Pratiquants de la parole, et non auditeurs seulement
George F. Richards
Nonobstant l'anxiété que j'ai ressentie à devoir m'adresser à cette vaste assemblée, je suis très heureux aujourd'hui ; heureux dans ma religion, ayant une assurance absolue de sa vérité, sans aucun doute ni crainte qui me tourmente. De cette assurance et de ce témoignage, je suis reconnaissant au-delà de ce que je puis exprimer. ¶
« pratiquants de la parole, et non auditeurs seulement » ¶
Je voudrais, si possible, dire quelque chose en cette occasion, dans une allocution très brève, qui stimulerait la foi et l'activité religieuse à quelque degré dans la vie des Saints des derniers jours. En tant que peuple, nous sommes bien instruits dans les choses qui touchent à notre religion. Ce dont nous avons le plus besoin, c'est d'être frappés de la nécessité de pratiquer aussi bien que nous savons, d'être « pratiquants de la parole, et non auditeurs seulement, nous trompant nous-mêmes ». Si nous pratiquions aussi bien que nous savons, notre salut serait assuré. Je désire particulièrement, en ce moment, souligner l'importance d'observer la loi de la dîme et de donner généreusement des offrandes de jeûne, comme un facteur puissant dans le plan du salut de l'homme et dans le soutien de l'Église et de l'œuvre qu'elle est destinée à accomplir. Il y a aujourd'hui une situation d'urgence dans le pays, une dépression financière répandue ; et l'Église la ressent vivement. Beaucoup de ses membres sont sans emploi ou sans autres moyens de subsistance et dépendent du gouvernement, de l'Église, ou d'autres institutions charitables pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Les autorités de l'Église sont préoccupées par cette malheureuse situation. Elles voudraient prendre soin des membres fidèles qui ont besoin d'une aide financière ; mais la manière d'y parvenir est une question qui leur cause un grand souci. ¶
Le Seigneur a fait des dispositions dans son Église pour faire face à toute situation d'urgence qui pourrait survenir, à condition que les membres fassent leur part. Si tous les membres avaient payé pleinement leurs offrandes de jeûne et leurs dîmes depuis qu'ils sont devenus membres de l'Église, il y aurait eu suffisamment de moyens dans le grenier du Seigneur pour faire face à cette pénible situation d'urgence. ¶
Un exemple de loyauté et de fidélité
Il y eut une grave situation d'urgence, de caractère financier, dans l'Église lorsque Lorenzo Snow en devint le président. Les propriétés et les fonds de l'Église avaient été confisqués et pris en charge par le gouvernement des États-Unis, obligeant l'Église à emprunter de grosses sommes d'argent, puis à émettre des obligations pour se procurer les moyens de poursuivre son œuvre courante. En temps voulu, ces engagements durent être honorés. Le président Snow, agissant sous l'inspiration du Seigneur et de son appel élevé, emmena avec lui certains membres de la Première Présidence et du Collège des Douze et, en attelage, se rendit à St. George, puis, de là, voyagea vers le nord à travers l'Utah et jusqu'en Idaho, tenant des réunions dans les localités en chemin, faisant appel aux saints pour qu'ils viennent au secours de l'Église dans sa détresse financière par le paiement fidèle de leurs dîmes et de leurs offrandes. Le peuple répondit à cet appel dans une mesure telle que les obligations et les autres dettes de l'Église furent bientôt remboursées, et l'Église fut de nouveau libre de dettes. ¶
Notre dette envers le Seigneur
Si tous les saints d'aujourd'hui payaient une dîme juste et pleine de leur accroissement, et étaient généreux dans le paiement de leurs offrandes de jeûne, ce que nous les supplions de faire, l'Église serait en mesure de prendre soin de ses membres dans le besoin, afin qu'aucun n'ait à souffrir. ¶
Les saints qui vivaient du temps du président Snow donnèrent un bon exemple de loyauté envers l'autorité de l'Église et d'obéissance à la loi de la dîme. Nous devrions être aussi loyaux et aussi fidèles que le furent nos devanciers. Une telle fidélité contribue au salut individuel ainsi qu'au bien-être et au progrès de l'œuvre du Seigneur. ¶
Le Seigneur attend de chaque membre de son Église qu'il agisse et donne pour l'accomplissement de son œuvre, selon la capacité et les moyens de chacun. Ceux qui négligent de faire leur part connaîtront, à la fin, une grave déception. ¶
Un registre de la dîme que nous avons payée est tenu au ciel, ainsi que de ce que nous aurions dû payer. La différence représente notre dette envers le Seigneur. Nous devrions faire en sorte que le compte soit équilibré avant d'achever le labeur de cette vie. ¶
Œuvrer pour le Seigneur
Il y a dans l'Église bien des hommes d'affaires et des hommes de professions libérales qui sont devenus spirituellement inactifs, tout leur temps étant consacré à leurs affaires ou à leur profession. Ils pourraient payer leur dîme et, ce faisant, apporter une aide précieuse à chaque secteur de l'œuvre à laquelle la dîme est destinée. ¶
Le Seigneur a besoin de nous dans son œuvre, et il a besoin de nos dîmes et de nos offrandes ; et nous avons besoin de lui à chaque heure. ¶
Le Seigneur avait un travail pour moi Mais j'avais tant à faire ¶
Je dis : Prenez quelqu'un d'autre Ou attendez que j'aie fini. ¶
Je ne sais comment le Seigneur s'en tira, ¶
Sans doute s'en sortit-il, Mais je me sentis plutôt lâche, ¶
Je savais que j'avais mal agi envers Dieu. ¶
Un jour j'eus besoin du Seigneur — J'en eus besoin sur-le-champ ; Mais il ne me répondit pas du tout, Et je pus l'entendre dire Au fond de mon cœur qui m'accusait : Mon enfant, j'ai trop à faire. Prends quelqu'un d'autre, Ou attends que j'aie fini. ¶
Maintenant, quand le Seigneur a un travail pour moi, ¶
Je n'essaie jamais de m'y soustraire, ¶
Je laisse ce que j'ai en main, ¶
Et je fais la bonne œuvre du Seigneur. ¶
Et mes affaires peuvent suivre leur cours Ou attendre que j'aie fini. ¶
Personne d'autre ne peut faire le travail ¶
Que Dieu a prévu pour toi. ¶
Nous sommes ici dans un but précis
On raconte l'histoire d'un jeune homme qui désirait vivement acquérir une instruction. Ses parents ne pouvaient l'envoyer au collège, aussi marcha-t-il jusqu'à la ville universitaire et, après d'assidues démarches, réussit à trouver un endroit où, en coupant du bois, il pouvait payer sa pension et son logement. Plus tard, l'un des professeurs du collège lui donna un travail de coupe de bois pour payer ses études. D'autres, apprenant son succès comme coupeur de bois, l'employèrent pour couper du bois pour eux. Il constata bientôt qu'il n'avait plus le temps d'aller au collège, et il se contenta de son succès comme coupeur de bois. Cela représente une situation que connaissent bon nombre d'entre nous. ¶
Nous sommes venus sur terre dans un but précis — celui de travailler à notre propre salut, ou, en d'autres termes, de nous préparer pour la vie à venir, qui est éternelle. Certains d'entre nous semblent avoir oublié le but qu'ils avaient en vue, et se sont contentés de leur recherche de la richesse et de la renommée que cette vie offre — en d'autres termes, contentés de « couper du bois ». ¶
Pour le salut des hommes
On pourrait demander : Pourquoi toute cette activité que nous voyons dans l'Église, dans le ministère à l'étranger, dans le ministère au pays, dans les pieux et les paroisses, dans les collèges de la prêtrise et les associations auxiliaires, dans le travail généalogique et le travail du temple, dans le travail des écoles et des séminaires de l'Église, etc. ? La réponse pourrait être brièvement donnée ainsi : le salut de l'homme en dépend. C'est l'œuvre et la gloire de Dieu que d'accomplir le salut de ses enfants, par le plan de l'Évangile qu'il a révélé. Les activités religieuses que l'on voit dans l'Église, et auxquelles nous sommes attachés, ont pour but, et contribuent à aider le Seigneur dans la plus noble des œuvres, le service le plus important auquel l'homme puisse se consacrer. Si nous ne sommes pas appelés officiellement au service, il y a bien des choses que nous pouvons faire de notre propre initiative, qui contribueront à notre propre bonheur et à notre propre salut, ainsi qu'au bonheur et au salut d'autrui. Napoleon Hill dit : « Rendez chaque jour quelque service utile, pour lequel vous n'attendez aucune rémunération. Cela vous apportera un bonheur que les gens qui ne travaillent que pour un salaire ne connaissent jamais. » ¶
Une plénitude de joie
Dans 2 Néphi 2:25, nous lisons : « Adam tomba pour que les hommes fussent, et les hommes sont pour avoir la joie. » Pour recevoir une plénitude de joie ici et dans l'au-delà, comme le Seigneur l'a voulu, nous devons vivre la vie juste et semblable à celle du Christ, ¶
et rendre un service efficace à Dieu et à nos semblables. La vie juste inspire l'amour de Dieu et du prochain, et ouvre la voie de communication et d'aide avec le Seigneur, qui est si nécessaire au succès d'un service efficace. ¶
Le bonheur par l'obéissance à la parole de Dieu
Un autre moyen puissant d'aider l'Église et l'œuvre du Seigneur, et qui est propice au bonheur et au salut individuels, est d'obéir à la parole du Seigneur, par laquelle il a exprimé sa volonté par révélation directe, que nous nous abstenions de l'usage excessif de la viande, et de l'usage du thé, du café, du tabac et de toutes les boissons enivrantes. Si les saints des derniers jours observaient strictement cette révélation, telle qu'interprétée par les autorités de l'Église, ils seraient un peuple plus sain, plus heureux, et plus prospère qu'ils ne le sont aujourd'hui. Ils auraient plus d'argent avec lequel payer leurs dettes, et pour les dîmes et les offrandes. L'argent payé pour le thé, le café, le tabac et les liqueurs va, pour la plus grande part, hors du pays, si je comprends bien ; et cela représente une fuite considérable, ressentie directement ou indirectement par une grande partie du peuple. De tous les points de vue, il est peu profitable de transgresser la Parole de Sagesse ou toute autre parole du Seigneur. « L'obéissance vaut mieux que les sacrifices ; l'attention, que la graisse des béliers. » ¶
J'ai tenté, de façon brève, de souligner l'importance de payer une dîme honnête et d'être généreux dans le don de nos offrandes ; ainsi que de rendre un service acceptable à Dieu et à nos semblables. Il est important, également, que nous observions tous les commandements du Seigneur, et que nous fassions fidèlement sa volonté en toutes choses. Que le Seigneur nous aide à le faire. ¶