Pulpit

La croissance de l'Église et le don de la foi

Heber J. Grant

Conférence générale d'avril 1935·Session du matin du premier jour·1935-04-05

C'est un réel plaisir d'avoir de nouveau l'occasion de me réunir avec les saints à la conférence générale. Nous nous réjouissons tous sans doute de la remarquable croissance de l'Église.

CROISSANCE DE L'ÉGLISE

Je me souviens que nous n'avions pas trente pieux lorsque, il y a cinquante-deux ans, je fus fait membre du Collège des douze. Je me souviens que, lors d'une visite à Rexburg, alors branche d'une paroisse de la vallée de Cache, nous n'avions que 1300 personnes au nord de la vallée de Cache ; nous en avons maintenant, j'en suis sûr, plus de 100 000 dans cette région, en comptant celles qui sont au Canada.

Juste avant de devenir l'un des apôtres, je voyageai de Tooele à Salt Lake City, puis à travers les pieux de Salt Lake, Davis, Weber et Box Elder jusqu'à Brigham City, et pendant deux jours et une fraction vers l'ouest, dormant à même le sol deux nuits, pour visiter une branche de la paroisse de Grantsville du pieu de Tooele de Sion. Nous avons maintenant une demi-douzaine de pieux à l'ouest de Brigham City.

RECONNAISSANT DU CHANGEMENT D'OPINION

Je me réjouis de l'organisation de nouveaux pieux en Californie, et d'un à New York. Quand je pense à l'opposition envers l'Église dans les premiers jours par le peuple de New York ; à l'opposition envers notre peuple dans l'Ohio et à Far West ; à leur expulsion du Missouri en vertu d'un ordre d'extermination du gouverneur de l'État ; quand je pense que Joseph Smith et d'autres de ses compagnons furent condamnés à être fusillés par ordre d'une cour martiale, je suis reconnaissant d'un changement d'opinion envers notre peuple.

Quand je pense à Nauvoo, la plus grande ville de l'Illinois à cette époque, avec 20 000 habitants, que le peuple dut quitter cette ville, et qu'après le départ de Brigham Young et des hommes valides, le reste fut chassé par une populace, je suis reconnaissant du changement qui s'est produit. Nulle langue ne peut dire et nulle plume ne peut peindre les épreuves que notre peuple endura dans le Missouri et l'Illinois.

Durant les trois longues années où j'ai présidé les missions d'Europe et de Grande-Bretagne, je fus incapable de faire publier un seul et unique article dans un journal quelconque des îles Britanniques, réfutant certaines des calomnies les plus viles et les plus méchantes qui étaient répandues sur les Saints des derniers jours. Aujourd'hui, à travers toutes les îles Britanniques, des journalistes assistent à nos réunions et en font des rapports honorables et directs.

Lors de l'organisation d'un pieu à New York, les principaux journaux de cette grande ville nous firent de splendides annonces, et il n'y eut aucun commentaire défavorable. Quand je pense à ces choses et à la merveilleuse croissance de l'Église, d'environ 200 000 membres lorsque je fus fait apôtre à plus de 700 000 aujourd'hui, mon cœur se remplit de gratitude. Quand je me rappelle la bonne volonté qui me fut manifestée à l'occasion où je parlai, en 1920, devant le Knife and Fork Club de Kansas City, à cette occasion où j'eus le privilège de parler pendant une heure, tandis que les deux autres hommes du programme — l'un d'eux, je crois, président d'une université près de Chicago — n'eurent chacun qu'une demi-heure, et je fus annoncé comme l'orateur principal, ceci ayant eu lieu à dix milles de l'endroit où notre peuple se trouvait au moment où il fut chassé par l'ordre d'extermination du gouverneur de l'État, mon cœur est plein de gratitude et d'action de grâces. Je crois qu'aujourd'hui le nom de « mormon », si un homme vit selon les enseignements de l'Évangile du Christ, est un certificat de bonne volonté et de caractère, pour autant que ceux qui connaissent les Saints des derniers jours soient concernés.

LE DON DE LA FOI

Je suis reconnaissant que, depuis mon enfance jusqu'à aujourd'hui, j'aie été béni du don de la foi, qui est un don de Dieu. Je me souviens de bien des choses que, jeune homme, je ne comprenais pas et ne pouvais concevoir, et que pourtant je croyais, et croyais fermement. L'une des choses que je croyais, mais qui semblait une impossibilité, était l'affirmation que toute oreille entendrait et que tout œil verrait.

S'ADRESSE AU MONDE

Je me réjouis que, samedi soir dernier seulement — ou devrais-je dire dimanche matin à 0h30 —, j'aie eu le privilège de diffuser sur la station KSL un message des Saints des derniers jours au peuple du monde, et que, plus tard dans la journée, un câblogramme fut reçu depuis Tokyo, au Japon :

« Il neige, des milliers de personnes apprécient le programme. »

J'ai été prié par plusieurs personnes de leur fournir une copie de ce discours, et j'ai décidé de le lire ici aujourd'hui afin de le faire entrer dans notre compte rendu :

Je suis ravi d'avoir cette occasion d'envoyer mon message d'amour et de bénédiction aux Saints des derniers jours du monde entier, et à tous les autres qui pourraient nous écouter.

Si le temps le permettait, je suis sûr que mes auditeurs seraient intéressés d'entendre tous les Articles de foi de l'Église de Jésus-Christ que je représente ce soir, et notre « Déclaration de croyance concernant les gouvernements et les lois en général ».

Le cinquième Article dit :

Nous croyons que l'on doit être appelé de Dieu par prophétie, et par l'imposition des mains de ceux qui détiennent l'autorité, pour prêcher l'Évangile et en administrer les ordonnances.

REVENDICATION DE L'AUTORITÉ

Nous revendiquons cette autorité et déclarons à tout le monde que Jean-Baptiste, qui détenait les clés de l'autorité pour baptiser, rétablit la Prêtrise d'Aaron et la conféra à Joseph Smith et à Oliver Cowdery ; et aussi que Pierre, Jacques et Jean, apôtres du Seigneur Jésus-Christ, rétablirent la prêtrise supérieure, ou de Melchisédek, en ordonnant ces mêmes hommes à l'apostolat.

Le onzième Article de foi dit :

Nous affirmons avoir le droit d'adorer le Dieu Tout-Puissant selon les inspirations de notre conscience et reconnaissons le même droit à tous les hommes : qu'ils adorent comme ils veulent, où ils veulent ou ce qu'ils veulent.

Le treizième Article dit en partie :

Nous croyons que nous devons être honnêtes, fidèles, chastes, bienveillants et vertueux, et que nous devons faire du bien à tous les hommes. Nous recherchons tout ce qui est vertueux ou aimable, tout ce qui mérite l'approbation ou est digne de louange.

CONCERNANT LES GOUVERNEMENTS

Citant la « Déclaration de croyance » :

Nous croyons que les gouvernements ont été institués par Dieu pour le bénéfice de l'homme et qu'il tient les hommes pour responsables de leurs actes vis-à-vis d'eux, tant pour la promulgation de lois que pour leur application pour le bien et la sécurité de la société.

Nous croyons qu'aucun gouvernement ne peut vivre en paix si ne sont arrêtées et ne demeurent inviolées des lois qui garantissent à chacun la liberté de conscience, le droit à la propriété et la protection de la vie. . . .

Nous croyons que tous les hommes sont tenus de soutenir et de défendre les gouvernements respectifs des pays où ils résident, aussi longtemps qu'ils sont protégés dans leurs droits inhérents et inaliénables, par les lois de ces gouvernements, et que la sédition et la rébellion sont indignes de tout citoyen ainsi protégé et doivent être punies en conséquence ; et que tous les gouvernements ont le droit de décréter les lois qui, selon leur jugement, sont le plus susceptibles de garantir l'intérêt public tout en tenant pour sacrée la liberté de conscience. . . .

Nous ne croyons pas qu'il soit juste de mêler l'influence religieuse au gouvernement civil, de sorte qu'une organisation religieuse est favorisée et qu'une autre se voit entravée dans ses droits spirituels et que ses membres se voient dénier personnellement leurs droits de citoyens.

NOTRE MESSAGE AU MONDE

Ce dont le monde a le plus besoin aujourd'hui est une foi implicite en Dieu, notre Père, et en Jésus-Christ, son Fils, comme Rédempteur du monde. Le message de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours au monde est que Dieu vit, que Jésus-Christ est son Fils, et qu'ils apparurent au jeune Joseph Smith et lui promirent qu'il serait un instrument entre les mains du Seigneur pour rétablir le véritable Évangile dans le monde. Je cite une Vision donnée à Joseph Smith et à Sidney Rigdon :

Et ceci est l'Évangile, la bonne nouvelle dont la voix venue des cieux nous a rendu témoignage :

qu'il est venu dans le monde, lui, Jésus, afin d'être crucifié pour le monde, de porter les péchés du monde, de sanctifier le monde et de le purifier de toute injustice ;

que, par son intermédiaire, tous ceux que le Père a mis en son pouvoir et faits par lui seront sauvés,

lui qui glorifie le Père et sauve toutes les œuvres de ses mains, sauf ces fils de perdition qui renient le Fils après que le Père l'a révélé.

Et encore, de la même Vision :

Et nous vîmes la gloire du Fils, à la droite du Père, et reçûmes de sa plénitude ;

et nous vîmes les saints anges et ceux qui sont sanctifiés devant son trône, adorant Dieu et l'Agneau, lui qu'ils adorent pour toujours et à jamais.

Et maintenant, après les nombreux témoignages qui ont été rendus de lui, voici le témoignage, le dernier de tous, que nous rendons de lui : qu'il vit !

Car nous le vîmes, et ce, à la droite de Dieu ; et nous entendîmes la voix rendre témoignage qu'il est le Fils unique du Père —

que par lui, à travers lui et en lui, les mondes sont et furent créés, et que les habitants en sont des fils et des filles engendrés pour Dieu.

VASTE MINISTÈRE

J'ai eu le grand privilège de porter ce témoignage en Angleterre, en Irlande, en Écosse, au pays de Galles, en Allemagne, en France, en Hollande, en Belgique, en Suisse, en Italie, en Norvège, en Suède, au Danemark, au Canada, au Mexique, dans les îles Hawaï et jusqu'au lointain Japon, et d'élever ma voix pour déclarer que notre Père céleste et son Fils bien-aimé ont de nouveau parlé des cieux, que l'Évangile de notre Rédempteur a été rétabli sur la terre, et pour témoigner que je sais que Dieu vit, que je sais que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant et le Rédempteur de l'humanité, et que je sais que Joseph Smith fut l'instrument entre les mains du Seigneur pour rétablir l'Évangile éternel.

Mon appel à tous les membres de l'Église qui possèdent ce même témoignage est de vivre de telle sorte que d'autres hommes, voyant leurs bonnes œuvres, soient inspirés à examiner l'Évangile de notre Rédempteur.

Les mots me manquent pour exprimer ma sincère gratitude envers Dieu pour la radio, qui me donne cette occasion de porter mon témoignage à tous les peuples du monde au sujet du rétablissement de l'Évangile de Jésus-Christ. Je prie le Seigneur de bénir toute l'humanité en ces temps troublés, afin que la sagesse soit donnée aux hommes de tout pays, pour qu'ils vivent de telle sorte que la paix vienne aux peuples du monde.

(Fin de l'allocution radiodiffusée au monde.)

RECONNAISSANT DE LA FOI

Je suis totalement incapable d'exprimer ma gratitude pour la foi que j'avais, enfant, que le jour viendrait où toute oreille entendrait. Je suis reconnaissant aussi de la foi que j'avais à cette même époque que tout œil verrait. Il y a quelques années, j'eus le privilège, alors que j'étais à New York, dans un grand immeuble de vingt ou trente étages, de parler à ma fille et à ma petite-fille par télévision, elles se trouvant à trois ou quatre milles de là à ce moment-là, et je les vis parfaitement.

LIT LES ARTICLES DE FOI

Je suis vraiment reconnaissant pour chaque bénédiction qui m'est venue à cause de l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ, le plan de vie et de salut, et puisque ce que je dis est diffusé, je vais lire tous les Articles de notre foi, bien que je suppose que chaque âme à portée de ma voix dans ce bâtiment, et tous les Saints des derniers jours du monde entier, connaissent ces Articles, et que presque tous nos enfants peuvent les réciter. Je me souviens les avoir appris tout petit enfant à l'école du dimanche, mais comme il pourrait y avoir beaucoup de personnes dans différentes parties du monde qui entendent ce qui est dit ici aujourd'hui, comme je l'ai dit dans mon message au monde, je voudrais répéter tous les articles. Le temps ne me l'aurait pas permis alors, car je n'avais que dix minutes, et je suis resté dans la limite qui m'était accordée.

Nous croyons en Dieu, le Père éternel, et en son Fils, Jésus-Christ, et au Saint-Esprit.

Quand nous disons que nous croyons en Dieu, nous voulons dire que nous croyons en lui comme une individualité, comme étant réellement le Père de Jésus-Christ — non un ensemble de lois flottant à travers l'univers sans forme ni consistance, mais nous croyons qu'il est le Père de Jésus-Christ. Il est le Dieu que nous, Saints des derniers jours, adorons ; et nous croyons que Jésus-Christ est, non seulement l'un des grands instructeurs moraux, le plus grand que le monde ait jamais connu, mais le Fils de Dieu, le Rédempteur de l'humanité, qu'il vint sur terre avec une mission divinement assignée, pour mourir sur la croix, afin que vous et moi et tous puissions finalement avoir part à la résurrection.

Nous croyons que les hommes seront punis pour leurs propres péchés, et non pour la transgression d'Adam.

En d'autres termes, « comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ ».

Nous croyons que, grâce au sacrifice expiatoire du Christ, tout le genre humain peut être sauvé, en obéissant aux lois et aux ordonnances de l'Évangile.

NÉCESSITÉ DE L'OBÉISSANCE

Nous croyons fermement à ce que cela dit : « en obéissant aux lois et aux ordonnances de l'Évangile ». Nous n'avons aucune foi dans le repentir sur le lit de mort. Nous n'avons aucune foi qu'en faisant une confession juste avant la mort nous puissions être sauvés.

Nous croyons que les premiers principes et ordonnances de l'Évangile sont : premièrement la foi au Seigneur Jésus-Christ, deuxièmement le repentir, troisièmement le baptême par immersion pour la rémission des péchés, quatrièmement l'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit.

Nous invitons les hommes à lire un livre intitulé « Articles de foi » qui contient les références scripturaires pour soutenir notre position.

Nous croyons que l'on doit être appelé de Dieu, par prophétie, et par l'imposition des mains de ceux qui détiennent l'autorité, pour prêcher l'Évangile et en administrer les ordonnances.

Comme je l'ai déjà déclaré dans mon adresse au monde, nous revendiquons cette autorité.

Nous croyons à la même organisation que celle qui existait dans l'Église primitive, savoir : apôtres, prophètes, pasteurs, docteurs, évangélistes, etc.

TÉMOIGNAGES INDIVIDUELS

Il n'y aurait aucun besoin de croire en ces divers officiers à moins qu'ils n'aient l'inspiration du Dieu vivant et ne magnifient les offices qu'ils détiennent. À moins que Joseph Smith n'ait été en fait et en vérité un prophète du Dieu vivant, toute la structure appelée mormonisme s'effondre. Mais nous savons, ce n'est pas une affaire de croyance. Les Saints des derniers jours ont individuellement, presque sans exception, reçu des témoignages de la mission divine du prophète Joseph Smith. Des centaines et des milliers, oui, des centaines de milliers de personnes qui ne se sont jamais rassemblées à Sion, qui n'ont jamais vécu dans un pieu de Sion, depuis le pays du soleil de minuit en Scandinavie jusqu'en Afrique du Sud, ont été bénies de témoignages individuels en réponse à une prière sincère, que Dieu vit et que Jésus-Christ est en vérité son Fils, et que Joseph Smith fut un prophète de Dieu.

La déclaration faite par l'ange Moroni avant que l'Église ne naisse, que le nom de Joseph Smith serait connu en bien et en mal dans le monde entier, s'est accomplie, en dépit du fait qu'à l'époque la déclaration fut tournée en dérision et Joseph Smith taxé d'ignorant.

BÉNÉDICTIONS PATRIARCALES

À moins que l'évangéliste ou le patriarche ne soit capable, sous l'inspiration de Dieu, de donner des bénédictions qui s'accomplissent, il n'y a rien à gagner à croire aux évangélistes. Enfant, je reçus une bénédiction patriarcale dans laquelle il me fut promis pratiquement les choses mêmes qui me sont arrivées toute ma vie. Quand j'étais un jeune homme présidant le pieu de Tooele de Sion, le patriarche de ce pieu bénit ma petite fille, alors âgée de six mois, et lui promit qu'elle vivrait pour devenir mère ; qu'elle vivrait pour devenir l'une des dirigeantes de ses sœurs. Par la suite, alors qu'elle se trouvait dans un état mourant à cause de la diphtérie, un médium spiritualiste décréta sa mort. Dieu soit loué pour la prêtrise qui est sur la terre et l'autorité de cette prêtrise. George Q. Cannon et Hiram B. Clawson étant à Washington à cette époque, je les fis venir pour administrer à ma petite fille, qui, si je me souviens bien, avait alors entre douze et treize ans, et ils lui promirent qu'elle vivrait et deviendrait mère ; et George Q. Cannon dit quelque chose que je n'avais jamais entendu auparavant, ni depuis.

Il dit :

L'adversaire, le destructeur, a décrété ta mort et l'a annoncée publiquement, mais par l'autorité de la prêtrise du Dieu vivant que nous détenons, nous rejetons ce décret et te promettons la vie.

LE DÉCRET DE L'ADVERSAIRE REJETÉ

J'ai souvent repensé à cette remarquable déclaration. Le jour où je devais quitter Washington, la dame qui tenait la pension où nous logions était absente et son mari était en charge.

Il dit :

Monsieur Grant, je ne peux résister à la tentation de vous dire que, lorsque vos enfants sont tombées malades, ma femme a consulté son médium — elle croit aux médiums spiritualistes — et son médium lui a dit qu'elle voyait dans votre foyer deux petites filles ; que l'aînée était tombée gravement malade, presque mourante ; que la seconde petite fille était tombée malade et presque mourante. Elle vit finalement l'aînée se rétablir, puis elle vit la petite fille mourir, et elle vit son corps emporté à une gare ; elle le vit transporté par train à travers de nombreuses grandes villes, s'arrêter dans une grande ville et changer de train. Elle le vit traverser un grand fleuve [vous savez tous qu'il faut traverser le fleuve Mississippi pour venir ici] elle le vit traverser d'autres villes encore et traverser un autre grand fleuve, puis voyager à travers une région peu peuplée.

(Il y a quarante ans, la région à l'ouest du Missouri était plutôt peu peuplée.)

Elle vit alors le train gravir des montagnes, des montagnes, des montagnes, allant toujours vers l'ouest. Elle le vit ensuite aller vers le sud sur une courte distance [d'Ogden à Salt Lake, bien sûr]. Elle le vit alors s'arrêter dans une vallée presque complètement entourée de montagnes, et alors le corps fut porté sur le flanc de la colline et déposé dans la tombe.

Dieu soit loué pour le pouvoir de la prêtrise qui rejeta le décret de l'adversaire, décret qui avait été annoncé publiquement.

BÉNÉDICTIONS ACCOMPLIES

Comme je l'ai dit précédemment, le patriarche de Tooele bénit cette fillette alors qu'elle était bébé, âgée de six mois, et dit qu'elle vivrait et deviendrait mère.

Il dit par la suite qu'il aimerait me donner une bénédiction, et dans cette bénédiction, il me promit que je serais choisi comme l'un des dirigeants de ce peuple et deviendrais un dirigeant de grande envergure, et ce n'est qu'après être devenu président de l'Église que j'ai jamais mentionné ce qu'il m'avait dit, et l'impression qui m'était venue à ce moment-là.

Il dit : « Frère Grant, j'ai vu quelque chose que je n'ose pas mettre dans ta bénédiction. »

Et cette petite voix douce que j'ai entendue tant de fois dans ma vie, ne faisant aucun bruit, aucun son, me dit : « et tu vivras pour présider l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. »

J'eus honte de moi-même d'avoir imaginé une telle chose. Je ne l'ai jamais soufflé, je ne l'ai jamais mentionné à âme qui vive avant que, dans les desseins du Seigneur, cette position ne me vienne.

Nous croyons au don des langues, de prophétie, de révélation, de vision, de guérison, d'interprétation des langues, etc.

LE DON DES LANGUES

Il n'y a aucun besoin de croire en ces choses à moins que nous ne les possédions. J'étais un enfant jouant par terre dans une réunion de la Société de Secours (ma mère fut présidente de la Société de Secours de la treizième paroisse pendant trente longues années et ne démissionna qu'à cause de son ouïe défaillante) lorsque Eliza R. Snow bénit par le don des langues chacune des présidentes qui se trouvaient présentes à cette réunion, et Zina D. Young donna l'interprétation. Après cela, elle se tourna vers l'enfant (moi-même) jouant par terre, et me donna une bénédiction, et Zina D. Young donna l'interprétation.

Ma mère me disait souvent : « Heber, tiens-toi bien et un jour tu seras apôtre. »

Je riais et lui disais de se sortir cela de la tête. Je disais : « Chaque mère pense que son fils sera président des États-Unis, ou quelque chose de merveilleux. Je ne veux aucun poste dans l'Église, je veux être un homme d'affaires. »

« Peu importe, disait-elle, si tu te tiens bien tu seras apôtre. »

Lorsque je fus fait apôtre, elle me demanda si je me souvenais de cette réunion. Je lui dis que oui.

« Te souviens-tu de quelque chose que sœur Snow a dit ? » Je répondis : « Non, je ne l'ai pas comprise. »

« Bien sûr que non, car elle parlait en langue inconnue. As-tu compris quelque chose de ce qu'a dit tante Zina ? »

« Une seule chose, mère, je me souviens qu'en parlant elle leva la main et dit que je grandirais pour devenir un grand homme, et comme j'ai grandi en taille, j'ai souvent pensé à cette remarque. »

Elle dit : « Elle n'a rien dit de tel. Elle a dit que tu grandirais pour devenir un grand homme dans l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, et deviendrais apôtre du Seigneur Jésus-Christ. »

Elle me demanda alors : « Te souviens-tu d'avoir été à une réunion chez frère

Heber C. Kimball, où il y avait beaucoup de monde, et qu'après le dîner frère Kimball t'a pris et posé sur la table et t'a parlé ? »

« Oui. »

« Te souviens-tu de quelque chose qu'il a dit ? »

« Pas un mot. Tout ce dont je me souviens, c'est que j'ai pensé qu'il avait les yeux les plus noirs que j'aie jamais vus, et j'étais effrayé. »

« Eh bien, il a prophétisé que tu deviendrais l'un des apôtres du Seigneur Jésus-Christ, et vivrais pour devenir un homme plus grand dans l'Église que ton propre père ; et c'est la raison pour laquelle je t'ai dit que si tu te tenais bien tu serais un jour apôtre. J'ai compris que si tu ne te tenais pas bien tu n'atteindrais jamais cette position, quoi qu'on t'ait promis. » Ce qu'elle disait est conforme à une révélation du Seigneur qui dit :

Il y a une loi, irrévocablement décrétée dans les cieux avant la fondation de ce monde, sur laquelle reposent toutes les bénédictions —

Et lorsque nous obtenons une bénédiction quelconque de Dieu, c'est par l'obéissance à cette loi sur laquelle elle repose.

Je pourrais continuer à relater des témoignages du don des langues.

AUTRES ARTICLES

Nous croyons que la Bible est la parole de Dieu dans la mesure où elle est traduite correctement ; nous croyons aussi que le Livre de Mormon est la parole de Dieu.

Un grand banquier de New York me dit, après avoir lu le pamphlet du colonel R. M. Bryce Thomas, « Mes raisons de quitter l'Église d'Angleterre pour me joindre à l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours » : « Monsieur Grant, je suis agnostique, mais un étudiant de la Bible ; si je croyais que la Bible est la parole de Dieu, je ne vois pas comment je pourrais être un homme honnête si, après avoir lu ce pamphlet, je ne rejoignais pas votre Église, car les preuves scripturaires en faveur de votre position ne peuvent être contredites. »

Nous croyons tout ce que Dieu a révélé, tout ce qu'il révèle maintenant, et nous croyons qu'il révélera encore beaucoup de choses grandes et importantes concernant le royaume de Dieu.

Nous croyons au rassemblement littéral d'Israël et au rétablissement des dix tribus ; que Sion (la nouvelle Jérusalem) sera bâtie sur le continent américain ; que le Christ régnera en personne sur la terre, et que la terre sera renouvelée et recevra sa gloire paradisiaque.

Nous affirmons avoir le droit d'adorer le Dieu Tout-Puissant selon les inspirations de notre conscience et reconnaissons le même droit à tous les hommes : qu'ils adorent comme ils veulent, où ils veulent ou ce qu'ils veulent.

Nous croyons que nous devons nous soumettre aux rois, aux présidents, aux gouverneurs et aux magistrats, et que nous devons respecter, honorer et défendre la loi.

LE DESSEIN DE DIEU

Que le Seigneur nous aide à soutenir la loi, et puissions-nous obéir à la loi de Dieu et laisser de côté ces choses que le Seigneur nous a dit n'être pas bonnes pour nous. Je vous demande à tous, jeunes et vieux, de lire la Parole de Sagesse, et après l'avoir lue de vous mettre à genoux et de prier Dieu de vous aider à l'observer.

La nation est aujourd'hui dans une situation financière épouvantable. Dieu nous a donné une révélation pour le salut temporel du peuple, et si des millions et des milliards de dollars n'étaient pas dépensés pour les choses que Dieu dit ne pas être bonnes pour l'homme, la paix, la prospérité, la santé, la vigueur du corps et de l'esprit seraient le lot de tout le peuple de ces États-Unis. La Parole de Sagesse est le plan de Dieu pour le salut temporel du peuple, et il l'a dit ainsi. Il a dit que c'est sa volonté, et si nous vivions selon la volonté de Dieu, la paix, la prospérité et le bonheur viendraient à cette nation et au monde entier, — s'il n'y avait ni thé, ni café, ni tabac, ni alcool utilisés dans le monde.

Ceux qui n'observent pas la Parole de Sagesse diront qu'ils sont las et fatigués d'entendre de tels discours. Ils l'entendront de ma bouche tant que j'aurai un souffle de vie.

Nous croyons que nous devons être honnêtes, fidèles, chastes, bienveillants et vertueux, et que nous devons faire du bien à tous les hommes ; en fait, nous pouvons dire que nous suivons l'exhortation de Paul : nous croyons tout, nous espérons tout, nous avons supporté beaucoup et nous espérons être capables de supporter tout. Nous recherchons tout ce qui est vertueux ou aimable, tout ce qui mérite l'approbation ou est digne de louange.

Que Dieu nous bénisse tous, comme je l'ai dit dans mon message au monde, nous qui avons une connaissance de la divinité de cette œuvre, afin que nous la vivions, que nos vies l'enseignent, c'est ma prière humble, et je la fais au nom de Jésus-Christ, notre Rédempteur et Sauveur, Amen.

Citer ce discoursHeber J. Grant, « La croissance de l'Église et le don de la foi », Conférence générale d'avril 1935, Session du matin du premier jour (1935-04-05). Pulpit Vault, 1935-04-heber-j-grant-church-growth-and-the-gift-of-faith. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).