Un témoignage missionnaire
Winslow Farr Smith
J'approuve du fond du cœur les paroles des orateurs précédents, car je suis engagé, comme eux, dans la puissante œuvre de prêcher l'Évangile de Jésus-Christ. Et nous ne sommes pas seuls dans ce puissant ministère ; nous sommes 1 700 envoyés des pieux de Sion pour porter le message de l'Évangile rétabli. Il y a de la joie dans cette œuvre, car, comme l'a dit le président Callis, c'est le service que nous rendons qui nous apporte le bonheur. ¶
L'œuvre missionnaire de l'Église progresse. Le message que le Christ était en vérité le Rédempteur du monde, qu'il nous a donné un plan de salut qui sauvera l'âme des hommes, que l'Évangile, après les âges de ténèbres, a été rétabli et donné aux enfants des hommes par l'intermédiaire du prophète Joseph -- c'est ce message que nous portons au monde. Nous allons où nous sommes envoyés. Nous y allons avec joie. Nous donnons notre temps, nous donnons de nos talents, nous donnons le meilleur de nous-mêmes, car nous savons que l'œuvre de Dieu est suprême ici-bas sur la terre, et qu'en définitive l'Évangile de notre Seigneur triomphera. ¶
Il est vrai que ¶
Haut sur le sommet de la montagne ¶
Une bannière est déployée ; ¶
Nations, levez maintenant les yeux ; ¶
Elle flotte pour le monde entier ; ¶
Dans la douce et paisible terre de Deseret ; ¶
Sur le mont de Sion, voyez-la se dresser. ¶
Nous nous sommes rassemblés cette semaine par milliers, du nord et du sud, de l'est et de l'ouest, beaucoup d'entre nous venus de régions ¶
lointaines, pour entendre les avis et les conseils de nos dirigeants, et pour les soutenir dans leurs appels élevés et sacrés. J'ai confiance, et je crois vraiment, que tous ceux d'entre nous qui assistent à ces réunions et écoutent les paroles de nos dirigeants rentrent chez eux plus déterminés à garder les commandements de Dieu qu'ils ne l'étaient en arrivant ici. ¶
C'est une chose merveilleuse que cet Évangile de notre Seigneur. On ne peut l'assimiler en restant simplement là, à se demander comment nous serons sauvés. Nous avons tous quelque idée du salut. Rarement rencontre-t-on un homme qui n'ait pas quelque croyance en l'immortalité ; mais lorsqu'on lui pose la question : « Quelle est cette immortalité en laquelle tu crois ? quel est ce salut que tu espères ? », dans la plupart des cas, vous constaterez qu'il ne peut vous donner de réponse intelligente. Pour le saint des derniers jours, en revanche, qui vit sa religion, et qui progresse dans la connaissance de sa religion, par la prière, la foi et l'étude assidue, il existe une conception précise, claire et magnifique de l'immortalité et de la vie éternelle, qui donne à sa vie quelque chose de nouveau, lui donne de l'espoir, lui donne du courage, et lui fait comprendre que sa vie ici sur la terre est plus qu'une simple acquisition des biens de cette vie. ¶
Le Sauveur a dit : « Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » Et le Sauveur a vraiment dit vrai en faisant cette merveilleuse déclaration. C'est la vie éternelle que de comprendre le plan du salut et d'ordonner notre vie de manière à être en accord avec ses enseignements. C'est la vie éternelle que de trouver, en vivant dans la droiture, une telle joie dans notre vie ici-bas, que lorsque la fin viendra, nous partirons en paix, sans craindre la mort, mais sachant que nous avons combattu ici un bon combat, et que, pour avoir combattu ce bon combat, la récompense qui nous attend sera véritablement nôtre. ¶
Le Sauveur a dit encore : « Sondez les Écritures, car c'est en elles que vous pensez avoir la vie éternelle. » Mes frères et sœurs, nous, les saints des derniers jours, sommes bénis au-dessus de tous les peuples de la terre en ce qui concerne les Écritures que nous avons à sonder. Nous avons la sainte Bible, ce grand et vieux livre qui nous est parvenu à travers les âges. Nous adorons Dieu, nous lisons ce qui le concerne, nous sondons cette Écriture et ordonnons notre vie, dans une large mesure, selon ses enseignements -- pour nous, la sainte Bible est des plus sacrées -- mais nous avons davantage : nous avons le Livre de Mormon, l'histoire parallèle, si je puis dire, des habitants de ce continent. Puis nous avons encore davantage : nous avons l'histoire, ou la parole consignée, de notre Père céleste, telle qu'elle a été donnée à ses enfants en cette époque ; et davantage encore, nous avons ce recueil, la Perle de Grand Prix. Ces quatre livres, nous les acceptons comme les ouvrages canoniques de l'Église, comme les révélations divines de notre Père, comme sa loi pour son Église. ¶
Mais, mes frères et sœurs, en les acceptant et en déclarant au monde que nous y croyons, les connaissons-nous ? Les sondons-nous, les lisons-nous seulement ? Les étudions-nous afin de connaître le plan du salut et d'édifier notre foi la plus sainte et notre détermination par une recherche assidue et priante ? Je crains que ¶
beaucoup trop d'entre nous ne prennent bien trop à la légère cette question de la vie et ce devoir envers nous-mêmes dans la vérité. Je crains que beaucoup trop d'entre nous ne laissent leurs livres poussiéreux sur les étagères, au lieu de les prendre et d'en lire les paroles merveilleuses. Nous pouvons parcourir le Livre de Mormon chapitre par chapitre, et chaque chapitre que nous lisons ouvre notre esprit à quelque chose de nouveau ; nous pouvons l'étudier phrase par phrase, et notre esprit s'illuminera, si seulement nous le faisons. Combien, ici aujourd'hui, ont lu le Livre de Mormon en entier ? Combien ont lu les autres Écritures ? Posez-vous ces questions. ¶
Nous sommes trop enclins, mes frères et sœurs, à prendre la vie à la légère, à ordonner notre vie selon la ligne de moindre résistance. Nous sommes trop enclins à lire les choses légères, futiles et divertissantes de la vie, qui ne nous profitent en rien, et à laisser de côté les œuvres essentielles qui nous rendent puissants, forts et intelligents pour l'œuvre de notre vie. Nous avons ces quatre livres, la sainte Écriture, que nous devrions sonder. Nous avons d'autres ouvrages, et nous pouvons lire et étudier sans qu'aucun de nous ne maîtrise jamais un dixième des merveilleuses vérités qu'embrassent ces livres. ¶
Je veux vous lire un seul verset du Livre de Mormon. C'est un beau verset, publié bien des fois. Je crains que la plupart d'entre nous n'y soient pas encore familiarisés. C'est le verset 13 du deuxième chapitre de Deuxième Néphi : ¶
Et si vous dites qu'il n'y a pas de loi, vous dites aussi qu'il n'y a pas de péché. Si vous dites qu'il n'y a pas de péché, vous dites aussi qu'il n'y a pas de justice. Et s'il n'y a pas de justice, il n'y a pas de bonheur. Et s'il n'y a pas de justice ni de bonheur, il n'y a pas de châtiment ni de malheur. Et si ces choses ne sont pas, il n'y a pas de Dieu. Et s'il n'y a pas de Dieu, nous ne sommes pas, ni la terre, car il n'aurait pas pu y avoir de création, ni de choses qui se meuvent, ni de choses qui sont mues ; c'est pourquoi, toutes choses auraient dû disparaître. ¶
Dans ce verset merveilleusement philosophique que renferme ce chapitre, il y a tant de vérité à méditer et à considérer, que si nous voulons bien le prendre, le lire, l'étudier, l'analyser et prier à son sujet, notre esprit s'ouvrira et nous comprendrons les choses de Dieu comme jamais auparavant. ¶
Comme je le disais il y a un instant, nous sommes trop enclins à suivre la ligne de moindre résistance, plutôt que de nous efforcer de sonder les Écritures et de découvrir les choses de Dieu. Les choses de Dieu vont au-delà de la foi, du repentir et du baptême, ces premiers principes ; les choses de Dieu embrassent toute vérité, et si nous sondons les Écritures et maîtrisons ces vérités fondamentales de notre Père, puis allons au-dehors prendre les commentaires des grands penseurs, nous pouvons, jour après jour, croître dans la connaissance de Dieu et le connaître véritablement. ¶
« C'est la vie éternelle que de te connaître, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » ; et, mes frères et sœurs, nous ne pouvons espérer connaître le seul vrai Dieu, ni Jésus-Christ, si nous ne les cherchons pas. Il est vrai qu'il est au pouvoir de notre Père céleste de nous bénir d'une connaissance certaine, sans aucun effort de notre part. Il est en son pouvoir de nous élever si puissamment que nous ¶
pourrions nous dresser comme des lumières éclatantes, si bien que le monde s'émerveillerait de nos réalisations merveilleuses. Mais Dieu agit selon des voies naturelles ; il nous donne l'intelligence, il nous donne la foi, il nous donne la sagesse, et si nous voulons utiliser ces facultés que Dieu nous a données, si nous les exerçons, si nous étudions et si nous cherchons, alors nous saurons. Il arrive souvent que des missionnaires arrivent auprès de nous sur le terrain sans même une idée de Dieu. Ils sont partis en mission uniquement parce qu'ils y ont été envoyés. Combien plus valables, combien plus capables auraient-ils été si leurs parents les avaient formés au foyer, s'ils avaient été formés dans les écoles et dans les organisations de l'Église, de sorte qu'ils seraient partis sur le champ de la mission en sachant avec certitude que l'Évangile du Christ est vrai, sans aucun doute dans leur esprit. Ils ne seraient pas nécessairement de merveilleux prédicateurs, et bien qu'ils ne puissent probablement pas expliquer l'Évangile dans le détail, il y aurait pourtant quelque chose qui brûlerait dans leur âme, leur disant que l'Évangile est vrai, que Jésus était le Christ, et que Joseph Smith est bien un prophète du Dieu vivant. C'est la vie éternelle que de connaître ces choses, et pour les connaître, nous devons chercher avec sincérité, nous devons être priants, et nous devons l'être réellement, véritablement et sincèrement -- nous devons nous mettre à genoux devant notre Dieu ; il l'exige. ¶
Pourquoi il a institué la prière, je l'ignore, mais il l'a fait, et il me suffit de savoir que, puisqu'il l'a fait, mon devoir est de m'incliner devant mon Dieu et de m'adresser à lui dans la prière. Pourquoi les autres ordonnances ont été données, je l'ignore, mais elles l'ont été, et elles ont un but, et celui qui manque de garder ces commandements de notre Père ne peut espérer les bénédictions. ¶
Il existe une relation remarquable entre le fait de garder les commandements de Dieu et de jouir de sa bénédiction. Dieu a choisi, au commencement, de donner à ses enfants des commandements précis ; tel était son dessein ; il a établi la loi, et il a dit : mes enfants devront s'y conformer s'ils veulent obtenir les bénédictions. Le prophète Joseph nous dit, comme il est consigné dans la section 130 de Doctrine et Alliances : « Il y a une loi, irrévocablement décrétée dans les cieux avant la fondation de ce monde, sur laquelle reposent toutes les bénédictions ; et lorsque nous obtenons une bénédiction quelconque de Dieu, c'est par l'obéissance à cette loi sur laquelle elle repose. » Et l'inverse est également vrai : lorsque nous violons la loi, le châtiment que Dieu a prévu pour ses enfants qui violent la loi leur sera infligé. Comment donc, mes frères et sœurs, pouvons-nous espérer connaître, espérer progresser, espérer les bénédictions de Dieu, si nous n'exerçons pas les facultés que Dieu nous a données ? J'ai dit qu'il existe une relation entre le fait de garder les commandements de Dieu et de jouir de ses bénédictions. Nous devons nous mettre à l'unisson avec lui. Nous devons garder ses commandements. Nous devons obéir à la loi, sinon nous ne pouvons ni espérer, ni recevoir les bénédictions que Dieu réserve à ses enfants. Dans sa justice, dans sa miséricorde, dans son amour pour ses enfants, il ne pourrait donner au pécheur qui manque de garder la loi la même bénédiction qu'il donnerait à l'enfant juste qui, lui, a gardé cette loi. ¶
Or, sachant ces choses, et sachant que nous devons connaître Dieu, que nous devons le découvrir, que nous devons le connaître par nous-mêmes, pourquoi restons-nous là, laissant le monde suivre son cours et l'Église suivre le sien, sans rien faire pour le salut de notre propre âme ? ¶
Le message de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours est merveilleux ; c'est le message de la vie et le message du salut. Les doctrines de l'Église se tiennent seules, elles ont subi l'épreuve décisive de cent ans. Le monde, les meilleurs esprits du monde, se sont efforcés de les réfuter. Ce merveilleux livre que j'ai lu, le Livre de Mormon, a été tourné en ridicule, mais après cent ans, il reste inattaqué et inattaquable, car il est en vérité la parole du Dieu vrai et vivant. Nous avons ces choses, elles sont nôtres, nous les avons dans notre cœur, la plupart d'entre elles ; et les livres restent sur les étagères, dans bien trop de cas, sales et poussiéreux, faute d'usage. Pourquoi ne mettons-nous pas en valeur l'intelligence que nous avons, étudier et apprendre, nous préparer, afin que, lorsque le moment viendra et que l'occasion se présentera d'expliquer les principes de l'Évangile, nous sachions ce qu'est l'Évangile, et que nous le déclarions au peuple avec puissance et avec vérité. ¶
Le témoignage que Dieu vit est un don qui nous est fait ; il nous vient lorsque nous en sommes dignes. Il nous bénit lorsque nous nous efforçons d'obtenir cette bénédiction et que nous tendons la main pour l'obtenir. Il est vraiment notre Père céleste, vers qui nous pouvons aller et à qui nous pouvons demander une bénédiction. Nous savons que le monde contemple quelque chose d'immatériel, qu'il adore, en quelque sorte, comme Dieu. Nous connaissons le vrai et le vivant Dieu, le Dieu d'Israël, et nous savons qu'en cette époque il révèle son esprit et sa volonté à ses enfants. Ce témoignage que le prophète Joseph a rendu il y a cent ans résonne aujourd'hui dans le cœur et aux oreilles des saints des derniers jours. Des centaines de personnes entrent dans le bercail, le message porte du fruit, et bien qu'il ne soit pas généralement accepté lui-même, ses enseignements et ses principes sont acceptés aujourd'hui par le monde. Le mormonisme avance, il triomphera ; et le message que les missionnaires portent par centaines et par milliers amènera dans l'Église les cœurs sincères, car il a l'accent de la sincérité. Mes frères et sœurs, c'est la vie éternelle que de connaître Dieu, c'est la vie éternelle que de connaître son Fils, c'est la vie éternelle que de savoir qu'en cette époque Dieu s'est révélé, lui-même, son esprit et sa volonté, aux enfants des hommes. ¶
Puissions-nous en être dignes, puissent nos témoignages grandir, puissions-nous, par une vie droite, devenir si forts et si solides que nous saurons, par nous-mêmes, sans le moindre doute, que Dieu vit et que ceci est son Église, telle est ma prière, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶