(Président de la mission des États du Nord-Ouest.)
Melvin J. Ballard
(Président de la mission des États du Nord-Ouest.) ¶
La plus douce joie qui soit jamais venue à mon cœur a été celle d'assister aux conférences générales de l'Église. Je me souviens que, dès mon enfance, j'étais impatient de venir, et que j'ai fait des efforts assidus, dans les jours de ma prime jeunesse, pour économiser les moyens de venir dans cette ville afin d'assister aux conférences. Cela a été pour moi une joie et un plaisir tels que je n'en ai trouvé nulle part ailleurs au monde ; et depuis près de vingt ans maintenant, j'ai assisté à presque toutes les conférences de l'Église, et j'ai assisté à leurs réunions. Cela a été pour moi une éducation dans les doctrines de l'évangile, et je ne vois pas comment un saint des derniers jours peut suivre le rythme du puissant progrès de cette œuvre s'il n'assiste pas, du moins à l'occasion, je dirai même fréquemment, aux conférences générales de l'Église. Et maintenant que j'ai le privilège de venir vous apporter un message, mes frères et sœurs, pour aider à accroître votre foi et pour vous parler des bonnes choses du Seigneur envers son Église et ses serviteurs, non seulement dans les pieux de Sion mais dans le monde, il devient encore plus agréable, plus facile, et une tâche plus douce, de venir à cette conférence. Je dois vous dire que le Seigneur a été miséricordieux et bon envers nous dans notre ministère, et qu'il nous aide dans notre œuvre au point que nous nous réjouissons de vous informer que, dans la mission des États du Nord-Ouest de l'Église, en comparant notre bilan des six derniers mois avec les six mêmes mois d'il y a un an, avec une augmentation de dix pour cent du nombre d'anciens, nous avons montré une augmentation de 100 pour cent dans nos ventes du Livre de Mormon, de 200 pour cent dans la vente des autres livres de l'Église, et de près de 100 pour cent dans la distribution de tracts, ainsi qu'une augmentation de 100 pour cent des baptêmes dans l'Église. Nos cœurs se réjouissent du splendide esprit manifesté parmi les anciens et du sentiment bienveillant du peuple à notre égard. ¶
Aux États-Unis, il y a peut-être cinq millions, sur quatre-vingts millions d'habitants, qui n'ont aucune association ni relation avec une Église chrétienne. Les dernières statistiques montrent que, sur ces quatre-vingts millions, seulement trente millions professent le christianisme en quelque sens que ce soit. Je sais que la majorité est plutôt plus grande parmi ceux qui ne professent lions pas le christianisme dans aucun ouest que, peut-être, dans toute autre région. En effet, comme nous allons de maison en maison, il est si courant, si fréquent, que nous trouvions des gens qui n'ont aucun égard pour les écritures. Ils accepteraient tout aussi volontiers que nous les instruisions à partir du Livre de Mormon que nous leur prêchions à partir de la Bible, car il y a un manque de confiance, un manque d'intérêt et de révérence pour les écritures ; et nous avons trouvé nécessaire d'adopter, dans une certaine mesure, une nouvelle méthode pour prêcher l'évangile. En effet, j'ai remarqué, depuis que j'ai commencé, il y a quatorze ans, à prêcher l'évangile dans la mission des États du Nord, qu'il s'est produit un changement remarquable. Beaucoup de gens qui, à cette époque, auraient été disposés à écouter l'explication de l'évangile tirée des écritures, ne le feront plus aujourd'hui ; et il y en a beaucoup qui, même si on peut les convaincre par un argument scripturaire, demeurent néanmoins non convertis parce qu'ils ne croient pas à la divinité ou au caractère sacré des écritures. ¶
On nous enseigne, à nous les anciens de l'Église, et je veux vous le souligner comme nous le faisons aux anciens, que cette œuvre n'a pas commencé par l'effort du prophète Joseph Smith et de ses associés pour découvrir ce que les écritures enseignaient au sujet du baptême. En fait, comme nous le disons à nos amis, nous n'enseignons pas le baptême par immersion pour la rémission des péchés parce que les écritures nous informent que ce fut la pratique des apôtres. Non ; nous enseignons la doctrine du baptême par immersion pour la rémission des péchés parce que nul autre que Jean-Baptiste vint sur la terre, et, se tenant sur les rives du fleuve Susquehanna, dit à Joseph Smith et à Oliver Cowdery, en leur imposant les mains : « À vous, mes compagnons de service, au nom du Messie, je confère la Prêtrise d'Aaron, qui détient les clefs du ministère d'anges, de l'Évangile de repentir et du baptême par immersion pour la rémission des péchés », puis leur commanda de descendre dans l'eau, et que l'un baptise l'autre par immersion, pour la rémission de ses péchés, et que celui qui avait ainsi été baptisé accomplisse l'ordonnance pour son compagnon, de la même manière. C'est sur cela que nous avons fondé la doctrine, ou la pratique, la doctrine et l'ordonnance du baptême par immersion pour la rémission des péchés. Peu nous importe que ces écritures aient été confirmées comme divines — cela a peu d'importance, peut-être, ou du moins n'est pas essentiel, que ce fût là la doctrine et la pratique du Christ et de ses apôtres. Nous imposons les mains sur la tête de ceux qui ont été baptisés, non parce que les anciens apôtres l'ont fait, mais parce que les cieux ont été ouverts et que des messagers sont venus de Dieu et ont conféré le droit, l'autorité, et donné le commandement divin ; que nuls autres que Pierre, Jacques et Jean, ceux qui détenaient l'apostolat, sont venus et ont imposé les mains sur la tête des hommes et leur ont conféré le don de l'apostolat et le pouvoir de conférer le Saint-Esprit à d'autres. Nous n'avons pas davantage besoin de nous référer à ces écritures pour apprendre ou pour témoigner que Jésus était le Fils de Dieu ; car nous savons qu'il était le Fils de Dieu, même si les écritures n'avaient jamais parlé de lui. Même si Ésaïe et Jérémie et les prophètes n'avaient pas parlé de manière claire et incontestable de sa venue et de sa mission parmi les enfants des hommes, il était néanmoins le Fils de Dieu. ¶
Du temps de notre Sauveur, il y en avait qui disaient de lui : « Nous ne savons pas qui tu es ; nous ne te comprenons pas. Nous connaissons Moïse et nous connaissons les prophètes, mais quant à cet homme, Jésus, nous ne le connaissons pas. » Alors il leur dit : « Je ne vous condamnerai pas, mais vous serez condamnés par ceux en qui vous professez croire. » Et alors il leur ouvrit les écritures et leur lut les paroles des prophètes en qui ils professaient croire, comment il devait venir, comment le peuple devait le recevoir, la manière de sa doctrine, et comment le monde devait le rejeter, comment il devait être condamné et élevé, et il les convainquit, par les écritures mêmes auxquelles ils professaient croire, qu'il était le Christ. Mais il était le Christ, même s'il n'avait pas pu faire cela. Et ainsi, tandis que nous pouvons dire ces choses au monde, et qu'il pourrait les recevoir sur notre parole, prouvées comme nous sommes capables de les prouver, puisque ces choses ont existé et se sont produites, ils disent encore : « Nous ne connaissons pas ces merveilleuses manifestations, mais nous connaissons Jacques, et nous connaissons Pierre ; ils étaient témoins de Dieu, prophètes et serviteurs autorisés. » Et nous devons répondre, comme le Christ l'a dit : « Nous ne vous condamnerons pas, mais vous serez condamnés par ceux en qui vous professez croire. » Et alors nos anciens se sont tournés vers les écritures et ont prouvé que les doctrines étaient soutenues par l'enseignement et la pratique des apôtres, le baptême par immersion pour la rémission des péchés, et ainsi de suite, le confirmant par les saintes écritures. ¶
Nous nous sommes efforcés d'établir ces choses à partir des écritures, auxquelles beaucoup de gens professent croire. Mais ce n'est pas la raison pour laquelle nous les enseignons. Dieu merci, sa vérité est toujours en harmonie avec elle-même, et l'a été dans tous les âges du monde, lorsqu'elle a été correctement énoncée, et non obscurcie par de fausses interprétations. Nous considérons néanmoins ces écritures avec toute leur sainteté. Il n'y a pas de peuple, dans le monde entier, qui ait plus de révérence et d'amour pour elles que les saints des derniers jours. Nous ne le cédons à aucun peuple du monde dans notre respect et notre révérence pour les écritures ; et pourtant, ce n'est pas sur elles que cette Église de Dieu a été fondée. Elles sont des témoins que nous avons la vérité. Elle est en harmonie avec la vérité telle qu'elle a été révélée anciennement. Mais bien que ces écritures puissent être sapées par les moqueurs parmi les hommes, bien qu'ils puissent s'en moquer ; bien que des professeurs de religion puissent répudier et nier les écritures, et jeter l'opprobre sur les doctrines du Christ et de ses apôtres, et montrer un manque de confiance envers le commandement de Dieu, que « à moins qu'un homme ne naisse de l'eau et de l'esprit, il ne peut entrer dans le royaume des cieux » — bien que toutes ces choses soient répudiées dans l'esprit des hommes, cela ne détruit ni ne sape le fondement de l'Église de Dieu, ni de la vérité de Dieu. Elle est fondée sur les révélations du Seigneur aux hommes en cette ère du monde, et elle subsistera, que l'écriture tienne ou tombe. Mais l'écriture ne tombera pas, elle tiendra. Dieu a donné au monde des preuves de la divinité de cette écriture, et ces preuves sont entre les mains des saints des derniers jours. Je m'attends à voir le jour où les missionnaires des saints des derniers jours trouveront que l'un de leurs plus grands travaux sera de convaincre le monde que ces écritures sont vraies ; et il n'y a pas de peuple sur la face de cette terre qui possède une telle somme de preuves pour confirmer la vérité et la divinité des écritures. ¶
Ils peuvent rire et se moquer du mormonisme tant qu'ils le veulent, pourtant, laissez-moi vous dire, le mormonisme fait plus, dans le monde, pour établir la confiance dans la bonne vieille Bible que toutes les dénominations religieuses réunies. Ils n'en sont pas encore arrivés au point de ceux qui refusent de croire aux miracles des écritures, de croire, par exemple, que Dieu a conduit Israël à pied sec à travers la mer Rouge, que le Christ a nourri la multitude avec quelques pains et quelques poissons, ou que les morts peuvent être ressuscités, ou que des anges peuvent visiter la terre ; mais ils ont reproduit et démontré ces choses, dans presque tous les cas, à cette époque du monde, et c'est une réalité, établie par de bonnes preuves indéniables. Et par là, et pour cette raison, nous prouvons par notre vie, et par la pratique de cette Église, que les affirmations des anciens prophètes concernant les miracles de Dieu, et sa bonté envers eux, sont vraies. Et nous avons aussi le témoignage de l'Esprit, qui nous convainc au plus profond de nous-mêmes, que les déclarations faites par les fondateurs de cette Église n'étaient ni erronées ni le fruit d'une tromperie, mais qu'ils ont réellement vu et connu ce qu'ils ont déclaré. Je n'ai pas vu de mes propres yeux un être céleste ni le Fils de Dieu, et pourtant je crois, avec beaucoup de confiance en ce jour, que Jésus-Christ vit, et qu'il a bel et bien parlé à la terre par le prophète Joseph Smith. ¶
Il est reconnu dans le monde que la connaissance que les hommes acquièrent en ce monde est obtenue par les sens physiques. L'œil transmet à l'intelligence de l'homme ce qu'il voit. Il en va de même pour l'oreille. Il y a quelque chose en nous qui interprète toutes ces sensations. Elle reçoit sa connaissance par l'intermédiaire de l'instrument physique. Cet instrument physique n'est pas absolument parfait. Il se peut que nous ayons été trompés par l'œil ou par l'oreille. Mais il y a quelque chose qui comprend et interprète les impressions qui parviennent à l'œil ou à l'oreille. Lorsqu'elle est mise en communication directe avec le don et le pouvoir du Saint-Esprit, la connaissance étant reçue à la fois par la vue, par l'ouïe et par le sentiment, ce sentiment ou cette sensation qui vient sans passer par les sens physiques, et ce qui est ainsi reçu n'est ni endommagé, ni affaibli, ni rendu inefficace par l'instrument physique, car il est parfait et guide dans toute la vérité, et je comprends plus certainement et plus parfaitement lorsque la vérité peut être ainsi parlée à mon âme. ¶
Lorsque Jésus fut ressuscité des morts, certains doutèrent, comme vous vous en souviendrez. Mais le Sauveur dit à Thomas : « Mets ta main dans les blessures de mes mains et dans mon côté. » Alors Thomas dit, après l'avoir fait : « Maintenant je sais que tu es le Christ, et que tu ne nous as pas trompés. » Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Thomas, car tu as vu et entendu ; mais plus heureux encore celui qui croit sans avoir vu. » Est-il possible que je puisse savoir et croire aussi sûrement que Thomas, sans pourtant avoir vu ? Oui, cela est possible ; je puis savoir qu'il vit, et je puis me confier en lui. ¶
Ô, mes frères et sœurs, quand je pense à ce que Dieu a fait pour nous, dans cette vie temporelle quotidienne qui est la nôtre ; dans cet être que nous avons ici, les vêtements que nous portons, l'air que nous respirons, la nourriture que nous mangeons, tout cela nous est donné chaque jour comme des manifestations des dons généreux de Dieu. Nous pensons que ce fut une chose merveilleuse qu'il ait fait descendre la manne pour nourrir Israël ; mais chaque jour nous avons un miracle tout aussi merveilleux dans les choses dont nous disposons pour subsister en ce monde, résultat des dons généreux de Dieu envers nous. Je me réjouis des nombreuses choses qu'il a faites. Beaucoup de gens demandent comment ils peuvent se confier en lui, et comment ils peuvent croire au Seigneur Jésus-Christ alors qu'ils ne l'ont pas vu, ni vu de miracle. Vous n'avez pas besoin de le voir. Il y a une chose, s'il n'en avait fait aucune autre, qui devrait faire naître dans nos cœurs une telle confiance, et une telle foi en lui, que nous ne pourrions douter de son amour pour nous. Je fais allusion au plus précieux de tous ses dons. Je ne diminue aucun autre don de Dieu à l'homme, mais je tiens par-dessus toute autre chose au don de son Fils Jésus-Christ au monde. Lequel d'entre nous, pères ou mères, pourrait rester là, ayant le pouvoir de sauver son cher fils d'être torturé, sans exercer ce pouvoir ? Mais laissez-moi vous dire que vous ne pourriez l'aimer comme Dieu a aimé son Fils unique dans la chair ; lui qui avait été avec lui, étroitement associé à lui dans son état d'exaltation pendant des âges passés, qui avait été choisi comme l'agneau immolé dès avant la fondation du monde, qu'il aimait d'un amour dont nous ne savons rien, et qui pourtant se tint là et le vit dans le jardin de Gethsémané, pleurant sur les péchés du monde et essayant, si possible, de trouver quelque autre moyen, afin qu'il pût échapper, et priant : « Ô Père, si cela est possible, que cette coupe passe. » Lequel d'entre vous pourrait rester là et écouter les supplications de son fils : « Ô épargne-moi, ton fils », s'il avait le pouvoir de le sauver, et qu'il ne le sauvait pas ? Ô, je ne suis pas assez fort. Dans des conditions semblables, on ne pourrait pas me faire confiance avec le pouvoir de m'avancer et de sauver mes bien-aimés de la mort. Dieu n'a pas jugé bon de me donner ce pouvoir à exercer. Lorsqu'il frappe nos bien-aimés, on ne pourrait pas nous faire confiance avec ce pouvoir. Nous serions tentés de l'exercer, quelles qu'en soient les conséquences. Mais ici, le Père avait le pouvoir, et pourtant il écouta ce Fils : « Ô Père, que cela passe, si possible. N'y a-t-il pas quelque autre moyen ? Ne puis-je accomplir cette œuvre d'une manière qui te soit agréable sans passer par là ? » Mais il ne lui répondit rien quant à un autre moyen ; et le Fils supplia jusqu'à ce que, nous dit-on, le sang coulât sur son visage, tant son agonie était intense, et il en vint à cette conclusion : « Que cela passe, si possible ; mais, Père, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne, ô Dieu, qui soit faite. » Lorsqu'il eut fait cela, il atteignit le sommet de son accomplissement, après s'être soumis absolument à la volonté de Dieu, et devint par là un modèle pour tous les hommes. ¶
Le Père se tenait là, et regardait ce Fils bien-aimé emmené de force hors du jardin. Le Christ fut capable de se passer de l'aide qu'on lui offrait. Pierre trancha l'oreille de l'un des soldats, et le Sauveur dit : « Remets ton épée, Pierre. Penses-tu que je ne pourrais pas, même maintenant, appeler des légions d'anges à mon secours ? » Mais il ne le fit pas. Le Père aurait pu envoyer des multitudes d'anges, mais il ne le fit pas. Il était Dieu ; c'était son Fils bien-aimé. Dieu vit la couronne d'épines cruelles posée sur sa tête, et enfoncée jusqu'à lacérer son front. Il vit, le lendemain, lorsque, affaibli et épuisé par l'effort physique, la croix fut placée sur le dos de son Fils bien-aimé. Il vit son Fils, défaillant, tomber dans la rue sous le poids de cette croix. Il vit ensuite ce Fils étendu sur la croix, et les clous enfoncés dans sa chair. Il vit la chair frémissante, blessée et sanglante, de son Fils bien-aimé. Oui, il vit le sang de la vie de son Fils bien-aimé ruisseler et jaillir, et il ne l'arrêta pas. Il le vit ensuite suspendu entre le ciel et la terre, un malfaiteur de chaque côté de lui, et il écouta les railleries de ceux qui disaient : « Si tu es le Fils de Dieu, descends ; tu en as sauvé d'autres, pourquoi ne te sauves-tu pas toi-même ? » J'imagine qu'il avait regardé ce Fils jusqu'à ce que même le Père ne pût plus le supporter, et qu'il se tourna vers quelque lieu retiré, et s'inclina, et pleura sur la souffrance de son Fils, jusqu'à ce que, dans les derniers spasmes agonisants d'une souffrance terrible, il s'écriât : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » Ô, je suis si reconnaissant dans mon cœur que, quels qu'aient pu être les doutes qui se sont élevés dans son cœur en regardant la souffrance de son Fils — « Le sauverai-je, ou le laisserai-je souffrir et mourir pour le monde ? » — ô, je remercie Dieu qu'il ait décidé en votre faveur et en la mienne, et que par là il nous ait rachetés, rendant possible que le tombeau ne nous retienne pas, et que nous puissions revenir en sa présence. Ô, je m'en réjouis. Et pour cette manifestation de sa bonté et de son amour, je me confierai en lui. Oui, comme Job d'autrefois, « quand même il me tuerait, je me confierais encore en lui. » Il se peut qu'il ne réponde pas à toutes mes prières dans tout ce que je demande. Il se peut qu'il me refuse lorsqu'il voit que je ne profiterais pas des choses que je demande. Douterai-je de lui ? Cesserai-je de l'aimer et de l'invoquer, parce que je n'obtiens pas ce que je veux ? Ou sentirai-je qu'il ne m'aime pas ? Non ; pour cette bienveillante manifestation de sa bonté envers moi, je me confierai en lui, quand même il me tuerait. Je continuerai à croire en lui, car il a donné une manifestation de cet amour qui me suffira pour tout le temps et pour toutes les éternités à venir. Je sais, mes frères et sœurs, que même si je puis, et que vous puissiez, être déçus en certaines choses, à la fin nous serons tous satisfaits de ce que le Seigneur a fait pour nous. Je me réjouis de ces choses, et je me réjouis du témoignage que j'ai. Cela me fait sentir qu'après les sacrifices que nous avons faits, et par le sérieux que nous manifestons en aidant à porter ce message, il nous sera donné un espoir et cette plénitude d'amour qui fera que nous ne pourrons nous empêcher d'aimer le monde, ou d'aimer les âmes des enfants des hommes. ¶
Je pense parfois que, si certains de nos frères et sœurs qui ont été en mission voulaient bien réfléchir un peu plus à l'esprit qui les habitait lorsqu'ils allaient de porte en porte à la recherche des âmes des enfants des hommes, pour sauver les hommes, nous ne passerions pas à côté de certains de ceux que nous pouvons aider ici, chez nous. Ô, comme nous avons marché à travers les montagnes et les rivières, par temps d'orage et en toutes conditions, cherchant quelqu'un pour nous écouter. Nous trouvons, là-bas dans le pays où je travaille, des gens qui ont été offensés ici, chez eux. Quelqu'un ne les a pas traités comme il fallait. Ils ont peut-être eux-mêmes été dans leur tort ; mais aucune main secourable ne s'est tendue vers eux. On les a laissés à l'abandon, dériver loin. Il y a deux semaines, j'ai vu une telle famille, qui avait erré dans le Nord-Ouest pendant dix ans, offensée à cause de l'action de certains de leurs voisins, sans qu'aucune main secourable ne les arrête. Après être passé chez eux avec eux, et avoir administré à une femme qui était malade, ô quelle joie vint à mon cœur en voyant leur joie ; et ils me promirent qu'ils referaient leurs premières œuvres et recommenceraient à neuf. Je pourrais indiquer, dans tout ce pays, des gens qui pourraient être sauvés et ramenés dans le troupeau si nous voulions seulement déployer un peu plus notre propre énergie. Il faut une partie de notre meilleure énergie pour ramener certains de ceux que nous laissons négligemment dériver. Voici un garçon, et là un autre garçon, que vous pourriez sauver si vous le cherchiez suffisamment ici, chez vous. Je me suis tenu debout et j'ai contemplé quelques-unes des merveilleuses œuvres de la nature, et je ne pouvais m'en réjouir seul ; j'ai dû parler à l'étranger à mes côtés tandis que je regardais la belle chute d'eau. J'ai dû en parler, sinon mon âme n'aurait pu se contenir, à en jouir seule. Ainsi, lorsque je contemple les glorieuses vérités de l'évangile, je sens que je dois les exprimer à quelqu'un d'autre, je dois trouver quelques-uns des enfants des hommes qui voudront bien m'écouter, et si possible les amener à voir les beautés que j'examine avec tant de plaisir, qui m'ont procuré tant de joie. Mais, frères et sœurs, j'espère que l'esprit d'amour et de recherche du royaume de Dieu, non seulement dans notre propre intérêt, mais dans l'intérêt de nos frères et sœurs et de nos amis ici, chez nous, prévaudra dans nos cœurs. Et que ceux d'entre nous qui ont été en mission se demandent s'il n'est pas possible d'aider quelqu'un dans notre propre voisinage et de faire du bien dans ce sens. Je vous le dis, mes frères et sœurs, cela vous donnera la plus douce joie. Comme vous le savez, cela vous a donné de la joie sur le champ de mission, ainsi cela vous donnera de la joie chez vous. ¶
Je vous rends témoignage que les dirigeants de cette Église se tiennent à la place qui leur convient, et que leurs conseils et leurs avis aux saints des derniers jours sont vrais, et devraient être suivis. Je suis disposé à me tenir aux révélations de Dieu et aux enseignements de ses serviteurs de cette Église, même si cela devait me conduire jusque dans les mâchoires de la mort. Je me lèverai devant le monde et défendrai les dirigeants de cette Église dans leur attitude et dans leurs conseils et instructions au peuple. J'ai confiance en eux, qu'ils n'ont pas trompé le monde. J'aimerais mieux mourir, oui, et donner ma vie encore et encore, plutôt que de devenir un traître, ou d'être infidèle envers les hommes dans les engagements et les promesses que je fais, et je connais l'intégrité de ces hommes, qu'ils sont vrais et fidèles devant Dieu et devant ce peuple. ¶
Que Dieu nous bénisse, afin que nous ayons confiance et amour les uns pour les autres, et la plus entière confiance envers nos frères qui sont appelés à présider sur nous ; et que l'esprit de cette glorieuse œuvre grandisse dans notre vie et dans notre cœur, jusqu'à ce que nous soyons finalement fermement établis dans l'Église et le royaume de Dieu. Je le demande au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶