Gratitude pour la prêtrise
Heber J. Grant
Les numéros musicaux de cette session ont été exécutés par les Mères chantantes de la Société de secours, sous la direction de sœur Lottie Sackett. Nous les avons beaucoup, beaucoup appréciés. ¶
Le même esprit qu'a frère Bowen était mon esprit quand j'étais jeune, quand j'étais enfant, quand j'étais garçon. Ma mère avait coutume de me dire, comme vous m'avez entendu le dire bien des fois, que si je me conduisais bien je deviendrais Apôtre. Je lui disais que je ne voulais pas être Apôtre, président de pieu ou évêque de paroisse, que je voulais être un homme d'affaires ; mais lorsque l'appel me vint d'aller à Tooele, je fis un sacrifice héroïque. Je n'entrerai pas dans les détails. ¶
GRATITUDE POUR LA PRÊTRISE
Lorsque le patriarche local de Tooele bénit ma petite fille qui se mourait et lui promit qu'elle vivrait, qu'elle serait mère et deviendrait une conductrice parmi ses sœurs, je remerciai le Seigneur avec plus de ferveur que jamais auparavant dans ma vie pour la Prêtrise de Dieu et le pouvoir que possédait ce patriarche. Il me dit ensuite : « J'ai une bénédiction pour vous, et je désire que vous veniez à mon bureau pour la recevoir. » Après avoir reçu cette bénédiction, je vis et je crus que ma destinée était de consacrer mon temps ¶
pratiquement à l'Église, à cause des promesses qui m'avaient été faites. Et je l'ai fait consciencieusement, et il n'y a jamais eu dans mon esprit aucune crainte quant au triomphe final de cette œuvre. ¶
UNE RÉVÉLATION EN BREF
Je me souviens que l'un de mes amis les plus proches et les plus chers était feu William C. Staines. Staines me raconta qu'il avait reçu une fois une courte révélation de quelques lignes seulement de la part du Seigneur. Il disait qu'il se faisait du souci pour les gens rudes, nombreux à l'époque des pionniers, pour les épreuves, les blasphèmes, la boisson un peu trop abondante, etc., chez le peuple, et il avait le cœur brisé à cause de ces conditions et se demandait ce qui arriverait lorsque Brigham Young et d'autres des frères dirigeants s'en iraient. Le Seigneur lui donna une révélation selon laquelle il n'avait pas à s'inquiéter, que ceci était son œuvre et que les hommes destinés à diriger l'Église viendraient quand on en aurait besoin d'eux, et ils sont venus. ¶
HOMMAGE À ALONZO A. HINCKLEY ET À SON SUCCESSEUR
Je veux dire que nous n'avons jamais eu de membre du Collège des douze apôtres plus vrai ni plus fidèle que ne le fut Alonzo A. Hinckley. Je crois fermement que chaque fois que le Seigneur inspire à un homme de faire une promesse sous l'inspiration de son Esprit, le Seigneur ne laissera pas cette promesse manquer de s'accomplir. Frère Hinckley reçut une bénédiction dans laquelle on lui promit, alors qu'il était jeune, qu'un jour il serait Apôtre. Il ne le croyait pas, mais le Seigneur jugea bon que cette promesse s'accomplisse avant qu'il ne partît sans doute pour une mission plus grande encore. ¶
Après les brèves paroles qu'a prononcées ici aujourd'hui frère Bowen, je crois que tout vrai Saint des derniers jours croit que le Seigneur a eu quelque chose à voir avec le choix du successeur de frère Hinckley. ¶
RECONNAISSANCE POUR LA MUSIQUE FOURNIE
Je veux remercier le chœur et les Mères chantantes ainsi que leur directrice, l'organiste et les solistes, qui ont tant fait pour ajouter à notre bien-être durant cette Conférence, en particulier bien entendu le Chœur du Tabernacle qui a chanté pour nous dimanche et qui a assuré la diffusion. J'apprécie notre organiste et frère Spencer Cornwall, ainsi que tous ceux qui nous ont fourni de la musique. Je les remercie au nom de moi-même, de mes conseillers et des Apôtres. ¶
UNITÉ AU SEIN DU COLLÈGE DES DOUZE
Je puis dire qu'après cinquante-cinq ans et quelques dans cette Église en tant qu'Apôtre, je puis répéter et souligner ce qu'a dit le président McKay, à savoir que, d'après ce que je sais, le Collège des douze n'a jamais été, je crois, plus uni qu'il ne l'est aujourd'hui, et je m'en réjouis. Nous n'avons aucune crainte à demander aux gens de parler, parce que nous savons qu'ils cherchent auprès de Dieu de l'aide pour transmettre leur message. ¶
INSPIRÉ AU-DELÀ DE MES CAPACITÉS NATURELLES
Je suis reconnaissant au-delà de toute expression de ce que ce que j'avais projeté de dire dans mon esprit à cette Conférence, je ne l'ai pas dit — pas un mot. Je suis très reconnaissant en effet que, il y a bien des années, alors que j'étais assis à ma place dans ce tabernacle pendant assez longtemps un après-midi, écoutant Milton Bennion et projetant ce que j'allais dire dans mon discours que j'allais prononcer quand il aurait fini de parler, et lorsque je me suis levé pour parler et que j'ai ouvert mon carnet de références que j'avais dans ma poche, et que je l'ai ouvert aux pages que j'avais marquées, j'oubliai complètement le discours que j'avais eu l'intention de prononcer. Je priai de tout mon cœur et de toute mon âme pour que le Seigneur m'inspirât au-delà de mes capacités naturelles, pour que j'eusse son inspiration si forte que mon frère, que je voyais dans une réunion dans cet édifice pour la première fois de ma vie, pût être converti à la vérité. ¶
Je dis à cette assemblée que jamais auparavant de toute ma vie je n'avais désiré aussi ardemment l'inspiration du Seigneur en me tenant devant une assemblée dans cet édifice, que jamais auparavant je n'avais désiré autant leur foi et leurs prières pour m'aider dans mes paroles. Je ne pensai plus au carnet de références, ni au sermon que j'avais projeté de prononcer, mais je prêchai sur la mission divine du Sauveur, le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde, et principalement sur la mission divine de Joseph Smith, l'instrument entre les mains de Dieu pour rétablir de nouveau sur la terre le plan de vie et de salut. ¶
Frère George Q. Cannon avait l'habitude de s'asseoir ici sur une chaise, sur l'estrade, face au nord. J'étais assis sur l'estrade juste au-dessous de lui. Lorsque je me rassis, j'entendis frère Cannon dire : « Dieu soit loué pour la force de ce témoignage. » Je me penchai en avant et pleurai de joie, parce que je savais que Dieu avait entendu et exaucé ma prière. J'avais laissé trois quarts d'heure du temps — quarante-huit minutes en fait — pour frère George Q. Cannon, sachant que son frère Angus, qui présidait la réunion, croyait toujours à une réunion de deux heures. ¶
Frère Angus M. Cannon, à la fin de mes paroles, s'approcha de l'endroit où siégeait le président Cannon et dit : « George, il reste trois quarts d'heure pour vous. Veuillez les occuper. » ¶
Frère George Q. Cannon dit : « Angus, je suis arrivé en retard, j'avais mal à deux heures, et je n'ai pas envie de parler ; je ne veux pas parler. Nous avons eu une réunion merveilleuse, et je suis d'avis que vous devriez la clore. » ¶
Angus dit : « Eh bien, je ne vais pas gaspiller trois quarts d'heure. Si vous ne voulez pas parler, j'appellerai quelqu'un d'autre. » ¶
Frère George Q. Cannon dit : « Très bien, restez assis, je vais parler. » Il se leva et dit : « Il y a des occasions dans la vie de chacun de nous où le Seigneur juge bon d'inspirer un homme et de lui permettre d'atteindre de telles hauteurs d'inspiration qu'il serait une très grave erreur pour quelqu'un d'autre d'essayer de lui succéder. C'est pourquoi, puisque nous avons eu une occasion de cette sorte dans les paroles de frère Grant, je demande à frère Angus M. Cannon de faire chanter le chœur et de faire clore cette réunion par quelqu'un. » ¶
CONVERSION D'UN FRÈRE
Le lendemain même, mon frère entra dans mon bureau et dit : « Heber, je t'ai entendu prêcher hier. » ¶
« Eh bien, eh bien, eh bien, je suis content de le savoir — la première fois que tu entends ton frère prêcher ? » ¶
Il dit : « Non, Heber, je t'ai entendu bien des fois. » ¶
« Eh bien, je ne t'ai jamais vu dans une réunion de ma vie. » ¶
« Non, dit-il, je ne prenais jamais un siège au premier rang ; j'allais généralement à une réunion où je pouvais me mettre à la galerie, ou ailleurs où tu ne pouvais pas me voir, alors que moi je pouvais te voir. Mais tu n'as jamais parlé comme tu l'as fait hier. Tu as parlé au-delà de tes capacités naturelles » (reprenant mes propres mots dans ma prière), « tu as parlé par inspiration. » ¶
Je dis : « De quoi ai-je parlé ? » ¶
« L'idée que tu me poses cette question. Tu sais que le thème principal sur lequel tu as parlé était la mission divine du Prophète entre les mains de Dieu pour l'établissement de cette Église. » ¶
« Tu pries pour obtenir un témoignage de l'Évangile, à ce que je comprends ? » ¶
« Oui, et je me décourage. J'ai l'impression que je vais cesser de prier. » ¶
Je dis : « Cesse. Tu dis que tu sais qu'il y a un Dieu et que tu sais qu'il y a un diable, et que le diable a essayé de te pousser à te suicider, et qu'au lieu de le faire (tu es sorti avec ton pistolet dans les hautes pinèdes de l'Oregon pour le faire), tu t'es mis à genoux et tu as prié, et tu t'es relevé en pleurant de joie ; et que tu sais deux choses, qu'il y a un diable et qu'il y a un Dieu. Si tu cesses de prier, tu t'es rendu au diable. Qu'est-ce qui ne va donc pas chez toi ? Veux-tu que le Seigneur descende ici te parler ? Tu me dis que tu sais que j'ai parlé au-delà de mes capacités naturelles, que j'ai parlé par inspiration, que mon thème était la mission divine du prophète Joseph Smith. Que veux-tu de plus comme témoignage ? » ¶
Il dit : « Je n'avais jamais pensé à cela auparavant. » ¶
Eh bien, avant la fin de la semaine, il demanda le baptême. ¶
Nous savons, aussi sûrement que nous savons que nous vivons, que nous avons la vérité. Nous avons, en tant que Présidence de l'Église, une confiance absolue dans les hommes que nous recommandons pour l'apostolat. Le président Smith, à mon avis, bien qu'il ait appelé douze hommes à la Présidence et au Collège des douze durant sa vie, ne s'est trompé sur aucun des hommes qu'il a appelés. Cela peut paraître prétentieux, mais je suis sûr que je ne me suis pas trompé non plus dans les nominations que j'ai faites à ces collèges. ¶
GRATITUDE POUR L'ÉVANGILE
Je remercie le Seigneur du fond de mon cœur pour l'Évangile de Jésus-Christ, le plan de vie et de salut, que nous avons en tant que peuple et que nous avons en tant qu'individus. Je remercie Dieu pour les jeunes gens qui partent en mission sans instruction universitaire et qui affrontent les réalisations savantes du monde, et qui, sous l'inspiration du Dieu vivant, ont pu confondre les sages du monde et toucher le cœur de gens honnêtes, les amenant dans l'Église. ¶
BÉNÉDICTION ET TÉMOIGNAGE
Je prie Dieu de toute la force de mon être de bénir chaque âme qui a embrassé l'Évangile, et d'inspirer chacun à vivre l'Évangile. « Les hommes sont pour avoir la joie », et il n'y a aucune joie au monde qui égale la joie de savoir au plus profond de son cœur que Dieu vit, que Jésus est le Christ, que Joseph Smith était un prophète de Dieu, et que nous, en tant qu'individus, vivons l'Évangile qui nous apportera, à nous et à ceux que nous aimons, l'exaltation éternelle. ¶
Que Dieu aide chacun de nous à y parvenir, c'est ma prière humble. Je prie pour les bénédictions de Dieu sur ce peuple. Je remercie notre Père céleste pour la merveilleuse assistance de la Prêtrise à notre réunion d'hier soir. Je le remercie pour toutes les bénédictions qu'il m'a données. Je prie humblement Dieu de multiplier la pluie et d'accroître la fertilité du sol, et d'accroître l'amour du travail dans le cœur des Saints des derniers jours, et une détermination, avec l'aide de Dieu, à vivre la vérité, afin que notre exemple brille tant devant le monde que ceux qui ne connaissent pas la vérité la recherchent ; et je sais que s'ils la recherchent, Dieu la leur donnera. Je remercie le Seigneur pour la déclaration de Moroni dans le Livre de Mormon, qui dit : « Et lorsque vous recevrez ces choses, je vous exhorte à demander à Dieu, le Père éternel, au nom du Christ, si ces choses ne sont pas vraies ; et si vous demandez d'un cœur sincère, avec une intention réelle, ayant foi au Christ, il vous en manifestera la vérité par le pouvoir du Saint-Esprit. Et par le pouvoir du Saint-Esprit, vous pouvez connaître la vérité de toutes choses. » Le Livre de Mormon est le plus grand, le plus magnifique, le plus merveilleux missionnaire que nous ayons. ¶
RECONNAISSANCE POUR LE SERVICE DE POLICE
Je veux exprimer la reconnaissance de moi-même et de mes collègues de la Présidence et des Apôtres pour la manière splendide dont le service de police de cette ville, sous la direction, je suppose, de leur chef, a veillé sur la circulation et prévenu les accidents. Nous leur devons une dette de reconnaissance. ¶
UN POÈME FAVORI
Bien que mon temps soit écoulé, je vais vous lire un poème que ¶
j'avais l'intention d'utiliser dans mes remarques d'ouverture : ¶
Il y a trois leçons que je voudrais écrire, trois mots comme avec une plume ardente, en traits de lumière éternelle sur le cœur des hommes. ¶
Aie foi, bien que les nuages t'environnent et que la joie cache son visage avec dédain. Écarte les ténèbres de ton front ; il n'est point de nuit qui n'ait son matin. ¶
Aie espoir, où que ta barque soit poussée, le calme déforme la gaieté de la tempête. Sache ceci : Dieu gouverne les armées du ciel, les habitants de la terre. ¶