qui y sont mêlés. J'ai prié mon Père céleste pour qu'il n'arrive rien qui fasse que l'Amérique s'implique et prenne part à cette guerre impie. Nous fûmes impliqués, ou du moins nous avons accepté de l'être, pendant la Grande Guerre. Elle a laissé une dette qui pèse sur les contribuables d'Amérique, et je crains à présent que l'accroissement de cette dette, survenu depuis que notre endettement fut réduit de 26 000 000 000 $ à 16 000 000 000 $, ne dépasse de loin le montant initial que je viens de citer. En fait, nous l'avons déjà dépassé, et je ne vois aucun changement immédiat pour le mieux. Je sais que certains diront : eh bien, que représentent 40 000 000 000 $ pour ce grand pays ? Je pense pouvoir vous l'expliquer de façon à ce que vous ayez au moins une idée de ce que cela signifie réellement. Supposons qu'une puissance inconnue ait décidé qu'à la minute même de la naissance du Sauveur, elle déposerait 40,00 $ dans un lieu déterminé, et que si elle avait continué à faire des dépôts semblables chaque minute depuis la naissance du Sauveur jusqu'à l'année 1933, elle aurait eu exactement 40 000 000 000 $. Vous voyez donc ce que cela signifie. Je suis très reconnaissant que notre peuple, notre Église, évitent les engagements qu'ils ne peuvent honorer. Je remercie le Seigneur que l'Église se tienne aujourd'hui sans aucune dette et qu'elle soit parfaitement en mesure de répondre à toutes les exigences qui lui sont faites. J'ai pensé parfois qu'elle est à peu près la seule institution qui se trouve dans cette position. ¶
La déclaration du président Brigham Young sur la religion
Notre religion embrasse toute vérité relative à la vie mortelle -- il n'existe rien qui soit en dehors de son domaine. Peu importe le sujet, s'il tend à améliorer l'esprit, à élever les sentiments et à agrandir les capacités. La vérité qui est dans tous les arts et toutes les sciences fait partie de notre religion. La foi n'en fait pas plus partie que tout autre vrai principe de philosophie. Si je devais vous donner aujourd'hui une conférence sur l'agriculture, parlerais-je d'un sujet qui dépasse les limites de notre religion ? L'agriculture en fait partie tout autant que toute autre vérité. Si je devais faire une conférence sur les principes des affaires, quels qu'ils soient, notre religion les embrasse, et ce qu'elle ne circonscrit pas, il serait bon pour nous d'y renoncer une fois pour toutes. ¶
C'est là une déclaration qui fut faite par le président Brigham Young. Je l'ai lue dans le livre « The Man and His Work », page 211, et j'ai pensé, en la lisant pour la première fois, combien elle s'appliquait bien non seulement à notre propre peuple, mais aussi aux peuples du monde. Je voulais dire cela à ce sujet. ¶
L'opinion d'un écrivain sur la situation actuelle
Edward Nelson Dingley, dans son livre « Unto The Hills », fait cette déclaration : ¶
Jamais auparavant, depuis que la pensée humaine est apparue, les problèmes de l'individu, de la société et de la Nation n'ont paru plus redoutables qu'aujourd'hui. Il est banal de dire qu'il y a une inquiétude bouillonnante, un doute quant aux fondements de la religion, un soupçon que quelque chose va se produire pour détruire notre soi-disant civilisation et notre gouvernement. Des événements qui se précipitent semblent défier les institutions existantes -- sociales, économiques et religieuses. Crainte et espérance s'y mêlent. Les institutions, tant religieuses que politiques, sont-elles assez fortes pour résister à l'épreuve des années à venir ? Ou bien y aura-t-il un effondrement, un tâtonnement dans l'obscurité, puis un monde nouveau ? ¶
Situation consécutive à la guerre
Cela est bien dit, et les guerres qui se déroulent maintenant ont lieu à cause de l'avidité de certains hommes pour le pouvoir. Des milliers et des milliers d'hommes inconnus seront massacrés, laissant des foyers sans chef, des enfants sans soutien, et aucun pays étranger ne pourra jamais subvenir à leurs besoins. Cela n'a jamais été le cas lors des guerres passées. L'Amérique a essayé, dans une mesure limitée, plus que n'importe quelle autre nation n'aurait pu l'envisager, mais le monde se trouve dans une situation instable. Je prie mon Père céleste pour que la situation se redresse et que cette guerre impie prenne fin rapidement. ¶
Les bénédictions de Dieu ont accompagné les saints des derniers jours
Je sens que les bénédictions de notre Père céleste ont été données richement et abondamment à son peuple. Je sais que j'exprime vos sentiments en disant ce que j'ai dans le cœur. Que le Seigneur bénisse la Présidence de cette Église ; qu'il lui donne sagesse et discernement pour répondre à chaque exigence et l'accomplir d'une manière qui lui soit agréable. Et je sais que le peuple mormon, partout, sent au plus profond de son âme que la Présidence de cette Église donne les meilleurs conseils et les meilleures instructions que puisse donner un homme mortel. Puisse l'Église tout entière prendre conscience de la position qu'elle occupe désormais, où aucun pouvoir mauvais ne la pourchasse ni ne s'attaque à elle, comme cela fut le cas au commencement. Je pense que le diable pensait alors que s'il pouvait détruire le prophète Joseph Smith, l'Église échouerait ; que s'il détruisait les foyers et provoquait l'expulsion du peuple vers une partie inconnue de ce pays, il s'éteindrait bientôt et les gens abandonneraient l'Église. Comme il se trompait. Dieu a béni son peuple. Il a qualifié et particulièrement béni chaque président de cette Église -- singulièrement qualifié, pourrais-je dire -- pour la période durant laquelle il a servi. ¶
Ils sont loyaux envers leur pays ; loyaux envers l'Église, et quoi qu'il arrive, ils sont loyaux envers notre Père céleste. Que la paix et les bénédictions de Dieu soient avec vous, je le demande humblement au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶