Je suis très heureux d'être
Benjamin Goddard
Je suis très heureux d'être avec vous, mes frères et sœurs, mais désolé que nous ne puissions accueillir tous ceux qui désirent assister à cette réunion ; le temps étant peu propice nous a obligés à nous entasser ici. Que vous soyez tous membres de l'Église ou non, je l'ignore, car rassemblés sur ce pâté de maisons se trouvent de nombreux étrangers venus de pays lointains. ¶
Il y a bien des années, deux jeunes anciens prêchaient l'Évangile comme missionnaires dans l'un de nos camps miniers des montagnes. Il y avait assez d'étrangers rassemblés autour d'eux pour les écouter. Ce n'étaient que des jeunes gens ; mais ils expliquaient l'Évangile tel qu'il leur avait été enseigné par leurs pères et leurs mères et selon les témoignages qu'ils avaient reçus ; et dans cette foule se trouvaient un ou deux saints des derniers jours que ces jeunes anciens ne connaissaient pas du tout ; l'un d'eux était un ancien, et il fit remarquer à son compagnon : « Je peux à peine rester immobile ; ces gens autour de nous écoutent ces jeunes gens, et moi aussi j'ai un témoignage de l'Évangile, et je veux le rendre. » Ainsi, quand le moment vint, et que l'un des anciens s'arrêta, il s'avança dans la rue et commença lui aussi à rendre son témoignage. Cet ancien avait accompli des missions, il savait exactement ce qu'était l'Évangile, il voulait aider ces jeunes gens, il sentait que le moment était opportun pour rendre son témoignage, et il le fit, à l'étonnement et à la consternation de certains rassemblés là, les anciens eux-mêmes ne sachant pas qui il était. ¶
Sur le pâté de maisons du Temple, il est parfaitement naturel pour nous de prêcher l'Évangile, très souvent à des étrangers, cependant, car ce sont eux qui viennent ici chaque jour. Peut-être, pour votre information, pourrais-je dire que sur ce pâté de maisons, chaque année, nous avons de 200 000 à 300 000 étrangers venant de ¶
toutes les parties du monde, désireux de savoir quelque chose au sujet de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, et des principes révélés par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith ; ils viennent, et nous ne savons pas qui ils sont ni d'où ils viennent, jusqu'à ce qu'ils le fassent savoir ; mais le même témoignage que vous avez, saints des derniers jours, leur est rendu sous l'ombre de ce toit, et il commence très souvent par la belle petite histoire à laquelle a fait allusion frère Halls. Je veux insister là-dessus. Pour nous, cela signifie tout en ce qui concerne cette Église, en ce qui concerne notre foi, en ce qui concerne notre espérance de vie éternelle, car sans cela, nous ne serions pas ici, et nous ne comprendrions pas l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ dans sa plénitude. ¶
Un monsieur est venu ici récemment et m'a remis sa carte. Je l'ai ici maintenant — un monsieur titré, professeur de l'Université et directeur de l'Académie Royale, à Bruxelles. Il voyageait par ici et avait rendu visite à la Présidence, avait visité plusieurs de nos institutions, et il avait vu ce qu'était Salt Lake City. Il contempla avec émerveillement le Temple, et plus tard entra dans le bureau adjacent ici même. Et voici son récit, dans sa langue hésitante, que je ne peux vous rendre, car il l'a livré comme seul un Belge peut le faire. ¶
« J'ai visité votre ville. J'ai vu ces rues merveilleuses. J'ai vu ces bâtiments merveilleux. J'ai parlé avec quelques-uns de vos dirigeants de l'Église. Je constate qu'il y a ici, à Salt Lake City, quelque chose que je ne comprends pas. Je veux en savoir davantage sur votre foi et ce que vous croyez. » ¶
Et puis il posa la question très simple, qui fit sourire certains d'entre nous : « Croyez-vous en Dieu ? Croyez-vous en Jésus-Christ ? » ¶
Vous auriez pu observer combien il était impatient d'apprendre notre foi. Comment avons-nous commencé à répondre à cela, pensez-vous ? « Croire en Dieu ? Oui, le tout premier article de notre foi est : « Nous croyons en Dieu, le Père éternel, et en son Fils, Jésus-Christ, et au Saint-Esprit », une phrase que tout petit garçon et toute petite fille de notre École du Dimanche peut réciter. On la leur enseigne, et ils la comprennent. » ¶
« Comment le savez-vous ? Comment savez-vous qu'il y a un Dieu ? Comment savez-vous qu'il a un Fils, Jésus-Christ ? » ¶
Et alors vient l'histoire à laquelle frère Halls a très brièvement fait allusion, à savoir que le tout début de notre œuvre fut une révélation de Dieu au jeune prophète Joseph Smith, aussi belle histoire qu'on puisse trouver dans quelque littérature — qu'un garçon entre quatorze et quinze ans, avec un profond désir de connaître la volonté de Dieu, s'agenouilla en humble prière, et avec foi demanda au Seigneur de le diriger. ¶
« Comment savons-nous qu'il y a un Dieu ? Comment savons-nous qu'il a un Fils, Jésus-Christ ? Nous le savons parce que Joseph Smith le prophète a vu Dieu, il l'a entendu parler, il a vu son Fils Jésus-Christ, il a entendu les paroles du Père, désignant le Fils, disant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le. » Ce n'est pas un conte de fées, cela s'est produit dans ce beau bosquet près de Palmyra, dans la partie occidentale de l'État de New York. » ¶
Le monsieur fut surpris par cette histoire. Il pouvait à peine la comprendre. Mais je pouvais dire, par le ¶
changement de son visage, par le regard de son œil, par la manière empressée dont il se penchait en avant pour en apprendre davantage, qu'il saisissait l'esprit de cette première vision comme vous et moi l'avons saisi. ¶
Et puis il demanda : « Eh bien, ce Dieu, est-il comme un homme ? » ¶
Alors vient la vérité rendue manifeste en cette dispensation par le jeune prophète Joseph Smith, à savoir que l'Être éternel n'est pas un être mythique, il n'est pas un être sans corps, sans membres ni passions, il n'est pas un esprit qui pénètre tout l'espace ; mais il est un personnage, un personnage de corps, d'esprit, avec des membres comme les miens, et qu'il a été révélé par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith que l'homme, en vérité, est à l'image de Dieu, le Père éternel, et que le Fils est aussi à sa propre image. Joseph Smith reçut ce témoignage, il ne put jamais s'en écarter, il ne put le nier. Il avait vu le Père, il avait vu le Fils, il avait reçu du Fils, Jésus-Christ, des instructions concernant cette grande mission ; et ce témoignage, beaucoup de mes frères et sœurs ici présents l'ont reçu, et à cet égard nous nous trouvons dans une très large mesure dans la même position que Joseph Smith. ¶
Je crois que nous aurons ce même esprit, car après avoir évoqué les instructions que lui avait données le Seigneur Jésus-Christ, il déclara — que l'esprit d'invective amère et de persécution qui s'ensuivit lui donna, à lui, le jeune prophète, beaucoup de chagrin. Cependant, il dit dans sa propre déclaration : ¶
« C'était néanmoins un fait que j'avais eu une vision. J'ai pensé depuis que je ressentais beaucoup ce que ressentit Paul lorsqu'il fit sa défense devant le roi Agrippa, et raconta le récit de la vision qu'il avait eue lorsqu'il vit une lumière, et entendit une voix ; mais pourtant peu le crurent ; certains dirent qu'il était malhonnête, d'autres dirent qu'il était fou ; et il fut ridiculisé et couvert d'injures. Mais tout cela ne détruisit pas la réalité de sa vision. Il avait eu une vision, il savait qu'il l'avait eue, et toute la persécution sous le ciel ne pouvait le faire penser autrement ; et même s'ils devaient le persécuter jusqu'à la mort, pourtant il savait, et il saurait jusqu'à son dernier souffle, qu'il avait à la fois vu une lumière, et entendu une voix lui parler, et que le monde entier ne pourrait le faire penser ou croire autrement. ¶
« Il en fut de même pour moi. J'avais effectivement vu une lumière, et au milieu de cette lumière je vis deux personnages, et ils me parlèrent en réalité ; et bien que je fusse haï et persécuté pour avoir dit que j'avais eu une vision, cela était pourtant vrai ; et tandis qu'ils me persécutaient, m'injuriaient, et disaient toute sorte de mal contre moi faussement pour avoir dit cela, je fus amené à dire dans mon cœur : Pourquoi me persécuter pour avoir dit la vérité ? J'ai effectivement eu une vision, et qui suis-je pour pouvoir résister à Dieu, ou pourquoi le monde pense-t-il pouvoir me faire renier ce que j'ai réellement vu ? Car j'avais eu une vision ; je le savais, et je savais que Dieu le savait, et je ne pouvais pas le nier, et je n'osais pas non plus le faire, du moins je savais qu'en le faisant j'offenserais Dieu, et tomberais sous la condamnation. » ¶
« Maintenant, dit mon ami, dites-m'en davantage. » ¶
« Fort bien, nous avons commencé maintenant avec cette grande révélation venue aux derniers jours au prophète Joseph Smith. Nous croyons en Dieu le Père éternel et en son Fils Jésus-Christ. Pourquoi ? Parce que le prophète Joseph les a vus, les a entendus, a reçu d'eux des révélations. Nous avons foi en Dieu. Ainsi le premier principe de l'Évangile entre en jeu. N'est-il pas facile d'avoir foi en un tel Dieu ? La foi, suivie de la repentance, du baptême par immersion pour la rémission des péchés, du don du Saint-Esprit par l'imposition des mains. Nous avons ces principes simples et clairs devant ¶
nous jour après jour, et ne nous inspirent-ils pas nos vies ? » ¶
Je ne vais pas prendre plus de temps. Vous voulez entendre le président McMurrin. Nous aimons l'entendre, lui et son témoignage, car peu d'hommes dans cette Église ont été ramenés de la mort à la vie en défendant la vérité, comme cet homme qui est devant vous, témoignage vivant du pouvoir de Dieu en cette dispensation, et nous l'aimons pour cela, ainsi que pour sa fidélité. ¶
Maintenant, quelle est la leçon que je veux tirer ? Nous sommes parmi les gens du monde, en contact avec eux jour après jour. C'est mon privilège de les rencontrer par milliers, c'est votre privilège de les rencontrer dans vos diverses localités. Où nous tenons-nous ? Nous nous tenons prêts en tout temps à faire ce que le prophète Joseph Smith a dit : nous avons reçu ce témoignage de l'Évangile dans nos cœurs, nous savons qu'il est vrai. Dieu sait que je sais que cet Évangile est vrai, que le témoignage que je rends vient de mon cœur même, et que la chose la plus chère pour moi sur la terre est l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ, qu'il m'a donné certaines bénédictions. Il vous les a données, à vous, saints des derniers jours. Dans le temple du Seigneur, nous avons été scellés comme maris et femmes pour le temps et pour toute l'éternité. Nous avons eu d'innombrables bénédictions. Que ferons-nous ? Nous ferons ce que le prophète Joseph a dit, continuer à rendre ce témoignage. Ils pourront nous persécuter, nous ridiculiser, entasser sur nous toute sorte de calomnie, mais nous savons que l'Évangile est vrai. Dans nos diverses localités, où que nous vivions, dans chaque petit village, dans chaque petite ville, par nos vies nous déclarerons que cet Évangile est vrai. De nos voix nous rendrons témoignage que Joseph Smith était ¶
prophète de Dieu. Dans nos foyers, avec ces petits enfants, tels que ces garçons et ces filles qui s'accrochent en ce moment à ces mères bénies, dans nos familles nous enseignerons à nos enfants dès leur plus jeune âge que la plus grande chose sur la terre est un témoignage de l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ, et qu'il les sauvera, et nous sauvera, à travers toutes les éternités à venir. ¶
Que Dieu vous bénisse, et que Dieu bénisse tout Israël. ¶
Je me réjouis extrêmement avec vous que le président de notre Église, le prophète du Seigneur, se soit si pleinement rétabli qu'il ait pu être avec nous à cette conférence. Je crois que tout Israël, sur toute la longueur et la largeur du pays, a imploré pour lui. Continuons à prier pour que Dieu bénisse « notre cher prophète ». Et que Dieu nous établisse pleinement dans la vérité et nous permette d'apprécier ses révélations, telles qu'elles nous ont été données par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith, telle est ma prière sincère, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶