Pulpit

La certitude vint avec la Première Vision

Stephen L Richards

Conférence générale d'octobre 1936·Session de l'après-midi du premier jour·1936-10-02

Je vais essayer d'énumérer brièvement les contributions uniques et distinctives de Joseph Smith. Je ne chercherai pas à évaluer leur importance relative, ni à les présenter dans un ordre logique ou chronologique. La plupart de ces contributions relèvent du domaine de la doctrine théologique. Certaines, cependant, sont de nature plus temporelle.

LA CERTITUDE VINT AVEC LA PREMIÈRE VISION

Je nomme en premier lieu une nouvelle conception de Dieu et de la Divinité. Il ne fait aucun doute que, dans le monde religieux de l'enfance du prophète, prévalait une doctrine très nébuleuse et incertaine quant à la personnalité de Dieu et aux personnages de la trinité. Les énoncés de credo de l'époque nous apparaissent aujourd'hui comme extrêmement difficiles à interpréter et à comprendre, si ce n'est totalement inintelligibles. À cette situation, la Première Vision apporta clarté, précision et certitude, non pas comme le produit du raisonnement, de l'argumentation et du sophisme, mais avec la sûreté de l'expérience. Lorsque Joseph sortit du bosquet, il n'eut pas besoin d'argumenter en faveur d'une théorie, — il connaissait les faits. Dieu a une forme semblable à celle de l'homme. Il a une voix. Il parle. Il est prévenant et bon. Il répond à la prière. Son Fils est une personne semblable mais distincte. Il est obéissant au Père et le médiateur entre Dieu et l'homme. L'idée de Dieu comme simple essence ou principe de puissance et de force dans l'univers fut à jamais réduite à néant.

Le témoignage est direct, positif et irréfutable. Beaucoup n'ont pas cru, mais personne n'a jamais eu la connaissance nécessaire pour le réfuter. Le caractère du Saint-Esprit en tant que membre de la Divinité vint plus tard au prophète par révélation, avec une clarté et une précision dépassant les autres déclarations scripturaires sur le sujet. Il déclara : « Le Père a un corps de chair et d'os aussi tangible que celui de l'homme, le Fils aussi ; mais le Saint-Esprit n'a pas de corps de chair et d'os, c'est un personnage d'esprit. S'il n'en était pas ainsi, le Saint-Esprit ne pourrait demeurer en nous. » Il distingua aussi l'identité et les fonctions du Saint-Esprit de celles de l'Esprit saint.

LA CONCEPTION DE LA PRÊTRISE SELON JOSEPH SMITH

Deuxièmement, je signale une nouvelle conception de la nature de la prêtrise. Je passe sur le rétablissement de la prêtrise, sur lequel il existe un témoignage d'un caractère qui le rendrait recevable devant n'importe quel tribunal, car ce rétablissement postule un retrait de la prêtrise d'auprès des hommes, ce qui est un sujet controversé. Mais quant à la nature, aux devoirs et aux offices de la prêtrise, je cherche en vain des définitions comparables à celles données par le prophète.

Premièrement, il y a la large distribution des pouvoirs et des offices de la prêtrise parmi les hommes et les jeunes gens de l'Église. Ce fut une innovation complète en ce qui concerne la pratique chrétienne moderne. Personne, à part quelques élus, n'avait jamais revendiqué ni détenu ce droit auparavant, bien qu'il existe des preuves historiques respectables, inconnues du prophète, permettant de croire que la même pratique existait dans l'Église primitive.

Mais je considère comme plus importante encore, par sa nouveauté, la nouvelle constitution de la prêtrise telle qu'elle fut révélée par l'intermédiaire de Joseph Smith. À mon avis, il n'y a rien de plus beau ni de plus véritablement semblable au Christ dans toutes les Écritures que ce charmant exposé de la mission divine confiée aux hommes d'agir au nom de Dieu. Écoutez :

Voici, il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus. Et pourquoi ne sont-ils pas élus ?

Parce que leur cœur se porte tellement vers les choses de ce monde et aspire tant aux honneurs des hommes, qu'ils n'apprennent pas cette grande leçon —

que les droits de la prêtrise sont inséparablement liés aux pouvoirs du ciel et que les pouvoirs du ciel ne peuvent être maîtrisés ou utilisés que selon les principes de la justice.

Il est vrai qu'ils peuvent nous être conférés, mais lorsque nous entreprenons de couvrir nos péchés ou d'assouvir notre orgueil, notre vaine ambition, ou d'exercer, avec quelque degré d'injustice que ce soit, une emprise, une domination ou une contrainte sur l'âme des enfants des hommes, voici, les cieux se retirent ; l'Esprit du Seigneur est attristé, et lorsqu'il est retiré, c'est la fin de la prêtrise ou de l'autorité de cet homme. — Doctrine et Alliances 121:34-37 inclus.

Aucun pouvoir, aucune influence ne peuvent ou ne devraient être exercés en vertu de la prêtrise autrement que par la persuasion, par la longanimité, par la gentillesse et la douceur, et par l'amour sincère ;

par la bonté et la connaissance pure qui épanouiront considérablement l'âme sans hypocrisie et sans fausseté —

réprimandant avec rigueur en temps opportun, sous l'inspiration du Saint-Esprit ; et faisant preuve ensuite d'un redoublement d'amour envers celui que tu as réprimandé, de peur qu'il ne te considère comme son ennemi ;

afin qu'il sache que ta fidélité est plus forte que les liens de la mort.

Que tes entrailles soient également remplies de charité envers tous les hommes et envers les frères en la foi, et que la vertu orne sans cesse tes pensées ; alors ton assurance deviendra grande en la présence de Dieu, et la doctrine de la prêtrise se distillera sur ton âme comme la rosée des cieux.

Le Saint-Esprit sera ton compagnon constant et ton sceptre, un sceptre immuable de justice et de vérité ; et ta domination sera une domination éternelle et, sans moyens de contrainte, elle affluera vers toi pour toujours et à jamais. — Doctrine et Alliances 121:41-46 inclus.

Voici le génie du gouvernement du Christ. Pas de contrainte, — seulement la persuasion ; pas d'injustice ni d'autocratie, — seulement la bonté et l'amour. Voici la réponse à l'intolérance religieuse et aux crimes des siècles ; la réfutation complète de la prétendue injustice de Dieu.

DE NOUVEAUX CONCEPTS PAR LA RÉVÉLATION DES DERNIERS JOURS

Je mentionne ensuite la question de la nouvelle révélation, par laquelle on entend la communication divine de Dieu aux hommes en ces derniers jours. Bien que ce sujet soit d'une haute importance, je n'ai pas besoin de m'y étendre, — d'abord, parce qu'il est bien compris tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Église ; et ensuite, parce que sa nouveauté n'a jamais été niée. Je ne veux pas dire que la validité des révélations données à Joseph Smith n'a pas été niée. Elle l'a été, — mais tous conviennent que le principe et la pratique constituent une innovation. Toute personne logique conviendra également que cette doctrine, une fois établie, met fin à toute controverse quant à l'autorité en matière de religion.

Vient ensuite la nouvelle conception de l'homme, de son état passé, présent et futur. Je ne prétends pas qu'avant l'époque du prophète, aucune idée n'avait été avancée qui fût à certains égards comparable à la sienne. Sans doute, l'état préexistant de l'homme était-il dans la croyance de beaucoup. Il ne pouvait en être autrement chez les étudiants de la Bible, mais jamais auparavant n'était apparue une compréhension aussi complète, cohérente et précise que celle exposée par le prophète. La continuité de l'intelligence et des intelligences ; la paternité — et aussi la maternité — de nos esprits individuels ; le libre arbitre et le choix qui étaient les nôtres dans la vie préterrestre ; la création spirituelle précédant la création mortelle ; le rapport entre le corps et l'esprit dans cette vie et dans l'au-delà, le plan transcendant de la progression éternelle, — tous ces éléments, et bien d'autres qui leur sont apparentés, constituent un exposé unifié, logique et autoritatif sans équivalent dans la littérature chrétienne.

D'un intérêt particulier est la conception du corps comme tabernacle de l'esprit. Toute une philosophie de la vie temporelle a été bâtie autour de cette idée. Selon elle, le corps de l'homme est une chose sacrée. Il ne lui appartient pas en propre pour qu'il puisse être violé impunément. Dieu le lui a donné pour qu'il soit la demeure de son esprit. Toute atteinte consciente et volontaire au corps est un outrage à Dieu. Il s'ensuit donc que le soin du corps a une réelle signification spirituelle. Il est douteux qu'un corps religieux ait jamais reçu, à aucune époque, une doctrine plus unique et plus nouvelle que la Parole de Sagesse, dont les interdictions sont connues de beaucoup, mais dont la philosophie sous-jacente n'est comprise que de peu.

Étroitement lié à l'état de l'homme est le concept de toute la famille humaine en tant qu'enfants de Dieu. Sur ce sujet, Joseph Smith apporta de nombreuses contributions entièrement nouvelles. Il établit la justice et l'amour universels de Dieu pour tous ses enfants comme personne ne l'avait jamais fait. Sa théologie ne refuse la résurrection à personne. Tous sortiront du tombeau ; tous les corps seront réunis à leur esprit pour constituer des âmes éternelles, par la rédemption universelle du Sauveur. Il y aura un salut général pour tous, au sens où ce terme est généralement employé, mais le salut, entendu comme résurrection, n'est pas l'exaltation. Dans l'au-delà, comme dans cette vie, il y a des degrés de gloire, des places et des conditions préférentielles. La bonté et l'obéissance apporteront leurs récompenses, dont la plus haute est de demeurer en la présence de Dieu et de son Fils. Les exigences prescrites de l'Évangile, telles que le baptême, la confirmation et d'autres ordonnances, ne sont pas des conditions préalables à la résurrection, comme beaucoup le supposent. Elles ne sont nécessaires que pour l'exaltation, — le rang le plus élevé.

L'exaltation n'est pas prévue seulement pour quelques élus. Elle est destinée à tous ceux qui se prépareront à entrer dans le royaume. Chacun reçoit la possibilité de se préparer, non seulement les vivants, mais aussi ceux qui sont morts. Telle est la justice du Père.

LE BUT DE L'ŒUVRE DU TEMPLE

Cela m'amène à une autre contribution inestimable, tout à fait distinctive et nouvelle. Il est étrange qu'avec la mention assez fréquente des temples dans les Écritures hébraïques, et avec la référence précise et souvent citée du baptême pour les morts, ce soit Joseph Smith qui, le premier de tous les chrétiens, ait conçu le but des temples et institué l'œuvre par procuration pour les morts. Ce grand projet des derniers jours mériterait à lui seul un traité approfondi. Il doit suffire, pour mon présent propos, de simplement y attirer l'attention. Dans ses ramifications et sa portée, il embrasse pratiquement toute l'étendue de l'Évangile. Le récit de la vie est simplifié pour la compréhension des hommes. Par les pouvoirs éternels de la prêtrise rétablie, des ordonnances et des cérémonies sont administrées en préparation à l'entrée dans le royaume céleste de notre Dieu, et les morts qui ont vécu sans avoir l'occasion de jouir de ces privilèges élevés se voient accorder, par le service de leurs proches, les mêmes droits que ceux qui vivent.

L'un des aspects de l'œuvre du temple mérite d'être mentionné spécialement pour y insister. C'est le scellement du mari et de la femme dans l'alliance éternelle du mariage. Joseph Smith enseigna que le cercle familial est le fondement de l'exaltation et que sa projection dans l'éternité est le ciel lui-même. Il sanctifia l'association des êtres chers. Il fit du père un prêtre et de la mère une prêtresse dans le temple du foyer. Si sa glorieuse interprétation de cette institution divine pouvait s'appliquer de façon générale, les maux de la société seraient guéris et la fraternité de l'humanité serait établie. Cette seule contribution lui vaut une place au tout premier rang parmi les philosophes et les bienfaiteurs du monde.

LA SAGESSE MANIFESTÉE DANS L'ORGANISATION DE L'ÉGLISE

Les limites de cette occasion m'empêchent de développer davantage d'autres éléments relevant de mon thème. Je dois me contenter de les mentionner brièvement. L'organisation de l'Église ; sa croissance phénoménale ; ses collèges, ses divisions, ses organismes, ses autorités, ses officiers ; son système missionnaire incomparable furent tous le fruit de l'inspiration, de la sagesse et de la vision du prophète. Il fut aussi un bâtisseur de villes, un homme d'État d'une grande prévoyance, et un tel meneur d'hommes que, même après sa mort, son influence n'a cessé de croître au fil des années.

LES ÉCRITS DE JOSEPH SMITH

Ses travaux littéraires ne doivent pas être oubliés. Il produisit davantage d'Écritures, c'est-à-dire de parole révélée de Dieu, qu'aucun autre homme dont nous ayons connaissance. En effet, l'ensemble de ses productions scripturaires égalerait presque celles de tous les autres réunis. Dans les pages du Livre de Mormon, de la Doctrine et Alliances et de la Perle de Grand Prix, venues au monde par son intermédiaire, se trouvent des joyaux de vérité tels que : « La gloire de Dieu c'est l'intelligence » ; « Les hommes sont pour avoir la joie » ; « Car voici mon œuvre et ma gloire : réaliser l'immortalité et la vie éternelle de l'homme » ; une déclaration claire du but du bien et du mal dans le monde, problème philosophique qui a déconcerté les érudits de tous les temps, et bien d'autres d'une valeur inestimable. Il nous a aussi laissé des paroles mémorables telles que : « Il est impossible à un homme d'être sauvé dans l'ignorance » ; « Un homme n'est sauvé qu'à la mesure de la connaissance qu'il acquiert » ; « Quel que soit le degré d'intelligence que nous atteignions dans cette vie, il se lèvera avec nous dans la résurrection. » Il écrivit de l'histoire et des dissertations sur de nombreux sujets, et fut un orateur d'un magnétisme et d'une force de conviction remarquables.

Les lumières du siècle qui suivit sa vie n'ont révélé aucune erreur dans ses déclarations théologiques et philosophiques, et la société qu'il établit est sans conteste l'égale, et beaucoup d'érudits qui n'en font pas partie soutiennent qu'elle est la supérieure, de tous les systèmes sociaux sur la terre.

Quelle en est l'explication ? Comment pouvons-nous rendre compte de ces réalisations remarquables, de ces contributions transcendantes au savoir, à la connaissance et à la sagesse de cette époque ?

JOSEPH SMITH, CHOISI DE DIEU

Les critiques de Joseph Smith se sont moqués de lui. Ils ont insisté sur la rudesse de sa jeunesse, son manque d'instruction, et ont déprécié son intelligence. Ce faisant, ont-ils aidé à trouver l'explication ? Peut-être l'ont-ils fait, sans le vouloir, car plus ils dépeignent le prophète comme dépourvu de dons naturels et de formation, plus sûrement ils mènent à la conclusion inévitable que l'explication qu'il donne de lui-même et de son œuvre est la seule explication. S'il s'était avéré être une personne d'un talent et d'une instruction exceptionnels, on aurait pu avancer avec quelque fondement qu'il avait tout conçu et exécuté de son propre esprit, mais ceux qui ont cherché à le détruire ont retiré cette prémisse à l'argument. Peut-être Dieu l'a-t-il voulu ainsi. Même le typographe hostile et injurieux qui imprima le Livre de Mormon posa sans le savoir une pierre dans les fondations des preuves établissant la véracité du récit du prophète sur la traduction, lorsqu'il se moqua de la ponctuation et de la composition du manuscrit, les phrases et les mots étant liés les uns aux autres comme ils le seraient naturellement dans le mode de dictée au scribe décrit par le prophète.

Il n'y a qu'une seule explication soutenable. Dieu choisit cet homme. Il parla par lui. L'esprit vierge et sans artifice du jeune homme fut un terrain fertile pour y semer des graines spirituelles. Elles grandirent et mûrirent en une foi parfaite qui amena Joseph à s'associer à Dieu. Lorsque cela se produisit, rien ne fut inaccessible, car, comme on nous l'a dit autrefois, un homme et Dieu sont majorité.

Aujourd'hui, nous le proclamons prophète et chantons ses louanges avec autant de sincérité, de dévotion et de révérence que ceux qui, il y a cent ans, étaient assis en sa présence, ressentaient l'inspiration de son influence et entendaient la parole de Dieu de sa bouche.

Louange à l'homme qui s'entretint avec Jéhovah ! Jésus oignit ce « prophète et voyant » — Béni pour ouvrir la dernière dispensation ; des rois le loueront et des nations le révéreront.

UN APPEL À ÊTRE FIDÈLE

Il semblerait à peine nécessaire de souligner la conclusion et le but évidents de ce récit. Si un homme a reçu dans son cœur le témoignage de la vérité divine renfermée dans les contributions du prophète Joseph, je l'exhorte à être fidèle, — fidèle à son témoignage, fidèle au prophète, le fondateur, fidèle à la cause et à ses dirigeants dûment mandatés, fidèle aux alliances qu'il a contractées en des lieux saints, et fidèle à la fraternité humaine dans le service qu'il rend. Si un homme n'a pas reçu ce témoignage, je fais appel à sa considération réfléchie, priante et bienveillante. Je lui offre, tirée des expériences de ma vie, l'assurance humble mais certaine que s'il reçoit et applique les enseignements de Joseph Smith, il sera rendu heureux. Le doute et l'incertitude le quitteront. Un but glorieux entrera dans sa vie. Les liens familiaux seront plus doux. Les amitiés seront plus chères. Le service sera plus noble, et la paix du Christ sera sa part. J'en témoigne au nom de Jésus-Christ. Amen.

Un solo vocal, « The Lord's Prayer » (Malotte), fut chanté par Rampton Barlow.

Citer ce discoursStephen L Richards, « La certitude vint avec la Première Vision », Conférence générale d'octobre 1936, Session de l'après-midi du premier jour (1936-10-02). Pulpit Vault, 1936-10-stephen-l.-richards-certainty-came-with-first-vision. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).