Ceux qui se prétendent instructeurs de la parole de Dieu ne doivent proclamer que la vérité
Anthony W. Ivins
Ceux qui se prétendent instructeurs de la parole de Dieu ne doivent proclamer que la vérité. — L'Église désire que ses doctrines soient jugées d'après la Bible. — Preuve que des anges ont été des hommes mortels. — La déformation des faits, arme habituelle employée contre l'Église. ¶
Il y aura de même parmi vous de faux docteurs * * et plusieurs les suivront dans leurs dissolutions ; et la voie de la vérité sera calomniée à cause d'eux. ¶
Le frère Roberts, dans le cours de ses remarques très brèves — et seules des remarques brèves peuvent être faites dans le temps limité qui nous est accordé, ce matin — a déclaré que les doctrines fondamentales de l'Église, auxquelles il faisait référence, sont vraies. C'est sur ces doctrines que repose l'édifice que nous avons bâti ; si elles ne sont pas vraies, notre espérance est vaine. Il a dit sans équivoque que ces doctrines sont vraies. Je sais que cette déclaration de sa part n'est pas une preuve suffisante ; je sais qu'elle n'est pas la démonstration de son affirmation ; car d'autres hommes, affirmant le contraire, pourraient considérer leurs preuves et leurs déclarations comme ayant autant de valeur, à moins que nos affirmations puissent être soutenues par des preuves. Nous vivons en un temps de déformation des faits, un temps où, me semble-t-il, les paroles citées, que l'apôtre Pierre adressa à l'Église du Christ dans laquelle il exerçait son ministère, se vérifient au plus haut degré. Je crois sentir la responsabilité qui repose sur moi lorsque je me tiens ici, me déclarant instructeur de la parole du Seigneur, de dire la vérité. Je ne crois pas non plus qu'il soit de mon droit, que ce soit en défendant ma propre foi ou en critiquant la foi d'un autre, de dire ce qui n'est pas vrai. Je ne dois pas être un faux instructeur, et ce ne doit pas être à cause de mes paroles que la voie de la vérité soit calomniée. Il n'est pas fréquent que l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours prête attention aux déformations des faits, mais, lorsque ses doctrines sont tournées en ridicule, lorsqu'elles sont déformées, lorsqu'on en parle avec mépris, et que ces choses sont publiées et répandues à travers le monde, amenant des hommes et des femmes à suivre les mensonges qui sont racontés, il devient parfois nécessaire de les corriger et de dévoiler la fausse base sur laquelle des hommes sont parvenus à leurs conclusions concernant la foi des Saints des derniers jours. ¶
Dans l'un des journaux locaux, j'ai découpé ce compte rendu d'un sermon prêché dans cette ville, il y a peu de temps, par un révérend. Ce compte rendu parut dans un journal ayant une large diffusion, et je me suis dit qu'où qu'il aille, parmi des gens qui ne connaissent pas les Saints des derniers jours, qui ne savent rien de leurs doctrines, il en résulterait nécessairement des impressions tout à fait erronées. Cet homme prétend être un instructeur de la parole du Seigneur telle qu'elle est contenue dans la Bible ; et l'une des accusations qu'il porte contre les Saints des derniers jours est qu'ils n'aiment pas voir leur foi comparée aux doctrines du Christ telles qu'elles sont contenues dans la Bible ; qu'ils n'aiment pas être confrontés à elle. Je vais lire, afin qu'on ne puisse pas m'accuser de déformer ses paroles : « Je sais que l'Église mormone n'aime pas être placée à côté de la Bible et comparée à elle. » Suit alors une tirade contre l'Église. Je veux dire à cet homme, et au monde, et à mes frères et sœurs, qu'il n'y a rien que l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours désire davantage que d'être placée à côté de la Bible. C'est la seule chose qu'elle s'efforce, dans son œuvre missionnaire, de porter à l'attention du monde. C'est son unique grand désir que les doctrines de l'Église soient jugées d'après la parole de Dieu telle qu'elle est contenue dans ce livre saint. L'homme qui affirme le contraire déforme les faits, et s'il connaît le sujet dont il traite, il sait qu'il déforme les faits ; et s'il ne connaît pas le sujet, il n'en est pas moins coupable, car il n'a pas le droit de discuter de ce qu'il ne comprend pas. Je veux dire, comme le fait frère Roberts, que chacune des doctrines de cette Église, ses articles de foi, tels qu'ils ont été promulgués au monde par le prophète Joseph Smith, et les révélations de Dieu contenues dans Doctrine et Alliances, sont absolument inattaquables du point de vue biblique. Il n'y en a pas une seule qui puisse être assaillie avec succès ; et cet homme devrait le savoir, qu'il le sache ou non. ¶
J'ai lu ce discours à maintes et maintes reprises, dans l'espoir d'y trouver quelque chose qui indiquât de la sincérité, quelque chose qui indiquât une recherche intelligente, mais je ne l'ai pas trouvé. Il attaque le prophète Joseph Smith ; il tourne en ridicule et méprise l'idée de la prophétie moderne. Il ridiculise le Livre de Mormon et, en particulier, la manière dont il a vu le jour. Permettez-moi de lire ici quelques mots qui illustreront ce point. Citant le prophète Ésaïe, il dit : « À la loi et au témoignage ; car s'ils ne parlent pas selon ces choses, c'est qu'il n'y a pas de vérité en eux. » Je suis heureux qu'il ait cité cette Écriture, car je veux — un instant seulement, si j'ai le temps — la lui appliquer, à lui, la loi et le témoignage. « Prenez d'abord l'origine du Livre de Mormon — je vais simplement vous en donner un exemple — on dit que Moroni, un ange, autrefois un homme, dirigea Smith vers les plaques d'or dont on prétend que le livre fut traduit. Or, le caractère déraisonnable de cela se démontre aisément. D'abord, si les hommes peuvent devenir égaux aux anges, ils ne deviennent jamais des anges. Les anges sont un ordre d'êtres plus grand que l'homme et créé avant lui. » Sur cela, il fonde son argument que le Livre de Mormon doit être une imposture, qu'il ne pourrait être vrai, parce que Joseph Smith prétendait que Moroni, l'homme qui lui rendit visite, l'homme qui l'instruisit, l'homme qui lui exposa la grande mission que Dieu avait pour lui, et l'homme — car je l'appelle un homme — qui remit entre ses mains les plaques dont le Livre de Mormon fut traduit, est appelé un ange, et cela parce qu'il avait autrefois été un homme. Or, mes frères et sœurs, le Seigneur se sert des hommes pour accomplir ses desseins ici sur la terre. Cette terre fut créée pour l'homme, et il y fut placé afin qu'il pût y opérer son salut, qu'il pût vivre cette vie d'épreuve et se montrer digne, ou indigne, de la vie éternelle. Il n'y a jamais eu de dispensation, il n'y a jamais eu une seule parole de révélation donnée, par laquelle l'humanité doive être gouvernée, pour autant que je sache, qui ne soit venue par quelque homme, de la part de Dieu, par l'intermédiaire de ses serviteurs. Ceci est notre monde. Nous y sommes, et nous nous y intéressons. Tout ce que nous accomplirons sera par notre propre effort ; et Dieu nous manifestera sa volonté par des hommes, comme il l'a toujours fait. Cela peut venir par sa propre voix à ses serviteurs ; il peut envoyer des esprits chargés d'un ministère pour les servir ; mais cela parvient au peuple par la voix d'hommes choisis de Dieu. ¶
Or, je veux simplement citer un passage de l'Écriture — et la Bible est pleine de choses semblables à celle à laquelle je vais me référer ici — pour vous montrer l'incohérence de l'argument de cet homme, et pour vous montrer la voie du Seigneur. Le Seigneur a sa propre manière de faire ces choses. Malheureusement, les hommes y appliquent trop souvent leur propre interprétation personnelle. Le Seigneur donna une fois une révélation à Jean, son disciple bien-aimé, qui se trouvait alors dans l'île de Patmos, dans laquelle il nous révèle quelques-unes des choses les plus importantes qui aient jamais été données à l'homme ; et voici comment il s'y prit : « La révélation de Jésus-Christ, que Dieu lui a donnée pour montrer à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientôt ; et il l'a fait connaître, par l'envoi de son ange, à son serviteur Jean. » ¶
Cela semble très clair ; il l'a fait connaître, par l'envoi de son ange, à son serviteur Jean, tout comme il a l'habitude de le faire ; et cet ange exposa à Jean les choses qui devaient arriver sur la terre, depuis le commencement jusqu'à la toute fin, ce livre merveilleux, le dernier livre de la Bible, que nous appelons l'Apocalypse, en donne le récit suivant : ¶
Et il me dit : Ces paroles sont certaines et véritables ; [ainsi en témoigna l'ange à Jean]. ¶
C'est moi Jean, qui ai entendu et vu ces choses. Et quand j'eus entendu et vu, je tombai aux pieds de l'ange qui me les montrait, pour l'adorer. [Or, que s'ensuit-il ?] ¶
Mais il me dit : Garde-toi de le faire ! [Pourquoi ?] Je suis ton compagnon de service, [cet ange de Dieu qu'il avait envoyé] je suis ton compagnon de service, et celui de tes frères les prophètes, et de ceux qui gardent les paroles de ce livre. ¶
Ainsi, il semble que Moroni n'ait pas été le premier ange que Dieu ait envoyé avec un message aux habitants de la terre. Il semble qu'il n'ait pas été le premier ange à avoir reçu une mission semblable, et à avoir été un prophète, car ce messager rend témoignage à Jean qu'il était lui-même son compagnon de service parmi les prophètes et parmi ceux qui gardent les paroles de ce livre. Mais, pourtant, cet homme entreprendrait de faire croire aux gens que, du fait que Joseph Smith reçut ainsi la parole de Dieu, il était un imposteur. ¶
Il poursuit en faisant une autre déclaration erronée : « Joseph Smith et ses successeurs enseignent aussi la continuation d'une prêtrise d'Aaron depuis la croix ; c'est ce que soutient le mormonisme. Cela, aussi, est en conflit direct avec les saintes Écritures. » Quelqu'un a-t-il jamais entendu un ancien de cette Église enseigner la doctrine selon laquelle la prêtrise d'Aaron aurait continué depuis la croix ? ¶
Je voudrais lire ici, de nouveau, un court extrait de la déclaration de Joseph Smith : ¶
Nous poursuivions encore le travail de traduction, le 7 avril. Je commençai à traduire le Livre de Mormon, et il se mit à écrire. [Il s'agit d'Oliver Cowdery.] Nous poursuivions encore le travail de traduction lorsque, le mois suivant, en mai 1829, nous allâmes un certain jour dans les bois pour prier et interroger le Seigneur au sujet du baptême pour la rémission des péchés, que nous avions trouvé mentionné dans la traduction des plaques. Tandis que nous étions ainsi occupés à prier et à invoquer le Seigneur, un messager venu du ciel descendit dans une nuée de lumière. Ayant posé les mains sur nous, il nous ordonna, disant : ¶
À vous, mes compagnons de service, au nom du Messie, je confère la Prêtrise d'Aaron, qui détient les clefs du ministère d'anges, de l'Évangile de repentir et du baptême par immersion pour la rémission des péchés ; et cela ne sera plus jamais enlevé de la terre, jusqu'à ce que les fils de Lévi fassent de nouveau une offrande au Seigneur selon la justice. ¶
Il dit que cette prêtrise d'Aaron n'avait pas le pouvoir d'imposer les mains pour le don du Saint-Esprit, mais que cela nous serait conféré plus tard. Il nous commanda d'aller nous faire baptiser ; il nous donna pour instructions que je baptise Oliver Cowdery, et qu'ensuite il me baptise. ¶
Ainsi, mes frères et sœurs, les Saints des derniers jours ne prétendent pas que la Prêtrise d'Aaron se soit perpétuée depuis la croix, mais qu'en l'an 1829, comme l'indique ce bref récit donné par le prophète, elle fut rétablie sur la terre par Jean-Baptiste, un autre ange qui avait été un homme, le même homme qui avait été décapité par Hérode de Jérusalem, parce qu'il avait témoigné contre son iniquité, le même homme qui détenait les clefs de la Prêtrise d'Aaron au méridien des temps, le même homme qui baptisa le Sauveur du monde dans le fleuve du Jourdain. Qui avait un meilleur droit ? ¶
Qui, plus logiquement, plus naturellement, plus raisonnablement, aurait dû rétablir les clefs de cette prêtrise dans cette dispensation, sinon Jean-Baptiste ? Il rend témoignage ici qu'il était ce Jean que l'on appelait Jean-Baptiste. ¶
Je ne continuerai pas à discuter de ce sermon ; mais j'attire votre attention sur le fait que ce sont précisément de tels sermons qui sont diffusés à travers le monde, dans lesquels la foi des Saints des derniers jours est déformée, dans lesquels elle est tournée en dérision. Les garçons et les filles n'aiment pas qu'on pointe sur eux le doigt du mépris, ni que la foi de leurs pères soit livrée à la moquerie ; et il n'y a rien d'autre dans ce sermon du début à la fin. Pas une seule fois cet homme n'a tenté de prouver que la foi des Saints des derniers jours n'est pas fondée sur les doctrines du Christ, telles qu'elles sont enseignées dans la Bible, hormis le seul passage que j'ai cité. C'est la seule Écriture qu'il cite pour soutenir sa thèse, et je vous ai montré combien cette thèse est ridicule. Ne vous laissez influencer, ni saints ni pécheurs, ni Saints des derniers jours ni incroyants, par une telle sophistique. Avant d'en tirer des conclusions, examinez cette question. Il peut y avoir quelque excuse pour les hommes qui raisonnent d'après leur propre philosophie ; il peut y avoir quelque excuse pour les hommes qui ne professent pas croire en la Bible ; mais pour ces instructeurs déclarés du christianisme, ces hommes qui professent faire de la Bible le fondement de leur foi, je dis qu'ils sont incohérents ; je dis qu'ils sont soit insincères et volontairement dans l'erreur, soit lamentablement ignorants des sujets qu'ils traitent. Les Saints des derniers jours se présentent aujourd'hui devant le monde avec la Bible comme fondement de leur foi. Rien ne les rendrait plus heureux que de nous voir tous nous réunir et, prenant cela pour fondement de notre foi, nous laisser gouverner par elle. Nous consentons à être jugés d'après cette règle, d'après la loi et le témoignage. « S'ils ne parlent pas selon cela, c'est qu'il n'y a pas de lumière en eux. » ¶
C'est précisément là ce qui ne va pas dans le monde. Ils n'acceptent pas la Bible comme la parole de Dieu, bien qu'ils professent y croire. Ils enseignent comme doctrines les commandements des hommes ; ils devinent pour un salaire ; ils prêchent pour de l'argent ; et leur fonds de commerce, particulièrement en ce moment, semble être de rabaisser l'Église du Christ et les Saints des derniers jours. Ils échoueront tout aussi ignominieusement qu'ont échoué tous les autres peuples qui ont élevé la voix contre le royaume de Dieu. Ils seront tout aussi grandement déçus qu'un homme affamé qui, dans son sommeil, rêve qu'il mange et croit être rassasié ; mais qui, à son réveil, se trouve encore affamé. Ou un homme assoiffé qui, en imagination, boit dans son sommeil et croit sa soif étanchée ; mais dont l'âme, une fois levé, a encore soif. Un homme a fait remarquer, il y a quelques jours seulement, à ce qu'un ami m'a rapporté, que ce n'était plus qu'une question de peu de temps avant que l'Église mormone ne s'effondre de son propre poids. Suivez alors le conseil de Gamaliel, et laissez simplement l'Église tranquille, laissez-la s'effondrer de son propre poids. Elle ne fait de tort à personne ; elle ne cherche qu'à établir la justice, ne prêchant que les doctrines de l'Évangile de Jésus-Christ. Elle ne fait que présenter au monde la parole du Seigneur telle qu'elle est contenue dans la Bible ; et si nous soutenons aussi que le Livre de Mormon contient la parole de Dieu, il est très facile de le prouver en le comparant aux doctrines de la Bible, et nous y sommes justifiés, tout comme sur tout autre point. ¶
Maintenant, mes frères et sœurs, souvenez-vous de ceci ; ne l'oubliez pas : vous êtes des hommes et des femmes réfléchis. Pensez par vous-mêmes ; agissez par vous-mêmes ; discernez par vous-mêmes le bien du mal ; faites ce que Dieu vous manifestera être votre devoir, chaque jour de votre vie. Le Seigneur prendra soin de cette œuvre ; il la magnifiera ; et elle ne s'effondrera jamais de son propre poids, mais elle continuera à se fortifier chaque jour, dès aujourd'hui et à l'avenir, jusqu'à ce qu'elle prévale dans le monde entier. Je vous rends ce témoignage, par Jésus-Christ. Amen. ¶