Pulpit

La prière de Jésus pour l'unité

David O. McKay

Conférence générale d'octobre 1939·Session du matin du troisième jour·1939-10-08

La prière de Jésus pour l'unité

Père saint, garde en ton nom ceux que tu m'as donnés, afin qu'ils soient un comme nous.

Ce n'est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole ;

Afin que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé. (Jean 17:11-21.)

Comme presque tous parmi vous le reconnaissent aisément, j'ai cité l'une des prières les plus sublimes jamais offertes parmi les hommes. C'est une prière d'intercession. L'occasion rend les choses demandées des plus significatives. Jésus y fait de l'unité la préoccupation suprême parmi ses disciples.

L'unité et ses synonymes, l'harmonie, la bonne volonté, la paix, la concorde, la compréhension mutuelle, expriment une condition à laquelle le cœur humain aspire constamment. Ses contraires sont la discorde, la contention, la lutte, la confusion.

L'unité dans le foyer

Je peux à peine imaginer, s'il en existe, des choses plus répréhensibles dans le foyer que l'absence d'unité et d'harmonie. D'un autre côté, je sais qu'un foyer où règnent l'unité, l'entraide mutuelle et l'amour n'est qu'un petit coin de ciel sur la terre. Je présume que presque tous parmi vous peuvent témoigner de la douceur de la vie dans les foyers où prédominent ces vertus. Avec la plus grande gratitude et humilité, je chéris le souvenir que jamais, dans ma jeunesse, dans le foyer de mon enfance, je n'ai vu une seule fois d'exemple de discorde entre mon père et ma mère, et que la bonne volonté et la compréhension mutuelle ont été le lien unificateur qui a maintenu ensemble un groupe fortuné de frères et sœurs. L'unité, l'harmonie, la bonne volonté sont des vertus à cultiver et à chérir dans chaque foyer.

L'unité dans les organisations de l'Église

Dans les branches et les paroisses, il n'y a pas de vertu plus propice au progrès et à la spiritualité que la présence de ce principe. Quand la jalousie, la médisance, la calomnie supplantent la confiance, l'abnégation, l'unité et l'harmonie, le progrès de l'organisation est étouffé.

Les activités antipatriotiques, une menace pour un gouvernement libre

Cependant, ce qui m'a réellement poussé à insister sur ce principe, c'est la présence dans nos propres États-Unis d'influences dont l'objet déclaré est de semer la discorde et la contention parmi les hommes, en vue de saper, d'affaiblir, sinon de détruire entièrement notre forme constitutionnelle de gouvernement. Si je parle franchement, et si, en condamnant, je mets à nu des pratiques et des desseins répréhensibles de certaines organisations, veuillez ne pas penser que je nourris de la malveillance ou de l'inimitié dans mon cœur envers d'autres citoyens des États-Unis dont les vues sur les politiques ne coïncident pas avec les miennes. Mais lorsque des actes et des desseins sont manifestement contraires à la parole révélée du Seigneur, nous nous sentons justifiés d'en avertir le peuple. Nous pouvons être charitables et indulgents envers le pécheur, mais nous devons condamner le péché.

Des références opportunes et des avertissements appropriés ont été donnés pendant cette conférence sur le danger et les maux de la guerre. Il existe un autre danger, encore plus menaçant que la menace d'invasion par un ennemi étranger. Ce sont les activités antipatriotiques et les manœuvres sournoises de groupes et d'organisations déloyaux à l'intérieur même de nos frontières. Ce pays est si bien situé géographiquement qu'il y a peu à craindre d'une invasion par un ennemi extérieur. De plus, le gouvernement, sachant qui et où est l'ennemi, peut faire des préparatifs suffisants pour faire face à ses attaques. Mais les manœuvres secrètes et séditieuses d'un ennemi au sein de nos propres rangs, professant hypocritement loyauté au gouvernement tout en complotant contre lui, sont plus difficiles à combattre.

La désintégration est souvent plus dangereuse et plus fatale que l'opposition extérieure. Par exemple, un individu peut habituellement se protéger des orages, et même des tempêtes, du froid glacial ou de la chaleur intense, de la sécheresse, ou des inondations, ou d'autres excès de la nature ; mais il est souvent impuissant quand des germes venimeux pénètrent dans son corps ou qu'une croissance maligne commence à ronger la force d'un organe vital.

L'Église est peu, sinon pas du tout, atteinte par la persécution et les calomnies d'ennemis ignorants, mal informés ou malveillants ; un plus grand obstacle à son progrès vient des critiqueurs, des fuyards, des transgresseurs des commandements et des cliques apostates au sein de ses propres groupes ecclésiastiques et de ses collèges.

Il en est de même en matière de gouvernement. C'est l'ennemi de l'intérieur qui est le plus menaçant, surtout lorsqu'il menace de désintégrer notre forme établie de gouvernement.

La plus grande épreuve de Washington

La période la plus sombre et la plus décourageante de la Révolution américaine fut peut-être celle où l'armée du général Washington était en quartiers d'hiver à Valley Forge. Il avait moins de 10 000 hommes. Les soldats étaient légèrement vêtus, certains à demi nus, d'autres n'ayant pour tout vêtement que des couvertures en lambeaux enroulées autour d'eux. « Tant étaient malades du fait des privations, écrit un commentateur, tant étaient sans manteaux, sans couvertures, sans chapeaux, ni chaussures, que l'on se demande comment l'armée put tenir ensemble. » Aussi critiques et désespérées que fussent ces conditions, une plus grande épreuve et douleur, je présume, vint à Washington lorsque certains de ses amis, tels que John Adams et Richard Henry Lee, se retournèrent contre lui ; lorsque le général Gates l'insulta en envoyant des rapports directement au Congrès plutôt qu'à Washington, son officier supérieur. Comme des vautours planant autour de créatures mourantes, ainsi, dans la calamité terrible de Washington, vinrent des hommes cherchant à l'écraser -- des hommes qui formèrent ce qu'on a appelé la « cabale de Conway », une tentative méprisable de déshonorer Washington et de le remplacer par un intrigant arrogant et prétentieux. Cette discorde interne, et une telle déloyauté de la part d'anciens amis, furent plus accablantes que les attaques de l'armée adverse.

L'antiaméricanisme, semeur de discorde

Aujourd'hui, il y a dans ce pays des ennemis sous la forme d'« ismes ». Je les appelle les antiaméricanismes. Seuls quelques-uns des chefs combattent ouvertement -- la plupart de l'armée agissent comme des termites, semant secrètement la discorde et minant la stabilité du gouvernement. De la vérité de cette affirmation, des enquêtes récentes menées par un comité du Sénat des États-Unis apportent une preuve abondante. Sur le danger que représente l'un de ces mouvements, le Dr William F. Russell, doyen du Teachers College de l'université Columbia, dans un discours intitulé « Comment reconnaître un communiste, et comment le vaincre », est l'une des nombreuses autorités que nous pourrions citer quant à l'activité pernicieuse de ces groupes.

Une déclaration au sujet du communisme

Il dit :

Les dirigeants communistes ont constamment insisté sur le fait que le communisme ne peut vivre dans un seul pays. Tout comme nous avons combattu pour rendre « le monde sûr pour la démocratie », de même ils combattent pour rendre le monde sûr pour le communisme. Ils mènent ce combat aujourd'hui. Chaque pays doit devenir communiste, selon leur idée. Ils ont donc envoyé des missionnaires. Ils les ont bien pourvus de fonds. Ils ont gagné des convertis. Ces convertis ont été organisés en petits groupes appelés « cellules », chacune agissant comme une unité sous les ordres d'un supérieur. C'est presque une organisation militaire. Ils attaquent là où il y a du chômage. Ils attisent le mécontentement chez les opprimés. * * * Ils se fraient un chemin dans les syndicats, où ils forment des blocs compacts. Ils publient et distribuent de petits journaux et des brochures. Au New York Times, ils en distribuent un appelé « Better Times ». À l'hôpital presbytérien, on l'appelle « The Medical Worker ». Au College of the City of New York, on l'appelle « Professor, Worker, Student ». Au Teachers College, on l'appelle « The Educational Vanguard ». Ce sont des feuilles injurieuses. Dans un seul numéro, j'ai relevé vingt-neuf erreurs de fait. Après un récent discours de ma part, ils ont distribué un tract m'attaquant, avec une erreur de fait délibérée dans chaque paragraphe. Ces brochures coûtent de l'argent -- plus de 100 dollars par numéro. L'idée est d'essayer d'attirer dans leur toile ces enseignants, prédicateurs, travailleurs sociaux et réformateurs généreux et dévoués au bien public qui connaissent la détresse et veulent y remédier. Ces communistes savent ce qu'ils font. Ils suivent leurs ordres. Ils voudraient en particulier dominer nos journaux, nos collèges et nos écoles. La campagne est très semblable partout dans le monde. J'ai vu les mêmes articles, presque les mêmes brochures, en France et en Angleterre qu'aux États-Unis.

Vous voyez, quand il s'agit de combattre les communistes, je suis un vétéran chevronné. Mais après vingt ans, je ne peux pas en reconnaître un en le regardant. Cependant, seuls les chefs proclament leur appartenance. Les plus habiles sont silencieux, cachés, anonymes, rongeant de l'intérieur. On ne peut reconnaître un communiste qu'à ses idées.

Leur méthode pour se frayer un chemin vers la prise du pouvoir, il la décrit ainsi :

Parlez de paix, parlez d'égalité sociale, surtout parmi les plus opprimés. Parlez de l'organisation du travail, et pénétrez dans chaque syndicat. Parlez sur les caisses à savon. Publiez des brochures et des journaux. Discourez et haranguez. Jouez sur l'envie. Éveillez la jalousie. Séparez une classe d'une autre. Essayez de saper les processus démocratiques de l'intérieur. Habituez le peuple au piquetage, aux grèves, aux réunions de masse. Attaquez constamment les dirigeants par tous les moyens possibles, afin que le peuple perde confiance. Puis, en temps de péril national, pendant une guerre, à l'occasion d'un grand désastre, ou lors d'une grève générale, entrez dans la capitale et emparez-vous du pouvoir. Une minorité bien organisée peut accomplir des merveilles.

Avertissement aux saints des derniers jours

J'ai été informé par plusieurs sources que certaines de ces pousses politiques frauduleuses germent ici même, dans notre propre sein, et que des membres de ces groupes ont même reçu des instructions sur ce qu'il faut faire au cas où ce pays serait entraîné dans une guerre. La nature de ces instructions rappelle fortement le diabolique complot des poudres au temps de Jacques Ier d'Angleterre.

Les saints des derniers jours ne doivent avoir rien à faire avec les combinaisons secrètes et les groupes hostiles à la loi constitutionnelle du pays, que le Seigneur « a permis d'établir », et qui « doit être maintenue pour les droits et la protection de toute chair, selon des principes justes et saints » ;

Afin que tout homme puisse agir en doctrine et en principe, en ce qui se rapporte à l'avenir, selon le libre arbitre moral que je lui ai donné, afin que, le jour du jugement, chacun soit responsable de ses propres péchés.

C'est pourquoi, il n'est pas juste qu'un homme soit asservi à un autre.

C'est dans ce but que j'ai établi la Constitution de ce pays, par la main des sages que j'ai suscités dans ce but même, et que j'ai racheté le pays par l'effusion du sang. (D. et A. 101:77-80.)

Il y a bien sûr des erreurs dans le gouvernement que certains voudraient corriger, il existe certainement des injustices et des inégalités manifestes, et il y en aura toujours dans tout gouvernement dans la gestion duquel entrent les faiblesses de la nature humaine. Si vous voulez des changements, allez aux urnes le jour des élections, exprimez-vous en tant que citoyen américain, et remerciez le Seigneur pour le privilège qui est le vôtre d'avoir voix au chapitre quant à qui vous servira dans une fonction publique.

L'importance de défendre la Constitution

Après le fait d'être un dans l'adoration de Dieu, il n'y a rien en ce monde sur quoi cette Église devrait être plus unie que dans le soutien et la défense de la Constitution des États-Unis.

Puisse l'appel de notre Seigneur dans sa prière d'intercession pour l'unité se réaliser dans nos foyers, nos paroisses et nos pieux, et dans notre soutien aux principes fondamentaux de notre démocratie.

Dans les paroles de John Oxenham :

Dieu, accorde-nous la sagesse en ces jours qui viennent, Et des yeux descellés, afin que nous voyions clairement Ce monde nouveau qu'il voudrait nous voir bâtir, Pour l'anoblissement de la vie et son haut ministère.

Dieu, donne-nous le sens, -- le sens divin des besoins nouveaux de la Vie, Et des âmes embrasées de chevaleries nouveau-nées -- Pour affronter ces croissances noires qui souillent les chemins, -- Pour purifier nos sources empoisonnées par des énergies nées de Dieu.

Pour engager nos âmes vers une vie plus noble, plus élevée, Pour gagner le monde à ses justes sanctifications, Pour lier les nations en un Pacte de Paix, Et libérer l'Âme de la Vie pour de plus nobles loyautés.

Depuis que le Christ n'est mort sur sa croix solitaire Le Temps n'a jamais tenu telle perspective de la nouvelle naissance de la Vie ; Depuis que le monde du chaos n'est né pour la première fois L'homme n'a jamais envisagé si clairement l'espoir d'une terre nouvelle.

Ce n'est pas par notre propre force que nous pouvons espérer nous élever Au-dessus des ornières et des souillures du passé, Mais, avec l'aide de celui qui bâtit la première terre, Avec des cœurs courageux, nous pouvons bâtir plus belle cette dernière.

Que Dieu guide cette Église, et particulièrement la prêtrise, dans l'édification selon le plan de Dieu, et dans l'établissement de son royaume sur la terre, je le prie au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursDavid O. McKay, « La prière de Jésus pour l'unité », Conférence générale d'octobre 1939, Session du matin du troisième jour (1939-10-08). Pulpit Vault, 1939-10-david-o-mckay-jesus-prayer-for-unity. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).