Pulpit

Le grand besoin de foi et de témoignage en une époque sceptique

Charles W. Nibley

1911 April General Conference·Second Day Afternoon Session·1911-04-07

Je confesse être un peu intimidé de me tenir devant une telle assemblée, et de succéder aux orateurs qui nous ont adressé la parole.

Nous vivons dans l'époque la plus merveilleuse que le monde ait jamais connue. Les dix premières années du vingtième siècle ont été plus riches en événements que presque n'importe quel nombre d'années de toute l'histoire passée du monde. Le monde s'est développé et a grandi rapidement. En matière de population, l'accroissement a été considérable. Sur le plan du développement matériel, le monde n'a jamais rien vu de tel auparavant. De grandes entreprises ont été projetées, comme le canal de Panama, que l'on pousse vers son achèvement. La télégraphie sans fil et la machine volante sont des produits de ce nouveau siècle — cette dernière n'ayant été rendue possible que par le merveilleux développement du moteur à essence, une puissance qui se développe rapidement pour accomplir le travail d'aujourd'hui. Dans tous les domaines des affaires humaines, il y a hâte et agitation, comme s'il n'y avait pas assez de temps pour accomplir le travail.

Le principe de liberté que le Seigneur fit établir dans ce pays, voilà bien des années, se répand et croît rapidement dans tous les pays. Durant ces dix premières années du vingtième siècle, nous avons été témoins de bouleversements politiques dans de nombreux pays, qui nous témoignent comment ce levain de liberté est à l'œuvre. En Russie, le peuple a obtenu quelque chose comme un gouvernement représentatif, arraché au tsar et à ses conseillers, et un parlement, ou douma, a été établi ; chose jusqu'alors inconnue dans le grand empire russe. Même chez les païens de Chine, ce même principe est à l'œuvre, et des représentants de ce peuple doivent se réunir en convention en 1913 et commencer à participer au gouvernement de leur propre pays. Il en est de même en Perse, ainsi qu'en Turquie, et à des degrés divers dans toutes les parties du monde. Ces dernières années, nous voyons cet esprit de liberté se mouvoir dans le cœur des peuples, renversant des trônes et abattant les puissants de la terre. Les peuples du monde s'éveillent du sommeil des siècles, et aussi de la dégradation des siècles, et viennent graduellement, mais sûrement, à la lumière. Sur le plan matériel aussi, les peuples s'améliorent, mais si la moralité des peuples s'améliore est une question ouverte. Des hommes de fortune et de grand cœur ont donné très libéralement de leurs biens pour l'établissement d'écoles, de collèges, d'universités, d'hôpitaux, ainsi que pour la promotion de la science, et pour la promotion de la paix sur la terre. Ces bienfaits sont si énormes qu'ils dépassent presque l'imagination. Tout cela est bon et contribue à la bénédiction et à l'élévation de l'humanité.

Dans la conquête des maladies aussi, en science médicale et en chirurgie, il y a eu, dans ces dix dernières années, plus de développement en ce sens que dans presque toute autre période de l'histoire du monde. La fièvre jaune, qui avait toujours été un fléau des tropiques, a été vaincue durant cette période. La fièvre typhoïde peut, elle aussi, être considérée comme pratiquement vaincue. La consommation, la grande peste blanche comme on l'appelle, si elle n'est pas entièrement vaincue, est du moins, dans une très large mesure, maîtrisée, le peuple ayant appris une seule leçon pratique et de bon sens : dormir soit en plein air, soit dans des pièces où abonde l'air frais. On a découvert aussi, dans les dix ans dont je parle, que la mouche domestique ordinaire est l'insecte le plus destructeur, et peut-être le plus meurtrier qui existe aujourd'hui dans le monde, et que de nombreuses maladies qui, jusqu'ici, ont emporté des millions de personnes, peuvent être pratiquement maîtrisées si nous tenons les mouches et la saleté hors de nos foyers. Cette petite mouche, dit un auteur, apporte plus de mort et de destruction que tous les reptiles, serpents, tigres, lions et toutes les bêtes sauvages du monde entier réunis. Nous voyons donc que les hommes progressent en intelligence. Le monde, à l'égard de bien de ces choses, a grandi et s'améliore. Nous en savons plus sur les mesures sanitaires, sur la façon de vivre et de prendre soin de notre corps, que nous n'en savions autrefois. La science prouve que ce qui a été révélé aux saints des derniers jours depuis le commencement, que nous appelons la Parole de Sagesse, est la vérité, et est une révélation du Dieu Tout-Puissant ; confirmation scientifique qui, bien qu'un peu tardive, n'en est pas moins appréciée de nous.

Alors que toutes ces bonnes choses que j'ai mentionnées sont venues au monde, et que bien d'autres bonnes choses encore pourraient être citées, il y a une chose si nécessaire au bonheur et au bien-être de l'humanité que le monde, au lieu d'y progresser, a en réalité reculé et régressé. C'est le côté spirituel ou religieux de la vie. L'homme est un être qui doit croire. La croyance, dit un écrivain distingué, est grande et vivifiante. Tant qu'il est sincère dans ses croyances, et dans son culte, une telle croyance et un tel culte façonneront et gouverneront, dans une très large mesure, sa vie. Mais lorsqu'il essaie de croire quelque chose devenu incroyable, son culte devient alors insincérité et vaine simulation. Ainsi voyons-nous, dans tout le pays, que les églises, au lieu d'être raisonnablement bien remplies, sont pratiquement vides. Les hommes et les femmes ne s'intéressent pas aux choses religieuses. Ils aiment le plaisir plus qu'ils n'aiment Dieu, et n'ont qu'une apparence de piété qui, pour l'essentiel, est une insincérité et n'est observée que pour la forme. La connaissance de Dieu ne couvre pas encore la terre comme les eaux couvrent le vaste abîme, loin de là. En vérité, la faible conception que le monde s'est faite jusqu'ici de Dieu est très rapidement en train d'être renversée ces dernières années.

Voilà donc la mission du « mormonisme ». Voilà le grand besoin de cette Église : que la foi ne soit pas abolie de la terre, du cœur des enfants des hommes. J'ai pensé, assis ici aujourd'hui, en entendant certains de ces frères parmi les apôtres prêcher, que s'il y eut jamais un temps, dans l'histoire du monde, où l'on avait besoin de témoins particuliers du Seigneur Jésus-Christ, ce temps est aujourd'hui. Jamais autant qu'aujourd'hui. S'il y eut jamais un temps où l'on avait besoin du témoignage de ces hommes qu'on envoie, ces soixante-dix, ces anciens, témoignant de Jésus, se tenant pour Jésus ; le Jésus miraculeux, le Jésus engendré par son Père, le Seigneur Dieu Tout-Puissant, et né de la vierge Marie — le Jésus à la naissance miraculeuse et à la vie miraculeuse ; qui allait de lieu en lieu accomplissant des miracles et faisant le bien, ne faisant absolument aucun mal ; le Jésus-Christ qui fut crucifié sur la croix, et qui ressuscita. S'il y eut jamais un temps où il fut nécessaire de défendre ce témoignage contre les vagues et les flots de l'incrédulité qui menacent la foi du monde entier, ce temps, c'est maintenant, à l'instant même. Telle est donc notre mission, mes frères et sœurs ; et vous la soutenez, vous qui contribuez de vos biens pour envoyer vos fils et vos filles porter ce témoignage, que Dieu a parlé en ce dernier temps ; que ce même Jésus doit être attesté comme s'étant révélé, d'une manière miraculeuse, au prophète Joseph Smith. Témoigner de la venue miraculeuse du Livre de Mormon. Témoigner du miracle du « mormonisme » sous tous ses aspects. Le « mormonisme » est en vérité tout aussi pratique que spirituel, avec ses projets de colonisation, sa construction de routes, de ponts et de canaux, apportant partout et de toute manière la bénédiction aux peuples ; et pourtant, avec tout ce bien dans le côté pratique ou matériel du « mormonisme », nous devons témoigner aussi du « mormonisme » miraculeux. Les merveilleuses visions et manifestations faites au prophète, le fondateur du « mormonisme », sous la direction du Seigneur Jésus-Christ ; l'œuvre que ce prophète accomplit, tout cela réclame notre témoignage.

Ainsi, vous, mes frères et sœurs, qui soutenez cette œuvre en contribuant de vos dîmes et de vos offrandes, et en envoyant vos fils et vos filles comme missionnaires, témoignez ainsi de la vérité de ce miracle du « mormonisme ». L'organisation de ce mécanisme spirituel des plus merveilleux, appelé l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, est un miracle en soi. Nous devons instiller cette foi dans le cœur de nos enfants, et tâcher de l'établir dans le cœur des enfants des hommes partout. Ceci est très important. Pour accomplir cette œuvre, nos enfants doivent être instruits. Nous croyons en l'instruction ; mais certains d'entre nous envoient leurs enfants loin de la maison pour être instruits, et beaucoup en reviennent apparemment déterminés à revendiquer leur parenté avec les singes plutôt qu'avec les anges. Ils perdent la foi en manquant d'invoquer le Seigneur avec foi. Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu. Nous devons enseigner la foi en Dieu et en son Fils Jésus-Christ. La foi dans le prophète Joseph Smith ; la foi dans le Livre de Mormon, la foi dans la naissance, la vie et la résurrection miraculeuses du Rédempteur ressuscité.

Dimanche en huit, toute la chrétienté célébrera le dimanche de Pâques. Le thème de leurs sermons sera « Il n'est pas ici ; il est ressuscité », et pourtant beaucoup ne croient pas qu'il soit réellement ressuscité du tombeau, qu'il soit aujourd'hui une personnalité vivante, et qu'il reviendra. Combien, parmi ceux qui entendront dans les églises, à travers tout le pays, parler de ce Rédempteur ressuscité, croient qu'il est vraiment ressuscité ? Peut-être pas un sur mille. Ainsi le « mormonisme » est ici avec une mission, et le Seigneur a pourvu des hommes et des femmes vaillants et fidèles pour poursuivre cette œuvre. Ses serviteurs sont des hommes de Dieu résolus. Des hommes de foi qui croient que Dieu a parlé ; qui sont assurés, au plus profond de leur âme, que ceci est son œuvre particulière ; qu'il l'a établie, et ils y croient et l'acceptent sans réserve ni équivoque. J'en rends témoignage. Jésus-Christ est le Fils du Dieu vivant, dont la connaissance est la vie éternelle. Je rends témoignage de sa mission, de sa vie et de sa résurrection. Si nous, saints des derniers jours, ne défendons pas cette foi, le Fils de l'homme, à sa venue, trouvera-t-il la foi sur la terre ? Je vous le dis, bien peu, en vérité, à moins que les saints des derniers jours, et leurs fils et leurs filles après eux, n'accomplissent la mission à laquelle nous sommes appelés.

Je sais que ces hommes qui sont appelés à présider l'Église du Christ sont des hommes de Dieu. J'en rends témoignage aussi, car je les connais. J'ai eu le grand privilège de connaître, mieux que la plupart des hommes, mieux que presque quiconque, la vie et les travaux du président Joseph F. Smith, et je sais quel genre d'homme il est. Je vous témoigne qu'il est un homme de Dieu, choisi et des plus précieux, à mon avis, au-dessus de tout homme que je connaisse ou que j'aie jamais connu ; honnête, sincère, dévoué, patient, indulgent, aimant et des plus précieux. Voilà le genre d'homme que Dieu a appelé pour diriger son Église, en ce début du vingtième siècle. Au début de ce siècle, Lorenzo Snow était président de l'Église ; et, à ce propos, le pape Léon XIII siégeait sur le trône pontifical à Rome comme président de cette Église-là. Il vaut à peine la peine, si ce n'est pour mentionner quelques autres Églises, de faire allusion à des associations d'individus ou de sociétés, à

Je vous rends témoignage, aussi, concernant l'intégrité de ces hommes, les douze apôtres, témoins particuliers de Jésus-Christ, de ce Jésus miraculeux, de ce même Jésus, le Seigneur ressuscité. Ce sont des hommes de Dieu, chacun d'eux, et le dimanche de Pâques, et en vérité chaque dimanche et chaque autre jour, ils croient de toute leur âme — avec toute la ferveur dont hommes et femmes sont capables — et ils s'efforcent de faire croire aux autres que Jésus est en effet ressuscité, qu'il est le Rédempteur du monde ; et ils s'efforcent d'instiller cette foi dans le cœur des enfants des hommes. Je rends témoignage que ces soixante-dix sont de la même trempe élevée d'hommes, des hommes de foi, des hommes de Dieu, qui portent ce même témoignage dans leur cœur, prêts à se tenir devant le monde entier et à témoigner que Dieu, notre Père éternel, a révélé que Jésus est le Christ, qu'il est ressuscité, qu'il vit, et qu'il viendra régner sur la terre.

Maintenant, mes frères et sœurs, voilà donc la grande mission du « mormonisme », et voilà le grand besoin du « mormonisme » dans le monde. Il a ses affaires pratiques et temporelles, toutes bonnes, comme nous l'avons entendu de notre président à l'ouverture de la conférence ; mais avec tout cela, avec toute sa bonne œuvre dans les choses pratiques, le besoin le plus grand et le plus élevé de tous est ce témoignage de Jésus-Christ, qui doit subsister, et que nous ne devons pas laisser périr de la terre. Amen.

Citer ce discoursCharles W. Nibley, « Le grand besoin de foi et de témoignage en une époque sceptique », 1911 April General Conference, Second Day Afternoon Session (1911-04-07). Pulpit Vault, 1911-04-14-charles-w-nibley-remarks-14. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).