Pulpit

La foi et la Parole de Sagesse

Heber J. Grant

Conférence générale d'octobre 1935·Session du matin du premier jour·1935-10-04

Je me réjouis d'avoir de nouveau l'occasion de me réunir avec les Saints en conférence générale. Durant ces cinquante-trois dernières années, j'ai toujours pris plaisir à assister à nos conférences annuelles et semestrielles. Il y a cinquante-trois ans, le 16 octobre prochain, j'ai eu le privilège d'être choisi comme l'un des apôtres de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Je n'ai pas les mots pour exprimer la gratitude de mon cœur pour ce grand honneur qui me fut accordé il y a si longtemps. Je n'étais pas alors dans la meilleure des santés ; en fait, je n'hésite pas à dire que je jouis aujourd'hui, après l'écoulement de ces cinquante-trois années, d'une bien meilleure santé que celle dont je jouissais lorsque cet appel me parvint ; je peux accomplir avec plus de facilité les devoirs qui m'incombent, et sans la même fatigue.

Je me souviens que, durant les deux ou trois premières années de mon ministère comme l'un des apôtres, il m'arrivait fréquemment, après avoir prêché deux ou trois fois un dimanche lors d'une conférence trimestrielle, de rester éveillé toute la nuit tant j'étais nerveux. Je suis reconnaissant au-delà de toute expression pour la vigueur de corps et d'esprit que je possède aujourd'hui, et ma gratitude va non seulement à mon Père céleste pour l'excellente santé dont je jouis, mais aussi au peuple des Saints des derniers jours en général. Je crois sincèrement que c'est grâce à la foi, aux prières et à la bienveillance des Saints que ma vie a été prolongée et que ma santé s'est améliorée.

JOIE DANS LE LABEUR

Je peux dire en toute vérité que, durant toutes ces années, j'ai éprouvé une grande joie dans le labeur de mes voyages parmi les Saints des derniers jours. Il existe dans le cœur des Saints des derniers jours, les uns envers les autres, une fraternité et un amour que, j'en suis certain, aucun autre peuple ne connaît. Quand je songe à l'accueil qui me fut réservé comme jeune homme sans expérience, n'ayant pas encore vingt-six ans, lorsque je fus appelé à cette charge importante ; quand je me souviens de la révérence et du respect qui me furent témoignés partout où j'allais, malgré mon manque de connaissance et d'information, mon cœur déborde de gratitude envers le peuple de tous les pieux de Sion, et au fil des années, j'ai été reconnaissant au-delà de toute expression de n'avoir jamais rien trouvé, chez nous ou à l'étranger, qui ait affaibli ma foi en la divinité de l'œuvre à laquelle vous et moi sommes attachés.

DE NOMBREUSES PREUVES

Je suis reconnaissant, d'autre part, qu'au fil des années j'aie constamment trouvé des preuves supplémentaires de la divinité de cette œuvre. Il y a eu, dans ma vie, bien des choses, comme je suis sûr qu'il y en a eu dans la vie de chacun de vous, qui m'ont paru inexplicables, qu'il m'a été difficile de comprendre et de saisir. Mais je crois fermement que la foi est un don de Dieu, et je suis vraiment reconnaissant pour le don de foi qui m'a accompagné. Lorsque je ne comprenais pas certaines choses, j'ai eu foi qu'un jour elles me seraient rendues claires.

Je me souviens que la première fois que j'ai lu la section 19 de la Doctrine et Alliances, au sujet du châtiment éternel, entre autres, j'ai pleuré de joie pour l'explication qui y est donnée, à savoir qu'elle n'affirme pas qu'il n'y a pas de fin au châtiment.

Je me souviens que la déclaration selon laquelle « toute oreille entendra » m'a toujours paru remarquable. Je ne pouvais comprendre comment cela pourrait être possible, et pourtant j'y croyais, j'avais foi en cela et je l'acceptais sans le moindre doute. La radio a démontré que toute oreille peut entendre. J'ai été reconnaissant d'avoir eu, à deux occasions différentes, l'occasion de faire une émission diffusée dans le monde entier. Je me demandais comment il serait possible que « tout œil voie ». Et pourtant j'ai vu et conversé avec ma fille et ma petite-fille alors qu'elles se trouvaient à des kilomètres de moi. Elles étaient dans les laboratoires et moi près du bas de Broadway, à New York ; elles étaient à plusieurs kilomètres de distance, et de grands immeubles se dressaient entre nous. Nous n'avons éprouvé aucune difficulté à nous voir, aucune difficulté à converser l'une avec l'autre.

La seule et unique chose que vous et moi, et chaque Saint des derniers jours, ayons à faire, c'est de garder les commandements du Seigneur, et tôt ou tard, ces choses qui ont pu paraître inexplicables et sembler impossibles nous seront démontrées.

FOI DANS LE LIVRE DE MORMON

Je suis reconnaissant d'avoir eu, comme jeune homme, foi dans le Livre de Mormon. Lorsqu'on se moquait de moi pour y croire, la personne disant qu'elle pouvait me signaler deux mensonges absolus dans ce livre, auxquels on ne pouvait rien opposer, je lui ai dit d'aller de l'avant, que le fait de les signaler n'affectait en rien ma foi ni ne diminuait le moins du monde ma révérence pour le Livre de Mormon et ma croyance en celui-ci. Je l'ai lu comme jeune homme, à l'adolescence, avec prière et humilité, et il est venu dans mon cœur l'assurance parfaite que ce livre est exactement ce qu'il prétend être.

L'un des deux mensonges relevés par cette personne était qu'il y avait eu, aux premiers temps, des habitations construites en ciment par les Néphites au Mexique, en Amérique centrale et en Amérique du Sud, et qu'une telle chose qu'une habitation de ciment n'avait jamais été trouvée. « Vous savez, dit-il, que le ciment n'est pas aussi destructible que la brique ou la pierre, et que si des habitations de ciment avaient été construites, on les aurait trouvées depuis longtemps. »

Je lui dis : « Cela n'affecte en rien ma foi. Des centaines et des centaines d'années se sont écoulées depuis la destruction des Néphites, et ce pays connaît une abondante végétation tropicale. Si l'on ne trouve pas d'habitations de ciment de mon vivant, je suis certain qu'on en trouvera du temps de mes petits-enfants, et sinon, on en trouvera assurément du temps de mes arrière-petits-enfants. »

Il dit : « À quoi bon parler à un tel insensé, qui écarte un argument auquel on ne peut rien opposer en le renvoyant à ses enfants, à ses petits-enfants ou à ses arrière-petits-enfants ? »

L'HISTOIRE CONFIRME LES FAITS

Quelle est l'histoire qui a suivi ? À quelques kilomètres de la ville de Mexico, à moins de cent, si je me souviens bien, se trouve un grand monument dont l'extérieur était apparemment recouvert de ciment, et qui est cent cinquante pour cent plus élevé que ce bâtiment où nous sommes réunis ; et au lieu de mesurer une centaine par deux cents et quelques pieds, il est plus vaste que tout ce pâté de maisons, couvrant un espace de onze acres, et du sommet de ce monument on peut voir dans la vallée de grands monticules, et lorsqu'on les dégage, voici que l'on découvre qu'il s'agit de maisons magnifiquement construites, aux murs et aux sols recouverts de ciment, révélant une maîtrise dans l'usage du ciment égale, sinon supérieure, à celle d'aujourd'hui.

UNE VOIX ENTENDUE DANS TOUT LE PAYS

Il dit : « Eh bien, je vais vous donner un argument dont vous ne pourrez reporter la réponse sur vos enfants, vos petits-enfants ou vos arrière-petits-enfants. Ce livre enseigne qu'après sa résurrection, Jésus-Christ vint dans ce pays, organisa son Église, et qu'il parla au peuple, et que sa voix fut entendue dans tout le pays. Or vous savez bien que

si vous montiez sur le toit d'une maison pour crier, votre voix ne porterait que quelques centaines de pieds. Vous savez donc que c'est un mensonge. »

Je lui dis : « Je ne sais rien de tel. Je sais que Jésus-Christ et d'autres, sous la direction de Dieu, ont pris les éléments existants et créé cette terre, et je crois fermement que si Jésus-Christ a su créer la terre sur laquelle nous vivons, il saura faire porter sa voix dans le monde entier en même temps. »

Il dit : « Je ne tiens pas à discuter avec un tel insensé. »

L'IMPORTANCE DE LA FOI

La radio a démontré que la foi est un don de Dieu, et je suis reconnaissant de l'avoir eue. Je me suis assis chez moi pour écouter l'amiral Byrd parler depuis le pôle Sud, une petite boîte dans le coin de la pièce m'apportant ce message, et mon cœur a débordé de gratitude à la pensée que, jeune homme non marié, ma foi dans le Livre de Mormon n'avait pu être ébranlée par les arguments d'un jeune homme titulaire d'un doctorat et diplômé d'une université, qui pensait m'avoir complètement terrassé par deux de ses arguments.

Acquérons la foi en tant que peuple. Organisons notre vie de manière à mériter un accroissement de cette foi. Je suis reconnaissant de ne connaître aucun homme ni aucune femme qui, ayant adhéré à cette Église et assisté à ses réunions de sainte-cène, prenant la sainte-cène en souvenir des souffrances et de la mort de notre Sauveur ; qui ait été honnête et consciencieux dans le paiement de sa dîme ; qui ait partagé avec le Seigneur aussi parfaitement qu'il demanderait au Seigneur de partager avec lui s'il établissait les comptes ; qui ait gardé la Parole de Sagesse — je n'ai jamais connu un tel individu perdre la foi. Mais j'ai vu des hommes et des femmes apostasier de l'Église, et presque sans exception, j'ai vu cette apostasie les gagner peu à peu.

DANS LA LIGNE DU DEVOIR

Lorsque vous êtes dans la ligne de votre devoir, c'est comme si vous vous teniez devant une rangée de poteaux, et chaque poteau est aligné. Mais faites un pas de côté, et chaque poteau paraît ne plus être tout à fait aligné. Plus vous vous éloignez de cette ligne droite, plus les poteaux paraîtront tordus. C'est le chemin étroit et resserré du devoir qui vous et me ramènera en la présence de Dieu. Je suis reconnaissant que, depuis ma jeunesse jusqu'à ce jour, une pensée telle que douter de la divinité de la mission du Sauveur ne me soit jamais venue à l'esprit.

J'ai souvent mentionné ici un livre dont l'un des chapitres s'intitule « Le jeune homme et la chaire ». L'auteur de ce livre rapportait qu'une certaine personne, ayant de bonnes occasions d'enquêter, posait à chaque jeune prédicateur qu'elle rencontrait durant des vacances d'été — il s'agissait de pasteurs des États de l'Est et de la Nouvelle-Angleterre — la question suivante : « Croyez-vous que le Christ fut le Fils du Dieu vivant,

envoyé par lui pour sauver le monde ; que le Christ était bien le propre Fils de Dieu, chargé d'une mission divinement désignée et définie, mourant sur la croix et ressuscité des morts ? Je ne vous demande pas si vous croyez qu'il fut inspiré au sens où les grands maîtres de morale sont inspirés. Personne n'en doute. Mais, oui ou non, était-il le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde ? »

Je suis reconnaissant que tout Saint des derniers jours puisse répondre oui à cette question. Nous nous réjouissons tous de posséder cette connaissance. Je regrette qu'aucun de ces pasteurs n'ait su répondre oui, et que l'ensemble de leurs réponses se soit résumé à dire qu'il fut le plus grand maître de morale qui ait jamais vécu.

SA FOI N'A PAS ÉTÉ ÉBRANLÉE

Je suis reconnaissant d'avoir eu, au cours de mes voyages, l'occasion de rencontrer de nombreux hommes qui ne sont pas de notre foi. Avant d'avoir atteint ma vingtième année, j'ai travaillé cinq ans pour des personnes qui n'étaient pas de notre foi. Mes affaires ont été de nature à me faire représenter des compagnies d'assurance, l'une au Canada, l'une là-bas en Nouvelle-Zélande, l'une en France et certaines en Grande-Bretagne, et d'autres à New York, San Francisco, Chicago et La Nouvelle-Orléans, et je suis entré en contact avec de nombreux hommes qui n'étaient pas de notre foi. Je ne me souviens pas avoir rencontré, dans aucun des bureaux d'aucune des compagnies que j'ai représentées, ni parmi les hommes venus à Salt Lake comme représentants itinérants ou dirigeants, quiconque ait appartenu à notre Église ; mais dans tous mes contacts avec ces personnes qui ne sont pas de ma foi, j'ai été reconnaissant que rien de ce que j'ai entendu, lu ou rencontré n'ait le moins du monde diminué ma foi en l'Évangile de Jésus-Christ. Au contraire, dans mon contact avec les hommes, j'ai trouvé des preuves de la divinité de cette œuvre.

Je me souviens d'une visite chez un sous-directeur de cette grande société, la New York Life Insurance Company, à Londres. Cet homme me dit qu'il avait été attaché à la légation britannique à Constantinople, qu'il avait vécu de nombreuses années en Terre sainte, et qu'il s'était rendu bien des fois aux États-Unis et au Canada.

DE NOUVELLES PREUVES SANS CESSE

Il dit : « Savez-vous, monsieur Grant, la dernière fois que j'étais au Canada, je suis monté dans les contrées sauvages du nord, au-delà de toute civilisation, où je doute qu'aucun homme blanc n'ait jamais mis les pieds auparavant, parmi ces Indiens païens, et j'y ai trouvé la chose la plus inexplicable de toute ma vie. J'y ai trouvé la réplique exacte d'un tapis de Terre sainte, exactement le même motif et les mêmes couleurs que ceux que j'ai vus à Jérusalem, et, chose incroyable, ce tapis était tissé de petites perles de couleur. Comment, au nom du ciel, ces gens là-haut, qui n'avaient jamais entendu parler de Jérusalem, ont-ils pu reproduire parfaitement un tapis de Jérusalem, cela dépasse mon entendement. »

Je lui dis : « Je vous enverrai un exemplaire du Livre de Mormon, dans lequel

vous découvrirez que les ancêtres des Indiens d'Amérique, venus dans ce pays avant Colomb, venaient de Jérusalem. »

« Eh bien, eh bien, dit-il, voilà qui explique l'inexplicable. »

Je suis reconnaissant, en lisant les credo, les doctrines et les idées d'autres peuples et d'autres Églises, de n'avoir jamais rien trouvé qui ait troublé ma foi. Au contraire, jour après jour, semaine après semaine, année après année, je découvre continuellement de nouvelles preuves de la mission divine du Sauveur et de la mission et des travaux divinement désignés du prophète Joseph Smith. Je suis vraiment reconnaissant quand je songe qu'avant même l'organisation de l'Église, de merveilleuses révélations furent données, déclarant que le champ était déjà mûr pour la moisson, et quand je pense à la merveilleuse moisson recueillie à Hawaï par le président George Q. Cannon, pays que le président Clark, moi-même et d'autres avons récemment visité. Pendant les quelques années qu'il y passa, il traduisit le Livre de Mormon en langue hawaïenne, et il baptisa plus de trois mille indigènes. Je n'ai jamais été parmi un peuple qui me parût plus sincère, ayant un plus grand amour les uns pour les autres et pour l'Évangile, et une plus grande révérence pour ceux qui occupent des postes d'honneur dans l'Église du Christ, que celui que j'ai rencontré lors de notre récente visite à Hawaï.

RECONNAISSANT POUR CE QUI A ÉTÉ ACCOMPLI

Je suis reconnaissant pour le temple qui y a été érigé, et pour l'intérêt que porte le peuple à l'œuvre du temple. Je suis reconnaissant pour l'organisation, là-bas, d'un pieu de Sion, qui, je le crois, sera d'un grand bienfait spirituel pour le peuple. Je suis très reconnaissant pour les preuves qui me sont parvenues de la divinité de cette œuvre à laquelle nous sommes attachés.

Je suis reconnaissant en songeant au fait que Wilford Woodruff a baptisé plusieurs milliers de personnes, et qu'Orson Pratt a fait de même. Année après année, de nouvelles preuves de l'inspiration du Seigneur et de la vérité des révélations données au prophète Joseph Smith me sont parvenues. Il n'y a absolument rien, dans toute la Doctrine et Alliances, comme commandement et exhortation pour vous et pour moi, dont l'accomplissement des choses que le Seigneur désire de nous ne soit à notre avantage. Il n'y a rien dans ce livre qui ne nous soit pas grandement profitable si nous faisons ce que le Seigneur désire de nous.

On m'a demandé maintes et maintes fois — principalement par des lettres anonymes — « Pour l'amour du ciel, trouvez un nouveau sujet, et cessez de tant prêcher sur la Parole de Sagesse ».

LE BESOIN DE LA PAROLE DE SAGESSE

Jamais de ma vie je n'ai pensé, cru et été convaincu que les Saints des derniers jours aient autant besoin de la Parole de Sagesse qu'ils en ont besoin aujourd'hui. Pourquoi ? Parce que l'ensemble des États-Unis a abandonné la prohibition. On est revenu à l'alcool. Et cela s'est fait

parce que le cri s'est élevé : « Il y a plus d'ivrognerie, on boit plus de whisky sous la prohibition qu'il ne s'en buvait avant que nous ayons la prohibition. »

Pardonnez-moi, mais toutes les affirmations de cette sorte n'étaient que pur mensonge. Pendant la prohibition, je me suis rendu assez fréquemment dans l'Idaho pour assister à des conférences. Durant toutes les années de la prohibition, je n'ai jamais vu, lors de ces voyages, ni homme ni femme en état d'ivresse. Je suis récemment allé à Rexburg pour consacrer une église. Arrivés à Pocatello, nous avons dû quitter le train pour prendre un autobus jusqu'à Idaho Falls, et à Idaho Falls j'ai changé de nouveau. Deux hommes dans l'autobus étaient ivres. Pendant les quinze minutes que j'ai attendues à Idaho Falls, j'ai vu trois autres hommes ivres. On a vu, dans cette ville, des dizaines d'hommes et de femmes se tenir devant l'un des principaux débits de boissons alcoolisées, attendant leur tour pour se procurer de l'alcool. J'ai rencontré des gens en état d'ivresse en plus d'un endroit de Salt Lake City depuis que l'on a supprimé la prohibition. Des millions et des millions de dollars ont été dépensés en propagande fondée sur des mensonges pour ramener le whisky au peuple. Lors d'une grande convention nationale, la foule a crié : « Hourra ! Hourra ! Nous voulons notre bière ; nous voulons notre bière ; nous voulons notre bière ! » Et elle l'a obtenue. Certes, cela n'enivre légalement personne, mais on prend bien soin d'empêcher les Indiens d'en boire, de peur qu'ils ne s'enivrent.

UN APPEL À VOTRE INFLUENCE

Aujourd'hui, je vous demande à tous, un par un, d'user de votre influence, chez vous comme à l'étranger, pour amener le peuple à garder la Parole de Sagesse, et je vais la lire. Ce sera peut-être la cinquante-troisième fois en cinquante-trois ans. Je pense l'avoir lue au moins une fois par an, sinon une demi-douzaine de fois.

« Une Parole de Sagesse » — vous savez que la sagesse est presque la plus grande chose au monde, juste après la santé, et voici la sagesse de Dieu, non celle de l'homme. La sagesse de l'homme, c'est « de la bière, de la bière, de la bière ».

Parole de Sagesse au profit du conseil des grands prêtres assemblés à Kirtland, de l'Église et aussi des saints de Sion —

J'ai entendu beaucoup de gens dire : « Frère Grant, ce n'est pas un commandement. C'est ainsi que je m'en tire, et que je peux prendre mon thé et mon café. »

— non par commandement ou par contrainte, mais par révélation — Révélation de qui ? Révélation du Dieu Tout-Puissant.

Et la parole de sagesse, montrant l'ordre et la volonté de Dieu — c'est la volonté de Dieu que nous tirions profit de la Parole de Sagesse.

— dans le salut temporel de tous les saints dans les derniers jours —

UNE AIDE ÉCONOMIQUE

Je crois que si l'on économisait chaque dollar dépensé dans l'Utah pour l'alcool, la bière, le thé, le café et le tabac, l'Utah n'aurait besoin d'aucune aide du gouvernement des États-Unis pour subvenir aux besoins des pauvres, mais que la paix, la prospérité, le bonheur et l'abondance seraient accordés au peuple de notre bel État, et de tous les autres États de l'Union, si de plus nous observions cette suggestion du Seigneur, qui est fort sage, de nous abstenir, une fois par mois, de deux repas, ce qui serait physiquement bénéfique à toute âme vivante, et d'en donner l'équivalent pour venir en aide à ceux qui sont pauvres. Cela contribuerait grandement à résoudre nos problèmes financiers.

Donnée comme principe accompagné d'une promesse, adaptée à la capacité des faibles et des plus faibles de tous les saints, qui sont ou peuvent être appelés saints.

Voici, en vérité, ainsi vous dit le Seigneur : en conséquence des mauvaises intentions et des desseins qui existent et existeront dans les derniers jours dans le cœur des conspirateurs, je vous ai avertis et je vous préviens en vous donnant par révélation cette parole de sagesse —

« mauvaises intentions ET desseins »

Mauvaises intentions et desseins ! Des hommes payés pour certifier que les cigarettes ne leur nuisent pas et ne leur ont jamais nui, et l'on m'a dit que lorsqu'on met certains d'entre eux au défi à ce sujet, ils répondent : « Bien sûr qu'elles ne m'ont jamais fait de mal, puisque je n'en ai jamais utilisé aucune. »

— en conséquence des mauvaises intentions et des desseins qui existent et existeront dans les derniers jours dans le cœur des conspirateurs —

Ne trouvez-vous pas qu'il est malveillant et conspirateur de publier des images de belles femmes fumant des cigarettes, sachant, comme on le sait, que cela détruit le but même de la vie ? Nous avons été avertis contre ces choses. Un milliard dépasse mon entendement, et pourtant, si je ne me trompe, on a consommé en moyenne 117 000 000 000 de cigarettes par an, sur une période de nombreuses années, aux États-Unis. Un milliard équivaut, si on le calcule en dollars, à un dollar par minute pour chaque minute écoulée depuis la naissance du Sauveur jusqu'à la dernière guerre mondiale. Ainsi, durant un certain nombre d'années, l'équivalent de cent dix-sept cigarettes par minute a été consommé aux États-Unis, chaque année, pour chaque minute écoulée depuis la naissance du Sauveur.

D'AUTRES CONSEILS DU SEIGNEUR

Lorsque quelqu'un parmi vous boit du vin ou des boissons fortes, voici, ce n'est pas bien ni convenable aux yeux de votre Père, excepté lorsque vous vous assemblez pour offrir vos sacrements devant lui.

Et voici, ce doit être du vin, oui, du vin pur des raisins de la vigne, fabriqué par vous-mêmes.

Et de plus, les boissons fortes ne sont pas pour le ventre, mais pour vous laver le corps.

Et de plus, le tabac n'est ni pour le corps, ni pour le ventre, et

n'est pas bon pour l'homme, mais c'est une herbe pour les contusions et le bétail malade, dont il faut user avec sagesse et savoir-faire.

Et de plus, les boissons brûlantes ne sont ni pour le corps, ni pour le ventre.

Et de plus, en vérité, je vous le dis, toutes les herbes salutaires ont été prévues par Dieu pour la constitution, la nature et l'usage de l'homme —

chaque herbe en sa saison et chaque fruit en sa saison ; tous ceux-ci doivent être utilisés avec prudence et actions de grâces.

Oui, moi, le Seigneur, j'ai aussi prévu la chair des bêtes et des oiseaux du ciel pour l'usage de l'homme avec actions de grâces ; toutefois, il faut en user avec économie.

Et il m'est agréable que l'on n'en use qu'en période d'hiver, ou de froid, ou de famine.

Tout grain est prévu pour l'usage de l'homme et des bêtes, pour être le soutien de la vie, non seulement pour l'homme, mais pour les bêtes des champs, les oiseaux du ciel, et tous les animaux sauvages qui courent ou rampent sur la terre ;

et Dieu a fait ceux-ci pour l'usage de l'homme, seulement en temps de famine et de faim excessive.

Tout grain est bon pour la nourriture de l'homme, de même que le fruit de la vigne ; ce qui donne des fruits, soit dans le sol, soit au-dessus du sol —

néanmoins, le blé pour l'homme, le maïs pour le bœuf, l'avoine pour le cheval, le seigle pour la volaille et les pourceaux et pour toutes les bêtes des champs, et l'orge pour tous les animaux utiles, et pour des boissons légères, de même que d'autres grains.

DE GRANDES BÉNÉDICTIONS PROMISES

Voici le point capital de toute la révélation :

Et tous les saints qui se souviennent de garder et de pratiquer ces paroles, marchant dans l'obéissance aux commandements, recevront la santé en leur nombril et de la moelle pour leurs os ;

et ils trouveront de la sagesse et de grands trésors de connaissance, oui, des trésors cachés ;

et ils courront et ne se fatigueront pas, et ils marcheront et ne faibliront pas. Et moi, le Seigneur, je leur fais la promesse que l'ange destructeur passera à côté d'eux, comme pour les enfants d'Israël, et ne les frappera pas.

Pourrait-il y avoir une plus grande promesse faite à quiconque que la sagesse et la vie, et que l'ange destructeur ne nous frappera pas ? Je ne peux rien imaginer qui s'y compare.

DES MOMENTS INSPIRANTS À CUMORAH

Je me réjouis des moments merveilleux que nous avons vécus lors de la consécration du monument sur la colline de Cumorah, de la magnifique affluence de personnes qui n'étaient pas de notre foi, de l'accueil splendide que nous ont réservé les habitants de Palmyra, qui ont offert des logements à prix modéré aux visiteurs venus de l'Utah et d'autres régions du pays, les faisant se sentir chez eux. Tous les sentiments d'animosité et de haine qui existaient jadis dans le cœur des habitants de cette ville envers le prophète Joseph Smith et d'autres ont entièrement disparu.

Je suis reconnaissant pour l'inspiration du Seigneur qui nous fut donnée lors de la consécration de ce monument. Je suis reconnaissant du privilège

que j'ai eu d'être présent et d'offrir la prière de consécration. Je remercie le Seigneur pour l'inspiration de son Esprit qui me fut donnée en le consacrant.

À la fin de ces trois jours, j'étais épuisé, je me sentais fatigué et j'avais décidé de ne pas parler ce soir-là. Mais en écoutant le président McKay rendre témoignage de la divinité de cette œuvre et s'adresser au peuple, je n'ai pu résister au désir pressant de me lever pour rendre hommage à Joseph Smith, l'homme qui, dans les desseins de Dieu, fut l'instrument entre les mains de notre Seigneur et Sauveur pour rétablir sur la terre l'Évangile de Jésus-Christ. Je n'ai pu résister à la tentation de rendre mon hommage de respect à Brigham Young, à John Taylor, à Wilford Woodruff, à Lorenzo Snow et à Joseph F. Smith, qui se sont tenus à la tête de cette Église depuis son organisation.

Je me réjouis de l'inspiration de l'Esprit du Seigneur qui me fut donnée en m'adressant à ces gens à Palmyra. Je me réjouis au-delà de ma capacité à exprimer mes sentiments de gratitude pour les cinquante-trois années de paix, de joie et de bonheur que j'ai connues en proclamant l'Évangile. Il n'y a pas de plus grande joie qui puisse venir à l'homme que la joie d'amener des âmes à la connaissance de l'Évangile. Dans la section 18 de la Doctrine et Alliances, nous trouvons à ce sujet ce qui suit :

Souvenez-vous que les âmes ont une grande valeur aux yeux de Dieu.

Car voici, le Seigneur, votre Rédempteur, a souffert la mort dans la chair ; c'est pourquoi, il a éprouvé les souffrances de tous les hommes, afin que tous les hommes puissent se repentir et venir à lui.

Et il est ressuscité des morts afin d'amener tous les hommes à lui, à condition qu'ils se repentent.

Et comme sa joie est grande pour l'âme qui se repent !

C'est pourquoi vous êtes appelés à inviter ce peuple au repentir.

Et si vous travaillez toute votre vie à appeler ce peuple au repentir et que vous m'amenez ne fût-ce qu'une seule âme, comme votre joie sera grande avec elle dans le royaume de mon Père !

Or, si votre joie est grande avec cette seule âme que vous m'aurez amenée dans le royaume de mon Père, comme elle sera grande si vous m'en amenez beaucoup !

LA JOIE DU SERVICE

Pensez à la joie du président Cannon d'avoir amené trois mille âmes à la connaissance de l'Évangile ! Pensez à la joie qu'ont connue Wilford Woodruff et Orson Pratt, qui ont amené dans l'Église près de ce même nombre.

Je me réjouis au-delà de ma capacité à l'exprimer du plaisir que j'ai eu, en Angleterre, en Irlande, en Écosse, au pays de Galles, en Allemagne, en France, en Belgique, en Hollande, en Suisse, en Italie, en Norvège, en Suède, au Danemark, au Canada, au Mexique, à Hawaï et au lointain Japon, d'élever la voix en toute humilité pour proclamer que je sais, comme je sais que je vis, que Dieu vit ; que je sais que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant, le Rédempteur du monde et le Sauveur de l'humanité ; que je sais que Joseph Smith fut un prophète du Dieu vrai et vivant, l'instrument entre les mains de

Dieu pour ramener sur la terre le plan de vie et de salut, et que tous les hommes qui, dans les desseins du Seigneur, ont été appelés à se tenir à la tête de cette Église, furent véritablement appelés de Dieu, et les serviteurs de Dieu œuvrant pour la vérité ici-bas sur la terre.

Que Dieu nous aide, vous et moi, et toute âme qui a la connaissance qu'il vit, que Jésus est notre Rédempteur, que Joseph Smith fut l'instrument du Dieu Tout-Puissant pour rétablir de nouveau l'Évangile, à le vivre et à garder ses commandements de telle sorte que nos vies le proclament, et je le demande au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursHeber J. Grant, « La foi et la Parole de Sagesse », Conférence générale d'octobre 1935, Session du matin du premier jour (1935-10-04). Pulpit Vault, 1935-10-grant-faith-and-word-of-wisdom. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).