Le pouvoir de l'amour — les hommes devraient être
Rudger Clawson
Il est merveilleux de se tenir en présence de cette grande assemblée de Saints des Derniers Jours. Il est merveilleux d'entendre la voix unie de l'assemblée dans les cantiques de Sion, chantant comme elle le fait avec un tel esprit et une telle puissance. On nous dit que le chant du cœur est une prière au Seigneur. Les remarques du président Smith, ce matin, étaient réellement impressionnantes. Elles m'ont touché, et chaque parole qu'il a prononcée fut opportune et appropriée, était sage et prudente, et trouva un écho dans mon cœur. Les remarques également du président Penrose et du président Grant étaient tout à fait en harmonie avec l'esprit de cette occasion, et je m'en suis réjoui. ¶
Frères et sœurs, chaque aspect du caractère du Seigneur manifeste la beauté de la perfection, mais il n'y a pas d'attribut de la divinité, il me semble, qui soit aussi attractif et aussi admirable que le principe du pardon ou de la miséricorde. Moïse, parlant du Seigneur à une occasion — je pense que vous le trouverez au trente-quatrième chapitre de l'Exode — dit : « Et l'Éternel passa devant lui, et s'écria : L'Éternel, l'Éternel, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité. » Et il nous est dit dans l'un des Psaumes que « l'Éternel fait justice, il fait droit à tous les opprimés. Il a manifesté ses voies à Moïse, ses œuvres aux enfants d'Israël. L'Éternel est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en bonté. » Si telle est une véritable description de lui, quel être glorieux il est. Il n'agit pas avec précipitation, mais il est un esprit de paix, un esprit de tranquillité, un esprit de calme. Il est lent à la colère et riche en miséricorde. Or je considère, mes frères et sœurs, que le Seigneur attend de nous, ses enfants et son Église, de devenir comme il est. Il dit à ses disciples, au méridien des temps : « Suis-moi ; » et ainsi je sens que c'est la parole du Seigneur pour nous, que nous devrions le suivre dans notre marche quotidienne et notre conversation. Je pense que l'exhortation de Joseph Smith, le prophète, est aussi digne d'éloges, quand il dit : « Gardez toujours en exercice les principes de miséricorde, et soyez disposés à pardonner à votre frère, ou même à votre ennemi, à la moindre insinuation de repentir et de demande de pardon, et le Seigneur vous sera également miséricordieux. » Combien beau, combien approprié est un tel conseil pour le peuple du Seigneur ! Je suis certain que personne n'admire un homme, ou une femme non plus, qui est sévère et sans pardon de nature, mais nous sommes naturellement attirés vers ceux qui sont miséricordieux, parce que, comme je le comprends, le principe de la miséricorde n'est qu'une expression du principe de l'amour. Il n'y a rien d'aussi désirable, rien d'aussi porté loin, rien d'aussi puissant dans son opération, sur la terre ou dans les cieux, que le principe de l'amour. Dieu est amour, et l'homme devrait devenir amour dans sa conduite et dans sa vie. ¶
Une leçon très grande et impressionnante fut transmise par le Seigneur à son peuple à notre époque, dans une révélation donnée au prophète Joseph Smith. Oh, combien gracieuse, frères et sœurs, est la parole du ¶
Seigneur pour nous, que ce soit par les oracles vivants ou par la révélation écrite, et nous ferions bien de consulter souvent les ouvrages standard de l'Église, la Bible, le Livre de Mormon, les Doctrine et Alliances, et la Perle de Grand Prix, qui contiennent les paroles précieuses de vie — conseil et exhortation sur lesquels nous pouvons compter. ¶
La révélation à laquelle il est fait référence se trouve à la section 64 des Doctrine et Alliances, commençant au huitième verset. Afin que je puisse transmettre l'impression juste, je voudrais vous lire ces paroles : ¶
« Mes disciples, dans les jours anciens, cherchèrent des occasions les uns contre les autres, et ne se pardonnèrent pas les uns les autres dans leur cœur, et pour ce mal ils furent affligés et durement châtiés. » ¶
Or vous voyez que l'esprit de non-pardon est ici désigné comme un grand mal, et il doit sûrement en être ainsi, et le mécontentement du Seigneur vient sur ceux qui s'adonnent à cet esprit. Je pense qu'il doit venir d'en bas et non d'en haut. C'est un esprit de jalousie, un esprit d'envie, un esprit de recherche de fautes. ¶
« C'est pourquoi je vous dis que vous devriez vous pardonner les uns aux autres, car celui qui ne pardonne pas à son frère ses offenses se tient condamné devant le Seigneur, car il reste en lui le plus grand péché. » ¶
Quelle parole merveilleuse ! Elle place la question, pour ainsi dire, sous un jour nouveau. L'offenseur est moins comptable du péché que l'homme sans pardon qui est blessé, lorsque son frère vient à lui et confesse son péché et est prêt à réparer, et veut être réconcilié, et que le frère dit : « Non, je ne te pardonnerai pas. Je le tiens contre toi. Je ne peux l'oublier. Je ne l'oublierai ¶
pas, et je n'accepterai pas ton offrande. » Cet homme se tient condamné devant le Seigneur. ¶
« Moi, le Seigneur, je pardonnerai à qui je voudrai pardonner, mais de vous il est requis de pardonner à tous les hommes. » ¶
Cela ne signifie pas, mes frères et sœurs, que le principe de justice ne doive avoir son poids, et sous des circonstances appropriées ne doive être appliqué. La justice doit avoir son poids dû, mais en même temps même là où la justice est administrée, comme par exemple par un tribunal de juridiction dans l'Église, le verdict, quel qu'il soit, devrait être rendu dans un esprit de miséricorde. ¶
« Et vous devriez dire dans vos cœurs, que Dieu juge entre toi et moi, et te récompense selon tes œuvres. » ¶
Je ne pense pas qu'aucune personne ou aucune communauté ou aucune partie de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours puisse aller très loin dans l'erreur si elle veut cultiver l'esprit de miséricorde, de charité et d'amour. ¶
Je me tiens devant vous cet après-midi comme un témoin de la vérité de l'Évangile. Je sais que Jésus est le Christ, et qu'il a souffert la mort dans la chair pour l'expiation du péché, et à cause du grand sacrifice qu'il a fait, nous serons rachetés, rachetés par son sang, par le repentir et l'abandon du péché, et l'acceptation de l'Évangile. Je sais que Joseph Smith était un vrai prophète de Dieu. Je le sais aussi clairement et aussi pleinement que je suis debout devant vous. Et je sais, frères et sœurs, je me réjouis dans la connaissance, que ses successeurs en fonction ont été et sont des prophètes de Dieu, et que l'autorité divine qu'il détenait est tombée sur ses successeurs sans interruption, de sorte que toute l'autorité de la prêtrise dont Joseph Smith était ¶
doté est avec l'Église aujourd'hui, et est l'autorité par laquelle l'Église doit être établie, et les saints rassemblés et unis cœur et âme, et par laquelle aussi ils sont conduits sur le sentier de la sécurité et de la vérité. Je me réjouis dans cette connaissance, et je sais, aussi sûrement que je sais que je vis, que si je veux me soumettre à cette autorité, si je veux me conformer aux conseils de la prêtrise, si je veux honorer ceux que Dieu a honorés, mes dirigeants immédiats, tout ira bien pour moi, et que ma rédemption et mon salut sont sûrs et certains. Tel est le sentiment de mon cœur. Telle est ma compréhension. Tel est mon témoignage. Ceux qui ignorent le conseil, ceux qui foulent aux pieds la parole du Seigneur, ceux qui tournent le dos à ce peuple et à cette œuvre, iront dans les ténèbres ; ils perdront la lumière de la vérité, et leur connaissance et leur témoignage les quitteront. Oh, c'est merveilleux, c'est merveilleux, quand on y pense, la puissance qui accompagne cette œuvre. C'est l'œuvre du Seigneur, comme le président Lund l'a dit ce matin. Le Seigneur procède à accomplir une œuvre merveilleuse dans la terre, une œuvre merveilleuse et un prodige, et il en est ainsi — c'est ainsi pour moi, avec ma connaissance, avec mon expérience, tout ce que j'ai appris et tout ce que je sais de cette œuvre, et de l'esprit de l'œuvre, pour moi c'est une émerveillement constant et un prodige constant. Je sens à glorifier le nom du Seigneur. ¶
Je me réjouis, frères et sœurs, de votre communion, de vous connaître, de savoir que mon lot a été jeté au milieu des Saints des Derniers Jours, et je me réjouis aussi de la communion des autorités de l'Église. Je peux témoigner, comme le président Smith l'a témoigné ce matin, dans la mesure de ma connaissance — elle n'est pas si grande que la sienne, bien sûr — mais je peux témoigner que les dirigeants de l'Église — ceux qu'il a nommés et y compris lui-même — étaient des hommes de Dieu, des hommes de vérité, des hommes de sobriété, des hommes de vertu, des hommes d'une fiabilité absolue. Leur parole valait autant que leur engagement, et davantage. Leur parole, s'ils la donnaient, était suffisante. S'ils faisaient une promesse, vous pouviez vous y fier, et c'est le genre d'hommes que nous voulons pour dirigeants, et je suis certain que c'est le genre d'hommes que Dieu doit avoir pour diriger son Église, car aucune autre classe d'hommes ne pourrait diriger ce peuple ; ce serait impossible. ¶
Maintenant, je prie la bénédiction du Seigneur sur vous, mes frères et sœurs, afin que vous puissiez profiter des enseignements de cette conférence, que vous puissiez emporter avec vous l'esprit qu'elle a, et l'incorporer dans vos vies. Je demande cette bénédiction pour vous et pour moi au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶
Le chœur et l'assemblée chantèrent le cantique : « Do what is right. » ¶
La prière de clôture fut offerte par frère Don B. Colton, président du pieu Uintah de Sion. ¶
Deuxième jour
Dans le Tabernacle, samedi 7 avril 1917, à 10 heures du matin. ¶
La grande assemblée fut appelée à l'ordre par le président Joseph F. Smith. ¶
Le chœur représentatif et l'assemblée chantèrent : « O ye mountains high. » ¶
La prière fut prononcée par frère Willard Young. ¶