Discours de conférence
Seymour B. Young
Mes bien-aimés frères et sœurs, c'est une position bien élevée qui m'est ici confiée, et je considère que c'est un grand honneur de me tenir devant une aussi vaste assemblée de Saints des derniers jours. J'espère pouvoir me faire entendre, à mesure que ma voix se réchauffera, et j'ai confiance que, sous l'influence de l'Esprit du Seigneur, je serai inspiré à dire quelque chose qui vous sera profitable, ainsi qu'à moi-même. ¶
Je témoigne de la bonté de notre Père céleste, qui a ainsi permis que la présidence de l'Église soit avec nous, et particulièrement notre bien-aimé président, Joseph F. Smith. Il vous a dit ce matin, aussi je prendrai la liberté de remercier le Seigneur à ce sujet, que bien que son esprit fût prompt, sa chair était quelque peu faible. Je me réjouis que, malgré cela, il soit avec nous aujourd'hui et que sa voix ait de nouveau retenti aux oreilles des Saints des derniers jours, témoignant de la divinité de la grande œuvre à laquelle lui et ses frères se consacrent. Je crois de tout mon cœur, oui, je sais qu'il a témoigné en toute vérité et sincérité, qu'il ne se connaissait pas avoir jamais trahi une confiance ni rompu une promesse envers ses semblables. Je témoigne que je crois chaque parole de son témoignage, car je le connais depuis qu'il était un tout jeune garçon. Ma connaissance de lui ne s'est jamais interrompue depuis ce temps ; c'est-à-dire qu'il n'est aucun moment, durant cet intervalle, où je n'aie pas été familier de sa conduite et de sa manière de vivre au jour le jour. Je me réjouis aussi des témoignages rendus par les autres membres de la présidence de l'Église. Je pense que les perspectives sont rassurantes pour les Saints des derniers jours aujourd'hui. Des bénédictions du Seigneur qui se répandent sans mesure sur le peuple, je me réjouis grandement. ¶
J'ai eu le plaisir de me trouver en Arizona, il y a très peu de semaines, dans le pieu de Saint John et dans le pieu de Saint Joseph de ce grand pays. Je crois que je n'avais pas rendu visite aux saints de ce district depuis près de dix ans. J'ai constaté que je me retrouvais parmi de vieux amis et connaissances comme autrefois, et ils m'ont accueilli, ainsi que mon compagnon de labeur, l'ancien George F. Richards. Ils nous ont accordé toute l'attention et tous les égards que nous aurions pu demander pour nos exhortations. Je suis satisfait des progrès qu'ils réalisent, car l'Arizona est un grand pays, et un jour, je l'espère, dans un proche avenir, il sera l'un de nos États sœurs. Ils ont droit au statut d'État, à mon avis, tout autant que toute autre communauté de cette grande nation. Pendant que nous y étions, nous avons eu le plaisir de dédier une nouvelle salle d'école, ou plutôt une nouvelle annexe à l'Académie des Saints des derniers jours, et je dois reconnaître que cette institution fait honneur au peuple qui vit dans ce pays. C'est une institution très en vogue, en ce sens que tous désirent y envoyer leurs enfants pour leur instruction. Je crois que c'est, à strictement parler, une institution mormone, comme on l'appelle, et pourtant beaucoup de gens qui ne sont pas de notre foi approuvent les méthodes d'éducation qui y sont adoptées, au point d'y envoyer leurs enfants. ¶
Il y a quelques jours, j'ai eu le plaisir de me rendre au Congrès national de l'irrigation au Colorado, dans la ville de Pueblo. Le voyageur qui descend à la gare de cette ville n'est pas favorablement impressionné par l'aspect de la localité, car on ne voit rien depuis le quai de la gare, hormis ce bâtiment et un ou deux hôtels à proximité, non des premières catégories cependant, mais de simples auberges ou pensions, et quelques débits de boissons. Mais, en remontant la rue vers l'est, puis en tournant vers le nord, on arrive à la ville elle-même, et c'est, je vous l'assure, une très belle petite ville d'environ cinquante mille habitants. On y a établi un parc, où poussent de beaux arbres d'ombrage de presque toutes les espèces, ainsi que des fleurs et de l'herbe en abondance. Au milieu de ce parc se trouvait le bâtiment où se tenait notre congrès, appelé le Mineral Pavilion. Je vous assure qu'entre huit cents et mille délégués se sont réunis dans ce bâtiment, tous des exposants et éducateurs sérieux et compétents en matière d'irrigation et de rédemption des terres arides de l'ouest. ¶
L'ancien gouverneur Adams a lu un exposé assez long, et dès le début il a évoqué, avec ferveur et dans un excellent esprit, l'établissement de l'Utah par Brigham Young et sa compagnie de pionniers, et il a fait d'excellentes remarques au sujet de ce grand pionnier et du fait que les saints méritent d'être crédités comme les premiers modèles en matière d'irrigation, pour tout ce grand pays occidental, en ces derniers temps. Il a déclaré que rien n'avait été introduit sous cette forme avant l'époque des pionniers, lorsqu'ils commencèrent ce système d'irrigation dans la vallée du Grand Lac Salé, juste en dessous de ce bloc du temple, à quelques rues d'ici. ¶
C'est probablement au même moment où l'eau coulait sur les premiers sillons ensemencés de grain et de pommes de terre, que le président Young monta vers cette partie de la plaine, et, se tenant sur ce terrain, dit : « Ici nous bâtirons le temple de notre Dieu. » L'inspiration de cette heure s'est transmise à travers les années, et on l'a ressentie à tel point que, comme certains l'ont dit, les Saints des derniers jours sont admirables non seulement parce qu'ils sont un peuple de prière, un peuple qui craint Dieu à sa manière, mais parce qu'ils sont aussi un peuple de labeur qui croit à unir la foi aux œuvres. Aussi, aujourd'hui, non seulement rappelons-nous la promesse faite par Brigham Young, mais nous en voyons le résultat dans le temple, qui se dresse dans toute son excellence et sa beauté pour l'admiration de la famille humaine et, plus particulièrement, pour l'admiration de ceux qui croient aux ordonnances de la maison du Seigneur. ¶
Mes frères et sœurs, je réalise que l'œuvre du Seigneur est progressive ; c'est pourquoi nous établissons ces grandes écoles dont vous avez entendu parler aujourd'hui, où les enfants des Saints des derniers jours reçoivent non seulement une instruction générale pour les affaires de la vie quotidienne, en vue d'accumuler des ressources pour le confort du foyer, de la famille et des amis, mais où ils sont aussi instruits dans la crainte du Seigneur. L'Esprit du Seigneur leur donne l'intelligence, à mesure que leur est dévoilé le plan de vie et de salut, d'une manière directe et appropriée, en prenant pour étude les manuels de l'Église, dans une série d'ordre et de progression. Lorsqu'ils sortent diplômés du département scientifique, du département des affaires et du département littéraire, ils possèdent, avec cette instruction générale, une connaissance de l'Évangile ancrée dans leur cœur et leur âme, comme une compréhension qui demeurera avec eux tant que durera leur vie. Aussi quittent-ils les écoles de l'Église avec un témoignage du Seigneur Jésus-Christ brûlant dans leur poitrine. ¶
J'ai entendu les allusions de frère McMurrin à la classe de religion. Cette classe me rappelle un mot du vieux père Jacob, lorsqu'il posa les mains sur la tête du jeune Joseph ; il dit : « Les archers t'ont percé de leurs flèches, mais ton arc est demeuré fort. » Il en va ainsi de notre classe de religion. D'aucuns l'ont sévèrement critiquée, et l'ont, je crois, à en juger par leurs propos plus ou moins irrespectueux, considérée comme non essentielle dans l'Église. Laissez-moi vous dire qu'elle est tout aussi essentielle que l'École du dimanche, ou l'Amélioration mutuelle, ou toute autre organisation auxiliaire. J'allais dire qu'elle est d'une importance primordiale pour nos jeunes enfants — et je le dirai. Il est d'une importance primordiale que nos petits enfants commencent leur instruction religieuse alors qu'ils peuvent facilement apprendre les principes de l'Évangile, en même temps que l'instruction profane et scolaire. Cela me rappelle maintenant une bien jolie histoire au sujet d'une école de classe de religion, et je vais vous la raconter. Je crois l'avoir déjà racontée dans d'autres assemblées. Un petit garçon et une petite fille, qui fréquentaient l'école du district, furent invités par une personne bienveillante intéressée à leur bien-être — car ils étaient de parenté de Saints des derniers jours — à assister aux exercices de la classe de religion le vendredi ou le samedi après-midi. Ils allèrent à l'école, et en devinrent des habitués. Un soir, le petit garçon et la petite fille étaient assis à la table où leur père lisait, et leur mère maniait son aiguille pour le bien du foyer. Tout à coup, le petit garçon se pencha à travers la table et chuchota à sa mère : « Maman, demande à papa si nous pouvons avoir la prière familiale, ce soir. S'il dit oui, j'aimerais prier pour la famille. » La mère se tourna vers le père, qui lisait son journal, et dit : « Willie aimerait que nous ayons la prière familiale avec lui ce soir. » « Eh bien, » répondit le père d'un ton indifférent, « cela m'est égal. Si Bill veut prier, qu'il prie. » Ainsi, avec ce consentement presque à contrecœur, le petit garçon s'agenouilla. Il tira la robe de sa petite sœur, et elle s'agenouilla à côté de lui. Avant de commencer sa prière, il leva les yeux vers sa mère avec insistance et tira son tablier, comme pour dire : « Viens avec nous » ; et elle s'agenouilla avec les enfants, et le petit garçon pria. Le lendemain soir, le même privilège fut de nouveau demandé, et la petite fille dirigea la prière. Cela continua durant plusieurs soirs, et finalement on demanda à la mère de prier. Elle pria ; car, bien que la prière familiale eût été un plaisir et une bénédiction oubliés dans ce foyer, elle fut facilement rappelée, par la foi de ses petits enfants, à quel point c'était une bénédiction de voir renouer avec la prière familiale. Ainsi la mère pria. Le soir suivant arriva, et le père, apparemment indifférent, était assis, lisant son journal comme d'habitude, mais lorsque l'heure de la prière approcha, juste avant d'aller se coucher, le père leva soudain les yeux de son journal, le jeta sur la table, et dit à la mère : « Demande à Willie » — il ne dit pas « Bill » cette fois, mais il dit : « Demande à Willie quand ce sera mon tour de prier. » Vous voyez, les barrières tombèrent entièrement, ces barrières qui avaient été placées si solidement par le pouvoir de l'adversaire, par la négligence du chef de famille ; mais toutes les barrières étaient désormais tombées, et depuis lors cette famille devint une famille priante et pieuse. ¶
Mes frères et sœurs, il n'y a aucune organisation dans l'Église du Christ qui soit superflue. Le Seigneur ne donne pas de révélations superflues. Il ne demande pas à ses enfants un travail superflu, mais il leur demande d'accepter ses lois, d'accepter et de recevoir ses commandements, et, d'un cœur bon et honnête, avec une pleine détermination, d'accomplir ces commandements et de garder ces lois. Voilà les exigences. ¶
Je dois dire que, durant les dernières semaines où j'étais loin de chez moi, dans les lieux que j'ai mentionnés, et où je me suis mêlé à beaucoup de gens, beaucoup d'hommes aux opinions fermes et aux désirs ardents de progresser et d'être utiles, à eux-mêmes puis à leur prochain, je n'ai entendu que des éloges pour notre peuple. Nous avons été loués parmi ces hommes instruits, des hommes qui ont leurs propres opinions sur le développement du pays et ses grands besoins et intérêts, y répondant de manière efficace et scientifique, dans la rédemption des terres arides, la plantation d'arbres, et la culture du grain et des fruits dans toute leur ampleur, afin de rendre notre nouvel Ouest, si possible, supérieur au grand Est dans ses productions au bénéfice de la famille humaine et de la race qui occupe ces grands États-Unis. Je n'ai entendu aucun d'entre eux parler avec irrespect des Saints des derniers jours depuis que je suis parti ; mais tous ont eu un bon mot pour l'Utah et son peuple laborieux, qui travaille avec eux, aidant à racheter le grand Ouest et à résoudre les problèmes liés à la mise en culture de ces terres arides, où des foyers, par milliers, peuvent être établis pour le peuple des villes surpeuplées de l'Est et leur postérité. ¶
Mes frères et sœurs, Joseph Smith fut un véritable prophète de Dieu. Brigham Young eut la même inspiration, et lorsque le manteau du leadership tomba sur lui, il désigna, comme le prophète Joseph, l'Ouest comme refuge, comme foyer pour les Saints des derniers jours ; d'où notre rassemblement dans ces montagnes. C'est conformément aux révélations du Seigneur, tant par les prophètes anciens que modernes, que nous nous trouvons ici aujourd'hui en accomplissement de ces grandes prophéties. Je vous dis que l'organisation de l'Église est aussi proche de la complétude qu'elle ne l'a jamais été, et dans un état meilleur et plus prospère que je ne l'ai jamais connu, et je connais les organisations de l'Église depuis de très nombreuses années. Je veux dire, aujourd'hui, que je porte dans mon cœur le respect et la vénération les plus sincères et les plus profonds pour nos dirigeants, et pour ces anciens, apôtres et présidents qui consacrent leur temps et leur service à découvrir et à appliquer les meilleurs moyens et méthodes pour instruire la jeunesse d'Israël et l'élever à un niveau qui sera envié par toutes les nations de la terre. Vous, mères, n'êtes pas seulement mères d'enfants, au sens ordinaire du mot, mais vous devenez les mères de héros, mères de ceux qui seront grands aux yeux du Seigneur et aux yeux du peuple du monde. Nos enfants sont instruits non seulement pour leur propre bénéfice et celui de leur famille après eux, mais ils sont instruits pour porter l'Évangile jusqu'aux extrémités de la terre, pour prêcher le Seigneur Jésus-Christ, crucifié pour les péchés du monde, afin qu'il puisse être en vérité leur Rédempteur, et pour enseigner au peuple les vérités de l'Évangile telles que révélées par le prophète Joseph Smith, et proclamées par ceux qui lui ont succédé dans la présidence de l'Église. ¶
Mes frères et sœurs, que le Seigneur vous bénisse à jamais. Que votre venue à la conférence soit une bénédiction pour vous, pour vos enfants et pour vos familles que vous avez laissées à la maison. Que sa bénédiction soit sur vous pendant que vous êtes ici, et que, à votre retour, aucun mal ni accident n'arrive à aucun d'entre vous, mais que vous rentriez en paix dans vos foyers, proches ou lointains, emportant avec vous l'esprit de témoignage qui a tant régné durant cette conférence. Que la bénédiction et la faveur du Seigneur vous accompagnent, vous, vos enfants et vos familles, partout, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶