Pulpit

Témoignage et conseil

Joseph F. McGregor

Conférence générale d'octobre 1920·Troisième réunion de débordement·1920-10-10

J'ai été très frappé, mes frères et sœurs, au cours de cette conférence, par la nécessité d'agir, frappé par le fait que cet Évangile est un Évangile de service, et que pour obtenir les bénédictions de la vie éternelle, nous avons quelque chose à faire de notre côté, au-delà du simple assentiment à la divinité de la mission de Jésus-Christ.

Je me souviens qu'une fois, dans l'est -- je crois que le frère Lyman y était, à Ann Arbor -- le révérend E. Fay Mills tint là une série de réunions prolongées, et il nous montra, à sa manière, la nécessité d'accepter Jésus-Christ, et les conséquences si nous manquions de le faire pendant notre séjour ici-bas dans la condition mortelle ; et il raconta une petite histoire au sujet d'une jeune femme qui avait fait partie du chœur et qui n'avait pas confessé le Sauveur. Après sa réunion, elle tomba subitement malade d'une pneumonie et mourut en quelques jours. Dans le livre de cantiques qu'elle avait utilisé, elle avait écrit : « Presque persuadée. » Il montra la terrible condition de cette jeune femme -- si elle avait été un peu plus zélée, elle aurait été persuadée, et aurait donc reçu les bénédictions de la vie éternelle -- mais telle qu'elle était, elle irait en enfer, et y resterait dans le tourment à travers les âges innombrables de l'éternité !

Or, nous ne croyons pas à de telles inepties. Nous croyons que tout ce que nous obtenons, nous l'obtenons par l'obéissance aux lois et aux commandements de l'Évangile. Jean le révélateur vit les livres ouverts, et un autre livre, qui était le livre de vie, et les morts furent jugés d'après ce qui était écrit dans ces livres, selon leurs œuvres ; et nous croyons que nous obtiendrons exactement ce que nous méritons, et non simplement l'un ou l'autre de deux seuls endroits.

Vous connaissez l'histoire du vieux prédicateur noir du Sud, qui prêchait, disant au peuple qu'à leur mort, ils iraient soit dans le feu de l'enfer, soit dans la damnation -- l'un ou l'autre ; et l'un des membres de l'assemblée dit : « Que dis-tu là ? » Et il répondit : « Oui, c'est exact, vous irez soit dans l'un, soit dans l'autre. »

Alors un autre homme noir, dans l'assemblée, dit : « Alors ce nègre-là va prendre le bois. »

Et beaucoup d'entre nous devraient prendre le bois, n'était la disposition que notre Père céleste a prise pour nous, à savoir que nous obtiendrons ce que nous méritons et pour quoi nous travaillons ici, durant cette période d'épreuve.

Je pense que l'une des plus belles sections de Doctrine et Alliances est celle que l'on appelle communément « la Vision ». Vous savez que le Seigneur montra à Joseph Smith et à Oliver Cowdery qu'il n'y avait pas qu'un seul endroit, et leur fit comprendre clairement qu'il y avait plusieurs demeures dans le royaume du Père, et que nous n'irions pas tous au même endroit. Avant cela, bien sûr, on croyait qu'il n'existait pas d'étape intermédiaire -- nous allions soit au ciel, soit en enfer.

Je ne prendrai pas votre temps à lire cette section -- vous la connaissez tous plus ou moins bien -- mais vous vous souvenez des grandes bénédictions que le Seigneur réserve à ceux qui iront au royaume céleste. Ce sont ceux qui sont fidèles, qui sont vaillants ici-bas dans cette vie pour l'Évangile et pour les principes de vérité que le Sauveur du monde a établis pour nous guider.

Nous avons ensuite une autre catégorie, ceux qui n'ont pas été aussi vaillants, qui parviennent au royaume terrestre. Et je veux que vous remarquiez que parmi eux se trouvent ceux à qui le Sauveur est allé prêcher dans le monde des esprits, ceux dont il est allé ouvrir la porte de la prison, afin qu'ils puissent accepter l'Évangile. Pourquoi n'obtiendraient-ils pas le royaume céleste ? Pourquoi seraient-ils exclus, s'ils l'acceptaient alors et en accomplissaient les œuvres ? Ils avaient eu le privilège, mes [illegible] frères et sœurs, d'accepter l'Évangile ici sur la terre. Il leur avait été prêché, et ils avaient refusé de l'accepter dans la condition mortelle ; c'est pourquoi ils n'étaient pas en position d'obtenir toutes les bénédictions que le Seigneur réserve à ses enfants fidèles.

Vous vous rappellerez qu'Alma, prêchant aux Zoramites, leur dit de se repentir et de se tourner vers le Seigneur avant qu'il ne soit trop tard. Et beaucoup ont dit : « Pourquoi Alma a-t-il parlé ainsi ? » Parce que nous croyons qu'il y a une possibilité dans l'au-delà ; et l'on parle de la nuit qui vient où nul travail ne peut être accompli -- nous pensons que nous accomplirons beaucoup de travail dans l'au-delà, et que ceux qui n'ont pas accepté l'Évangile ici-bas, dans la condition mortelle, le feront de l'autre côté. Mais, remarquez bien, Alma s'adressait à ce peuple, les Zoramites, qui étaient des apostats. Ils avaient autrefois accepté l'Évangile, puis l'avaient rejeté, et par conséquent ils ne pouvaient plus avoir la possibilité qu'ils auraient eue s'ils n'avaient jamais entendu l'Évangile. Il aurait mieux valu pour eux ne jamais l'avoir entendu que de l'avoir entendu et rejeté ici-bas.

Et ainsi nous trouvons que, parmi ceux du royaume terrestre, se trouvent ceux à qui le Sauveur est allé, ce peuple qui avait eu l'occasion, ici-bas, dans la condition mortelle, d'accepter l'Évangile, et qui l'avait rejeté ; et par conséquent ils n'obtinrent pas une gloire céleste, ils n'avaient pas été vaillants. Il y avait parmi

eux des gens de cœur honnête, mais ils avaient été aveuglés par les choses du monde, et bien qu'ils aient pu accepter le Sauveur comme un être divin et comme le Rédempteur du monde, ils n'avaient pas accepté l'Évangile avec une pleine résolution de cœur, ni accompli les œuvres que le Sauveur exigeait d'eux. C'est pourquoi ils ne pouvaient obtenir ces bénédictions.

Tout repose donc sur ce point, mes frères et sœurs : être vaillants, vaillants dans la cause de notre Père céleste. Que devons-nous faire pour être vaillants ? Eh bien, garder les commandements, non pas un, deux ou trois, ni un nombre déterminé quelconque, mais tous les commandements que notre Père céleste nous a donnés. Vous connaissez l'idée erronée sous laquelle travaillait le jeune homme qui vint vers le Sauveur et voulut savoir quelle bonne chose il pourrait faire pour obtenir la vie éternelle. Il semblait penser qu'en accomplissant une seule grande bonne action, il obtiendrait toutes les bénédictions que notre Père céleste réserve à ses enfants fidèles ; mais le Sauveur le détrompa ; il lui expliqua qu'il devait garder les commandements, et que ce n'en était pas qu'un seul. En fait, il dit un jour aux Juifs qu'ils payaient la dîme de la menthe, de l'aneth, et ainsi de suite, mais négligeaient les points les plus importants de la loi -- ce premier point, ils devaient l'accomplir, mais sans laisser l'autre de côté.

Nous devons garder tous les commandements ; et ainsi, aujourd'hui, je crois que c'est une chose splendide pour nous que de faire l'inventaire de nous-mêmes et de découvrir où nous en sommes. Si nous sommes en affaires, nous faisons souvent l'inventaire -- nous le faisons chaque année -- et découvrons notre actif et notre passif, et exactement où nous en sommes financièrement. N'est-ce pas une bonne chose de faire l'inventaire de nous-mêmes sur le plan religieux, et de découvrir exactement où nous en sommes ? Gardons-nous les commandements de notre Père céleste, autant que nous les connaissons ? Payons-nous nos dîmes et nos offrandes honnêtement devant le Seigneur, mois après mois ? Sinon, réveillons-nous et faisons ces choses. Assistons-nous à nos réunions de sainte-cène ? Répondons-nous aux appels de ceux qui ont autorité sur nous, et accomplissons-nous chaque travail et chaque devoir qui nous est demandé ? Gardons-nous nos communications avec les cieux ? Remercions-nous le Seigneur, sans nous rendre coupables du péché d'ingratitude en ne le remerciant pas pour sa bonté envers nous, jour après jour -- et lui demandons-nous les choses dont nous avons besoin ? Je ne pense pas que nous demandions tous exactement ce que nous devrions avoir. Dans bien des cas, peut-être, nous prions pour des choses qui ne nous seraient pas bonnes, si nous les obtenions. Prenons garde à ne pas demander au Seigneur quoi que ce soit que nous ne devrions pas avoir, et alors, lorsque nous demandons ses bénédictions et des choses qui nous seront bénéfiques, nous pouvons le faire avec sincérité, avec foi, croyant qu'il nous entendra et nous répondra. Je crois que souvent nous pensons que le Seigneur devrait répondre à l'instant même où nous le prions ; et s'il ne le fait pas, nous pensons que nos prières n'ont pas été exaucées et qu'il nous a fait la sourde oreille, et qu'il n'y a aucune efficacité dans la prière.

C'est un peu, si je me souviens bien, comme un incident survenu il y a quelque temps. J'avais un oncle qui était apostat, et il parlait de cette révélation sur la guerre. Il disait que Joseph Smith était un homme clairvoyant, et que, bien sûr, il pouvait voir ce qui allait venir, et qu'il y aurait un affrontement entre le nord et le sud. Et je dis : « Comment se fait-il alors qu'il ait pu voir que d'autres nations interviendraient, même la nation de Grande-Bretagne, et qu'elles seraient sollicitées par le sud, et qu'elles y consentiraient ? »

Il dit : « Cela montre bien qu'il avait tort, car il est dit qu'elles feraient appel à d'autres nations, et ces autres nations à d'autres encore, jusqu'à ce que toutes les nations de la terre soient impliquées -- cela ne s'est pas accompli, et c'est donc comme le vieil adage juridique : "faux sur un point, faux sur tout", et par conséquent nous pouvons tout jeter. »

Je ne savais pas alors comment lui répondre, mais maintenant nous pouvons lui répondre. Nous pouvons voir comment la Grande-Bretagne et d'autres nations ont été entraînées dans la guerre ; et nous avions envisagé ces choses de façon trop étroite, sans être assez larges d'esprit pour comprendre que le Seigneur a souvent besoin de temps pour accomplir son œuvre.

Cela me rappelle une petite histoire que j'ai entendue, celle d'un petit garçon qui voulait un bébé dans la maison, et qui finit par demander à son père s'il pouvait prier pour en avoir un. Son père lui dit oui, qu'il pouvait, s'il le désirait ; et ainsi, pendant quelques mois, chaque fois qu'il faisait sa prière le soir, il demandait au Seigneur d'envoyer un bébé dans leur foyer. Mais aucun bébé ne vint, et il se lassa et cessa d'en demander un. Finalement, un matin, en descendant, la nourrice l'emmena dans la chambre, et il y avait des jumeaux ! Il dit : « Papa, c'est une bonne chose que j'aie cessé de prier quand je l'ai fait. » Aussi, je pense que c'est une chose splendide pour nous que d'exercer un peu de patience, et il entendra nos supplications. J'en suis certain. Mais ne négligeons aucun des devoirs qui nous incombent.

Je suis reconnaissant envers le Seigneur d'avoir fait des dispositions pour ses enfants, et que très, très peu d'entre eux seront perdus, que même dans le royaume téleste, le plus bas degré de gloire, où iront tous les méchants et ceux qui n'obtiennent ni la gloire terrestre ni la gloire céleste (à l'exception des fils de perdition), la joie dépasse notre capacité de comprendre, tant elle est grande et glorieuse. N'est-ce pas là une grande pensée, de songer que le Seigneur a fait une telle disposition pour ses enfants ? Cela ne vaut-il pas la peine, mes frères et sœurs, de demander à obtenir les bénédictions qu'il a préparées pour ses enfants ici sur la terre ? Et pourtant nous ne devrions pas nous contenter de rien de moins que le plus haut, car le royaume terrestre est si grand que le prophète dit qu'il ne pouvait l'expliquer au peuple, tant il était grand. Nous ne voulons pas nous contenter de cela -- nous ne voulons pas être privés de nos compagnes, de nos femmes ou de nos enfants -- nous voulons travailler pour un plus haut degré de gloire. Nous ne pourrons peut-être pas devenir de grands juristes ou de grands scientifiques -- notre capacité intellectuelle peut nous en empêcher -- mais nous pouvons être de vrais saints des derniers jours. Nous en avons tous, chacun de nous, la capacité, et le Seigneur n'exige rien de nous sans nous fournir les moyens d'accomplir le commandement qu'il nous a donné, comme Néphi nous l'a dit. De sorte que, si nous nous efforçons, il nous juge

selon les intentions de notre cœur, et non toujours selon ce que nous faisons. J'en suis très reconnaissant.

Quant aux fils de perdition -- ce sont ceux qui ont péché volontairement, sciemment, après avoir goûté la bonne parole de Dieu et avoir eu part aux dons et aux pouvoirs du monde à venir, et qui ont ensuite tout rejeté, rejeté le Sauveur, l'ont crucifié, l'ont exposé à l'ignominie -- ils sont, comme l'a dit le prophète, comme des hommes qui se tiennent debout, voyant le soleil briller, et qui pourtant déclarent qu'il ne brille pas. Ce sont ceux qui, volontairement et délibérément, se sont jetés par-dessus bord sur la mer de la vie. Eux seuls seront perdus, et grâce en soit rendue au Seigneur, ils sont fort peu nombreux.

Je prie le Seigneur de nous bénir, mes frères et sœurs, et de nous aider à travailler et à voir la nécessité du travail. Vous savez que, lorsque vous sortez dans le monde, bien souvent les gens ouvrent leur Bible au passage où Paul dit : « Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu ; ce n'est pas par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. »

Et j'ai été heureux, l'autre jour, d'entendre le frère Richards expliquer que « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croirait en lui ne périsse pas », etc., puis expliquer que les œuvres, elles aussi, sont nécessaires, que nous avons quelque chose à faire de notre côté.

Lorsque nous entendons les enseignements de cette conférence, ne soyons pas comme l'homme qui bâtit sa maison sur le sable, mais comme celui qui bâtit sa maison sur le roc. Soyons des pratiquants de la parole, et non de simples auditeurs. Pour obtenir les bénédictions, nous devons accomplir les œuvres, et si nous le faisons, nous pouvons être aussi certains de notre récompense que qui que ce soit.

Je crois que c'est le cardinal Wolsey qui, à sa mort, ayant été dépouillé par le roi de tous ses émoluments, dit :

Si seulement j'avais servi mon Dieu avec la moitié du zèle que j'ai mis à servir mon roi, il ne m'aurait pas, dans ma vieillesse, laissé nu devant mes ennemis.

Si nous gardons les commandements du Seigneur, nous pouvons être certains d'obtenir notre récompense. Que Dieu nous aide tous à le faire, je le demande, au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursJoseph F. McGregor, « Témoignage et conseil », Conférence générale d'octobre 1920, Troisième réunion de débordement (1920-10-10). Pulpit Vault, 1920-10-joseph-f-mcgregor-testimony-and-counsel. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).