Pulpit

Une émission de grande portée

David O. McKay

Conférence générale d'avril 1936·Session de l'après-midi du deuxième jour·1936-04-05

Fortifiez-vous et que votre cœur s'affermisse, vous tous qui espérez en l'Éternel ! (Psaumes 31:24.)

Une émission de grande portée

Avant de commenter l'exhortation exprimée dans ce texte, je désire faire une brève référence au programme de l'Église des ondes diffusé ce matin.

La première fois que j'ai eu le privilège de me tenir au bord du Grand Canyon du Colorado, j'ai été submergé par le sentiment de ne pas saisir l'ampleur de ce grand gouffre. J'avais appris qu'il y avait plus d'un mille jusqu'à ce qui semblait être un petit cours d'eau sinueux, le puissant Colorado, et que la paroi opposée se trouvait, disait-on, à treize milles de distance, mais je ne pouvais comprendre la majesté et la sublimité de cet immense abîme. Je crois avoir eu un sentiment semblable ce matin, en voyant plus de dix mille personnes participer à l'Église des ondes. J'ai tenté de me représenter l'auditoire potentiel qui a écouté votre chant d'assemblée, car il devait y avoir dans cet auditoire potentiel environ dix millions de personnes. Je suis certain de ne pouvoir saisir toute la portée d'un tel service. Une chose, cependant, est clairement établie dans mon esprit, c'est que nous avons désormais une responsabilité plus grande que jamais d'apprendre

et de vivre l'Évangile de Jésus-Christ. Des tâches plus grandes se dressent devant nous. L'œuvre finale n'est pas encore accomplie. Vous et moi avons la responsabilité de tirer parti de ces occasions nouvelles et immenses pour prêcher l'Évangile, de rendre réelles de nouvelles visions, et d'apporter dans la vie des Saints des derniers jours et des membres du monde entier de plus grandes occasions de connaître le chemin de la vérité.

Le courage donne de la force

Nous avons besoin de courage pour entrer dans ces nouveaux royaumes ; nous avons besoin de courage pour affronter nos situations et conditions présentes, et c'est pourquoi j'ai choisi ce texte : « Fortifiez-vous et que votre cœur s'affermisse, vous tous qui espérez en l'Éternel ! »

Dans cette promesse se trouvent deux principes que tout homme véritablement religieux devrait chérir — la foi et le courage. Que sous-entend ce texte ? Nous savons avec assurance que le Seigneur reste fidèle à son peuple ; que personne, donc, ne désespère, mais qu'il prenne courage, car son espoir ne sera pas vain. La foi en Dieu, la confiance, l'assurance envers nos semblables, le courage de nos convictions nous permettront finalement d'accomplir toute cause juste. Le courage est cette qualité de l'esprit qui affronte le danger ou l'opposition avec calme et fermeté, qui permet à un homme de faire face aux difficultés qui se dressent sur son chemin vers un accomplissement juste. Il est différent de la force d'âme. La force d'âme nous permet de supporter, d'endurer ; la force d'âme est davantage une qualité féminine. Le courage implique d'affronter les difficultés et de les surmonter. Celui qui est, ou devrait être, le guide de nos vies fut le plus courageux de tous les hommes. « En Jésus, nous trouvons la bravoure à son meilleur ; le courage à son sommet le plus élevé ; l'héroïsme à son apogée. » Le véritable héroïsme défend ce qui est juste et fait face au désastre sans reculer. À cet égard, le Sauveur fut la personnification même du vrai courage et du véritable héroïsme. Pour l'illustrer, il me suffit de mentionner la purification du temple ; ou lorsqu'il proclama sans crainte la vérité alors que les siens le chassaient de Nazareth ; ou lorsque les cinq mille de Capernaüm furent réduits à douze seulement, vers lesquels il se tourna en disant : « Voulez-vous aussi vous en aller ? » Jamais, cependant, le Maître ne désespéra ni ne se détourna de la voie qui lui était destinée. C'est le genre de courage dont nous avons besoin dans le monde aujourd'hui.

Une période critique

Durant les dernières années, presque le monde entier a traversé une période critique de dépression. Les habitants de cette région intermontagnarde ont été frappés, à certains égards, plus durement que d'autres. Les mines, l'agriculture et l'élevage sont nos principales industries. Lorsque les mines fermèrent, beaucoup d'hommes se retrouvèrent au chômage. Lorsque les sources et les rivières s'asséchèrent, les produits des fermes se flétrirent et périrent. Le prix du bétail tomba en dessous du coût de son élevage. En conséquence, beaucoup de gens sont inquiets et découragés. Ils ont perdu non seulement leurs fermes ou leurs affaires, mais aussi leurs foyers. Jour après jour, des hommes ont cherché en vain un travail honnête. Après une recherche et une enquête infructueuses, ils

rentrent chez eux presque avec de l'amertume au cœur. Des épouses, avec une force d'âme sublime, encouragent leurs maris, bien qu'il soit plus difficile encore pour les épouses de lutter continuellement pour maintenir les apparences et fournir nourriture et subsistance à leurs enfants. Il est humiliant pour ces hommes et ces femmes, habitués à l'indépendance, à une vie confortable, voire à l'opulence, d'accepter de l'aide, que ce soit du gouvernement ou de l'Église. Que devons-nous donc faire ?

Un retour à la ferme conseillé

Avec un cœur résolu, avec le courage d'affronter le désastre avec le sourire, acceptons les conditions telles qu'elles sont, rebâtissons, et regagnons, par un effort concerté, notre indépendance financière et économique. Une enquête récente sur les conditions dans l'Église indique que 3 200 fermes ont été abandonnées au cours des dernières années. Cela signifie que des milliers de personnes ont été privées de cette source de revenu et de subsistance. Avec la promesse d'une eau abondante pour l'année à venir, retournons à ces fermes, labourons-les de nouveau, et produisons au moins de quoi subvenir à nos propres besoins. Je sais ce que certains d'entre vous pensent — que l'on ne peut faire vivre une ferme, que vous les avez quittées parce que vous n'obteniez que 4 cents le gallon pour votre lait, 50 cents le quintal pour vos pommes de terre, 60 cents le quintal pour votre blé, et ainsi de suite jusqu'à une limite décourageante.

Or, nous ne pouvons continuer ainsi indéfiniment. Le Dr Widtsoe a exprimé une vérité profonde hier soir, lors de la réunion de prêtrise, lorsqu'il a dit : « Aucun pays ne peut prospérer à moins que les hommes qui cultivent le sol ne réussissent. » Je ne connais rien d'autre que nous puissions faire. Nous n'avons pas assez d'usines pour employer les gens sans travail, les mines ne tournent pas à pleine capacité. Nous pouvons retourner à la terre et, avec de l'aide pour acheter quelques têtes de bétail et quelques chevaux, nous pouvons de nouveau labourer nos fermes. Ici, dans cette région intermontagnarde, nous avons une grande obligation. Les yeux du monde se tournent vers nous, non seulement à cause du message que nous portons, mais parce qu'il y a ici des merveilles pittoresques qui attirent les hommes de près et de loin. Lorsqu'ils passent devant nos fermes et nos maisons, ils devraient voir des maisons peintes, des fermes correctement cultivées et les mauvaises herbes coupées le long des routes. En cela, nous avons le devoir impérieux de faire en sorte que les voyageurs puissent constater des preuves de propreté, d'économie et de labeur, principes fondamentaux des Saints des derniers jours. Dans ces efforts de redressement, tous doivent coopérer. Que le montant de l'argent donné en aumône serve à l'achat d'un attelage, d'une vache, de poules ou d'outils, permettant ainsi aux hommes et aux femmes de retrouver une vie d'indépendance. Voici un domaine d'action où je crois que nos cœurs ont besoin d'être fortifiés, et où nous pouvons manifester ce courage et cette qualité d'esprit qui nous permettront de faire face aux difficultés qui nous attendent.

Fidélité au devoir

Une autre manière de manifester le vrai courage, et d'attirer ainsi sur nous la bénédiction de Dieu, est l'accomplissement fidèle du devoir. C'est là l'une des meilleures façons pour un Saint des derniers jours de garder son âme

pure. Où qu'il se trouve, qu'il accomplisse son devoir honnêtement, consciencieusement.

Fais ton devoir, voilà le meilleur, laisse au Seigneur le reste.

Soutenir l'arche

Ce faisant, ne nous mêlons pas de ce qu'un autre accomplit en un lieu différent. Il est quelque peu dangereux pour nous de sortir de notre propre sphère et de tenter, sans autorité, de diriger les efforts d'un frère. Vous vous souvenez du cas d'Uzza, qui étendit la main pour soutenir l'arche. Il semblait justifié, lorsque les bœufs trébuchèrent, d'avancer la main pour soutenir ce symbole de l'alliance. Nous pensons aujourd'hui que son châtiment fut très sévère. Quoi qu'il en soit, cet incident transmet une leçon de vie. Regardons autour de nous et voyons combien rapidement les hommes qui tentent, sans autorité, de soutenir l'arche meurent spirituellement. Leur âme devient amère, leur esprit se déforme, leur jugement devient défaillant, et leur esprit s'accable. Telle est la condition pitoyable des hommes qui, négligeant leurs propres responsabilités, passent leur temps à trouver des défauts chez les autres. Le cœur véritablement courageux dira :

Laisse-moi seulement accomplir mon œuvre, jour après jour, dans les champs ou la forêt, au bureau ou au métier à tisser ; dans le marché tumultueux ou la chambre paisible ; laisse-moi seulement trouver en mon cœur de dire, quand des désirs vagabonds me font signe de m'égarer : « Ceci est mon œuvre ; ma bénédiction, non ma damnation. De tous ceux qui vivent, je suis celui par qui cette œuvre peut le mieux être accomplie de la bonne manière. » Alors je ne la trouverai ni trop grande ni trop petite pour convenir à mon esprit et éprouver mes forces ; alors j'accueillerai avec joie les heures de labeur, et me tournerai avec joie, quand tomberont les longues ombres, au soir, vers le jeu, l'amour et le repos, parce que je sais que pour moi mon œuvre est la meilleure.

Je fais référence à l'œuvre dans l'Église, où il n'est pas un seul membre qui n'ait quelque chose à faire, ne serait-ce qu'assister aux réunions de son collège, de son organisation auxiliaire et de la sainte-cène. Quel que soit le devoir, accomplissons-le fidèlement et bien.

Maintenir des idéaux

Le courage de maintenir nos idéaux est un autre domaine où nous pouvons manifester du courage et mériter l'approbation de Dieu en qui nous mettons notre confiance. Ce sont des temps où les hommes devraient garder la tête froide et ne pas se laisser emporter loin de leurs amarres par chaque théorie chimérique offerte comme panacée à nos maux présents. Les temps appellent une jeunesse courageuse à porter haut l'étendard moral. C'est dans ce domaine que nous trouvons le plus vrai courage moral. On dit que l'héroïsme est du courage concentré. Or, nos plus grands héros ne se trouvent pas toujours sur le champ de bataille. Je pense que nous les trouvons aussi parmi notre jeunesse. Des jeunes hommes et des jeunes femmes qui,

placés dans des groupes sociaux, se lèveront sans crainte pour dénoncer ces choses que nous savons miner le caractère, la force vitale même de la jeunesse. « Il n'y eut jamais, dans l'histoire du monde, dit Mark Hopkins, un temps où les héros de la morale furent plus nécessaires. Le monde attend de tels hommes. La providence de Dieu a commandé à la science de travailler et de préparer la voie pour eux. Pour eux, elle pose ses voies ferrées, tend ses fils, et jette des ponts sur les océans. Mais où sont-ils ? Qui insufflera dans nos relations civiles et politiques le souffle d'une vie plus haute ? » « La chose la plus importante au monde, dit un grand savant, n'est pas la découverte de Galilée, de Faraday et d'autres, mais la croyance en la réalité des valeurs morales et spirituelles. » J'en appelle à la jeunesse pour qu'elle ait le courage de maintenir les valeurs morales et spirituelles de l'Évangile de Jésus-Christ. Après tout, « À quoi servirait-il à un homme de gagner le monde entier, s'il perdait son âme ? ou que donnerait un homme en échange de son âme ? »

Le courage face aux difficultés

Avec foi en un pouvoir souverain, dans la protection personnelle et intime de notre Père — et nous aimons le considérer ainsi, un Père aimant — affrontons nos difficultés avec courage.

Nous ne sommes pas ici pour jouer, pour rêver, pour dériver, nous avons un travail difficile à accomplir, et des fardeaux à soulever, ne fuyons pas la lutte ; affrontons-la. C'est le don de Dieu.

Ne dites pas que les jours sont mauvais — à qui la faute ? Et de croiser les bras et d'acquiescer — ô honte !

Levez-vous, parlez, et bravement, au nom de Dieu ! Soyez forts !

Peu importe combien profondément le mal est retranché, si dur soit le combat, si long soit le jour. Ne faiblissez pas, combattez ! Demain

viendra le chant.

Frères et sœurs, « fortifiez-vous et que votre cœur s'affermisse, vous tous qui espérez en l'Éternel ! » Que Dieu nous en donne le pouvoir, je le prie au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursDavid O. McKay, « Une émission de grande portée », Conférence générale d'avril 1936, Session de l'après-midi du deuxième jour (1936-04-05). Pulpit Vault, 1936-04-david-o-mckay-a-far-reaching-broadcast. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).