Pulpit

Rapport de la mission des États du Nord-Ouest

Heber C. Iverson

1921 April General Conference·Second Overflow Meeting·1921-04-03

Je me réjouis, mes frères et sœurs, de l'occasion de me réunir de nouveau en conférence avec les saints du Seigneur. Pour moi, il n'y a rien de plus doux que « la communion des saints ». Je me réjouis de l'esprit de la grande œuvre dans laquelle nous sommes engagés, et je me rappelle qu'il y a un peu plus de deux ans, j'ai reçu une lettre signée par le président Heber J. Grant dans laquelle était contenue l'information que j'avais été choisi pour présider à la mission des États du Nord-Ouest ; ainsi que ces paroles inspirantes, dont l'esprit est dans mon âme, et j'en remercie le Seigneur, et je souhaite que cet esprit ne s'affaiblisse jamais, mais qu'il devienne à chaque heure plus brillant et plus brillant, aussi longtemps que la vie durera :

« Souvenez-vous que les âmes ont une grande valeur aux yeux de Dieu. Car voici, le Seigneur, votre Rédempteur, a souffert la mort dans la chair ; c'est pourquoi, il a éprouvé les souffrances de tous les hommes, afin que tous les hommes puissent se repentir et venir à lui. Et il est ressuscité des morts afin d'amener tous les hommes à lui, à condition qu'ils se repentent. Et comme sa joie est grande pour l'âme qui se repent ! C'est pourquoi vous êtes appelés à inviter ce peuple au repentir. Et si vous travaillez toute votre vie à appeler ce peuple au repentir et que vous m'amenez ne fût-ce qu'une seule âme, comme votre joie sera grande avec elle dans le royaume de mon Père ! Or, si votre joie est grande avec cette seule âme que vous m'aurez amenée dans le royaume de mon Père, comme elle sera grande si vous m'en amenez beaucoup ! »

Une autre révélation du Seigneur, contenant le même esprit et le même sentiment, fut donnée à John Whitmer, par l'intermédiaire de Joseph, le Voyant, à Fayette, dans le comté de Seneca, État de New York, en juin 1829 :

« Écoute, mon serviteur John, et prête l'oreille aux paroles de Jésus-Christ, ton Seigneur et ton Rédempteur. Car voici, je te parle avec

netteté et avec puissance, car mon bras domine toute la terre. Et je vais te dire ce que nul ne connaît, si ce n'est moi et toi seuls. Car de nombreuses fois tu as désiré savoir de moi ce qui aurait le plus de valeur pour toi. Voici, tu es béni pour cela et pour avoir dit les paroles que je t'ai données, selon mes commandements. Et maintenant, voici, je te dis que ce qui aura le plus de valeur pour toi sera de prêcher le repentir à ce peuple, afin de m'amener des âmes, pour que tu te reposes avec elles dans le royaume de mon Père. Amen. »

Aucune œuvre plus grande n'a jamais été confiée aux hommes que d'appeler au repentir, et de travailler au salut des âmes dans le royaume de Dieu. Sur moi, en tant qu'individu, en tant que prédicateur du repentir, repose la responsabilité de diriger les travaux de 180 missionnaires, parmi lesquels se trouvent les plus doux et les plus beaux jeunes gens et jeunes filles du monde entier ; et je vous assure que je le ressens vivement, et que je prie sincèrement que l'esprit de cet appel — important par-dessus tous les autres qui viennent aux hommes dans le monde — soit le mien. Ma grande tâche a été de savoir, lorsque j'instruis ces jeunes gens et ces jeunes filles, ce qui est mieux que toute autre chose à posséder ; ce qui, plus que tout le reste, les qualifiera pour faire d'eux des serviteurs et des prédicateurs efficaces de l'Évangile de Jésus-Christ. Dans les instructions de Paul aux saints de Corinthe, en déclarant sa propre puissance et sa source, il reconnut que ce n'était pas dans sa profonde érudition (car il s'était assis aux pieds de Gamaliel ; et parmi les philosophes et les savants de son époque il tenait le premier rang), mais d'une autre Puissance, dont il a indiqué la source de la manière la plus évidente dans son Épître aux Corinthiens, dont je désire lire quelques mots.

En II Corinthiens 12, il parle des merveilleuses manifestations de Dieu, la révélation de Jésus-Christ, qui lui apparut alors qu'il était en route vers Damas, pour amener liés les saints qu'il persécutait. Le Seigneur dit : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » et en réponse Paul dit : « Qui es-tu, Seigneur ? » et le Seigneur dit : « Je suis Jésus que tu persécutes » ; et Paul répondit : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? » Dans cette merveilleuse révélation il fut ravi jusqu'au troisième ciel où il contempla des gloires indescriptibles et entendit des choses dont il dit qu'il n'était pas permis à un homme de les proférer ; cependant il affirma que ce n'était pas sur ces choses qu'il s'appuyait pour la force de son témoignage et la puissance de son ministère, car, dit-il :

« Et pour que je ne sois pas enflé d'orgueil, à cause de l'excellence de ces révélations, il m'a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan pour me frapper et m'empêcher de m'enorgueillir. Trois fois j'ai prié le Seigneur de l'éloigner de moi, et il m'a dit : Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. »

Le Seigneur voulait que Paul sût que dans l'humilité de son cœur, dans la sincérité de son âme, et dans la reconnaissance de Dieu, se trouvait la source de sa puissance, là où il trouverait une grande force, et non dans la sagesse de l'homme. Cela fut également indiqué dans une déclaration antérieure aux saints de Corinthe, où Paul dit :

« Pour moi, frères, lorsque je suis allé chez vous, ce n'est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis allé vous annoncer le témoignage de Dieu. Car je n'ai pas eu la pensée de connaître parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. Moi-même j'étais auprès de vous dans un état de faiblesse, de crainte et de grand tremblement ; et ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d'Esprit et de puissance, afin que votre foi soit fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. »

Lorsque je lis ces paroles, je pense au plus merveilleux et au plus fructueux de tous les convertisseurs d'âmes de cette dernière dispensation — oui, je crois de toute dispensation de l'Évangile de Jésus-Christ, l'humble et peu instruit Wilford Woodruff, qui enseigna, convertit et baptisa par la puissance de Dieu, près de deux mille âmes — un record, je crois, qui n'est égalé par aucun autre serviteur du Seigneur dans aucun âge du monde. Cela, il l'accomplit, non par la sagesse de l'homme ni par la philosophie du sage, mais par la puissance et l'Esprit du Dieu Tout-Puissant, qui remplissaient son âme innocente et humble. Continuant, Paul déclara :

« Nous prêchons la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait destinée pour notre gloire, sagesse qu'aucun des chefs de ce siècle n'a connue, car, s'ils l'avaient connue, ils n'auraient pas crucifié le Seigneur de gloire. »

(Et ceux qui crucifièrent le Seigneur de gloire n'étaient pas les hommes ignorants du monde ; c'étaient ceux qui se tenaient dans les hauts lieux et qui occupaient des positions dans les cours des rois et de la royauté ; c'étaient les hommes instruits du monde qui crucifièrent le Seigneur de gloire.) Paul dit encore :

« Mais, comme il est écrit, ce sont des choses que l'œil n'a pas vues, que l'oreille n'a pas entendues, et qui ne sont pas montées au cœur de l'homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l'aiment. Dieu nous les a révélées par l'Esprit. Car l'Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l'homme, si ce n'est l'esprit de l'homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n'est l'Esprit de Dieu.

« Or nous, nous n'avons pas reçu l'esprit du monde, mais l'Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce. Et nous en parlons, non avec des discours qu'enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu'enseigne l'Esprit, employant un langage spirituel pour les choses spirituelles. Mais l'homme animal ne reçoit pas les choses de l'Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c'est spirituellement qu'on en juge. Mais l'homme spirituel juge de tout, et lui-même n'est jugé par personne. »

Et en lisant les 12e et 13e versets de ce chapitre, je pense à un autre exemple illustre de l'inspiration du Tout-Puissant, manifestée en l'un de ses serviteurs choisis :

« Or nous, nous n'avons pas reçu l'esprit du monde, mais l'Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce. Et nous en parlons, non avec des discours qu'enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu'enseigne l'Esprit, employant un langage spirituel pour les choses spirituelles. »

De Joseph F. Smith, notre défunt prophète et dirigeant vénéré, il a été dit, par un homme qui parle avec compréhension et par connaissance personnelle, que le président Smith n'a jamais préparé de sermon de sa vie. Cet homme qui a voyagé avec lui en Europe, dans les îles de la mer, et à travers les pieux de Sion, année après année, sur des milliers et des milliers de kilomètres, et qui l'a entendu prononcer des centaines et des milliers de sermons, affirme qu'il n'a jamais entendu le président Smith prononcer deux sermons dont on pût dire : « Ce sermon me rappelle un autre que je lui ai entendu prononcer. » Pour moi, c'est un merveilleux témoignage de la divinité de l'appel et de l'inspiration de l'homme, car un tel accomplissement n'est pas humainement possible. L'intelligence humaine a ses limites. Mais l'intelligence et l'inspiration du Tout-Puissant sont infinies ; et l'homme qui est en contact avec elles, inspiré par elles, n'a pas de limites, et peut prêcher des sermons jour après jour, année après année, sous l'inspiration de l'Esprit du Tout-Puissant, et ne jamais se répéter. Mais lorsque des hommes préparent leurs sermons, et par une sagesse mondaine espèrent enseigner l'Évangile de Jésus-Christ, et se glorifier eux-mêmes, alors ils ne sont pas possédés de cette puissance illimitée, irrésistible, qui trouve demeure dans les âmes des hommes honnêtes. En quoi, donc, réside cette merveilleuse puissance ? Quel en est le caractère ? Voilà la question qui devrait préoccuper tout président de mission, et tout enseignant de la justice, et prédicateur de l'Évangile de Jésus-Christ. Vous vous souvenez de ce que dit Paul au 13e chapitre de la Première aux Corinthiens :

« Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je suis un airain qui résonne ou une cymbale qui retentit. Et quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. »

En comparaison de cette merveilleuse puissance, la charité ou l'amour — ces accomplissements qui viennent d'être mentionnés pâlissent jusqu'à l'insignifiance. Qualifié, et doté de ces dons rares, nous concluons naturellement qu'on doit nécessairement être un prédicateur des plus puissants ; il peut parler avec les langues des hommes et avec l'éloquence des anges ; il comprend tous les mystères, et il a toute la connaissance et toute la foi de sorte qu'il pourrait transporter des montagnes. Mais il lui manque une chose, et c'est la force vitalisante qui est le secret de sa puissance. Et qu'est-ce donc ? C'est cet amour suprême que le Sauveur décrit par les paroles suivantes :

« À moins qu'un homme ne soit disposé à laisser père et mère, maisons et terres, épouses et enfants, et tout pour l'amour de moi et de l'Évangile, il n'est pas digne de moi. »

C'est cet amour de Dieu, qui obscurcit et transcende l'amour de toute autre chose au monde, que ce soit la gloire et l'honneur personnels, la richesse ou la renommée. Peu importe ce que cela puisse être, il n'y a dans son cœur aucun amour égal à son amour de Dieu. C'est là la source de sa puissance ; et possédé de cet amour, ses paroles sont irrésistibles, et sa puissance rejaillira à l'honneur et à la gloire de Dieu et au salut de ses enfants

— puissance dont Dieu veuille nous doter, je le prie humblement au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursHeber C. Iverson, « Rapport de la mission des États du Nord-Ouest », 1921 April General Conference, Second Overflow Meeting (1921-04-03). Pulpit Vault, 1921-04-heber-c-iverson-northwestern-states-mission-report. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).