Rapport de la Mission suisse et allemande
Francis Salzner
Mes chers frères et sœurs, une seule fois auparavant dans ma vie ai-je contemplé un spectacle tel que celui que je vois aujourd'hui. Je ne l'oublierai jamais. Je prie pour ¶
votre indulgence et pour que l'Esprit du Seigneur guide les quelques remarques que je pourrai faire aujourd'hui, afin qu'elles soient dignes de la cause que nous représentons et de cette grande occasion. ¶
En revenant de la présidence de la Mission suisse et allemande, étant de retour chez moi depuis environ trois mois maintenant, je désire vous apporter les salutations des missionnaires et des saints de la Mission suisse et allemande. Au sujet des missionnaires, je puis dire que je ne pense pas qu'il y ait jamais eu de plus beau groupe de jeunes gens envoyés dans le monde, à quelque époque que ce soit, que les missionnaires qui ont œuvré avec nous dans cette mission. ¶
Je désire également louer la fidélité et la constance de ces bons saints qui composent la Mission suisse et allemande. Ils sont assurément un exemple pour nous, et j'ai reçu d'eux et de leur influence un grand bienfait, car j'y ai vu des choses que je n'avais jamais vues auparavant. J'ai vu comment l'Évangile s'est emparé d'eux, et comment le fait de vivre l'Évangile leur a apporté les plus grandes bénédictions. ¶
Oui, l'Évangile de Jésus-Christ est la puissance de salut pour ceux qui lui obéissent et le vivent, et là nous voyons ces saints fidèles s'efforcer de toutes leurs forces de le vivre, et les bénédictions de Dieu se répandent sur eux. La paix, la joie et le bonheur habitent leurs foyers et leurs cœurs, et ils apprécient l'Évangile. Je souhaiterais que nous aussi nous appréciions ses bénédictions comme le font ces saints qui se trouvent dans cette lointaine contrée. ¶
Il y eut, pendant que nous étions là-bas, ce que l'on appelle une révolution, en ce sens que le gouvernement passa d'une démocratie à une dictature. Nous nous attendions peut-être à voir nos droits ou nos privilèges restreints, je puis le dire, mais jusqu'à présent nous avons été libres de prêcher l'Évangile. Nous avons prêché le repentir et baptisé des gens. Ce que l'avenir apportera, nous l'ignorons bien sûr. ¶
Frère Ballard a mentionné la contestation religieuse là-bas. Ceci est peut-être quelque peu mal compris par nous ici ; peut-être pris beaucoup plus au sérieux qu'il ne l'est en réalité. Cette idée d'une religion païenne, favorisée par le Dr Rosenberg, qui compte peut-être deux cent cinquante ou trois cent mille adeptes sur soixante-cinq millions de personnes, est de peu de conséquence, bien que nous puissions voir, à travers toute cette contestation, que le peuple n'est pas satisfait de la religion qu'il possède et cherche quelque chose de différent. ¶
Dans la partie occidentale de l'Allemagne, qui est en majorité catholique, j'ai remarqué cet été qu'un nouveau mouvement s'était formé, à savoir que le peuple veut une église libérée de Rome, dépourvue de cérémonies et de rituels païens. Il veut revenir à l'Évangile de Jésus-Christ, aux choses qui influencent les hommes et les aident à devenir meilleurs et à rendre la vie meilleure pour autrui. ¶
Je désire aussi relater une visite que j'ai faite à un établissement de renommée mondiale, qui s'appelle Bethel. Il est situé près de la ville de Bielefeld, et fut fondé il y a près de cent ans par un pasteur du nom de Dr Bodelschwingh. C'est une institution entièrement caritative, construite dans le but de prendre soin des patients épileptiques. Le jour où nous nous y trouvions, ¶
il y avait plus de cinq mille patients dans cette institution, et j'y ai vu les spectacles les plus pitoyables que j'aie jamais vus de ma vie. Après avoir visité l'institution, nous avons parlé au guide, qui nous a dit que dans chaque cas, ils font une étude approfondie des antécédents familiaux du patient, afin de déterminer la cause de cette condition chez lui. Il a dit qu'ils avaient établi que soixante-cinq pour cent de ces infortunés avaient été amenés à cet état par l'ivrognerie de leurs parents et grands-parents ; vingt-cinq pour cent par des maladies sexuelles ; dix pour cent, ils n'avaient pu le déterminer. ¶
Parfois, lorsque j'entends des saints des derniers jours dire : « Je voudrais qu'ils ne parlent plus de la Parole de Sagesse », je dis : proclamons la Parole de Sagesse aux quatre coins du monde, afin que le peuple sache ce que Dieu dit à ce sujet. Lorsque j'ai regardé ces milliers d'infortunés là-bas, j'ai été choqué en réalisant que la responsabilité de leur condition reposait sur quelqu'un d'autre, que leurs parents, par leur ivrognerie, en étaient responsables, et que cette souffrance aurait pu être évitée si ces parents et grands-parents avaient été correctement instruits dès leur jeunesse. ¶
Nous, en tant qu'Église, nous nous distinguons aujourd'hui dans le monde en enseignant le grand principe qu'une vie pure est la seule chose qui nous apportera, à nous et à notre postérité, le bonheur et la joie. Nous ne savons pas jusqu'où cela porte ses fruits ; nous ne savons pas combien de personnes sont touchées par le fait que nous menions une vie pure, droite et honorable. ¶
Lorsque j'ai écouté hier l'ancien Hinckley nous donner un éloge de ces hommes qui siègent ici sur cette estrade, j'ai pensé combien nous sommes bénis d'avoir de tels hommes comme dirigeants — des hommes expérimentés dans presque tous les domaines de la vie, qui peuvent nous donner conseil et avis, qui peuvent regarder en avant et nous montrer le chemin que nous devrions suivre, qui peuvent voir les pièges qui nous attendent et nous avertir des dangers. Combien nous devrions être reconnaissants d'avoir de tels dirigeants, et nous devrions rentrer chez nous et mettre en pratique les conseils qu'ils nous donnent, et ce faisant nous serions tous bénis. ¶
Bien des fois j'ai dit que si les saints des derniers jours vivaient l'Évangile de Jésus-Christ, ils seraient la plus grande puissance du monde aujourd'hui. Des hommes viendraient ici de tous les coins du monde pour voir les accomplissements et les vies de ces gens. La raison pour laquelle cette prophétie qui nous a été lue ce matin — que les hommes devraient monter à la montagne du Seigneur pour apprendre les voies du Seigneur — ne s'est pas accomplie, c'est que nous, en tant que peuple, ne vivons pas l'Évangile de Jésus-Christ comme nous le devrions. Nous avons un pouvoir entre nos mains, mais nous ne nous en sommes pas encore servis. ¶
Un professeur de l'une des plus grandes universités d'Allemagne est venu me voir quelques jours seulement avant mon départ pour rentrer chez moi. Il avait séjourné ici, à Salt Lake City, pendant six mois, étudiant l'aspect économique du mormonisme, et il a dit : « Vous, les gens, vous avez la plus grande chose au monde, mais vous ne savez pas comment vous en servir. » ¶
Maintenant, frères et sœurs, retournons chez nous depuis cette conférence et répandons l'esprit de cette conférence parmi nos voisins et ¶
amis, en usant de notre influence partout où c'est possible pour édifier, élever, et amener nos frères et sœurs à vivre l'Évangile. Ce faisant, nous ferons un meilleur État, une meilleure communauté, et un monde plus agréable où vivre. ¶
Que Dieu vous bénisse tous. Que l'esprit de cette conférence émane d'ici vers tous les coins de l'Église, afin que son influence se manifeste aussi auprès de ceux qui ne sont pas présents ici, je le demande au nom de Jésus-Christ, amen. ¶