Prophétie et révélation
Edward J. Wood
Je suis certain que nous apprécions tous grandement les splendides réunions dont nous avons joui au cours de cette conférence, ainsi que les excellentes paroles et la musique que nous venons d'entendre. Le chant est un beau talent que notre peuple apprécie grandement, et nous avons de la bonne musique dans toutes nos communautés. ¶
Je suis heureux d'être de nouveau à la conférence, bien que pas tout à fait avec la position que j'occupe maintenant. J'ai entendu une fois un homme en demander un autre ce qu'était un vide. Cet homme fut appelé à s'adresser à une assemblée, pour répondre à la question. Il dit : « Un vide, je l'ai dans la tête, mais je ne peux pas l'expliquer. » ¶
Je me demande si nous croyons tous à cette affirmation de l'hymne, qu'« un ange d'en haut » nous a visités, et a révélé l'Évangile dans sa plénitude, de sorte que nous puissions mieux le comprendre que nous n'aurions pu le faire en lisant les Écritures anciennes. J'en parle parce que je viens du grand nord, du Canada. ¶
Nous avons en cours de construction un très beau temple. Plus de cinq mille personnes ont visité ce bâtiment inachevé, jusqu'à présent cette année, venues du monde entier. J'y pense particulièrement, puisque je me trouve en présence du frère Smoot, du Conseil des Douze, et de notre respecté sénateur de l'Utah. Sa maison, à Washington, est visitée par beaucoup d'étrangers qui parlent de lui (souvent sans qu'il les entende), et du bien qu'il fait par le courage qu'il manifeste en se tenant toujours devant le peuple comme un saint des derniers jours. Tout récemment, des gens de passage dans le pays ont dit qu'ils avaient ¶
assisté à une réunion chez lui, à Washington. Le frère Smoot n'en savait rien. Ils n'appartenaient pas à l'Église, mais ils admiraient cet homme qui est toujours un apôtre. J'y ai pensé ce matin, en lisant dans le journal qu'à Washington, les membres de l'Église envisageaient de louer une salle au lieu de tenir leurs réunions dans la résidence du frère Smoot. Nous savons bien peu le bien que nous faisons en accueillant des étrangers. ¶
Permettez-moi de vous lire un court passage de Doctrine et Alliances au sujet de notre mission. Je suis heureux de voir tant de nos frères et sœurs ici cet après-midi. Je remarque cependant l'absence des jeunes. Je crois m'adresser surtout, cet après-midi, aux parents, et sans vouloir prendre beaucoup de votre temps, je désire attirer brièvement votre attention sur notre mission ici. J'ai passé, comme vous, de nombreuses années sur le champ de la mission, en plus d'avoir présidé, avec l'un de mes frères, l'un des pieux du Canada. Je crois que repose sur nous, dans une très large mesure, la responsabilité de poursuivre l'œuvre du Seigneur ; et je crois que nos sentiments, nos vrais sentiments et nos croyances, se reflètent en grande partie chez nos enfants ; et lorsque nous entendons exprimer la crainte que les jeunes ne s'intéressent pas autant qu'ils le devraient, je me tourne de façon critique vers moi-même, et j'espère que nous ferons tous de même envers nous-mêmes cet après-midi. Nous avons cependant eu très peu de difficultés dans ce grand pays, le Canada, où nous avons quelques-uns des plus beaux et des plus robustes jeunes gens et jeunes filles de toute la terre de Sion. Je crois que, tel qu'un enfant est formé -- pas nécessairement enseigné -- il sera, dans une large mesure, une fois devenu adulte. « Instruis l'enfant selon la voie qu'il doit suivre ; et quand il sera vieux, il ne s'en détournera pas. » Il y a une bonne différence entre former un enfant et l'instruire. Instruire, c'est dire ; former, ce n'est pas seulement dire, mais amener l'enfant à agir, et à savoir comment agir. Je lis le premier paragraphe de la section 1 de Doctrine et Alliances : ¶
Écoute, ô peuple de mon Église, dit la voix de celui qui demeure en haut et dont les yeux sont sur tous les hommes ; oui, en vérité, je le dis : Écoutez, peuples lointains, et vous qui êtes dans les îles de la mer, prêtez tous l'oreille. ¶
Je pense à cela en rapport avec mes expériences missionnaires dans les îles de la mer. ¶
Car, en vérité, la voix du Seigneur s'adresse à tous les hommes, et il n'en est aucun qui puisse s'y dérober ; et il n'est pas d'œil qui ne verra, pas d'oreille qui n'entendra, pas de cœur qui ne sera pénétré. Et les rebelles seront transpercés d'un grand chagrin, car leurs iniquités seront publiées sur les toits, et leurs actions secrètes seront révélées. Et la voix d'avertissement s'adressera à tous les peuples, par la bouche des disciples que je me suis choisis en ces derniers jours. Et ils iront, et nul ne les arrêtera, car c'est moi, le Seigneur, qui le leur ai commandé. ¶
Je veux vous raconter une brève expérience personnelle. Je fus appelé pour un troisième voyage vers l'une des îles, du temps du président Joseph F. Smith. Je pense à cette prophétie particulière en me souvenant des nombreux ob- ¶
stacles placés sur notre chemin pour aller vers les îles. Je fus appelé à une mission spéciale aux Samoa et dans les mers du Sud. Je suis sujet britannique par naturalisation. Je ne pouvais quitter le Canada sans passeport, mais le président de l'Église m'avait appelé à être à Salt Lake City à une date fixée, et me demandait si je pouvais venir. J'aurais dû obtenir mon passeport avant de répondre à la lettre, mais j'ai dit : oui, j'y serai. Puis je me suis mis à l'œuvre pour tenir ma promesse, en faisant appel à tous les moyens disponibles pour obtenir mon passeport. Le moment de mon départ approchait, et je ne pouvais franchir la frontière sans le passeport, mais il n'arriva pas à temps pour mon départ. J'exposai la question au Seigneur dans la prière. Je lui dis mes difficultés, et je sentis que je devais tenir parole, et au moins faire la tentative de venir. Aussi montai-je dans le train à destination de Salt Lake City sans aucun passeport. À mon arrivée à la frontière, les agents de l'immigration me demandèrent mon passeport. Je pensais sans cesse : « Ils iront, et nul ne les arrêtera. » J'y pensais, et je souhaitais que l'agent d'immigration crût, autant que moi, à la vérité de cela ; mais il n'y croyait pas. Cependant, je le connaissais un peu. Il dit : « Je vous laisse passer à condition que vous fournissiez le passeport après. » « Très bien, dis-je, je serai heureux de le faire. » Lorsque le président Smith m'avait mis à part, il m'avait dit que je devais y aller. Or, il ne savait rien du fait que je n'avais pas de passeport. Je savais qu'il serait plus difficile de sortir des États-Unis que d'y entrer -- de quitter le port de San Francisco et d'atteindre une possession américaine aux Samoa. Je savais, ou je pensais savoir, que je devais avoir mon passeport. Le président Smith, posant les mains sur ma tête, dit : « Frère Wood, tu iras en mission accomplir les affaires à traiter, et tu reviendras sain et sauf. » Il n'a jamais mentionné de délai fixé. Pendant tout le temps qu'il me bénissait, je me demandais ce qu'il en était de mon passeport. J'espérais bien qu'il arriverait. Notre avocat m'avait promis qu'il serait enregistré à mon nom à Salt Lake City pour être là le lendemain de mon arrivée. J'attendis, et le lendemain il n'arriva pas. Le moment vint pour nous de partir. Au bureau de l'Oregon Short Line, j'envoyai un télégramme à la maison pour savoir si des nouvelles étaient arrivées d'Ottawa, la Washington du Canada. Je ne reçus aucune réponse. Mais le président Smith avait dit que je devais partir ; voilà la prophétie et la révélation que nul n'arrêterait les disciples de prêcher l'Évangile. Comme il est dit au verset suivant : « Voici, ceci est mon autorité, et l'autorité de mes serviteurs, et ma préface au livre de mes commandements, que je leur ai donné à publier pour vous, ô habitants de la terre. » « Et ils iront, et nul ne les arrêtera, car c'est moi, le Seigneur, qui le leur ai commandé. » C'était le Seigneur qui m'avait commandé, non les agents d'immigration. Aussi montai-je dans le train sans mon passeport. Mais je reçus un télégramme à la gare m'informant que mon passeport serait à San Francisco avant le départ du bateau à vapeur. Je me sentis de nouveau rassuré. Eh bien, nous sommes arrivés à San Francisco, et nous nous sommes rendus au bureau de l'immigration la veille du départ du bateau. J'étais là sans mon passeport. Je m'attendais à ce qu'il arrive ce soir-là, mais ¶
il n'arriva pas. Et le bateau devait appareiller, et j'étais là sans mon passeport. Lorsque le moment vint de me présenter au bureau de l'immigration, je me mis dans la file, et je me sentais bien, sachant que tout irait bien, mais je ne savais pas comment. Lorsque je vis le fonctionnaire demander leurs passeports aux passagers, et que certains furent refusés, d'autres se virent poser une foule de questions, et je n'avais pas mon passeport, je me tenais là comme si je l'avais eu, et il n'y voyait rien de différent. Quand vint mon tour, il dit : « Asseyez-vous un moment, monsieur Wood ; je vous parlerai plus tard. » Eh bien, je savais que tout irait bien. Avez-vous déjà ressenti cela, quand les anciens viennent d'administrer une bénédiction à un enfant malade, et que vous savez avec certitude que l'enfant sera guéri ? Je sentais ces promesses tourner dans mon esprit, mais comment devaient-elles s'accomplir ? Quand mon tour arriva, l'agent d'immigration dit : « Eh bien, le temps est écoulé, vous devez venir au bureau demain à 9 heures. Le bateau part à 13 heures, et vous montez, monsieur Wood. » Le moment arriva de me présenter de nouveau, le matin, et j'étais dans la file. Je me sentais bien, bien que je n'eusse aucun passeport. L'agent d'immigration finit par dire : « Voyons, monsieur Wood, vous avez votre passeport, montez directement à bord du bateau. » Je dis : « Merci », et je n'avais aucun passeport, bien que j'eusse la commission du président Smith, qui valait plus que tous les passeports de tous les gouvernements du monde. Mais j'eus encore bien des difficultés. Je me suis dit : « Maintenant, je suis sur le bateau, comment vais-je en descendre ? » Le point le plus important de tout, c'est de présenter ses documents ou son passeport avant de partir. J'eus trois longues semaines à passer avant de débarquer. Le commissaire du bord prenait une sorte de généalogie de chaque personne. Quand il arriva à moi, il me demanda de m'asseoir, et dit : « Bien sûr, vous comprenez que vous devez présenter votre passeport, monsieur Wood. » Je dis : « Très bien, je comprends. » « D'où venez-vous ? » Je dis : « Du Canada. » Il dit : « Asseyez-vous, monsieur Wood. Je suis ravi de voir des gens du Canada aussi disposés à aller prêcher l'Évangile à ces autochtones. » Et je lui ai parlé de l'Évangile ; et il ne me demanda aucun passeport. Eh bien, j'eus d'autres difficultés aussi, mais je me sentais bien. ¶
Lorsque j'arrivai à Honolulu, j'échappai à une autre situation fort délicate en engageant une agréable conversation sur l'Évangile avec l'agent d'immigration de ce port. Puis nous parcourûmes encore deux mille milles vers le sud. Je savais que le moment le plus difficile était encore à venir, celui de notre arrivée à Tutuila. Comment m'en sortir là-bas, je n'en avais aucune idée. Mais je priai le Seigneur, non seulement deux fois par jour pendant ces plusieurs semaines, mais plusieurs fois par jour, pour que d'autres voies s'ouvrent, de sorte que rien ne puisse arrêter mon passage. ¶
Je me souviens que, lorsque ce bateau entra dans ce très beau port que M. Robert Louis Stevenson nomma Pago Pago, je débarquai, et beaucoup des autochtones que j'avais vus auparavant vinrent à ma rencontre, et me firent leur salutation caractéristique. Ils étaient heureux que je sois venu. Je vis l'un de nos garçons du Canada diriger une splendide fanfare, venue m'accueillir. Puis, de nouveau, je commençai à me demander ¶
quand je repartirais, et pourtant, chaque fois que je me souvenais de ces promesses, je reprenais courage. Le bateau ne resta là que six heures, et nous fûmes de nouveau mis en file. C'était là le dernier passage à effectuer sans passeport, et je dus rassembler mon courage pour faire face à l'épreuve. Ils étaient tout près de moi lorsque l'agent d'immigration dit : « Asseyez-vous, je veux vous poser une question. » Et il me dit : « Monsieur Wood, préparez votre passeport. » « Très bien. » J'avais la commission missionnaire du président Smith, j'avais la promesse et la prophétie de cette révélation, que « nul ne les arrêterait ». Quand il m'appela, et que ce fut mon tour de présenter mon passeport, il se tourna vers l'homme à côté de moi et dit : « Tiens, vous êtes de New York. » Et cet agent alla converser avec cet homme qu'il appelait le New-Yorkais. Quand il revint, il dit : « Voyons, monsieur Wood, j'ai bien eu votre passeport, vous pouvez continuer. » ¶
Mes chers parents, nous sommes tous comme une seule grande famille, quel que soit notre lieu de résidence ; nous sommes tous saints des derniers jours ; nous nous intéressons tous les uns aux autres. Ce qui est un succès au Canada vous donne du courage, et ce qui est votre succès ici peut nous réjouir au Canada, car, à la différence des autres peuples du monde, nous sommes tous membres d'une seule et grande famille. Je vous dis que si, en tant que parents, nous pouvons gagner nos garçons et nos filles à la droiture autour de notre foyer familial, cela vaut bien mieux que de les remettre entre les mains de la Ligue de la pureté, ou même des instructeurs au foyer de la paroisse, ou de quiconque d'autre. Laissez-moi, en tant que père de mes enfants, et ma femme comme leur mère, gagner le cœur de nos garçons et de nos filles à la maison, gagner leur confiance, et d'autres auront alors bien peu de difficultés avec eux. J'y pense en voyant les mères tenir leurs bébés sur leurs genoux. Jamais elles ne songeraient à laisser tomber le petit bébé, pour rien au monde. Elles surveillent chacun de ses mouvements, craignant qu'il ne tombe. Il serait bien plus facile de guérir le bras cassé d'un nourrisson que la mentalité blessée, le cœur pervers de l'enfant devenu grand qui, souvent, quitte son foyer avec bien peu de considération pour ses parents. Nous ne sommes pas assez préoccupés, en tant que parents, par nos enfants. Quand je repense aux îles, à la façon dont ces gens y enseignent à leurs enfants à respecter leurs parents, c'est vraiment extraordinaire. Vous appelez ces autochtones incivilisés. J'ai vu un jeune homme sauvage, presque grossier dans ses manières, être admis au conseil des chefs, à la mort de son père, et devenir aussitôt digne, presque majestueux, sentant la responsabilité de son père reposer sur ses épaules dans le conseil des chefs. C'est parce qu'on avait enseigné à ce garçon, dès son jeune âge, mieux encore, qu'on l'avait formé, à savoir comment se conduire une fois devenu un homme, comment se conduire en chef, comme l'avait été son père avant sa mort. ¶
Ô, la foi de ces autochtones, si seulement nous l'avions ! Si seulement nous savions, si nous avions la connaissance (plus que la foi) de la mission même de notre Église, dans laquelle il nous est enseigné que lorsque j'entrerai dans l'éternité avec ma femme, à qui je suis scellé, ma joie, notre joie, ne sera pas ¶
complète tant que nous n'aurons pas dans notre cercle quelques-uns, oui, chacun, de nos enfants. Ne tardons pas jusqu'à ce qu'il soit trop tard. ¶
Je me souviens d'une fois une femme dans les îles -- pour vous montrer comment le Seigneur va devant nous, ses anciens et ses serviteurs, avec nous, et après nous, dans ces îles -- une dame avait un enfant très malade, et lorsqu'ils sont malades, ils ont foi dans le pouvoir de la prêtrise pour les rétablir. Nous n'y étions que depuis quelques semaines. Personne ne nous connaissait là-bas, ne savait que nous étions arrivés. Un homme se présenta à la maison où nous tenions la réunion. Il ne nous comprenait pas ; il devait parler par l'intermédiaire d'un interprète ; et il me dit : « Il y a une dame sur l'autre île, avec un enfant malade. Elle veut que vous trois, hommes, veniez à elle, et guérissiez son enfant. » Nous étions juste à la veille de la guerre là-bas. Le premier édit promulgué par le roi sous le gouvernement allemand fut qu'un missionnaire « mormon » qui prêcherait serait condamné à une amende de 100 dollars pour le premier sermon, et pour le second, il serait banni de l'île. Ils avaient promulgué cet édit, et nous pensions être en difficulté, jusqu'à ce que cet homme nous dise que cette femme avait demandé que nous trois allions à elle, lui imposions les mains sur son enfant, et que l'enfant se rétablirait. Nous nous rendîmes sous un palmier et parlâmes au Seigneur comme je vous parle en ce moment, désirant l'inspiration de son Esprit. Nous décidâmes bientôt d'y aller. Après avoir traversé un détroit d'environ trois milles en une petite pirogue, nous attendant presque à chaque instant à ce que la pirogue chavire, nous arrivâmes. La femme se tenait devant sa maison. Elle avait son mouchoir sur les yeux, et dit : « Je suis heureuse que vous soyez venus. Tout ira bien. Voici mon enfant. » Et sous le drap se trouvait le corps de l'enfant. Nous le soulevâmes et vîmes l'enfant, et nous dîmes : « l'enfant est déjà mort », et nous le recouvrîmes de nouveau ; et elle dit précipitamment : « Non, il n'est pas du tout mort. Faites ce que je vous ai vus faire la nuit dernière dans mon rêve, et il ira bien. » Nous demandâmes au Seigneur : « Supposons que nous administrions une bénédiction à cet enfant, et qu'il ne guérisse pas, ils diront que vous êtes tous de mauvais esprits. C'est un peuple superstitieux. » Nous n'avions aucune foi que l'enfant guérirait. Mais la foi sans précédent de cette femme autochtone nous inspira à le faire. Et elle dit : « Avez-vous l'autorité de faire ce que je vous ai vus faire ? Vous avez oint cet enfant d'huile ; vous avez posé les mains sur sa tête. » Oui, nous avions cette autorité. Et alors je pensai à ce passage : « mes serviteurs doivent aller, et mon autorité sera avec eux, et nul ne les arrêtera. » Je dis : « Oui, nous avons cette autorité. » Elle dit : « Avez-vous l'autorité de refuser ? » Je dis : « non. » Nous ointîmes l'enfant, lui imposâmes les mains, le recouvrîmes, et repartîmes. Le cyclone survint, la condition sociale des autochtones fut bouleversée ; nous n'entendîmes plus parler de la femme et de l'enfant pendant longtemps. Je ne m'attendais pas à en avoir des nouvelles, jusqu'à ce que, environ un an après, je visse un certain nombre d'autochtones sous des arbres, armés de longs couteaux. Je les vis courir sous les arbres, à peine vêtus. Alors je pensai de nouveau que rien n'arrêterait la prédication de cet Évangile. Je repris donc courage du mieux que je pus, et poursuivis mon chemin. Je vis les autochtones m'entourer de tous côtés, et comme je ¶
parvenais à une maison dans cette forêt tropicale, ils commencèrent à se rapprocher de moi, quand tout à coup une femme sortit et dit : « Comment allez-vous, frère Wood ? » Je reculai un peu, et dis : « Je ne vous connais pas. » « Oh si, vous me connaissez », et elle se tourna et appela un enfant d'environ neuf ans. Elle plaça l'enfant sur le tronc d'un arbre, puis rendit ce témoignage devant la grande foule d'autochtones : « Cet enfant est un témoignage vivant du grand pouvoir de l'Évangile, et du pouvoir et de l'autorité que détiennent le frère Wood et ses associés. Ils ont administré une bénédiction à cet enfant il y a plus de deux ans. Je ne les ai jamais revus depuis, mais je sais qu'ils ont le pouvoir de Dieu avec eux, et vous devez tous écouter leur message. Je suis la fille du grand chef de l'île, et vous pouvez venir chez moi et avoir tout ce que vous voulez. » ¶
J'y allai, et les autochtones me suivirent, et je restai debout presque toute la nuit à leur prêcher. Nous avions un bon esprit. Je vous rapporte cela pour vous prouver que la divinité et le pouvoir de la prêtrise sont aujourd'hui avec l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Mais le malin est toujours présent. ¶
Un matin, en une occasion, alors que je m'habillais, je sentis quelque chose de vivant sur mon cou, et je le frappai aussitôt, et je fus mordu par un mille-pattes, l'un des insectes les plus mortels de ces îles. Mon bras commença à enfler. Les autochtones vinrent et dirent : « Donnez-nous votre dernier message ; vous mourrez dans l'heure. » Je ressentais une douleur atroce. Alors la femme arriva. Les autochtones lui avaient dit que j'avais été tué par cet insecte mortel, et j'étais là avec eux. La femme s'approcha avec beaucoup de calme. Elle me serra la main, montrant qu'elle attendait une consolation. Elle dit : « Tout ira bien, frère Wood. Avez-vous encore de cette huile avec vous ? » Je dis : « Oui, prenez ma valise. » « Maintenant, dit-elle, faites ce que vous avez fait pour mon enfant, et vous irez bien. » Lorsqu'elle dit cela, je sus avec certitude qu'il en serait ainsi. J'oignis ma main, et l'enflure disparut, comme si l'on m'ôtait un gant de la main, et elle se tourna vers les autochtones rassemblés autour, et dit : « Comme je vous l'ai dit, le Seigneur est avec ce jeune homme, son Église et son peuple. » ¶
Frères et sœurs, inspirons cette foi, cette confiance, dans le cœur de nos enfants qui grandissent, et n'oublions jamais que nous sommes responsables d'eux dans leur vie future. Que Dieu vous bénisse. Amen. ¶