Discours de conférence
J. Golden Kimball
Cette pensée m'a traversé l'esprit : « Pourquoi est-ce que je vis ? » Elle me tracasse beaucoup. Frère Francis M. Lyman disait : « La mort n'est rien, si l'on peut arriver à mourir. Pourquoi craindre la mort ? » Je ne me suis pas encore débarrassé de cette crainte. ¶
Frères et sœurs, je voudrais sentir que je suis l'un des vôtres et que je suis l'un de vos frères, et j'ai essayé du mieux que j'ai pu, jusqu'à ce jour, d'accomplir ma mission et de mener à bien mes travaux. Je n'ai pas peur du Seigneur, mais j'ai peur de l'endroit. Je ne sais pas où je serai placé. J'espère que ce sera un bon endroit. ¶
J'ai dans ma poche un papier — je ne l'ai pas dans la tête ; je voudrais bien l'avoir. Il existe un livre publié appelé « J. Golden Kimball », qui a été vendu parmi certaines personnes. Dans ce livre, Claude Richards a conservé certains des discours que j'ai faits — la plupart des discours que j'ai faits dans le Tabernacle. Je suis très content que certains des discours que j'ai faits ailleurs n'aient pas été imprimés. Nous les oublierons. Je découvre, en vérifiant ces discours, que j'en ai fait quarante-huit lors des conférences générales de l'Église. Parmi ce nombre, j'en ai choisi un que je n'essaierai pas de lire, mais je voudrais avoir la permission de la Présidence de l'Église, après que ce discours aura été édité et examiné, de le publier dans le fascicule de la Conférence comme étant le discours que je voudrais faire à cette occasion. Je sens que cela est si important pour moi et pour les jeunes gens qu'il devrait être crié du haut des toits. ¶
DISCOURS DE L'ANCIEN J. GOLDEN KIMBALL, octobre 1926 — il y a 11 ans ¶
« Nul homme ne sait combien de bien il fait, si bien que je me sens porté à encourager la prêtrise de Dieu. Nous ne savons jamais combien de bien nous faisons quand nous parlons au nom du Seigneur. Je ne crois pas, je ne peux pas croire, avoir jamais converti un homme de ma vie, mais j'ai enseigné la vérité, j'ai prêché l'Évangile, et ma voix s'est fait entendre du Canada au Mexique plus d'une fois. J'ai siégé au Conseil général des Associations des jeunes gens pendant trente ans et je n'ai jamais connu de plus grande joie ni de plus grand bonheur qu'en élevant la voix parmi la nouvelle génération. Combien de bien nous faisons, comme je l'ai dit, nul homme ne le sait. Je prétends que chaque homme remplit sa place lorsqu'il est appelé de Dieu, mis à part et ordonné à une fonction. Il se peut qu'il ne la remplisse pas de la manière dont quelqu'un d'autre l'aurait remplie, mais s'il est un homme de courage, il la remplira à sa manière, sous l'influence du Saint-Esprit. ¶
Comme mon père, je n'ai aucune excuse à présenter pour mon origine. On m'a dit un jour que mon problème était que j'essayais de ressembler à mon père. Eh bien, Dieu merci, je peux essayer de lui ressembler un peu, mais j'étais trop jeune quand mon père est mort pour me souvenir de ses manières et de sa façon de parler. ¶
LE LUXE, UN DANGER POUR LA NOUVELLE GÉNÉRATION ¶
Mes frères et sœurs, je veux lever un signal de danger à l'intention de la nouvelle génération. Ce faisant, je veux être très prudent dans la manière de l'exprimer ; je vais essayer de le lire, bien que cela me coûte de le faire. ¶
Ce grand pays, l'Amérique du Nord et du Sud, le prophète Joseph Smith l'a déclaré, est Sion, le pays des cœurs purs. Il me semblerait qu'une grande responsabilité repose particulièrement sur les jeunes hommes et les jeunes femmes de cette génération. ¶
La question se pose naturellement : quelle est la tendance de notre époque pour les fils et filles modernes de Sion ? Les richesses et la culture, l'aisance et le luxe. Tout est argent et l'argent est tout. La clé d'or ouvre toutes les portes, c'est-à-dire qu'elle les force. ¶
Beaucoup d'argent vous donne droit à tout : honneur, société et avantages. La nouvelle génération qui est pauvre regarde ce peuple épris de plaisirs avec envie et une aspiration aux choses de ce monde. Et tandis que l'esprit de l'époque où nous vivons s'empare d'eux, ils affirment leur indépendance individuelle et rompent avec ce qu'on appelle les « vieilles idées démodées, les vieux préjugés, les vieilles superstitions ». Ils foncent, imprudents et effrénés, à soixante milles à l'heure, revendiquant ce qu'on appelle la « nouvelle liberté du vingtième siècle », et s'engagent hardiment dans des pâturages interdits. Aujourd'hui, dans toute l'Amérique, nous voyons partout, chez les riches et les pauvres, les cultivés, les instruits et les ignorants, les signes des tendances sensuelles de l'époque, et nous oublions un instant la dégradation et la destruction auxquelles mène une telle vie. ¶
LE PLAISIR SENSUEL ¶
Aucun exemple ne peut être donné pour prouver que le plaisir sensuel illicite peut être savouré sans qu'on le paie mille fois par la douleur et le remords. ¶
Les signaux de danger sont dressés à la porte du jardin du plaisir sensuel. L'ange se tient avec son épée de flamme, et nul homme, femme, jeune homme ou jeune fille n'y entre sans en être frappé. « Sur le chemin de la sensualité, sous toutes ses formes multipliées, notre Père céleste a placé des barrières hautes comme des montagnes pour nous arrêter et nous effrayer, nous faire reculer devant la ruine, la maladie et la dégradation. » ¶
À mesure que la richesse augmente dans un pays et chez un peuple, la tendance à la sensualité (à travers les nombreuses tentations de l'aisance, de l'oisiveté et de la satisfaction de l'appétit, l'élévation de la mode, du style et d'une vie qui dépasse un certain seuil de sécurité) est la cause de la chute de centaines de milliers d'enfants de Dieu. ¶
Ce « démon de l'argent », s'il n'est pas employé à faire le bien, est le lion qui barre la route de notre avenir, debout, narguant, menaçant — juste à la croisée des chemins, pour nous mener à la ruine et au malheur. Si l'on pouvait soulever les toits des palais des riches, quels spectacles ne verrait-on pas, quels squelettes dans les placards, quels chagrins, quelles hypocrisies, quels spectacles. — Watson. ¶
Quand nous ouvrons les yeux sur le danger qui menace la nouvelle génération, la vie paraîtrait une mer bien dangereuse si nous prenons note des milliers de naufragés qui en jonchent les rivages. ¶
LA MORT N'EST PAS UNE CALAMITÉ ¶
Nous ne pouvons donc pas considérer la mort comme un grand chagrin et une calamité lorsqu'elle n'implique ni tache d'honneur ni perte de caractère. Nous concluons sagement que la main de la Providence y est pour quelque chose, que le bien doit en sortir, et nous sommes réconfortés. ¶
Quand nous contemplons et pensons à nos jeunes hommes et femmes, avec leurs brillants espoirs d'amour, de vérité et de pureté, de bons dons de Dieu, d'esprit, de toutes les douces affections et aspirations, disparus, effacés et gâchés, nous ne pouvons ressentir autre chose — si pleins d'espoir et de bonne humeur que nous soyons — sinon que la vie est dangereuse à moins d'être guidés et influencés par le Saint-Esprit et dirigés par des mains fermes, par des hommes et des femmes enseignant la vertu, la vérité et le bonheur, qui n'ont pas peur de parler au nom du Seigneur. ¶
C'EST À LEURS FRUITS QUE VOUS LES RECONNAÎTREZ ¶
Le fruit de la religion se manifeste dans la vie des hommes. « C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. » Il ne peut y avoir de tromperie chez les hommes qui aiment Dieu et gardent ses commandements. Nous sommes tous, un et un, les enfants de Dieu. Il nous a créés et il n'a jamais créé un échec, et il vous a créés. ¶
LE BONHEUR EST LE DESSEIN DE NOTRE CRÉATEUR ¶
« Les hommes sont, afin d'avoir la joie. » « Le bonheur est l'objet et le dessein de notre création et le sera jusqu'à la fin de notre existence si nous suivons le chemin qui y mène. Ce chemin, c'est la vertu, la droiture, la fidélité, la sainteté. » Pour garder les commandements de Dieu, nous devons les connaître. Pour les connaître, nous devons lire les Écritures, nous repentir et être en accord avec le Saint-Esprit, et il nous conduira dans toute vérité et nous montrera les choses à venir. Je vous promets que vous entendrez derrière vous une voix qui dira : « C'est le chemin, marchez-y. » ¶
LES TENTATIONS ¶
Souvenez-vous toujours de ceci : la tentation, quelque part dans la vie de chacun, nous atteint, car cette vie est un temps d'épreuve. C'est pourquoi, veillez et priez, et demandez à Dieu de ne pas nous laisser succomber à la tentation et de nous délivrer du mal, car la tentation est toujours à l'affût, et c'est sous mille formes qu'elle se répète. Il y a une sagesse divine à prier toujours et à éviter jusqu'à l'apparence du mal. ¶
UNE MAIN SECOURABLE ¶
Il sert à bien peu de prêcher la religion, la morale, l'honnêteté, la vertu et la sincérité à ceux dont les motivations et les tendances sont toutes tournées vers le vice et la sensualité, à moins qu'ils ne se repentent et ne pèchent plus. Ces jeunes gens sauvages, imprudents et dissolus ne viendront pas à nous, aussi devons-nous leur tendre une main secourable et aller à eux. ¶
LA RESPONSABILITÉ DES PARENTS ¶
Ce grand changement pour l'élévation et l'amélioration de ce grand pays — Sion, le pays des cœurs purs — repose très largement, presque entièrement, sur le foyer et les parents. ¶
RETOUR À LA RELIGION DU CHRIST ¶
Nous devons, pour la sécurité de la jeunesse de Sion, revenir à la religion de Jésus-Christ et à ses forces spirituelles. Nous devons enseigner l'Évangile du repentir et du pardon, qui a rendu la vie des hommes et des femmes plus heureuse, les tâches plus légères, le jugement plus assuré, et qui apporte vraiment du réconfort aux affligés, aux pécheurs oubliés, et les conduit vers une vie claire de vertu, d'amour et de bonheur. Aucun enfant de Dieu ne peut échapper à la religion du Christ. L'intelligence et la connaissance de la bonne sorte marchent toujours près de la religion. ¶
CONSEIL AUX PARENTS ¶
Ma conclusion est celle-ci : il n'y a qu'un seul grand et vital devoir des parents des enfants, de l'église et de l'État, c'est de maintenir chaque garçon et chaque fille sous une bonne instruction et de leur donner « l'amour, le plaisir, le travail et le culte ». ¶
Vous, braves gens et parents qui vivez dans vos fermes à la campagne, je vous supplie de ne pas envoyer vos enfants dans les villes, où le bel esprit des choses que Dieu a créées périt. Laissez-les vivre au grand air, dans les belles vallées, sur les montagnes, dans le soleil de Dieu, près des ruisseaux, des rivières et des arbres, et laissez son Esprit leur enseigner les choses de Dieu. ¶
J'AI DONNÉ LE MEILLEUR DE MOI-MÊME ¶
Mon témoignage, frères et sœurs, en toute confiance, est que je sais que cette œuvre est vraie. Je l'ai mise à l'épreuve. J'ai trouvé Dieu. Je suis un homme faible ; je suis un homme plein de défauts ; mais Dieu sait que je lui ai donné le meilleur effort qui était en moi. ¶
DIEU VIT ¶
Je sais que Dieu vit, que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde. Et lorsque des hommes ont tenté de me faire nier cela — ce qu'ils ont essayé de faire — j'ai parlé à certains d'entre eux, des hommes instruits, j'ai parlé à des médecins, j'ai parlé à des jeunes gens partis en mission, revenus s'instruire, qui ont tenté de brûler tous mes ponts derrière moi, mais, Dieu merci, j'avais un témoignage et je sais ! Je leur ai dit : « Dans ce que vous m'offrez, il n'y a pas de bonheur. » ¶
JOSEPH, UN VRAI PROPHÈTE ¶
Si un homme peut me prouver que Joseph Smith n'est pas un prophète de Dieu, il a tout pris ; il a brûlé tous les ponts derrière moi. Je n'ai jamais vu le prophète, mais j'ai entendu mon père parler de lui, et j'ai lu ses révélations et ses prophéties, et je sais qu'elles sont vraies. Il est un prophète de Dieu. Je soutiens l'Église et je soutiens les mains de la prêtrise du mieux que je peux. Que Dieu vous bénisse. Amen. ¶
Les Mères chantantes et l'assemblée chantèrent l'hymne « Nous te remercions, ô Dieu, pour un prophète ». ¶