Les bénédictions de la dîme
John Wells
J'ai été profondément intéressé par les enseignements de l'Évangile durant cette conférence, et je suis reconnaissant du privilège d'être présent. En des temps troublés comme celui-ci, je crois que nous nous rapprochons de ¶
notre Père céleste et les uns des autres. Cette pensée m'a été exprimée à plusieurs reprises lors de mes visites dans les pieux de Sion. J'ai aussi entendu bien des expressions de reconnaissance pour les bénédictions dont nous jouissons. Si nous pouvons être pauvres dans les choses du monde, nous avons malgré tout encore avec nous ce que la vie a de plus précieux — l'Évangile, nos témoignages de sa divinité, ceux que nous aimons, et nos relations dans l'Église. Nous avons beaucoup à remercier. Henry Van Dyke a dit ces mots : ¶
Nous devrions nous réjouir de vivre parce que cela nous donne la chance d'aimer et de travailler... d'être satisfaits, mais non contents, jusqu'à ce que nous ayons tiré le meilleur parti de nos occasions ; de ne mépriser rien au monde sauf le mensonge et la bassesse, et de ne craindre rien sauf la lâcheté ; de ne convoiter des biens de nos voisins que leur bonté de cœur et leur douceur de manières ; de penser rarement à nos ennemis et souvent à nos amis. ¶
Je crois que l'enseignement de l'Évangile est essentiel dans nos foyers. C'est là que devraient être implantés dans le cœur de nos enfants l'amour de Dieu, l'amour du prochain, l'amour du service dans cette Église, et la loyauté envers ceux qui président sur nous. L'affirmation selon laquelle « l'exemple vaut mieux que le précepte » est juste, mais l'exemple ne suffit pas, car l'enseignement de l'Évangile est essentiel au développement de la vie de nos jeunes gens. ¶
Tout récemment, j'ai entendu la remarque suivante, faite par un jeune homme élevé dans un foyer de Saints des derniers jours. Il a dit : « Je voudrais être converti au principe de la dîme. » On lui rappela qu'il avait toujours devant lui l'exemple de ses parents. Leur exemple n'avait pas suffi. Il se peut qu'il y ait dans l'Église bien des jeunes gens qui ressentent la même chose que ce jeune homme. En tant que parents, nous avons appris depuis longtemps que le Seigneur exige de tous ceux qui gagnent ou acquièrent des biens qu'un dixième de leur revenu soit consacré à l'entretien de l'Église dans ses divers départements et au soutien des pauvres et des nécessiteux ; que c'est une offrande volontaire ; que le paiement de la dîme devrait accomplir deux choses : par elle, nous honorons le Seigneur comme le donateur de tout, et nous soumettons notre volonté à sa loi. En tant que parents, nous connaissons bien la loi de la dîme, mais l'enseignons-nous à nos enfants et les formons-nous à l'observer ? ¶
Les organisations auxiliaires et les collèges de la prêtrise nous aident dans notre vie de famille à enseigner l'Évangile à nos enfants, mais la responsabilité de former un enfant « dans la voie qu'il doit suivre » incombe à ses parents. Certaines personnes estiment avoir pleinement rempli leur devoir envers leurs enfants lorsqu'elles les ont nourris, vêtus, logés, instruits, et leur ont mis de l'argent de côté en héritage. Il est exigé davantage des parents Saints des derniers jours. ¶
Les enfants étaient considérés par les Hébreux comme des « dons de Dieu ». À l'âge de cinq ans, le garçon hébreu était placé sous la garde particulière de son père et instruit non seulement des devoirs de la vie, mais aussi soigneusement enseigné dans la loi et dans les obligations et dévotions religieuses. Nous, Saints des derniers jours, considérons que nos enfants sont « un héritage venant du Seigneur ». ¶
Considérons la parole du Seigneur relative à la responsabilité ¶
des parents, telle qu'elle est donnée dans la section 68 du livre de la Doctrine et Alliances : ¶
Et de plus, s'il y a des parents qui ont des enfants en Sion, ou dans l'un de ses pieux organisés, qui ne leur enseignent pas à comprendre la doctrine du repentir, de la foi au Christ, le Fils du Dieu vivant, du baptême et du don du Saint-Esprit par l'imposition des mains, à l'âge de huit ans, le péché sera sur la tête des parents. ¶
Après le baptême, le devoir des parents se poursuit : ¶
Et ils enseigneront aussi à leurs enfants à prier et à marcher en droiture devant le Seigneur. ¶
Le regretté président Joseph F. Smith s'est exprimé en ces termes : ¶
Un devoir grand et important incombant à ce peuple est d'enseigner à ses enfants, depuis le berceau jusqu'à ce qu'ils deviennent hommes et femmes, chaque principe de l'Évangile ; de s'efforcer, autant qu'il est au pouvoir des parents, d'instiller dans leur cœur l'amour de Dieu, de la vérité, de la vertu, de l'honnêteté, de l'honneur et de l'intégrité. Il n'est pas besoin d'argumenter pour nous convaincre que nos enfants seront à peu près ce que nous en ferons. Le tout petit commence à apprendre dès sa naissance, et tout ce qu'il sait dépend de son environnement et des influences sous lesquelles il est élevé. ¶
On ne saurait accorder trop d'importance à la formation précoce de l'enfant. C'est le devoir des parents de le préparer et de le qualifier pour la vie. Les habitudes s'acquièrent et naissent de la répétition. Faire une chose encore et encore tend à en faire une habitude. Horace Mann dit : « L'habitude est un câble ; nous en tissons un fil chaque jour, et à la fin nous ne pouvons plus le rompre. » Cette pensée est mise en relief dans ce qui suit : ¶
Je pris un morceau d'argile souple, ¶
Et négligemment le façonnai un jour, ¶
Et, tandis que mes doigts le pressaient encore, ¶
Il bougeait et cédait à ma volonté. ¶
Je revins quand les jours furent passés, ¶
Ce morceau d'argile était enfin durci, ¶
La forme que je lui avais donnée, il la gardait, ¶
Et je ne pouvais plus jamais la changer. ¶
Je pris un morceau d'argile vivante, Et le façonnai doucement jour après jour Et le modelai avec mon pouvoir et mon art, Le cœur tendre et doux d'un jeune enfant. Je revins quand des années furent passées — C'était maintenant un homme que je regardais ; Il portait encore cette empreinte première, Et je ne pouvais plus jamais le changer. ¶
La foi en cette grande œuvre des derniers jours et la connaissance des principes de l'Évangile devraient être instillées dans le cœur des garçons et des filles, dans leurs foyers. ¶
Lors d'une visite dans l'un des pieux, il y a quelques mois, une mère de famille de quatre garçons et deux filles m'a fait part de son expérience dans l'enseignement de la dîme au foyer. Elle était devenue veuve et avait la responsabilité d'élever cette famille de six enfants. Le jour du baptême de chaque enfant, la mère fournissait une petite boîte dans laquelle l'enfant était ¶
formé à déposer, en dîme, un dixième de ses dons ou de ses gains. Elle veillait particulièrement à ce que l'enfant reçoive de petites sommes d'argent pour du travail à la ferme, et que ce fût dix cents ou davantage, la mère était prête à faire l'appoint afin que la somme exacte, un dixième, puisse être déposée dans la boîte par son enfant comme le dixième du Seigneur. Cette formation, dit-elle, a eu un effet durable sur la vie de ses enfants. Ils sont maintenant adultes ; tous sont mariés ; plusieurs ont accompli des missions ; tous sont actifs dans l'Église ; et tous paient intégralement la dîme. Elle a témoigné que cette formation précoce au principe de la dîme et son observance rigoureuse par ses enfants ont développé en eux une foi vivante. Cette méthode n'est-elle pas applicable dans le foyer de chaque famille de Saints des derniers jours ? ¶
Par notre exemple et nos enseignements au foyer, ne pouvons-nous pas faire de ce principe une habitude dans la vie de nos garçons et de nos filles ? Si l'enfant commence à payer la dîme sur ses petits gains ou revenus, il ne lui sera pas difficile de la payer sur des gains plus importants. Les parents devraient encourager leurs enfants à payer régulièrement leur dîme à l'évêque, et celui-ci devrait accorder à l'enfant qui fait le petit paiement la même attention et la même considération courtoises qu'il accorderait à ceux qui lui versent des revenus plus importants. ¶
Être payeur de dîme renforcera la foi de l'enfant en Dieu, car la foi croît par les œuvres. Cela augmentera son intérêt pour l'Évangile. Il se sentira partenaire de cette grande œuvre des derniers jours lorsqu'il contribuera de ses biens au soutien de l'Église. Cela développera chez l'enfant l'honnêteté, l'intégrité, la loyauté, et une appréciation de ses parents et de l'Évangile, et de cette formation naîtront des hommes et des femmes plus heureux, meilleurs et plus dévoués. ¶
Soyons diligents à enseigner l'Évangile de Jésus-Christ au foyer. Formons avec bonté et patience nos jeunes gens au paiement de leurs dîmes et offrandes, afin qu'ils soient pleinement convertis à ce principe et jouissent des bienfaits et des bénédictions durables qui viennent de l'obéissance à cette loi. Puissions-nous non seulement enseigner le principe de la dîme par l'exemple au foyer, mais aussi par le précepte. C'est là l'un des principes de l'Évangile qui m'est familier. J'en connais les bénédictions dans ma propre vie. ¶
Je suis heureux de témoigner que je sais que cette grande œuvre des derniers jours du mormonisme est l'œuvre de Dieu, apportée par l'instrumentalité du prophète Joseph Smith, qui fut ordonné et désigné dans le monde céleste pour cette grande œuvre d'établir la dispensation de la plénitude des temps, en préparation de la venue du Sauveur pour régner sur la terre. Amen. ¶